A cru et à coeur, la suite...

 

      UNE  PEUR  VISCERALE

 

            Je suis très inquiet au sujet du vote de mes concitoyens dimanche 22 avril 2007…

J’aime mon pays, la France, et j’aime les gens de ce pays, du moins individuellement, les yeux dans les yeux, sans hypocrisie, à cru et à cœur, sans fioritures ni emberlificotements et si possible avec une certaine générosité (cette générosité de moi, de mon visage, de mon esprit, de mon regard, du « fond de mes tripes »)…

J’ai peur de voir dimanche soir à 20h sur le petit écran les deux visages de Sarkozy et de Le Pen apparaître comme étant les 2 « finalistes » de ce « tournoi » bien « dans le sens du monde »…

Ce serait « la fin d’un monde », un monde qui était déjà moribond et complètement pourri mais dans lequel il y avait encore un vague espoir en quelque « changement ».

Le monde qui viendrait, alors, serait une « ère de fer »… de toutes les exclusions et de toutes les accélérations des dérives amorcées…

Aucun intellectuel, aucun poète, aucun artiste, aucun philosophe, aucun écrivain, aucun penseur, femme ou homme de lettres, ne peut souscrire ni adhérer à un tel monde, celui que nous prépare non seulement un Le Pen ou un Sarkozy mais aussi celui de tous ces décideurs économiques et financiers assassins de notre si belle planète…

            Au premier tour je demeure fidèle à la femme pour laquelle j’ai toujours voté depuis 1974 et qui se présente pour la dernière fois.

Arlette fut de mes premières manifs à Paris lorsque je bossais au centre de tri postal Paris PLM et que je brandissais en tête du cortège avec mes camarades postiers en grève, une pancarte par moi bricolée « Lelong, Giscard, larguez le steak ».

J’aime la dureté, le réalisme sans fioritures, et aussi il faut le dire, la générosité rugueuse de cette femme qui, de son inébranlable fidélité aux « vraies valeurs de gauche », a toujours défendu les travailleurs de ce pays sans jamais se compromettre… En 1981 quand elle a appelé à voter Mitterrand au second tour, elle l’a fait sans illusion : il fallait que Giscard, à l’époque, soit battu !

Si jamais c’est « Sarkozy – Le Pen », au second tour je mets dans l’urne un carré de papier marqué Coluche !

Si c’est « Bayrou – Le Pen » ou « Bayrou – Sarkozy », je vote Bayrou ! (et oui, moi, un mec de gauche/gauche)

De toute manière, avec Sarkozy ce sera pire qu’avec Le Pen !

Le Pen président de la République Française ne pourra pas, comme Sarkozy, faire ce qu’il veut de la France parce qu’il n’aura pas, loin s’en faudra, de « rouleau compresseur » composé d’une majorité totalement « à sa botte » de députés FN partout élus… A moins qu’il ne tente, comme Napoléon III en 1851, un coup d’état…

            Je viens d’apprendre (téléphone arabe du Web) qu’en Belgique et dans d’autres pays Européens ou même en Amérique, l’on pourrait savoir dès 18H/18H 30, dimanche soir le 22 avril (et à plus forte raison le 6 mai) le résultat des élections Françaises… AVANT que n’apparaissent à 20h à la télé, en France, les visages des 2 « finalistes »…

Et cela par des blogs, des sites « spécialisés », des info – pirate ou autres infiltrations…

J’en suis sidéré ! Je trouve cela scandaleux, révoltant ! Alors que les derniers bureaux de vote ferment à 20h !

Cela fausse tout ! ça me gonfle, toutes ces technologies sophistiquées de l’information, avec ces « zooms » en gros plan sur les états majors des différents candidats, ces flashs télévisuels mitraillant les troupes de « fidèles », ces sous entendus condescendants, arrogants, laissant planer une « victoire » du ou des « favoris »… et toute cette « pré - médiatisation » des débats qui vont suivre…

Quelle tartufferie ! Quelle guignolerie ! Quel monde bouffi d’orgueil, de satisfaction de soi, d’exacerbation de privilèges et de pouvoirs !

Que de mensonges ! De « crétineries intellopoliticardes cocardières » !

