Réponses particulières et occasionnelles

            A « Vieux renard », sur Nota Bene, le 17 janvier 2006

            J’avais, en mai 2002, envoyé Au pays des guignols gris, mon premier livre, aux Editions Bénévent, éditeur comme il en existe tant, de ceux qui, au départ, vous annoncent que leur comité de lecture a « sélectionné » votre ouvrage…

Heureusement, cela me m’a coûté trop cher ! Pour un livre de 450 pages, en comparaison de livres d’autres auteurs… qui ont payé plus cher pour avoir le plaisir de « diffuser » quelques ex de leur ouvrage. L’on me donnait, lors de l’envoi des exemplaires d’auteur, en tête d’une fort belle lettre, du « Cher Auteur »…

Le « Cher Auteur », après une trentaine d’ex envoyés en service de presse, en trois ans, a vendu environ 300 ex de son livre… Par lui-même dans des salons du livre, des maisons de la presse et des librairies, par la FNAC et AMAZON entre autres… Le contrat ayant expiré en Mai 2005, je n’ai pas renouvelé et j’ai récupéré au prix du papier, les 20 derniers exemplaires « sauvés » du Pilon.

            En avril 2004, j’ai envoyé Quel monde possible à manuscrit.com, éditeur « en ligne ». Pas de service de presse, pas de pub… Il me fallait, pour une édition papier en livre imprimé, commander moi-même mes exemplaires, en régler à l’avance le prix avec frais de port en plus. Et la livraison n’avait lieu qu’au bout de trois ou quatre semaines ! J’avais deux ou trois copains qui me servaient de relais, j’encaissais les chèques, car bien évidemment, l’avance n’aurait pas été envisageable pour mon petit budget ! Et c’est ainsi qu’en un an, j’ai pu vendre environ une centaine d’exemplaires…

Depuis un an, je n’ai plus de contact avec manuscrit.com. J’ai abandonné de ce côté !

            Après ces deux expériences j’ai décidé de me publier moi-même directement, sans être tributaire d’un éditeur, d’un comité de lecture ou d’un quelconque relais « médiatique »… Soit dit en passant, des dizaines de courriers postaux à des journalistes et autres gens « plus ou moins en vogue ou reconnus », de belles lettres de présentation à des maisons de la culture, médiathèques et autres associations littéraires, tout cela c’est « pipi dans un violon »… Les seules réponses sont des non réponses…

J’ai plus de contacts, plus de lecteurs, plus de commentaires sur les forums du Web, plus de visiteurs sur mon site, que ne n’ai eu autrefois de réponses à mes courriers postaux, aux « courriers de lecteurs » des journaux, etc… Cela ne me rapporte rien mais au moins la « dimension » de la communication est sans comparaison avec celle de l’écrit voyageant par la poste ou tributaire de gens chargés par la direction du journal de trier les lettres reçues.

Je sais bien que sites et blogs foisonnent « à gogo », et de plus en plus ! Qu’il y a du bon et du moins bon… Mais personne sur la Toile n’empêche ma petite étoile de briller, et si elle doit un jour être plus « visible », si l’on peut dire, elle le sera sans que SUD OUEST, MARIANNE, le MAGAZINE LITTERAIRE ou la FALEP des Landes… Et tant d’autres « relais médiatiques » y soient pour quelque part ! 

 

                        Un petite réponse à ces « très chères approches de moi »…

 

            Je ne suis guère habitué à de telles approches… Quoi que cela commence à venir… Merci, merci de tout mon cœur ! Mais bonjour aussi aux autres, qui ne m’ont que « survolé » !

Si j’ai invité les visiteurs de mon site à « entrer dans ma forge », ou « dans le cœur du réacteur »… Il n’en demeure pas moins que je n’ouvre pas « le cœur du noyau »… Mais j’avoue, avec une certaine émotion, que parfois j’oserai presque…. Avec quelques circonvolutions tout de même, et battements de cœur !

Si je n’affiche pas mes préférences sur la place publique, j’aime cependant les exprimer, tant je les sens vraies et sincères… Et « au-delà de tout soupçon » comme on dit dans le langage des hommes !

