voici les textes de mai et juin 2005

LES  MAUVAISES  HERBES

 

         Dans les hautes sphères intellectuelles gravitent autour du noyau dur des essaims de journalistes littéraires, de romanciers, d’écrivains, d’essayistes et de chroniqueurs médiatisés. Se produisent également dans les salons officiels et sponsorisés ces cohortes d’auteurs souvent adulés, commentés, instigateurs de modes, de tendances et de courants.

Une grande porte s’ouvre comme un immense trou béant dans la couche d’ozone de l’atmosphère, par laquelle les seigneurs de la pensée et de l’écriture, bardés de culture universitaire, de titres et de références, s’engouffrent tels des conquistadores.

Polluent-ils les esprits et les cœurs par des discours inaccessibles au commun des mortels ou interprétés selon des sensibilités qui s’affrontent, et voilà que les faiseurs de modes et de tendances, soutenus par la presse et l’audiovisuel, s’empressent de les béatifier, eux, les saigneurs de vérité et de toutes ces veines qu’ils jugent chargées d’un sang impur…

Outre le grand accès par le trou de la couche d’ozone, il est de ces petites portes entrouvertes à d’autres cohortes d’accédants et de postulants que les « élus », condescendants ou pourvoyeurs de marginalités récréatives, ont prévues pour que le « sens du monde » ait un air « évolutif ».

Mais le manège ne prend jamais en marche les enfants pirates, le « sens du monde » ne fait jamais monter sur ses chevaux de bois les loubards de l’écriture, les « écrivains » à la petite semaine du courrier des lecteurs ou des fanzines ni les diseurs d’un autre monde…

Sans doute sont-ils légions, tous ces enfants pirates plus ou moins poètes ou philosophes…

Ils sont confus ! Voilà : le grand mot est lâché ! Ils sont confus. Confus confus ! Et parfois vilains culs, comme ces babouins criards dont on se moque au zoo.

Eh bien tous ces pirates, ne vous en déplaise, conquistadores et pandores de la pensée universelle, poussent et repoussent sur tous les terreaux du monde. Et aussi longtemps qu’il le faudra, demain, après demain ou dans mille ans, ils aboieront encore pour que change le sens du monde.

         Je revois ma grand-mère dans son jardin les jours de grand soleil d’été, avec son chapeau de paille bien vissé sur sa tête et enveloppée jusqu’aux chevilles d’un vieux tablier de cuisine, cultivant de nombreux légumes mais très peu de fleurs, s’exclamant comme on le fait pour la peste : « Ah, ces mauvaises herbes ! ça repousse toujours ! »

         Mais les mauvaises herbes, c’est aussi la vie !  

 

 

Du printemps 99 au printemps 2005

 

         Au printemps 99 alors que je débutais ma « carrière » si l’on peut dire, de chef d’établissement à la poste de Lesperon, il n’y avait pas dans ma vie comme à présent en 2005, de « courrier des lecteurs » ou d’internet ni de « mails » ni d’ordinateur portable pour m’exprimer.

J’écrivais en ce temps là dans des carnets, ou, au mieux, sur « word » en traitement de texte grâce à ma 1ère bécane dont le disque dur ne faisait que 1,7 Go.

Mon seul « espace de communication en direct » était le cinéma de Contis où je me rendais souvent et que je considérais comme un lieu magique. Et encore ! Ne noircissais-je que de quelques « pensées » le Livre d’Or de Betty et Rainer posé à l’extrémité du bar du cinéma.

La tête pleine de rêves et d’idées, je traînais mes basques dans le hall du ciné avant les films, je me gavais de l’atmosphère de quelques visages typés dont le regard me ravissait parfois à l’extrême.

         « Au pays des guignols gris », mon premier livre, était encore bien loin même si l’idée qui le devait faire naître existait déjà depuis le bicentenaire de la révolution Française en 1989.

Les carnets, depuis 1983 et les textes tapés sur « Archibald » depuis 1997 n’avaient alors aucun lecteur… Autant aurais-je écrit sur les murs d’une forteresse de l’Ile du Diable si la poste de Lesperon, rectangle de béton au milieu des pins Landais, eût pu s’apparenter au bagne de Guyane !