J’en suis malade cette fois, en 2007, de ce qui semble se préparer avec force « olives dans l’trou d’bale » bien huilées bien hémorroïdales ; et s’accélèrera dans cette vie que vivent des millions de gens complètement exclus de toutes les décisions d’ « en haut », ces millions de gens que le Pouvoir, que les Systèmes, souvent relayés d’ailleurs par les médias et par les Intellectuels, ne cessent de prendre pour des cons, des « gogos », et méprisent souverainement en leur faisant croire aux « vertus sacrées » de leurs grandes et nécessaires orientations !

En 2002 le 21 avril, on a « diabolisé » tous ces électeurs des classes populaires (parfois et même souvent anciens communistes) qui ont voté pour Le Pen… Je comprends ce cri de révolte de tous ces gens qui en avaient marre d’être pris pour des cons !

Moi, ce qui me ferait rire finalement, c’est que Sarkozy (surtout lui) ne soit pas au second tour ! Quel « pavé dans la mare » pour les sondeurs, les médias, les « faiseurs de pluie et de beau temps » !

Enfin… Pour Arlette, c’est son dernier tour… De ce putain de manège « désenchanté » de faux dadas et de guignols acrobatiques à pompon dont t’attrapes jamais la queue !

Ce sont toujours les mêmes qui vont à Dame !

 

LA FIN D'UN MONDE

 

            Je dis aussi que c’est la fin d’un monde parce qu’une part de plus en plus grande de tout ce qui prévalait encore jusqu’à nos jours, va désormais disparaître très rapidement au profit de nouvelles croyances qui n’auront plus rien à voir avec ce qui donnait du sens à notre vie.

Déjà les fondements et les architectures de ces nouvelles croyances nous inclinent à ne plus penser, à ne plus réfléchir, à nous soumettre dans l’indifférence, à accepter « qu’il en soit ainsi » et que l’on « ne peut rien y changer ».

Voici banalisé, décrédibilisé, désacralisé et même vilipendé ce « sens de notre vie » qui jusqu’alors était, mais n’avait pas fondamentalement évolué en dépit des grandes mutations économiques, sociales, technologiques de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème.

Il y a en France, lors de cette élection présidentielle de 2007, le signe ou les signes « avant-coureurs » d’une mutation de grande envergure dépassant de loin les seuls enjeux économiques et sociaux.

Il y aura de « nouveaux gagnants » et de « nouveaux perdants », dans les mouvements les plus divers et les plus complexes d’une telle mutation.

De même que les premières civilisations de l’histoire humaine qui s’étaient construites sur l’agriculture, l’industrialisation, la sédentarisation, la propriété du sol, la famille, la communauté urbaine, l’artisanat, le commerce, et d’une manière générale sur toutes les valeurs et tous les repères fondamentaux (culturels, religieux, moraux…) qui ont prévalu jusqu’à nos jours ; de même donc, que ces premières civilisations « néolithiques » ont succédé à celles, quasiment nomades et informelles du paléolithique ; de même l’on peut dire en ce début de 3ème millénaire, que la civilisation actuelle, héritée du néolithique, des premières sociétés organisées ( Croissant fertile moyen Orient, Egypte, Chine ancienne, Grecs, Romains, Etrusques, Celtes, peuples des Balkans, Europe continentale, Incas en Amérique, etc) , est en voie de disparition au profit d’une autre civilisation.

Et cette nouvelle civilisation est, selon le terme que j’emploie pour la désigner, « humanusculaire ».

C'est-à-dire déshumanisée, sans attachement au sens de son existence, sans projection vers l’avenir ni même son propre avenir.

C’est une civilisation de l’immédiateté, une civilisation du besoin le plus pressé, une civilisation qui n’est même plus « amorale » ou « immorale »… En somme, une civilisation « bio-mécanique » dont les éléments ne sont plus des personnes physiques mais des « entités » entièrement conditionnées par d’autres « entités » ayant pris le pouvoir, et qui sont sans cesse mis en concurrence les uns les autres dans un inextricable enchevêtrement de réseaux planétaires aux ramifications de plus en plus nombreuses et inidentifiables.

Ces futurs gagnants seront ceux qui, eux, en bons humains prédateurs qu’ils ne manqueront pas d’être, auront généralisé et renforcé le processus contribuant à « humanusculiser » les autres milliards d’humains de cette planète.