L’on se sent si bien, précisément, dans ses préférences ! Elles représentent sans doute ces étoiles qui, dans le ciel de la nuit au dessus de tous les déserts de la vie, nous laissent espérer qu’il existe bien un « ailleurs », un « réel imaginaire », une réalité descendue de sa virtualité originelle, très belle, et devenue palpable, vivante et aimante à s’y jeter dedans…

            Becdanlo, après avoir lu « Grand Hôtel du Merdier », a bien dit : « heureusement que Guy Sembic sait jouer sur d’autres registres »…

Mais, ce « Grand Hôtel du Merdier », était-il vraiment le « noir de moi » ? N’ai-je pas, comme Becdanlo l’affirme, « fait éclore des roses sur un monceau de fumier » ? Des roses ni noires ni même flétries, ajouterais-je !

Les livres 2 et 3 d’Au pays des guignols gris ( le 2 va paraître sur alexandrie) sont bien le reflet de cet univers relationnel auquel j’aspire… Et que j’ai parfois eu dans ma vie, la chance de connaître, avec des êtres d’exception que j’évoque dans « Visages ».

            Ah ! Ces « petits faibles » que l’on a, parfois, pour certains êtres ! Ne viendraient-ils pas de souvenirs plus anciens que notre vie ?

Certes, il est, à quelques nuances près, des personnes, sur les forums que je visite, qui me sont

 « chères », si je puis dire… Il me siérait qu’un jour, nous puissions nous réunir… Une sorte de « récré de vacances », en un lieu convivial et familial…

Du temps de Flaubert et de George Sand, il y avait les cafés et salons littéraires, les demeures des uns et des autres, les parcs et les jardins de nos cités au passé millénaire… Alors survenaient ces « embrasements du cœur et de l’esprit », ces délicatesses du langage, ces étranges émotions, ces confidences, ces pudeurs, mais aussi ces violences et ces passions dont les brisures et les éclats blessaient les âmes ou préparaient les trahisons.

Aujourd’hui, il y a les forums du Web… Avec le langage que l’on y lit, les « déserts habités que l’on y traverse… Et, ah ! que c’est bon, d’y rencontrer parfois un petit renard des sables aux yeux étoile !

 

            Passe d’armes entre hememene le perturbateur et yugcib le pirate, sur un forum de la Rue des Auteurs…

 

            Hememene 

--Elément perturbateur, acide et contestataire, me voici parmi vous, à la Rue des Auteurs : oui je suis acide, mais je vous rassure, pas très méchant… Et, disons le, « dans certaines normes un chouia corrosives ».

J’ai déjà jeté un coup d’œil sur quelques uns de vos sujets et réponses et petits mots divers… Et déjà j’ai envie de balancer quelques seaux d’eau dans la rue, du haut de mon grenier où je vis avec des chats pelés.

            Yugcib

--Salut à toi, et, qui que tu sois, bienvenue à la Rue des Auteurs ! Acide et perturbateur, dis-tu ?

Alors, as-tu lu mon texte « Est ou n’est plus ? »

A une échelle de temps qui est la seule vraie et semble étrangère à notre esprit, nous avons tous le même avenir : celui d’une « chrysalide » vide, avec une écorce plus transparente et plus légère que l’air…

Alors, acide et perturbateur, je veux bien…Sur ce terrain là je te rejoins un peu ! Mais moi, je tape, je martelle, je retape encore plus fort, la porte ne cède pas, le mur ne se lézarde pas, ils sont sourds ces guignols ! Vas-y donc avec tes seaux ! Puisqu’on a le même avenir !

            Hememene

--Eh ! Apprends plutôt l’orthographe, espèce de pedzouille ! On ne dit pas « martelle », mais : martèle ! Et puis, autre chose encore pour ta pomme : va te faire cuire un œuf… de canard, dans la cocotte de la Postérité !

            Yugcib

--Je maintiens : MARTELLE ! Barbarisant ainsi dans les barbarismes d’une civilisation dévoyée !

