Monde en réseaux et Amériques, extraits

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       Voici une présentation de MONDE EN RESEAUX ET AMERIQUES, commentaire et résumé des deux derniers festivals de géographie à St Dié des Vosges, 2005 et 2006...

 

                        Monde en réseaux et Amériques, présentation…

 

            Entre la géographie de la Terre et la géographie des êtres, une symbiose est-elle possible ?

Si les réseaux de jadis étaient le plus souvent occultes et combattus par le pouvoir en place, ils apparaissent à notre époque au grand jour et participent à la vie sociale, politique, économique et culturelle.

Qu’est devenue l’América de 1507 ? Que sont les Amériques de 2006 ?

Les Amériques sont, comme les autres parties du monde, l’expression d’une diversité autant géographique qu’ethnique, culturelle et historique.

N’y a-t-il pas dans l’existence même d’une telle diversité, un lien universel : celui de la nécessité relationnelle entre peuples et cultures, du fait de la mondialisation des échanges, de la communication et des flux migratoires ?

 

                                                          EXTRAITS...

 

LES PEUPLES PREMIERS DES AMERIQUES

            Table ronde organisée par Vincent Gouëset, géographe, université de Rennes II, avec Claude Hagège, linguiste, Stephen Jeff, géographe, université de California Davis, Françoise Morin, géographe, université de Lyon II, Jean Marisset, géographe, université de Laval à Québec, animée par Dimitri De Kochko, journaliste Agence Française de Presse.

 

            Comme le fait bien remarquer Claude Hagège, lorsque, par une formule de langage assez significative de l’esprit de notre civilisation occidentale, l’on dit des peuples qu’ils sont « premiers », c’est parce que l’on n’ose plus dire comme on le disait moins hypocritement au 19ème siècle « des peuples primitifs », voire des « sauvages »…

D’ailleurs, au moment des questions ouvertes, l’un des participants a naturellement prononcé « les premiers peuples » des Amériques.

Il m’a paru important de souligner ce point de « détail », car bien évidemment et n’en déplaise à certains représentants de notre culture occidentale encore convaincus du « bien fondé » de la « mission civilisatrice » d’une « race élue »,ces « peuples premiers » ne sont pas et n’ont jamais été plus « primitifs » que nos Celtes, nos Ibères et nos Slaves ou nos Etrusques d’il y a 2500 ans…Eux aussi avaient leur culture, leur organisation sociale, leur langage, leurs arts, leur technologie, leur manière de construire des habitations ou des monuments de culte…

Claude Hagège, linguiste, a tenu à préciser dans son intervention qu’en Amérique, et que partout dans le monde d’ailleurs, chaque jour, disparaissent des langues… Lorsque les « grandes civilisations » dominantes étendent leur pouvoir, leur manière de concevoir le monde, de communiquer, de construire, de s’habiller, et qu’en plus de tout cela, s’imposent des religions qui se prétendent universelles, alors meurent peu à peu des langues et des cultures plusieurs fois millénaires, étouffées sous la pression constante et renforcée des « grandes civilisations » dominantes. Comme si ces peuples, fondus dans le « nouvel ordre du monde », obligés pour survivre de devenir des commerçants ou des artisans pour touristes, ou des « travailleurs bon marché » dans les grandes entreprises agro alimentaires et industrielles, avaient fini par se « suicider » collectivement… Et ce qui disparaît en premier lieu dans ce « suicide » collectif, c’est le langage originel… 

LA DROGUE, FLEAU DES AMERIQUES

                        Table ronde « entre cocaleros, cartels et gangs » organisée par Jean Rivelois, chargé de recherche IRD, avec Alain Labrousse, sociologue, ancien Directeur de l’observatoire géopolitique des drogues, Evelyne Mesclier chargée de recherche IR, le capitaine de vaisseau Retour, de la marine nationale, animée par Bernard Rapp, rédacteur en chef de Courrier International.

 

            Il ressort de cet entretien que trois pays d’Amérique du Sud : le Pérou, la Colombie et la Bolivie, sont les pays producteurs ; que le Mexique et l’archipel des Caraïbes sont les pays servant à la fois de laboratoire, de transit vers l’Amérique du Nord et l’Europe, et de blanchiment des capitaux provenant du commerce des différents produits.

Dans les pays producteurs, cependant, l’on assiste depuis quelques années à une augmentation importante de la consommation sur place, par les populations vivant dans ces pays.

Pour les gouvernements de ces pays, et c’est aussi le cas pour le Mexique, un certain équilibre entre la « paix sociale » d’une part, et le risque de violences, d’insécurité et d’augmentation de la criminalité d’autre part, constitue un facteur de stabilité pour ces gouvernements. Mais un tel équilibre est en permanence très difficile à réaliser. La conséquence la plus directe de la recherche de cet équilibre, c’est l’existence d’une collusion entre les réseaux de trafiquants, la police locale ou même d’état, les élus, les autorités…

La « paix sociale » vient du fait que les paysans qui cultivent des terres sur les hauts plateaux, sur lesquelles ils font pousser de la coca, redescendent leur production dans les villes, la vendent puis réinvestissent l’argent dans d’autres productions agricoles puisqu’ils cultivent aussi des terres dans les régions plus basses. D’autre part, des réseaux se constituent dans les villes et les périphéries de ces villes, assurant ainsi l’existence, précaire cependant, de milliers de gens sans travail.

Si les gens arrivent à survivre tant bien que mal, grâce à tout ce qui s’organise autour du trafic de la drogue, il est évident qu’ils ne vont pas manifester dans la rue ni se révolter…

Cette « paix sociale » a cependant un prix : l’insécurité engendrée par la violence et la criminalité. Les gangs s’opposent entre eux, la police et les services d’état sont infiltrés, une « justice expéditive » et des règlements de compte, des attentats et des enlèvements sont très fréquents.  

            Si le rôle du Mexique dans la transformation des matières premières de la drogue, dans le transit vers les USA et le blanchiment des capitaux est prépondérant, il faut aussi prendre en compte le fait que l’archipel des Caraïbes est lui aussi une « plaque tournante » internationale. Le transit des marchandises illicites se réalise en grande partie par des flottes de pêcheurs très bien organisées, avec des « unités » extrêmement mobiles ne transportant que de petites quantités de drogue et quasi insaisissables par les patrouilleurs des différentes marines chargées du contrôle des eaux territoriales.

texte intégral : www.e-monsite.com/yugcib/docs/monde-en-reseaux-et-ameriques.pdf

Sur www.alexandrie.org  :  http://alexandrie.online.fr/oeuvres/oeuvre206/gs-monde_en_reseaux.pdf

 

 

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