Les nouveaux perdants seront ceux qui, demeurés trop forts (ou trop enracinés) dans leurs convictions, leurs idéologies et leurs visions du monde dans un esprit de compromission et de collaboration, seront en définitive balayés dans les mouvements d’une mutation de civilisation qu’ils avaient certes vu venir mais ont cru pouvoir s’y adapter.

Les nouvelles croyances seront en fait des « credos » entièrement formatés, structurés et organisés en gigantesques « machineries » génératrices de mouvements pulsés sur un même rythme.

Si j’avais un message à envoyer dans KEO, ce satellite témoin et mémoire de notre civilisation, qui reviendrait sur la Terre dans 50000 ans ; et qui pourrait être intercepté entre temps par des êtres « intelligents » venus d’une lointaine galaxie, voici ce que j’écrirais dans ma « bouteille au cosmos » :

« S’il vous plaît, sauvez nous, nous les humains de la Terre ! Sauvez nous de la civilisation des Humanuscules ! Mais ne nous sauvez pas comme ont prétendu vouloir nous sauver, nos prophètes, nos « sages », nos « visionnaires », nos hommes de science ou de politique, nos rois, nos princes, nos présidents, nos héros, nos chefs de guerre, nos révolutionnaires… Sauvez nous en partageant avec nous votre intelligence, vos pouvoirs et votre connaissance. Apprenez nous à partager et à transmettre ».

Est-il encore temps de barrer la route aux gagneurs prédateurs, d’empêcher les nouveaux perdants d’ouvrir un boulevard aux futurs gagnants et de dire NON aux nouvelles croyances ?

Je sais que notre civilisation doit nécessairement (c’est son destin) évoluer, et donc, dépasser le modèle hérité du néolithique…J’ose croire que l’ »Humanusculaire » n’est qu’un « palier transitoire ».

 

     VOICI CE QUE J'ECRIS ce Vendredi 4 mai 2007, à deux jours de l'élection pour le président de la république : 

C'EST FOUTU!

            C’est foutu, et je vous le dis tout net…

J’ai suivi hier à 18h l’émission « C’est dans l’air » sur ARTE. Il n’y a aucun doute : Nicolas Sarkozy affiche « serein » et sera élu Président de la République, dimanche soir le 6 mai 2007 à 20h.

Les commentaires et les analyses durant cette émission, ont été suffisamment éloquents, et de surcroît, d’un réalisme implacable… Je prévois même un écart assez important entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, de l’ordre de dix points (45/55).

Ainsi, cette légitimité que Nicolas Sarkozy a tant de fois évoquée durant sa campagne sera donc la sienne et celle de l’ensemble de ses partisans dévoués à sa cause, à son programme, ou ralliés à lui soit par intérêt, soit par conviction modérée…

Il n’en demeurera pas moins que cette légitimité ne sera que relative puisque, même avec 55% des suffrages exprimés sur son nom, ce chiffre de 55% ne représentera en réalité vraie que 55% de 80% (20% d’abstention) soit 44%.

Cela signifie donc, dans une France « coupée en deux », de soixante millions d’habitants, qu’il y aura d’une part entre 25 et 28 millions de gens tous âges et conditions confondus plus ou moins ralliés (mais tout de même ralliés) à un courant de sensibilité ou à une « vision » de la France, de la société, du monde… Et d’autre part entre 32 et 35 millions de gens tous âges et conditions confondus plus ou moins ralliés (mais cependant ralliés selon des sensibilités diverses) à un courant différent ou à une autre « vision »…

J’ai écouté durant toute cette campagne, que ce soit celle du premier tour et peut-être avec encore plus d’acuité celle du second tour, de fort nombreux débats, forums de discussion, interviews d’hommes politiques, de « porte-parole », enfin toutes sortes d’intervenants, de journalistes, d’écrivains, d’intellectuels, sur France Culture, France Inter, RMC, Europe 1, Sud Radio, etc…

J’ai suivi depuis le mois de novembre 2006, presque toutes les grandes émissions de télévision sur différentes chaînes, dont certaines d’ailleurs étaient diffusées à des heures fort tardives ; suivi donc, tous les débats, tous les « direct » et tous les reportages les plus marquants de l’actualité…