La « cocotte de la Postérité », comme tu dis, prend par le fond : les œufs brouillés, en une marmelade carbonisée, font croûte au fond de la cocotte, qu’ils soient de canard, d’oie cendrée ou de pigeon à l’anus barbouillé de jus de cerise squattant dans les décharges…

Je ne pense pas, cher Hememene, que nous ferons bon ménage ensemble ! As-tu un site ou un blog ? Dans ce pays, la France, tout le monde écrit, peint, joue, gratte, se nippe et se farde, se shoote, baise, gueule, et que sais-je encore ! Qui ne fait donc RIEN en ce beau pays de France ?

 

            HEMEMENE  ATTAQUE…

 

            Alors, Yugcib, c’est ça, ta philosophie ! Une « autre écriture », un « autre langage » ! Où as-tu dégoté ce slogan ? Ah ! Je te vois… Dans une manif d’écrivains obscurs, brandissant en tête d’un cortège braillard et houleux, une pancarte d’un mètre sur deux !

Tu te sens pas, tout de même, un peu court, s’il t’arrive de lire le magazine littéraire, le monde des livres du vendredi, la revue des deux mondes, et autres publications… que le commun des mortels smicard, banlieusard, pilier de bistrot ou bénévole dans une association ne consulte pas… et pour cause !

Et tu penses ainsi avec ta prose, te mesurer à des intellectuels, des journalistes littéraires, des gens comme Jean Claude Guillebaud ou Bernard Pivot, des auteurs primés dont les nouveaux livres font la Une des critiques et présentations…

Tu te vois, peut-être, avec un petit pavé, même en noir et blanc, format photo d’identité, dans Libération ou le Monde ?

Ces gens là, mon vieux, ces Guillebaud, Pivot, Houellebecq, etc… ils ont fait des études supérieures, ils ont un vécu, une expérience, un langage, une formation, des références que tu n’as pas, toi, Yugcib ! Ils ont aussi leurs « entrées », ils font des tirages, eux !

Chez Manuscrit, ton « Quel monde possible » est passé totalement inaperçu ! Tes « courriers de lecteurs » à Sud Ouest, l’Huma ou Marianne et que sais-je encore, ne sont que des diatribes dominicales à contenu pseudo philosophique édulcorées… ou ulcérées selon tes états d’âme ! Et tu voudrais que tous ces canards à tirage, régionaux ou nationaux, te sélectionnent chaque fois que tu « ponds un article » ?

Ton dernier conte intitulé « Troussalet Hectorion » est une belle fumisterie dans le genre Yugcib ! Tu y parles d’un 29 février en 2027, une année non bissextile. T’auras alors 79 ans. Dans quel état seras-tu ? Tu auras l’air de quoi, avec ton visage sur ton site, en 2027 ? Quelle duperie ! Tout décati, oui ! Et peut-être vissé sur une « chaise à caca » ! Ou pire encore, un « pieu à caca » ! Avec des escarres aux fesses et une petite et jolie dame en tablier blanc pour te remuer ! Tu pourras même plus bander, sauf dans le ciboulot !

Foi de Hememene, je te le dis, Yugcib, t’as pas d’avenir ! Ton « autre écriture », ton « autre langage », n’auront jamais interpellé que quelques rares personnes en ce bas monde. Si c’étaient des femmes, t’en auras même pas profité pour les baiser ! D’ailleurs tu le dis bien : tu renonces à la reconnaissance. J’ajoute que tu es suicidaire puisqu’en renonçant à vendre tes œuvres, tu bouches toi-même la source de tout revenu si modeste soit-il.

Et quel paradoxe que celui de souhaiter être publié et lu, alors que tu n’envisages pas de tirages d’exemplaires de tes livres !

Encore un mot, Yugcib, pour ta gouverne : tu rejoins en fait, même si tu prétends que non, tous ces gens qui pensent que le monde est coupé en deux entre le Bien et le Mal, l’obscurité et la lumière. Toi, tu dis : « l’intelligence du cœur et de l’esprit »… que tu opposes à la « culture bêta » hyper standardisée à ton sens !