Aussi, au cinéma de Contis, dès ce mois de février 1999, le Livre d’Or de Betty et de Rainer attirait-il mon attention et mes premières inscriptions… J’imaginais ces jolis visages de jeunes dames et demoiselles qui me faisaient battre le cœur, feuilletant ces pages. Je signais « Guy » tout court, tout simplement.

Je n’étais pas encore « yugcib » ni le « pirate vivant » de Roue Libre. En cet hiver 1999, la chère « Yaya », une habitante d’Escource près de Mimizan en pays de Born, et ses amis de Born Interactif ne rédigeaient pas encore Roue Libre, petit fanzine qui depuis maintenant 4 ans, est distribué gratuitement… Et même comme par hasard, « subrepticement » posé sur une table dans le hall du cinéma de Betty et Rainer.

         Le top du top de mes rêves et de mes fantasmes d’un autre monde possible se mit à atteindre des sommets au moment du festival Ciné Fête à Contis en juin 99.

J’écrivais des messages que j’introduisais dans des bouteilles fermées et jetées sur la plage. Je traçais des « petits mots » sur des feuilles A4 semées autour des lieux où se déroulaient des « représentations » en plein air.

Il faut dire que ces « petits papiers » étaient « stratégiquement » bien placés, en plein sur le passage des visiteurs. Je me planquais comme l’Indien derrière le cactus afin de juger du résultat…

Un désastre ! Quand c’était pas le vent qui emportait ma poésie, c’était Betty, Rainer ou l’un des comédiens qui y marchait dessus…

         A Lesperon en ce printemps 99, je prenais fait et cause pour l’équipe de rugby locale qui , le 6 juin devint champion de France. Ce qui généra dans la commune une liesse et une fête historiques.

Cependant, en dépit de mon enthousiasme, de ma candeur et de ma participation au voyage en car pour la finale, et de mon « investissement » dans les mémorables festivités qui suivirent lors de cette « nuit historique » du 6 juin à Lesperon, je n’en demeurais pas moins pour les villageois « Monsieur le Receveur » ou « Monsieur Sembic » long comme le bras… Mais le « Receveur » était en fait très peu conforme, comme je le raconte en détail dans un certain « document pirate », à l’image de ces receveurs de la poste qui s’étaient succédés à Lesperon depuis 30 ans…

         Ma femme me reprochait alors de « trop me mettre en avant » ou de trop extérioriser ma gentillesse et mon idéal… Ou mes emportements du pot de terre contre le pot de fer.

Il est vrai que l’image que je donnais de moi en ce temps là, même en des lieux tels que le cinéma de Contis, même auprès de gens qui eussent pu apporter quelque crédit à ma « vision du monde », cette image là, donc, n’était point faite pour me valoriser. Je la traînais à dire vrai tel un boulet.

Aussi les moqueurs s’en donnaient-ils à cœur joie et les portes, loin de s’ouvrir comme je l’eus espéré, se refermaient-elles. Et lorsqu’elles s’entrouvraient, un léger souffle de condescendance me rappelait bien vite à la dure réalité du rapport de communication.

         Pour avoir trop misé sur le cinéma de Contis, sur Betty et Rainer qui vivaient dans un autre monde que le mien, pour avoir trop dispersé de ces « petits papiers » et tagué comme un gosse dans le Livre d’Or, j’ai usé mon énergie et mon âme, donné une image de moi qu’aujourd’hui je regarde presque avec condescendance.

         Six ans ont passé.

J’ai nettement amélioré mes compétences techniques en informatique et en internet. J’ai investi dans du matériel plus performant : « Cassiopée ».

J’ai d’ailleurs presque tout appris tout seul comme un gosse de pauvre qui append à lire sans aller à l’école.

Il y eut tout d’abord ces « courriers » dans Sud Ouest et autres journaux ou magazines. Un premier livre puis un second. Et… Roue Libre, les « documents pirate » qui ont fait le tour de la poste des Landes, les forums d’alexandrie online, et maintenant ce site…

Le temps des messages dans les bouteilles est révolu.

Désormais, ça « voyage » sur le Net, on me répond, mes rêves les touchent enfin ces visages que j’aime tant et qui sont comme des « piqûres d’héroïne ».

Et cette image de moi, aujourd’hui, même si elle est encore à améliorer et sujette à un certain nombre de critiques, je la préfère à celle du printemps 99.