En outre, mais dans une moindre mesure, j’ai consulté plusieurs forums sur internet et « survolé » des centaines de petites réflexions et commentaires d’internautes de tous « bords » et de toutes sensibilités… 

Globalement, par l’intérêt que j’ai porté à tout cela, je me suis, d’une certaine manière, senti relié, pratiquement chaque jour, à tous ces millions de gens, à la pensée, au ressenti, à l’émotion, à l’enthousiasme, à la conviction ou la désillusion de chacun de ces millions de gens… A tel point d’ailleurs que durant ces 6 derniers mois, je n’ai finalement par vraiment éprouvé moi-même le désir d’intervenir « massivement » par une profusion, par exemple, de textes, notes, commentaires ou réflexions purement personnelles… J’ai senti que mes compatriotes avaient « tellement et si diversement à exprimer » et cela en un tel « océan » ou en une telle immensité de propos, que je ne voyais guère ce que moi, en particulier, je pouvais ajouter à tout cela…

Au terme de cette période qui va, en gros, de novembre 2006 à mai 2007, je me sens « lessivé » ou abattu, si je puis dire, ou même « vidé de mon sang »… D’autant plus que la perspective qui s’ouvre dès dimanche soir à 20 h précises me fait « froid dans le dos »…

Certes je n’attendais pas de Ségolène Royal, loin s’en faut, qu’elle « change le monde » ! Mais, dans ce « secret de mon cœur » que je n’ai pu garder, au fond de moi, je souhaitais que ce soit cette femme là, l’élue !

Je vais avoir l’impression, dimanche soir, qu’une « page sera pour longtemps fermée », je vais me sentir tout petit, avec en moi comme un immense chagrin d’enfant, sans souffle et sans voix… Et comme écrasé par cette condescendance, ce mépris, cette suffisance, ce triomphalisme de beaucoup de mes compatriotes, je vais sentir à quel point ma « pensée » si j’ose dire, n’est pas « dans l’air du temps »… Et sentir en même temps, au fond de moi, cette farouche détermination à demeurer ce que je suis « du fond de mes tripes », envers et contre tout…

Je vais baisser les yeux, cette fois, parce que je n’en peux plus !

Comment, dans cette « France coupée en deux », avec ce triomphalisme condescendant qui déjà se lève, au beau milieu de tous ces « règlements de compte » qui ont sans doute déjà commencé, dans les violences de demain qui exploseront, envisager qu’un « rassemblement » soit possible ?

Ce triomphalisme ambiant si je puis dire, est aussi celui des égoïsmes, des individualismes forcenés, des marginalités reprises à bon compte, des puissances médiatiques et financières, de la loi du plus fort, d’une certaine indifférence à la profonde misère du monde… Et à l’avenir de notre planète…

            Lundi matin, le 7 mai, je serai très certainement muet sur tous les forums…

Je vous invite cependant à consulter cette vidéo :

http://www.dailymotion.com/machoolala/video/x1sxw_la-france-dapres/

http://www.dailymotion.com/machoolala/video/x1u8aq_la-france-dapres-2/ 

 

LA DURETE DES MONDES

 

            Le monde des affaires, de la politique et de la finance est un monde dur, impitoyable… Un personnage tel que Nicolas Sarkozy, s’il a été durant cette dernière campagne présidentielle, « diabolisé » par ses opposants, n’en est pas moins, en tant qu’homme, pire que bon nombre de ceux qui, précisément, en affaires, en politique et en finances, lui ressemblent.

Tous ces gens là, à un certain niveau de pouvoir et d’influence, sont tous des alliés d’un Martin Bouygues, de BTP Alstom, d’Areva, de Arnaud Lagardère, de bon nombre de grands lobbies et autres PDG de groupes bancaires…

Nicolas Sarkozy, en particulier, et c’est le moins qu’on puisse dire, est très proche des groupes que je viens de citer.

Socialistes, démocrates, personnages de partis de droite ou de gauche, élus de circonscriptions, et cela quel que soit le régime ou le système en place, tous ces gens là, même si certains d’entre eux sont à l’origine sincères et de « bonne volonté », subissent toujours des pressions et finalement sont contraints de « manger le morceau » car leurs objectifs et leurs projets sont directement liés aux intérêts particuliers dominants.