Mais que fais-tu alors, de ces gens qui, selon toi, n’auraient pas cette « intelligence du cœur et de l’esprit » ? Ou cette « clairvoyance » que tu crois, toi, avoir ? Oui, qu’en fais-tu de ces gens là ? Est-ce que tu t’es jamais demandé s’ils n’avaient pas, eux aussi, à leur façon, un cœur et un esprit ? Avec d’autres repères, d’autres motivations, une autre créativité, une autre conception du relationnel, du sexe, de l’amour, du plaisir, une autre approche du réel ou de l’irréel… Un cœur et un esprit, en somme, qui te sont, à toi Yugcib, totalement étrangers ?

Tu peux écrire dix mille pages de plus… Cela ne changera jamais rien !

Fous leur la paix, à ces « vieilles à coiffure en chou-fleur » qui montent dans le car d’Ibardin, pètent dans leur bermuda, rigolent d’histoires de fesses et vont faire provision d’Izzara et de Ricard… Elles aussi ont tripes et cœur ! Et le droit de bander pour les « feux de l’amour », et de papoter cuisine, jardin et stars de la télé !

Et ce Gabriel Matzneff que tu peux pas saquer… Et tant d’autres que tu voudrais –oui tu le dis—brûler sur la place publique ! Il est où, ton « autre regard » dans tout ça ? Et ta « générosité », ta « bonté qui ne baisse pas les yeux », ton « humilité » dont tu n’oses parler… et que tu évoques tout de même !

Au fond, t’es comme Sarkozy : toi aussi tu as ta « racaille »… mine de rien !

Non ! C’est pas vraiment avec toi, Yugcib, que le schmilblic va avancer !

Et allez ! Un tout dernier mot, qui sera l’ultime de cette invective : tu as parfois de ces hardiesses d’écriture et de langage qui vont trop loin et qui ne sont pas toujours de très bon goût… Mais tu as aussi des timidités ou des hésitations pour le moins étranges… pour un « pirate » !

  

                        REPONSE  DE  YUGCIB

 

             Quel enterrement de première classe ! Oui, c’est vrai : je me posais déjà quelques questions sur mon langage et sur mon écriture…

Je suis devant (ou derrière) mes dix mille pages comme un trapéziste sous le chapiteau d’un cirque, un trapéziste qui n’ a pas été dans une école de cirque et qui veut quand même faire du trapèze !

Je me balance encore… Mais pour combien de temps et pour quels spectateurs ayant ou non payé leur place ?

 

                        A PROPOS DE  « VISAGES »…

 

            Ainsi avez-vous lu, Ishtar et Atélécrit, « VISAGES ». Ce que je ne sais pas, c’est si vous avez seulement lu le texte figurant dans ma page membre ou en forum « premier chapitre », ou si vous avez lu le texte encore inachevé à ce jour, sur mon site.

Avec une certaine émotion je l’avoue, j’ai lu la réponse d’Atélécrit relatant quelques uns de ces souvenirs d’école, effectivement très proches de mes propres souvenirs.

J’ai écrit « Visages » entre juin et septembre 2000, sur six carnets de cent pages. Ces six carnets ont été en grande partie rédigés en deux lieux qu’à l’époque je qualifiais de « mythiques »… Et qui, dans mon esprit, le sont toujours.

L’un était ce chemin de onze kilomètres reliant Lesperon et Lévignacq dans les Landes, chemin que je parcourais en vélo tout terrain dans un paysage tel qu’il n’en existe nulle part ailleurs en Pays de Born et Marensin : bruyères et genêts, pinèdes et chênaies entremêlées, sous bois épineux, étangs, sable blanc ou cendre, landes et marais… dans une variété de tons, de lumières, de sols, de feuillages et d’essences que ce chemin difficile et accidenté m’invitait à découvrir d’un regard toujours neuf, à chaque détour.

L’autre était cette plage de Contis où, de longues heures durant, j’écoutais l’océan dont les vagues aux crêtes blanches se brisant sur le sable me semblaient chargées de voix, de confidences, d’histoires de visages… J’étais, pour ces visages proches ou lointains, brassés, fondus et roulés dans les vagues, jetés par milliers sur le rivage, ce confident inespéré : celui auquel on peut tout dire, celui qui peut tout entendre, de ce qui, en général, n’est jamais dit.