         En fait, j’ai peut-être aujourd’hui plus de gentillesse que lors de mon arrivée dans les Landes en février 99.

Mais je sens peu à peu monter en moi une force avec laquelle je peux combattre les moqueurs et les condescendants, les « ceu’s qui braillent « confus ! confus !

Ou me conseillent des « thérapies »…

Une force qui monte comme les jours d’avril qui caracolent contre la nuit, une force qui plante mon regard dans les yeux de mes contradicteurs.

Le temps des « yeux dans les godaces » et des soirées solitaires à noircir des pages de carnets avec des trémolos dans l’âme est révolu.

         Oui, je veux aimer de toute mon écriture, je rêve de ces mots qui guérissent, effacent les cicatrices et se posent tels des doigts de jeune femme sur des attentes blessées ou muselées… Mais je veux être fort et ne point m’en laisser conter, ne pas baisser les yeux et résister à toute forme de pression ou de compromission. Ne pas souscrire aux contrefaçons et aux hypocrisies, ni à la loi du fric et au culte des apparences.

 

 

            Le 4 mai 2005, après le film sur Dalida sur A2 les 2 et 3 mai…

« Je n’ai jamais mendié l’amour d’un homme, et ce n’est pas à 54 ans que je vais commencer »…. ( DALIDA )

 

            … Oui ! Une femme n’a pas à mendier l’amour d’un homme. Jamais. A aucun moment de son existence.

Une femme a sa féminité, une féminité qui est sienne, ne ressemble à aucune autre. Cette féminité là est un don de sa personne, un don gratuit, sans contrefaçon. Et l’homme dont le regard n’a pas été retenu par l’expression d’une telle féminité, n’a rien compris de ce qu’est une femme.

De même, un homme n’a pas, non plus, à mendier l’amour d’une femme. Si un homme peut et doit soigner son apparence, c’est aussi comme la femme, pour donner de lui ce qu’il y a de plus vrai et de meilleur en lui, et faire de son visage, de son regard, de ses mots, de toute sa manière d’être et de se comporter, la seule réalité digne de reconnaissance : celle dont l’image n’est plus un décor de façade, une duperie ou un piège à oiseaux.

La femme ou l’homme qui mendie l’amour de celle ou de celui qui pourrait être son partenaire, se fragilise et brouille son image. Il ne lui reste alors plus qu’une concupiscence… ou un rêve déraisonnable ayant pour seul avenir un tas de cendres…

            « C’est fini la comédie… »

 

 

            CE  DONT  JE  REVE  LE  PLUS ?

 

            Ce dont je rêve le plus ? Certains de ces visages que j’aime tant le savaient déjà avant que je ne l’exprime…

Aussi je ne le mendie jamais.

Je prends ce qui me plait et dont je peux me saisir.

Je reçois comme un cadeau tout ce qui me tombe du ciel et m’émerveille.

Et je donne tout ce que j’ai envie de donner…

Mais je ne mendie pas.

Plutôt crever la gueule ouverte que de mendier ce dont je rêve tant !

Ne vous avisez point de prétendre que c’est de l’orgueil : vous saurez alors de quel bois je me chauffe !

Que je me mette en avant ou en retrait, qu’importe les moqueurs ou les indifférents, et que ceux qui de moi attendent un signe qui ne vient pas, me pardonnent…

La force de résister, de ne pas se compromettre, de ne pas céder sous le poids de quelque détresse, impose parfois silence et solitude. En de tels moments, dans le « cœur du réacteur », se prépare une nouvelle forme de violence : celle d’un amour sans raison d’aimer, celle d’un pardon aux offenses mais sans soumission aucune…

 

 

LA  MEUTE

 

 

            Ce mercredi 4 mai 2005 au château de Cheverny en Sologne, à 17heures comme tous les autres jours d’ailleurs, c’était le moment du déjeuner pour les toutous de la grande meute…

Il y avait bien là dans le chenil une cinquantaine d’animaux qui, de loin ou d’un regard d’ensemble, semblaient tous identiques. C’étaient des chiens courants de belle taille, de robes feu et neige sale. Rassemblés sur une terrasse pour la plupart d’entre eux, ou serrés les uns contre les autres sur les marches d’un escalier en face d’une grille pour les plus hardis de la meute, tous attendaient le « maître chien » qui allait ouvrir la grille.

