grand hôtel du merdier

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Introduction…

 

Voici un livre qui n’est pas encore publié… Et qui ne le sera sans doute jamais.

Une œuvre impie, iconoclaste, barbare dirais-je même. Hermétique au possible sur de longs paragraphes, sale et déroutante en d’autres.

Nous ne sommes plus même dans le surréalisme mais plutôt dans l’absurde, dans des jeux de mots tirés par les cheveux, des images enchevêtrées, des associations de mots et de phrases sans queue ni tête…

Dans d’épouvantables, troublants fantasmes parfois, surtout dans la 2ème partie, la moins surréaliste mais sans doute la plus « hard ».

Quant à la 3ème partie, n’en parlons pas ! C’est de la folie ! Dali et Magritte, s’ils avaient fait de la littérature au lieu de la peinture, ne s’y reconnaîtraient pas…

Mais bon ! Je n’écris pas pour plaire… Ni pour faire exprès de déplaire non plus.

C’est venu comme ça. De je ne sais quels tréfonds… Du noir de mon âme peut-être… Quoi que… Dans la « dérive » de l’un de mes personnages, l’on y pourrait entrevoir « une certaine beauté », une certaine émotion dans l’offrande que ce personnage fait de lui-même à cette fille ravagée, Jacqueline, définitivement clouée sur un fauteuil roulant.

Mais vous savez, quand on voit tout ce qu’on voit, quand on lit tout ce qu’on lit dans le monde présent, quand on avale tout ce que l’on nous fait bouffer dans l’indifférence généralisée, par habitude, par automatisme, sous le rouleau compresseur des modes et de la publicité…

Eh bien ce « Grand Hôtel du Merdier », au fond, ne serait qu’un livre de plus, encore un livre parmi les millions d’autres livres du monde entier… S’il était publié.

Bon courage tout de même si vous tentez l’aventure de sa lecture !

Et je n’autorise personne à me conseiller d’aller voir un psy…

 

       Pour lire le texte intégral de cette oeuvre, aller dans 'liens documents'...

        En voici quelques extraits :

 

         1/ Les Coccinialbulles…

 

 

         S’il y a bulles ?

         Oui, il y a bulles…

         Trois bulles de jeunes Humanuscules : Zébu, Krem et Pou… Trois fils d’ humanuscules dont les ancêtres non sertis de guêtres se nourrissaient de nids de guêpe.

         Siècles, nanosecondes, millénaires et laps imaginaires de temps suspendu, entrechoqués en chaos de préhistoire, proto-histoire et pseudo civilisations, convergent en un immense nœud de bretelles autoroutières.

Les bulles, désormais humanusculaires, dansent dans les grands nœuds comme des mouches fatiguées, fébriles, mais le ventre pris de coliques électriques, les antennes scandant de puissantes ondes éclectiques qui ne se propagent jamais parce que d’ éminents sauts hertziens s’étranglent encore dans un goulet de néant.

         Trois bulles singeant à merveille une tribulle ! Comme si trois tribus pouvaient former une seule et grande main à trois doigts !

Chacune de ces bulles est un désert enfermé dans une bulle de roche. Le désert, aussi riche soit-il de fleurs cristallisées, d’ éclats illuminés, de sables rouges ou de pierres en fils d’acier… Le désert n’ a pas d’horizon. Il est aussi translucide que la bulle de roche dans laquelle il est inclus. Constitué de lames superposées de sable et de cailloux ou entremêlées en écharpes de verre liquide, ce désert se meut, prisonnier dans la bulle de roche transparente, tel un tapis fou dont les fibres à peine bleuies de ciel ondulent sans fin, imprimant dans ses plis sinusoïdaux, des lignes noires griffées ou des signes inintelligibles.

La bulle, elle même, se meut-elle, ou est-elle immobile ?

Une bulle à la coque… sans coquille comme un œuf livide en eau et en écume mais avec la dureté du silex, en équilibre instable dans sa gangue ovale de ciel noir au long pied de lumière blanche.

Les fleurs cristallisées et les aiguilles de pierre du désert, d’un bout à l’autre de la bulle, brûlent sous cette haleine de solitude si commune à tous les ventres de bulle dont les ondes crispées ou scélérates se figent en concepts, en doctrines, en conciliabules scandés et en écartèlements de voix… Mais de quel univers déformé roule en comètes frangées d’ éclaboutis gelés, cette solitude invertébrée qui traverse la bulle en tous sens et vibre d’un infini silence ?