Alors, en ces lieux, tout revenait de ces visages de mon enfance, et de ces situations, et de ces voix, et de l’intérieur de ces êtres, tel que cela fut jadis perçu, et, comme « numérisé » en petites images vivantes dans le « disque dur » de la mémoire.

Je sentais que « écrire ces visages » devenait une nécessité. Non pas parce que j’étais dans un « retour d’écriture » en un ressenti particulier à cette époque de ma vie si emplie d’interrogations, de doutes et de « mal être »… ou que j’aurais eu un penchant subit pour le récit autobiographique ; mais essentiellement parce que ces êtres là, qui m’avaient fait tel que je suis et que j’avais tant aimés pour ce qu’ils étaient, je sentais que je devais témoigner de leur existence, témoigner de ce qu’ils furent, et, à travers ce témoignage, faire passer un message : leur message…

Je n’envisageai donc pas d’écrire un récit uniquement et communément autobiographique tel que beaucoup de gens en écrivent d’excellents, de bons… et de moins bons… Mais plutôt un récit en lequel les personnages dont je parle sont les acteurs essentiels de l’histoire racontée.

Dès lors, je pris conscience, à mesure que j’avançai dans le récit, de la difficulté qu’il y avait à transcrire ce qui réellement fut…

L’on ne « ressuscite » du vécu et des émotions, bien souvent, qu’à travers ce que nous éprouvons aujourd’hui, et, si la faculté que nous avons de transcrire s’est enrichie des mots que nous n’avions pas trente ou quarante ans plus tôt, nous avons en fait perdu l’essentiel de ce qui fut jadis : l’authenticité.

Tout a donc commencé le mardi 21 septembre 1954 avec le visage de ma première maîtresse d’école… Trois jours plus tard remplacé par celui d’une « Madame Basile », qu’au lieu de détester parce que ce visage était sévère, surmonté d’un chignon blanc très strict, et que cette dame était étroitement enserrée dans un immense tablier à carreaux lui descendant jusqu’aux chevilles… je me mis à aimer quand même ! Je lui pardonnai d’avoir effacé par sa présence en apparence si revêche, le ravissement que j’avais eu trois jours plus tôt, de cette jeune femme si jolie et si bien habillée.

Après tout, cette madame Basile, lorsque j’ai préféré rester tout seul dans sa classe au lieu d’aller dans la cour de récréation, elle ne m’a pas dit « Allez ouste, dehors ! » Je sentais qu’il y avait dans sa sévérité, dans la raideur de son maintien, dans sa « vision du monde », quelque chose de différent… Je ne savais pas encore que c’était « l’essence d’un être ».

     NOTE : ce texte est ma réponse à Atélécrit et à Ishtar dans un forum d'alexandrie intitulé premier chapitre.

 

     Dimanche 5 mars 2006, à 'Passion des Mots' sur le forum intitulé 'Autour d'un verre'...

 

                        LA BEAUTE DE VOS AMES

 

            Uniforme, Jipi, Piétra, Papillon, Marine, Fleur du mal, Silence… … … tous ces noms me font rêver : je les imagine visages, regards, voix, rivages…

Les solitudes viennent trembler en ces noms comme des oiseaux mouillés au creux de mains délicates, s’y détendre et oublier la faim qu’elles ont d’y exploser tout ce qu’elles contiennent pour ne souffler entre les doigts de la main que leur haleine d’oiseau. Mais cette haleine d’oiseau est plus qu’une confidence : c’est un âme toute entière… Inexplosée, mais sans fin tendue dans la joie qu’elle a de se laisser accueillir.