Dans la cour du chenil, bien alignés sur un même rang, les quartiers de viande avaient été jetés, formant un énorme bourrelet de carcasses et de chairs déchirées.

Bien que les chiens parussent tous identiques, lorsqu’on les regardait chacun d’entre eux en particulier, leur tête, leur regard, leur expression et leur comportement différaient assez nettement les uns des autres.

Une telle meute, même aussi compacte et constituant une troupe disciplinée, n’était-elle pas en réalité une somme d’individualités qui, une fois isolées en des lieux ou des situations en les quelles elles eussent pu se singulariser, n’auraient plus alors été l’un de ces éléments ordonnés d’une meute gouvernée ?

Ce désir de nourriture, exacerbé par les aboiements, les gesticulations et une tension générale parvenue à son paroxysme, ne semblait pas toutefois ressentie par les spectateurs avec l’acuité dont on se serait attendu. Sans doute parce qu’une chape d’autorité, de conditionnement et d’encadrement par les maîtres chiens pesait sur la meute de tout son poids.

D’ailleurs, lorsque le maître chien et son assistant ouvrirent la grille de la cour, les animaux se précipitèrent, non pas tout de suite sur la nourriture tant désirée, mais devant le maître chien, tels des chanteurs de brousse pour une chorale en pleine jungle.

En l’occurrence, le fouet du maître chien faisait office de bâton de chef d’orchestre.

En ces instants de tension extrême, s’élevaient des clameurs que l’on eut pu prendre pour des chants de guerriers. Mais l’ordre attendu n’ayant encore point été donné, la meute ainsi tenue en respect se dressait tout entière telle une cohorte de soldats en armes prête à l’assaut.

Enfin le maître chien d’un mouvement de bras à peine perceptible, puis s’écartant de sa position stratégique, donna le signal de la curée…

Aussitôt cessèrent les aboiements et, en un ballet agencé et cadencé, mais tournoyant, ponctué de grognements et de claquements de mâchoires, les bêtes se saisirent chacune d’une pièce de viande ou d’une carcasse.

Je me demandais si chaque bête parviendrait à s’emparer d’un morceau et apaiserait sa faim. Mais j’observais le maître chien qui évoluait, attentif au moindre incident, au beau milieu de la meute. Alors je vis bien que chaque chien avait pris part au festin et que nul ne demeurait à l’écart ou exclu, dépourvu de nourriture.

De cet énorme bourrelet de carcasses et de pièces de viande déchirées, en quelques instants il ne resta plus rien au sol. Pas même les os puisque ceux-ci furent broyés entre les puissantes mâchoires.

Ceux qui avaient pris les morceaux avec les os les plus volumineux furent les derniers des retardataires à rejoindre le gros de la meute déjà léchant chaque centimètre carré de la cour ou buvant goulûment au bassin alimenté par un puissant jet d’eau jailli d’un gros tuyau.

Une odeur animale de poil mouillé, d’humeurs fortes et de peau tannée régnait autour du chenil. Les bêtes rassasiées se léchaient entre elles et parfois se montraient les dents, se mordaient au museau ; une altercation bruyante survenait dans un face à face entre deux fauves… Mais l’emprise du maître chien sur l’ensemble de la meute et sur les plus querelleux en particulier, tempérait la dureté du rapport de communication.

            Les uns après les autres, les spectateurs, agglutinés devant la grande grille extérieure durant le repas de la meute, s’éloignèrent et se dispersèrent dans les allées du parc… Il n’y avait plus rien à voir.   

 

 

 

A  TOUS  CEUX  ET  CELLES  QUI  ME  LISENT….

 

            Ah oui ! Je vais vous dire une chose, moi ! J’aurais d’ailleurs du vous le dire beaucoup plus tôt, dès que je suis entré dans Alexandrie sous le pseudo « yugcib »…

Tout lecteur est un ami pour moi. Pour une raison toute simple : c’est pas une obligation de cliquer sur yugcib, pas plus que sur un autre pseudo, en fait…

Rien que ce petit geste, cliquer sur yugcib, c’est vraiment sympa de votre part ! Mille fois merci pour l’avoir fait, ce geste, et m’avoir lu. Même si, dans la colonne « réponses », y’a zéro pointé, vous m’avez quand même lu !