Il faut déjà se rendre bien compte qu’au niveau des gens de la vie ordinaire que nous sommes tous plus ou moins les uns et les autres, il existe en permanence des conflits, des haines, des luttes d’influence, une compétition acharnée pour l’obtention d’une « meilleure place », et nombre de perfidies, de trahisons et de « coups bas »… Alors, à plus forte raison dans les milieux de la politique, des affaires et de la finance, cela est d’une autre trempe, et, encore bien plus sordide.

Je prévois, autant pour Ségolène Royal que pour François Bayrou, dans les mois qui viennent, une « traversée du désert »…

Mais qui n’a pas dans sa vie, une ou plusieurs fois, sa « traversée du désert » ?

 

     Voici ce que je dis, enfin, ce dimanche 6 mai 2007 à 17h 30, le jour de l'élection du président de la république Française... A deux heures trente du "verdict" des urnes...

 

POINT BARRE...

 

            Point barre ! C’est fini et je n’ai qu’une réponse possible…

Dans certains moments d’Histoire ou d’actualité, l’on peut atteindre de part et d’autre, un « point de non retour », une sorte de fracture relationnelle, sociale, qui alors, semble irréversible.

Et, dans une telle situation, toutes sortes de dérives sont possibles. Il est de ces choses en soi, auxquelles on tient, de ces valeurs ou repères, de ces générosités ou de ces pensées profondes qui ne sont plus alors en « adéquation » avec ce ressenti ou cette violence du moment, que l’on a et que l’on exprime.

Ma seule réponse possible est dans le temps qui passe, et qui, sans jamais « tout effacer », lisse les aspérités, prépare un autre regard, et même, peut réconcilier parfois des gens qui jusqu’àlors se détestaient…

Ma seule réponse possible, c’est aussi le retour à la littérature, à l’art, à la musique, aux livres, à l’écriture…

Que les peintres retournent à leurs toiles, les écrivains à leurs œuvres littéraires et les musiciens à leurs pianos, guitares et violons…

Et que les êtres que nous sommes retournent à leur vie quotidienne, à leur travail, à leur jardin, à leurs fêtes en famille ou entre amis, à leurs sorties et promenades du dimanche et des jours de vacances !

 

L’empire du Moi, la République de l’œuvre commune

Je mesure à quel point il existe un « fossé » (un abîme à vrai dire) entre d’une part la « vision » (ou même le « regard ») que nous avons, individuellement, sur le monde, le sens de la vie, l’idée que nous nous faisons de la relation avec l’autre, et aussi nos convictions profondes, nos « credos », tout ce que nous sommes prêts à débattre, à argumenter dans le but de convaincre à tout prix (à n’importe quel prix parfois) ; et d’autre part notre incapacité à entrer dans la dynamique même de la reconnaissance, de l’acceptation, du partage des émotions, des expériences, des enthousiasmes, d’une « œuvre commune ».

Ainsi nous retrouvons nous tour à tour vainqueurs ou vaincus, brisés, déçus, écrasés ou dominants, riches de tout ce que nous avons réussi à mettre sous les projecteurs au devant de la scène ; ou appauvris de tout ce qui nous a desservi dans un combat que nous avons mené et qui n’était peut-être pas le « bon » combat avec les « bonnes » armes…

C’est cela, je crois, depuis tant d’années, depuis si longtemps, le drame des êtres de ce monde : le conflit entre cet « empire du Moi » avec ses « chefs de guerre » dans les camps de l’idéologie, du ressenti, des besoins et des émotions… Et cette « république de l’œuvre commune » riche de ses diversités, de ses intelligences, de ses sensibilités, de ses cultures…

Il faudrait sans doute pour vraiment nous sauver (quoi qu’il ne faille pas le souhaiter tant nous serions en péril) que notre petit monde tournant autour de son étoile soit menacé par une « race » de prédateurs venus de l’espace, dont le but serait de se nourrir de nous jusqu’à ce que nous disparaissions… Alors seulement là, peut-être, viendrait la « république de l’œuvre commune » rassemblant toutes nos forces, toutes nos intelligences, pour survivre à l’invasion…

… Et, s’il y avait, dans le vaste univers, de nombreuses formes de vie ? Et, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, n’y a-t-il pas aussi, d’autres « empire du Moi », d’autres possibles « république de l’œuvre commune » ?