Comme dans la chanson de Mouloudji « Un jour tu verras on se rencontrera », je ne sais quand, mais nous serons tous réunis…

Comme dans la chanson de Françoise Hardy « L’amitié », nous serons ces oiseaux de passage dans le même petit coin de ciel…

            Jipi comme un professeur de Lettres hors norme dans un lycée pas comme les autres où l’on est en classe comme dans un train des Andes à 4000 mètres d’altitude…

            Uniforme comme une ravissante hôtesse d’accueil en uniforme sobre et chic dans une auberge de jeunesse ouverte à toutes les jeunesses du monde de 7 à 77ans et avant et au-delà…

            Piétra comme un grand oiseau blanc au dessus d’un rivage dans une éblouissante éclaircie après le passage d’une tempête hivernale…

            Papillon avec ses ailes immenses aux couleurs fortes et tendres comme ce papillon géant qui depuis des milliers d’années voyage entre le nord de l’Amérique et ces vallées Mexicaines où il passe l’hiver…

            Marine comme une Méditerranée profonde, chaude et lumineuse, aux rivages bercés de toutes les Cultures…

            Fleur du mal dont on ne sait le mal parce que dans le cœur de cette fleur il n’y a pas le mal du monde mais peut-être ces vers ou ces mots que l’on attend…

            Silence, ce « bruit que personne n’entend » mais qui chante comme un torrent de montagne que les battements de cœur de pieuvre des orchestres de fêtes d’été n’écoutent jamais…

            Et encore bien plus que tout cela, au-delà de ces images et de ces espérances de vous qu’il m’a si fort plu d’avoir le temps de quelques tours de pédales sur mon vélo… La beauté de vos âmes que je sens, que je respire, comme une très douce haleine, une salive océane follement enivrante…

                                                           Dimanche 5 Mars 2006, lors d’une promenade à vélo, près de Mugron dans les Landes, sur une berge du « grand étang des ragondins » et sous un soleil froid de fin d’après midi… Il neige dans le nord de la France, dans deux semaines c’est l’équinoxe, et le grand papillon aux couleurs fortes et tendres fera bientôt le grand voyage des vallées Mexicaines au nord de l’Amérique. Les trains des Andes ont-ils encore près de leurs fenêtres, à 4000 mètres d’altitude, ces visages cuivrés aux yeux qui parlent comme des voix ?

 

 

                        Petite lettre ouverte aux personnes et organismes que j’ai contactés et qui n’ont jamais répondu à mes présentations ou propositions…    

         Vous auriez pu, Madame ou Monsieur Le ou La… Avoir au moins la politesse, même au bout de huit jours ou d’un mois, de me répondre… Ne serait-ce que par ces quelques mots dans le genre de : « Nous avons bien reçu votre message, mais… »Votre indifférence… ou votre mépris, sont bien de ce « sens du monde » où ne prévaut que ce qui a cours, se vend et « huile » les rouages du « grand mécanisme ».   

          Ne recevez donc pas, Madame, Monsieur… Mes sentiments quels qu’ils soient civilement définis, ni à plus forte raison, mes « sentisseries »… 

 Note au sujet de cette lettre : 

           En règle générale, ces personnes et organismes qui ne m’ont jamais répondu, sont encore (et sans doute pour toujours) dans le domaine « Google ».Tous mes contacts suivis sont répertoriés dans un espace qui s’ouvre sur mon écran de « Cassiopée ». Je n’ai donc pas à les rechercher dans Google. Dans les domaines que je visite le plus régulièrement, et où je suis membre et adhérent, dont l’URL s’affiche dans mon « ciel », il n’y a pas de ces « silences éternels » que je foudroie de mon œil noir.Je rends grâce à mes contradicteurs parce qu’ils ont pris le temps, ce temps si précieux pour eux, de me répondre, ne fût-ce que d’un « smile »…

Je n’ai jamais été très copain avec une « certaine forme d’indifférence »… que je différencie cependant d’une indifférence plus naturelle.