Je ne vous le répèterai jamais assez : sans vous je ne suis rien. Les murs n’ont pas de visage. Vous êtes des visages…

J’ai tout de même été quelque peu surpris de constater  qu’entre début avril et le 11 mai, vous fûtes 62 à lire dans forum 1er chapitre, « Grand Hôtel du Merdier », et 37 « Visages ».

La suite des visages, vous l’aurez, bout après bout, en consultant mon site. Quant à Grand hôtel du Merdier, il est aussi sur le site… Mais seulement l’introduction. Tout de même, j’hésite à vous en livrer la suite ! Mais si vous me lisez par ailleurs, je pense que vous me pardonnerez les horreurs de cet « hôtel du merdier ».

Dans l’expression écrite comme dans la vie de tous les jours tel que je suis, j’ai fait le choix de la franchise absolue… Autrement dit, le « chic » et la « crasse »…

Pour être très franc avec vous, je vous avoue qu’à l’heure actuelle il n’y a que deux personnes au monde dont j’érige le jugement sur mes écrits tel un monument de référence.

L’une c’est ma tante d’Arengosse ( Landes ), hélas décédée le 6 mai 2005 à l’âge de 94 ans et qui fut institutrice de 1934 à 1976 et dont je retrace l’histoire de notre relation depuis mon enfance à une amie, yaya.

L’autre est précisément yaya, soit Josiane Dubourg qui habite à Escource dans les Landes, une autre « pirate de l’écriture » mais elle, c’est de la poésie, de la vraie…

Avec elle et d’autres amis, nous nous exprimons dans un fanzine « Roue Libre » distribué gratuitement en pays de Born.

Quand Jeanne, ma tante, ou yaya me disent « c’est bien », alors là, oui, j’y crois vraiment ! Par contre, quand deux filles de FR 3 Aquitaine, même mignonnes à en crever de régal, m’ont interviewé sur « Au pays des guignols gris »… Ou quand Annie Quillon, la journaliste locale de Tartas où j’habite m’a dit ce qu’elle pensait de la 2ème partie de « Quel monde possible », eh bien je n’y croyais pas vraiment. Je n’y ai pas cru non plus lorsque Maryse Toulousat-Onno, professeur de Français au collège de Linxe dans les Landes et elle-même écrivain, m’a déclaré, peut être un peu trop spontanément, que mon livre était beau…

Les deux filles de FR 3, elles venaient pour « meubler ». Alors, pourquoi pas Guy Sembic… qui n’était pas encore yugcib, et qui venait de faire l’objet d’un commentaire d’Annie Quillon dans le Sud Ouest de la veille.

D’ailleurs, Annie Quillon trouve que la 1ère partie de « Quel monde possible » n’est pas intéressante parce que trop de « pseudo philosophie »… J’ajouterai même pour ma part qu’au bistrot du coin, on en fait autant à discuter sur des sujets d’actualité !

Et la société littéraire de la poste et de France télécom, dont je suis adhérent, n’a pas fait un commentaire particulièrement élogieux de « Au  pays des guignols gris ».

A la rigueur, quand mes bons copains de la Poste avec les quels je fais la bringue, commentent mes « documents pirates », oui, ça me fait chaud au cœur. Mais c’est tout !

Au fond, l’on peut dire ce qu’on veut… Ou ne rien dire, je m’en fous !

Mais vous me lisez, et c’est déjà assez chic de votre part.

Vous savez, y’en a qui attendent de moi un signe qui ne vient pas. Qu’ils me pardonnent ! Je ne sais pas si le signe viendra. Y’a trop de choses qu’on se rend pas compte, qu’on sait pas voir.

Je n’aime pas décevoir mes amis… Pas même ceux qui ne le sont pas encore !

 

     COSMOS

            Dans mon « cosmos », il y a le Cercle des très proches, le « Cénacle », le « Grand Chariot »… Et la « Chevelure ».

Soit quatre univers différents qui ne peuvent se comparer entre eux. Ainsi, les visages inclus dans le « Cercle » ne sont pas forcément ceux du « Cénacle ». Et dans ce « Cénacle » ne s’y trouvent pas non plus les visages les plus proches.