 

L' ASCENSEUR

 

Quand j’étais petit, je détestais les araignées…Que je rêvais sur mon oreiller s’avançant vers mon visage…  Puis un jour, oh ce n’est pas venu d’un seul coup… Je les ai aimées. Et je les aime encore. Quand je passe entre deux haies rapprochées, et qu’il y a, au milieu, une toile d’araignée, je me baisse pour ne pas la déchirer.

… Mais mon rêve (mon cauchemar emblématique en fait) c’est celui de l’ascenseur qui n’arrête pas de descendre : premier sous sol, deuxième sous sol, septième sous sol, etc.

Le mur, dans cette lente descente vertigineuse et angoissante noircit de plus en plus, la lumière dans la cage de l’ascenseur faiblit, et, au Nième sous sol, cela débouche sur des entrées de galeries s’ouvrant sur une nuit de cave où règne une chaleur humide, étouffante, et des odeurs de poubelles.

 Ou bien, ce qui n’est guère mieux, l’ascenseur n’arrête pas de monter, et au Nième étage, que l’on pourrait croire proche du ciel, cela débouche cette fois, en face d’un très long couloir  blanc mais très crasseux, et, de part et d’autre du couloir, s’alignent des WC louches dont les portes battent, et de longues et inquiétantes ombres bougent derrière les portes…

Je n’ai jamais cependant, rêvé de l’ascenseur qui s’arrêterait et demeurerait bloqué au Nième sous sol ou au Nième étage et dont la porte ne s’ouvrirait pas… De toute manière, il y aurait forcément, je suppose, au Nième sous sol, une galerie sombre, chaude et fétide… Et, au Nième étage, un immense couloir blanc silencieux et désert…

En somme, il n’y a pas « d’étage miracle », le pire étant bien évidemment le dernier sous sol avec la porte de l’ascenseur s’ouvrant sur la galerie à la nuit de cave et aux odeurs de poubelles… Ou le dernier étage, sous la terrasse de l’immeuble dominant la ville à perte de vue, dans la lumière tremblante et vitriolée d’un ciel qui semblait avoir promis le rêve d’une vie, avec cette fois, de part et d’autre d’un long couloir blanc très crasseux, les WC louches et les ombres inquiétantes…

 

            Pas très bien vus, certains « vieux » ! 

            Je fais partie d’une catégorie de gens à l’égard de laquelle les « classes laborieuses » de 25 à 55 ans n’ont guère de sympathie particulière…

Cette catégorie de gens dont je fais partie est celle des préretraités, des salariés qui bénéficient de mesures telles que la cessation progressive d’activité, ou d’autres dispositions spéciales ayant permis de s’arrêter de travailler avant 60 ans…

Gagner ainsi trois ans ou plus, de liberté (par rapport au monde et aux contraintes de la vie professionnelle), et cela dans le « jeune âge » du « vieil âge », ce n’est pas rien tout de même !

Au diable les statistiques sur l’allongement de la vie ! Certes, il y a davantage de centenaires… Mais aussi bien plus de grabataires dans les centres de gériatrie ! Et aussi, statistiquement mais on en parle moins, un nombre croissant de « morts subites » avant 70 ans !

Alors, dois-je faire « profil bas » parce que je ne suis plus derrière le guichet d’un bureau de poste depuis le 12 janvier 2005 ?

Ce traitement qui m’est versé avant ma retraite officielle, coûtera en fait fort peu à la collectivité, de même que la retraite que je percevrai d’ailleurs… Ma mère est décédée à l’âge de 60 ans d’une tumeur au sein, j’ai trois oncles dans ma famille maternelle décédés d’un cancer ; et pour compléter ce remarquable tableau génétique en espérance de vie, mon père est mort d’un infarctus à 58 ans, mon grand père d’une congestion cérébrale à 67 ans, j’ai un parent dans les Landes âgé de 75 ans très handicapé à la suite d’un accident cardiovasculaire, et, tant du côté maternel que du côté paternel, on fait du cholestérol !

Oui, c’est vrai, à côté de cela, j’ai bien eu une tante et une grand-mère qui ont atteint l’âge de 96 ans !