 

2/ La dérive de Pou…

 

         Dans une longue et puante diatribe, Pou nous convie en sa bulle et nous l’y suivons, au gré de ses confidences… Et des loulous de son âme qui polluent les pieux langages, révèlent la couleur du pus, la rougeur des ecchymoses, les arabesques de cicatrices, et parfois le contenu des râles…

C’était bien avant l’épisode du cube avec les deux copains et les trois filles… Mais c’était pas si vieux tout de même. C’était à Paname, comme sur un trottoir de Rome, sur la lèpre d’un matelas ou dans des halls de gare ou sur le quai d’un port d’Europe du Nord… Dans une chambre d’hôtel sans étoile ou entre une boite à zizique et le zinc pourri d’un bar de paumés…

Ça souquait le foutre, la solitude des vieux ou des chomdus, le pain trempé de pipi, le vomi dans le caniveau… Y avait vraiment pas de quoi être fier ! C’était Pou, y’a deux jours ou trois lunes, avec toute sa vie devant lui, sans zob jectif, sans projet et sans slip éminence…

Ecoutons le, pour une fois…

« Aujourd’hui je ne peux pas plaire.

Je l’avoue, je suis bordélique.

Le jour va se lever.

Non, c’est la nuit qui va continuer, une nuit grise, épaisse, plus triste encore que la vraie nuit, car les lumières de la rue vont s’éteindre.

Une nuit froide et mouillée.

Mon âme ne va guère mieux que cette nuit.

Sous les réverbères et les néons brillent encore les trottoirs mouillés, le pavé encrassé de tous les pas des citadins trottant, les capots de voitures.

La colonne de mercure sur le rebord de ma fenêtre hésite entre six et sept.

La boîte d’allumettes est vide.

L’épicerie est fermée.

Le pain est rassis.

Le stylo n’a plus d’encre.

La palette est desséchée, le pinceau n’a plus de poils, le gobelet est fendu.

Le papier reste papier sans rien dessus.

Il pleut.

Le vélo est pendu à la cave, la pompe est tordue, la chaîne rouillée, il manque un patin, la roue arrière est voilée.

Plus de gentil « tic tac », le coucou de petite mémé est arrêté.

La montre est bloquée.

Le bon livre fini : Rocambole envolé, maman Fipart enterrée, et l’horrible Sir William précipité dans l’abîme.

Y a que dalle à la télé, ou rien que de la sous-culture branle gogo.

C’est le quatrième matin que je cherche à extirper ce qui reste dans le tube dentifrice, j’appuie en vain, pas même une petite goutte de tripe blanche.

Le gant pue, le lavabo sent le pipi, la chemise souque la sueur, la serviette est crade.

Le frigo est vide, y’avait hier un dernier bout racorni de roquefort mais c’est vrai je l’ai zombé. Il reste encore un fond de Mascara dans la bouteille.

J’ai l’œil bovin, la bouche pâteuse, le nez mouillé.

La goutte nasale perle et me fait chercher le mouchoir que je n’ai pas.

...............

Mon père qui a fait Mai 68, il disait que c’était pas vrai qu’après les barricades et les accords de Grenelle on baisait à couilles rabattues.

Ça, c’est de la légende.

C’était pas tout à fait comme on le dit, avec les filles.

De toute façon, si t’étais pas un mec posé, avec une petite bagnole, ne fût-ce qu’une deux chevaux ou une vieille dauphine pourrie, si t’avais pas vu le Docteur Jivago, si ton idéal c’était pas un boulot de cadre, une belle maison un grand chien et 2 ou 3 moutards, t’étais refait, mon pote.

Et mon père, il disait aussi qu’il avait tiré la langue, que les filles de son temps elles étaient chiantes et coincées.

Mon père, il n’avait qu’un vélo.

Moi aussi j’ai qu’un vélo.

Et avec un vélo, rien qu’un vélo, que ce fut après Mai 68 ou que ce soit aujourd’hui en 2004, c’est pas très confortable pour draguer les filles.

Mais dans le métro, ça se voit pas que t’as qu’un vélo.

Surtout si tu sors de chez le coiffeur, que t’as de belles fringues et que t’as pas les yeux dans les godaces.