Le « Grand Chariot » est l’univers des fidèles, de tous ces visages tant aimés qui, n’étant ni du « Cercle » ni du « Cénacle », n’en comptent pas moins autant dans mon « cosmos » que les visages des autres univers.

A noter cependant qu’il n’existe guère dans mon « cosmos » de « Petit Chariot »…

Quant à la « Chevelure », c’est celle de tous ces visages d’une seule fois ou de quelque « segment d’existence », dont l’importance est telle, que sans elle il n’y a plus de « cosmos ».

            Ainsi Jeanne, ma tante d’Arengosse, disparue le 6 mai 2005, était assurément du « Cénacle »…

Me suis-je bien fait comprendre, par l’évocation imagée de cette « hiérarchie » qui n’en est pas une ?

 

     L' IMAGE DE LA MORT

            L’image de la mort, par le visage mort de la personne disparue qui nous fut si chère, ou même par la forme inanimée de tout être qui, auparavant, avait un regard, a tellement de réalité qu’elle en est même surréaliste…

Comment en effet l’esprit des vivants que nous sommes encore peut-il intégrer en son « entendement », la réalité d’un visage inanimé ?

            Je pense à ces personnages de cire du musée Grévin… Dans les décors reconstitués de différentes époques, dans ces mises en scène de personnages habillés et grimés, la représentation en trois dimensions fait encore illusion.

Mais dans la mort, il n’y a plus de tricherie ni de contrefaçon. Rien que la nudité d’un visage au teint de cire, rien que deux trous béants qui étaient des narines, deux fentes aux lèvres froides qui étaient des yeux ouverts…

Dans l’esprit du vivant, cette image là peut paraître surréaliste. Elle ne rejoint pas ce que l’on imagine de la mort. Même dans le réalisme absolu de son impact immédiat, elle demeure  inaccessible… Proche mais intangible, lointaine mais interrogative…

            Et c’est pourtant cette image là que nous allons un jour donner à ceux qui nous aiment.

Dans le cadre d’une réunion familiale, entre amis ou connaissances, vient ensuite le temps des réminiscences, des anecdotes et de l’évocation  de quelques traits de caractère… Et que ce « meilleur de lui ou d’elle-même à nul autre pareil », prend-il alors une dimension qu’il n’a peut-être jamais vraiment eu de son vivant traversé parfois sans reconnaissance ?

Que n’a-t-il été « existé » tel qu’il eût du l’être par tous ces gens si préoccupés de « s’exister eux-mêmes » et dont certains étaient du cercle des proches, du cénacle ou du monde des connaissances ?

            Les gens disparaissent toujours avec ce qu’ils n’ont pas dit, avec leurs rêves qu’ils ont parfois exprimés mais qui furent le plus souvent des messages codés ou non dispersés entre les solitudes, les projets et les destins entremêlés ou entrechoqués dans la danse de la vie.

            La compétition est rude, certes…

Le culte de la réussite, la tyrannie des apparences, l’exacerbation d’une « vision du monde », le mirage des certitudes… Et cette quête d’un « meilleur avril », d’une « terre promise », d’une bonne place au soleil, cette quête de reconnaissance, quel en est le poids réel dans une compétition dont on sort tous perdants sous la forme d’un visage inanimé au teint de cire ?

La compétition est rude. Elle est même absurde. Mais le meilleur de soi même, contrairement à ce qui lui est étranger, n’est jamais ordinaire. Et c’est par lui que peuvent être brouillées les cartes de la grande compétition. Encore faut-il pour cela qu’il se fasse exister de son vivant par ceux et celles sans lesquels on n’est rien…

 

     LES ORGUES DU SYSTEME

            Nous sommes beaucoup plus enclins à dénoncer les défauts, les travers, les comportements et les propos des gens, qu’à exprimer ce qui est beau, vrai, authentique…

L’on fustige donc plus qu’on ne loue. C’est normal c’est dans la nature humaine. Il est vrai que dans le monde où nous vivons, il y a plus à fustiger qu’à louer.