Statistiquement et génétiquement parlant, un bon spécialiste dirait que mon espérance de vie est de l’ordre de 65 ans… On va cependant introduire une marge d’erreur, en moins, de 5 ans environ, et en plus, de 20 ans si l’on est hyper optimiste et un peu rêveur !

Donc, je ne fais pas « profil bas » parce que je ne suis plus derrière le guichet d’un bureau de poste depuis le 12 janvier 2005 n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient que les retraités à modeste revenu reprennent un « petit travail d’appoint » !

Et d’autre part, et cela je le garde pour la fin…

… Cet argent que la poste me verse, que le Trésor Public me versera l’an prochain… N’est en aucune manière, un « revenu d’assistance » ! Disons que je suis « un écrivain du net » sans rémunération en tant qu’écrivain, et que mes quelque mille lecteurs plus ou moins réguliers depuis environ 2 ans, sont en quelque sorte la « clientèle » de mon entreprise d’écriture publique… Si je n’écrivais pas, et ne passais à cet effet 3 ou 4h par jour (le temps d’un « petit travail d’appoint) sans doute me serais-je investi dans quelque association locale ou bénévolat…

Je sais… Quand je vois tous ces pauvres gens encore plus mal lotis que moi génétiquement, et qui sont obligés de travailler jusqu’à 65 ans ou plus… Je me dis que, finalement, le problème des retraites devrait être revu au « cas par cas ».

En ce qui me concerne, je pense que le cas est relativement « bien étudié »…

 

AU SOMMET DE LA DEPRIME

…Pardonnez moi ce « coup de gueule » que dans mon cœur j’ai eu au soir du 6 mai 2007… Mais qui n’est pas tout à fait le reflet de ma pensée vraie… 

 Le sommet de ma déprime était au moment où les télés diffusaient le soir de l’élection présidentielle des images et des scènes de liesse de cette jeunesse dorée qui chie sur les pauvres, les SDF et les types dans mon genre, avec toute l’insolence tapageuse et méprisante qui la caractérise lorsqu’elle met en avant ses modes, ses succès, ses outrances, son fric, ses bagnoles décapotables et ses scooters et motos rutilants couverts de logos décapants…

Je déteste cette jeunesse là, qui est celle qui veut voir crever plus vite les « vieux » pour hériter, qui se fout de la planète, qui ne pense qu’à jouir, à baiser, à faire la fête, cette jeunesse immorale, égoïste et sans autre idéal que celui de réussir sa vie en marchant sur les autres et en faisant le plus de fric possible…

A cette jeunesse là je lui souhaite l’été prochain un tsunami bien ciblé, issu de quelque tempête tropicale consécutive au bouleversement climatique, qui l’engloutisse sous trois mètres d’océan, ainsi que les belles villas et plages privées de leurs parents actionnaires et spéculateurs !

            Cependant, le fils de Fabius, les fils et filles de gros pontes Socialos et d’une manière générale, la jeunesse dorée de gauche, je la mets dans le même sac que la « belle jeunesse riche » de droite !

De toute façon, ces mecs et ces gonzesses là, s’ils ne font pas la fête demain soir, ils la feront cependant, la fête, en boîte, entre eux, dans leurs clubs branchés, plus tard… Comme ils la faisaient avant, d’ailleurs, comme ils l’ont toujours faite… Et dans les mêmes boîtes, les mêmes clubs, que les jeunes de droite !

C’est bien la même engeance, tout ça ! Pas d’idéal, rien que des fringues, de la baise, des bagnoles de sport, des vacances en clubs privés, et en plus, ça écrit des bouquins, ça se fait éditer, ça se pavane avec des autobiographies et des films d’amateur qui puent l’exhibitionnisme et les émotions de stars en mal d’amour…

La jeunesse dorée, qu’elle soit Front National, Huhèmepé, Hudéheffe, Socialo Bon Teint, gaucho et tout ce qu’on voudra, c’est toujours la même : y’a que l’étiquette qui change. Cette jeunesse là n’aura jamais à subir le moindre coup de trique d’un flic de gauche ou de droite !

Y’a que la littérature qui peut la flinguer ! (c'est-à-dire la rouler dans la poussière de la Terre d’abord… et la poussière des étoiles ensuite).