Y’en a une là, tout près de moi, elle arrête pas de se bouffer les ongles. Elle a un visage typé. Habillée d’un manteau léger à très grand col, ouvert sur une robe noire à volants, elle me plait.

Il y a quelque chose de maladif dans son regard.

Un regard inquiet, un regard qui souffre, un regard nerveux.

Une fille chic qui a l’air d’avoir passé la nuit dehors.

Jamais je n’ai encore vu une fille se ronger les ongles de cette façon.

Elle se bouffe les ongles, les doigts même, avec autant de rage que d’élégance.

Je devais changer à la gare d’ Austerlitz.

On est debout, tous les deux, l’un en face de l’autre.

L’une de ses mains, celle dont elle cesse de triturer le bout des doigts, serre la barre d’appui.

Ma main gauche glisse sur la barre.

Léger effleurement de doigts.

Nos regards se croisent.

Son sourire est crispé.

Ses yeux noirs.

Son visage soudain délivré dans la lumière vive de cette nuit d’après midi.

Je sens ces épluchures d’elle, comme éclaboussées de ses doigts meurtris, cette intimité à nulle autre pareille et dont je perçois les transes, qui emplit cet espace de  silence entre nous.

Quel moment !

Quelle piqûre d’héroïne !

Gare d’ Austerlitz.

Je ne descend pas.

..............

     Dans la 3ème partie :

 

         Le salon du livre à Hausse Gare…

On a vu ces jours ci à la télé, au journal de 20 heures, des milliers de livres au pilon, concassés par des pelles mécaniques. Les gros engins tournoyaient comme des coléoptères géants autour de montagnes de livres écrasés. De ci de là, l’on discernait quelques titres, des noms d’auteur et même des bandes rouges pour des livres primés…

Au pilon ou à 1 euro dans les déballages d’un vide grenier, tel est le destin probable d’un livre, fût-il écrit par un Philippe Sollers, un Zébu ou un Pou, vitriolé ou ciselé…

Depuis que des douzaines de wagons de livres se bousculaient en entrechats saccadés sur la voie ferrée où jadis Léo Ferré chantait pour arrêter les convois plombés des grands express intercontinentaux parce que les casquettes dorées des contrôleurs branlaient les enluminures des personnes alitées de marque, la petite gare replète aux murs barbouillés d’escarbilles et de dépôts calcaires vésiculeux ne se dressait à ciel béant que sur un seul et même niveau.

Tapissé de romans désuets et d’opuscules ivres de postérité requinquée, le hall d’accueil ouvrait ses pas et ses dires perdus aux farfadets guindés qui dansaient des gigues endiablées autour de titres fabuleux dont l’éminent destin pluriel retombait en cascades de redondances et de pléonasmes… Et d’outrecuidances sapées à la base mais fortes en sucs épicés.

Cette petite gare fut pour la circonstance agrandie et rehaussée d’un second niveau.

Il fallait ici dans les milieux chic du Show bizz et des marginalités dévoyées, un salon qui pue le fric, l’arnaque, la claironnade et les prix littéraires.

Conviés, choyés, hébergés en quatre étoiles, la rose au cul, les gougnafiers aux doigts boudinés, les jeunes dandys au profil aquilin et à la crête fiérote, les aigrefins à la plume sarcastique et servile, les auteurs cons et nus dans leurs fringues bariolées, les Huiles et Sous-huiles de la culture kitsch inféodée aux normes de la pensée universelle, les nouveaux cuistres de l’écriture branchée, les poètes et les romanciers « Ah t’y piques et t’en reprends », les libraires et les maisons de la presse qui ne commandent pour leurs rayons que ce qui braie bien et se vend comme des petits pains, les éditeurs qui farandolent de nouvelles séries pour Virgin, mégastores et multimédias !

 

Texte intégral :  http://www.e-monsite.com/yugcib/docs/grand-hotel-du-merdier.pdf

 

 

 

 

 

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Commentaires (2)

1. Yannick 21/10/2005

Trop dégeu cette histoire, mais géniale à lire

2. JPP 06/02/2006

Impressionnera qui n'a pas ou peu de culture littéraire. Pour le reste c'est ce que ça a l'air d'être: une régurgitation dont il reste à savoir à quel point elle est ruse ou inconscience.

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