Lorsque nous sommes confrontés à tant d’horreurs, de violence, de bêtise et d’hypocrisie, embellir envers et contre tout peut paraître déraisonnable et taxé d’inconscience. Mais qu’y a-t-il à embellir précisément ? Peut-être ce que tant d’horreurs, de violence, de bêtise et d’hypocrisie ont occulté : cette réalité crue et nue des êtres, ce monde de l’Autre tel qu’il serait s’il n’était corrompu par le monde que nous avons fait. Faut-il embellir cette réalité là, ce monde de l’Autre ?

Embellir n’est peut-être pas ce qui conviendrait le mieux, comme un artiste peintre pourrait l’exprimer par des tons plus vifs ou des formes plus épurées. Je dirais donc : « redimensionner », c'est-à-dire représenter mais avec des repères différents, sous un autre angle et sur un plan qui n’avait pas encore été envisagé.

            Ce qui nous manque le plus, de nos jours, ce sont ces voix qui s’élèvent contre le sens commun, ce « sens du monde » qui fait de la plupart d’entre nous des moutons ou des veaux.

Certes, ces voix existent. Mais elles sont muselées, interdites d’affiche, combattues, écrasées par des tonnes de condescendance et de mépris.

Sans doute jugées trop dangereuses par les médias, elles peuvent cependant se disperser tant qu’elles ne relient pas les gens entre eux. Et le « Système » a tout orchestré pour que le lien ne s’établisse pas : « Du pain et des jeux ». En ce sens, la Télé, c’est bien le cirque des Romains.

Pourquoi ces voix qui s’expriment contre le « sens du monde » se sont-elles réunies en si nombreuses chorales ? Ne faudrait-il pas sortir de la chorale et aller au devant de tous ces gens qu’on dit être des veaux… Et qui en sont parce qu’on les a fait devenir des veaux ?

            Ce qui nous manque le plus, ce sont ces voix qui, au lieu de fédérer ou d’entraîner une meute, s’élèvent, tendent la main et parfois le poing… pour leur « secouer le cocotier » aux gens !

Elles existent, ces voix ! Elles peuvent se propager, telles des virus dans la totalité d’un organisme. Savez vous que la meilleure publicité, c’est encore le bouche à oreille, ou… ce bon vieux « téléphone arabe ».

Mais il faut que les voix sortent des chorales, parlent avec leurs tripes, n’aient crainte d’être couvertes par les Grandes Orgues du Système… Alors, oui, elles feront le lien.

Et il y aura moins de veaux. Sans veaux, le Système, je ne lui donne pas cher de sa peau !

 

                                   Trois visions du monde…

 

            Lors de la campagne pour le référendum, trois visions du monde se sont confrontées.

La première fut celle des partisans du oui, regroupant la droite républicaine et les « socialistes bon teint » ainsi que toutes les personnes adhérant bon gré mal gré à un système de valeurs ou « sens du monde ». Quelques hésitants se sont ralliés cependant au camp du oui même s’ils pensaient que ce « sens du monde » articulé sur des valeurs matérialistes  et des idéologies de façade ne garantissait pas la sécurité, l’emploi et les revenus. Le traité constitutionnel n’est en effet rien d’autre qu’un engagement solennel, certes historique et fondateur mais d’une évidente fragilité dans un environnement économique où règne la loi de la jungle. Cela, les hésitants l’ont compris mais ils ont cru que cet engagement historique et fondateur pouvait imposer des règles à la dure loi des marchés. En somme, cette vision là, autour du oui, ne pouvait être que la plus raisonnable…

La seconde vision est celle de tous les partisans du non qui s’opposent au « sens du monde » et souhaitent que l’on se rallie à d’autres valeurs que celles de l’argent, du profit et de la compétition dans une course suicidaire. Ceux là ont refusé de se laisser séduire par des idéologies de façade et, comme les hésitants ralliés au oui, ont réfléchi ou participé aux débats publics.

La troisième vision du monde est sans doute celle qui devrait nous inquiéter le plus…

Ayant eu toutefois le mérite de prendre en compte des aspirations essentielles communes à une large majorité de citoyens, elle est cependant celle des gens qui se prétendent investis d’une « mission rédemptrice » et souhaitent reprendre sous leur flambeau les valeurs d’un système « revu et corrigé ». Ceux là ont voté non, mais dans cette vision là, il y a aussi une jungle : celle des dominants, des « élus » et des plus forts qui éliminent les « indésirables ».