            LES LAPINS 

            Une fée tapa de sa baguette ma caisse de carnets et tous mes écrits de toute ma vie se muèrent en lapins…

Par chance je me trouvais à ce moment là dans ma maison des Vosges et, vu l’étendue des champs et des prés tout autour, les quelques… vingt mille lapins gambadèrent à perte de vue…Il y en avait des blancs, des noirs, des pelés, des tondus, des albinos, des bleus, des roses, des courts, des longs, des fuselés, des barriqués…Il y en avait qui criaient comme si leur dernière heure venait, pris par la peau du cou ou du dos ; d’autres qui copulaient, tressautant à perdre haleine ; d’autres encore qui creusaient des terriers sous les pommes de terre du jardin ; certains même fumaient comme des pétards mouillés ou pétaient comme des noisettes vertes écrasées entre les dents…

Il y en avait partout ! Dans la maison sous les lits, sous les meubles, sur les marches de l’escalier de la cave, au grenier, et même jusque dans la poubelle. Trois se dandinaient sur la Télé, un autre crottait sur l’ordinateur, et des centaines galopaient par toute la maison, et des milliers, des milliers, grouillaient comme de grosses sauterelles par les prés les champs au milieu des herbes folles et des orties. Le moindre petit message, la lettre la plus ordinaire, le brouillon le plus illisible ou le plus inachevé… tout ce qui avait été écrit était devenu lapin !Je ne fus pas désespéré cependant…

Avec mes lapins, plutôt qu’avec mes écrits, j’étais devenu un bon reproducteur et l’on m’inscrivit dans le Grand Livre des Origines, avec cette mention : « Grand Géant des Yugcibiandres ».                            UNE COMETE ARGENTEE 

            Toujours d’actualité en dépit de la chute des jours et de la montée des nuits, la rencontre d’Arbois traverse l’été 2006 comme une comète argentée dans un ciel qui ne finit pas…

Aussi les nuits Bayonnaises, les nuits Dacquoises, les nuits de fêtes Landaises, les costumes des Matadores, et tous ces « festiveaux » d’été avec leurs estanquets et leurs brocantes- mechoui, tout cela me passe au dessus de la tête, je n’en perçois pas même les flonflons, je n’en hume pas les relents, en vérité je m’en « tamponne »…

Et je me prépare en cette seconde quinzaine d’Août, à rejoindre bientôt ces Vosges où je ne suis pas né, ces Vosges pays de ma femme, ces Vosges pluvieuses où flambent de petits feux dans les cheminées en septembre, où sifflent les petits poêles dans les maisons quand viennent les premières gelées… Et cette bonne ville de Bruyères… sans doute truffée de bons bourgeois à coquets livrets de caisse d’épargne, mais qui néanmoins me disent bonjour et me reconnaissent dans la rue.Soit dit en passant, à Tartas dans les Landes, c’est pas écrit « guy sembic » au dessus de mes sourcils… et encore moins « yugcib »… Jamais je ne me suis senti aussi éloigné des festivités Landaises qu’après ces jours d’Arbois et leur souvenir si vivant ! Aux saisons passées je croyais en toute innocence, comme l’idiot du village tout heureux de « faire le pitre » sur la place publique, que les confettis jetés en nuages au milieu des visages ne se décoloraient pas !

Mais les confettis se volatilisent dans l’air de la fête au moment même où ils sont lancés… A Arbois, les confettis devenaient des ballons aux jolies couleurs et s’envolaient. Autour de l’orchestre Jack Star à Saint Girons Plage ou à Contis, ils sont aussi prolifiques que les fesses et les ventres se tortillant, s’ils ne se volatilisent pas tout de suite ! 

                         16 DEGRES A MIDI  

          Fini les grandes chaleurs ! A celles et ceux d’entre vous qui sont ou vont aller en vacances, je conseille « un coin de ciel bleu » et « quelques ardeurs » à rechercher dans leur cœur…Même dans le Sud de la France il fait seize degrés à midi ! En ces jours venteux, gris, froids et ponctués d’averses, et où je vois passer dans les rues de nos cités balnéaires de jolies dames et demoiselles en petits imperméables « chic et classe », j’ai l’âme vagabonde et je « travaille dur » du crayon… Oh, qu’il est malaisé… et déraisonnable, de « galoper » derrière plusieurs lapins à la fois, de n’en arrêter aucun !