Trois visions du monde inconciliables, telle est la réalité de l’Europe au lendemain des deux non de deux pays fondateurs de l’union. Mais pour une fois, et ce n’est qu’un début, en dépit d’un « matraquage » des médias, des partis du oui et d’un « formatage » de la pensée unique… Les gens « ne sont pas des veaux » !

 

PAUVRE  FRANCE !

 

            Pauvre France ! Tes nobles cœurs, tes âmes fortes et tes « couilles au cul » ne gravitent pas dans les hautes sphères de la politique « bien en vue » !

Nos chefs de file des grands partis traditionnels et leurs cohortes de privilégiés piochent la main dans le sac des fonds secrets, détournent les bénéfices des sociétés dont ils sont actionnaires, se combattent entre eux dans des compétitions électorales…

Alors, l’avenir de l’Europe des peuples, les grands enjeux pour la survie de la planète et de l’espèce humaine, le chômage des jeunes, la dépendance des vieux et des handicapés, et d’une manière générale la vie ordinaire et difficile qui est celle de millions de gens, ils s’en foutent en faisant croire que c’est leur première préoccupation.

Encore deux ans à tirer de pugilats hyper médiatisés entre grands ténors et postulants pour une présidence de la République, quelques postes clefs dans une équipe ministérielle. Et plus que jamais, cette « sous culture » anesthésiante diffusée à longueur de journée par nos chaînes de télévision dont les directeurs de programmes mis en place par des Dassault, Lagardère and Cie cultivent l’audimat comme l’éleveur industriel engraisse des milliers de cochons ou de poulets !

 

VIVRE ET PENSER

Il semble qu’il y ait trois sortes d’intellectuels, d’écrivains ou d’artistes…

Les premiers ne vivent pas selon ce qu’ils pensent, écrivent ou expriment : ils ont du talent, de l’expérience et du savoir mais ce qu’ils font et la manière dont ils vivent et se comportent n’est pas conforme à ce qu’ils pensent, écrivent ou expriment.

A mon avis, ceux là sont peu crédibles, si l’on ne considère que ce que l’on sait de leur vie et de leurs agissements… Dont il faudrait faire d’autant plus abstraction selon la portée de l’œuvre. L’on peut certes les condamner pour leurs actes ou leurs contradictions… En vertu et au nom de quoi cependant ? (à l’exception toutefois d’accusation  fondée de crime contre l’humanité).   Mais l’œuvre est bien là, dans toute sa beauté et sa réalité.

Les seconds s’efforcent de vivre selon ce qu’ils pensent, écrivent ou expriment. Sont-ils plus crédibles parce qu’ils se réfèrent à une éthique, à une morale, à des valeurs et des concepts ? (qui sont cependant faussés par des décors et des mystifications). Ou au contraire parce que, déclarant ne pas adhérer à ces valeurs ou concepts, et le pensant, l’écrivant ou l’exprimant, ils vivent et agissent donc en fonction de ce qu’ils pensent ? Mais l’oeuvre est bien là, dans toute sa beauté et sa réalité.

Les troisièmes ne pensent, n’écrivent  et ne s’expriment qu’en fonction et dans les limites de ce qu’ils vivent ou ressentent. Sont-ils plus crédibles parce que ce qu’ils vivent ou ressentent est avant tout authentique, non dépendant de décors ou de mystifications ?

Là encore, l’œuvre est bien là, dans toute sa beauté et sa réalité.

Pour les uns comme pour les autres, peu importe la crédibilité de l’intellectuel, de l’écrivain ou de l’artiste… Puisque cette crédibilité est forcément dépendante de repères, de modes, de valeurs et de concepts fixés par les hommes dans un contexte de civilisation… Et que cette crédibilité évolue dans le temps et selon les lieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (1)

1. yaya 01/06/2005

hello yugcib!
dis-donc,je ne sais plus où me mettre,moi,aprés avoir lu que je suis ton repère critique!je ne suis peut-être pas aussi objective que les écrivains officiels
et reconnus par le "business" littéraire...
mais je pense qu'ils sont sans doute imbus de leur personne et peu disposés à s'intéresser à ce qui ne les sert pas .
continue ton chemin ,même si c'est dans le brouillard,tu es comme un petit lampion

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