Aussi dans mon 28ème carnet (celui là est un petit de cent pages) dois-je multiplier les signes de renvoi pour m’y retrouver dans les suites, et les lapins se croisent, se rattrapent et courent comme des lézards…Et « Cassiopée » reste allumé toute la journée… Un petit coup de portail des auteurs, un chouia d’alexandrie, une visite sur passion des mots, une bise à Masques de Venise sur Nota Bene, un salut à Rotko sur Grain de Sel… et quelques mails par ci par là ! Ah, ces chers amis du Web littéraire !      ( 15 Août 2006)  

                       A L’ECOLE DU BONHEUR 

            A l’école de Passion des Mots, les récrés sont nombreuses, les jeux intelligents et sensibles, les filles hyper sympa, les maîtres ne donnent jamais de coups de règle sur les doigts, il y a de la musique, des spectacles de marionnettes, on y lit des poèmes et des contes, l’on y sert du gâteau à tous les desserts, Uniforme l’ingénieur informatique est géniale et donne de bons conseils, on y retrouve des copains venus d’autres écoles, il y a du biftek avec des frites à presque chaque repas de midi… Et les nouveaux ne sont jamais laissés sur le carreau !

Bienvenue à Passion des Mots, mon cher ami « Becdanlo » !

Pour information à propos de mon livre Grand Hôtel du Merdier…  

            Pour acheter ce torchon de 190 pages format de poche, totalement inculturel et d’un surréalisme hasardeux, rendez vous à http://www.lulu.com/content/695023  si le cœur vous en dit… Il vous en coûtera dans les 9 Euro…

A mon avis, rien que l’image de la couverture les vaut, les 9 Euro. Bon nombre de « bimbeloteries » de plage ou de boutiques à touristes sont vendues autour de 10 Euro tout l’été… et même toute l’année après tout ! Soit dit en passant, pour rigoler, je balancerais bien ce Grand Hôtel du Merdier sur la tête de Ségolène Royal dans un défilé de mode en dépit du fait que j’ai, je l’avoue, un « petit faible » pour Ségolène Royal…

Dans la « Sarkomania » cependant, un tel livre me vaudrait peut-être un an de taule, et je vois en outre Doc Gynéco, le rappeur invité récemment à « On est pas couché », m’incendiant en beauté avec une certaine condescendance… Mais bon, Doc Gynéco est dans le paysage, et que son succès dure !

Grand Hôtel du Merdier est peut-être un horrible torchon surréaliste, une diatribe incendiaire truffée de néologismes barbares même s’il y en a qui disent que je fais pousser des roses sur un tas de fumier… Il n’en demeure pas moins que je pardonne aux gens et aux organismes auxquels dans le temps j’ai écrit et qui ne m’ont jamais répondu.

Je n’aime pas le monde dans lequel je vis, tout cela on le sent bien dans ce Grand Hôtel du Merdier, mais j’ai toujours été sensible, parfois très ému et émerveillé, par ce « meilleur de soi même » existant en chacun de nous.

 Il y a une chose qui me révolte c’est quand je vois des gens qui en ont bavé, qui sont partis de rien avec une valise en carton, qui se disent au départ avoir été les victimes d’un système injuste et hypocrite…et qui, lorsqu’ils ont réussi, gagné de l’argent, obtenu la faveur des Médias, etc ; se sont montrés vengeurs, arrogants, méprisants, amers…

Je pense qu’à un certain niveau de réflexion, de pensée, de travail, d’investissement personnel, avec le regard que l’on finit par porter en soi sur le monde et les gens, l’on ne peut que se sentir de plus en plus responsable dans la relation que l’on établit avec ses semblables.

  

 

 
 
 

 

 

 

 

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Commentaires (3)

1. mmmm 13/02/2006

Parfois un peu caricaturale ta position, tu ne crois pas?
La mienne aussi? Sans doute...
N'est ce pas le propre des messages virtuels que de paraître lapidaires?

Ben... j'espère que tes 10.000 pages auront du succès un jour... Il y a du talent... Un peu de confusion hélas! Mais c'est le propre des gens qui ont des idées, que de les livrer en bataille

Cricri

2. mmmm 18/02/2006

Yugcib, Mmmm et Hemememele, ce n'est pas la même personne... Mmmm ne se permettrait pas sans remord une diatribe pareille...

3. Mawie 04/03/2006


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