 

UNE INDISPENSABLE PRECISION

            Je précise que l’image du tsunami, que j’emploie dans mon texte incendiaire je le reconnais, sur la « jeunesse dorée », est une métaphore… Qui ne vaut que ce qu’elle vaut !

Il ne s’agit pas là, effectivement, d’un vrai tsunami qui, sous trois mètres d’océan engloutirait quelques plages privées et belles villas de Biarritz ou de Monaco par exemple, et noyant une vingtaine de ces « jeunes de riche »…

Je veux dire par là que ce « tsunami métaphorique » est en réalité un courant contestataire qui, avec une certaine violence je dois le reconnaître, s’exprime non seulement en France mais aussi partout dans le monde, contre, précisément, cette jeunesse là en particulier, et d’une manière plus générale, contre ces minorités de privilégiés aux pouvoirs et aux fortunes exorbitants.

Il arrive qu’un tel courant contestataire parfois, génère violences et dérives qui, en un mouvement imprévisible et spontané, portent dans une même direction et cela sans distinction de personnes.

Cette « jeunesse dorée », égoïste et jouisseuse, que je déteste, avec laquelle il m’est difficile, voire inutile de dialoguer, puisque je la sens méprisante ou indifférente à l’égard de personnes dans mon genre, je lui reconnais cependant l’existence réelle de quelques uns de ses représentants qui eux, ont une sensibilité, une intelligence, une délicatesse, une culture si je puis dire, et une « belle âme »… Mais ceux là ne sont pas la majorité à mon sens !

Comment pourraient-ils être une majorité d’ailleurs, ces jeunes là, dans cette « jeunesse dorée » ? Quand on sait à quel point le pouvoir que donne l’argent fait des cœurs de papier crépon et des âmes chrysalides ?

 

A TRIBORD, TOUTE!

… Et en jogging s’il vous plaît, sur le pont !

Il faut un cap au navire ! En cet An de Grâce 2007, évitons les côtes de l’Etat de Crasse et cross-naviguons comme une galère Romaine propulsée sur les flots par les rameurs du Nouvel Empire !

… Dans trois siècles lorsque dans les écoles, en classe d’histoire on évoquera le début du 21ème, se lèvera, au nom cité de Raffarin, quelque gamin, le doigt tendu et s’écriant : « Raffarin ? C’est celui qui a supprimé le lundi de Pentecôte ! »

… Travail/travail/travail… Travail valeur sacrée… Travaille, travaille et tais toi ! Et quelle bonne affaire pour le Pays, les Affaires, la Relance, la Croissance… que ces jours fériés tombant un Dimanche !

Tiens ! Et si c’était Dimanche tous les jours ? Les jours fériés n’auraient plus aucun sens ! Et l’on travaillerait le Dimanche en « heures normales »…

Les Belges, avaient-ils le lundi de Pentecôte, au début du 21ème ?

Et que faisait-on, ce lundi de Pentecôte avant que Raffarin ne le supprime ? Est-ce qu’on allait, par exemple, à la maison de retraite, apporter une petite gâterie au vieux papy ou à la vieille mamy ? Est-ce qu’on mettait son toutou ou son minou en pension féline ou canine pour se rendre en voyage SNCF à prix réduit aller/retour dans la journée, au troisième étage de la Tour Eiffel ?

On est content… Content/content… Même si, avant un « certain soir du 6 mai », l’on fulminait contre ce qui nous était scandé et qui paraît-il, « remettrait le pays à flot »…

On y est, à flot ! Et ça tangue ! Et ça swingue !... ça jogge, même !

Mais c’est tout de même curieux, tous ces personnages déjà élus, et bientôt élus (comme par hasard les hommes beaucoup et très peu les femmes), aux si belles et grasses joues, aux si larges et confortables épaules, à la carrure d’armoire à glace, si bien serrés dans leur costard et se promenant au beau milieu des marchés populaires…

Allez ! Hue ! Aime !... Et pète de fierté ! Il est bien là, ce cap, on le tient… jusqu’à l’état de crasse…

 

HABILLEMENT DE FEMME... ET ECRITURE

Entre la manière qu’a une femme de s’habiller et un écrivain d’écrire, je vois là un lien…

Il est de ces élégances, de ces mises et de ces arrangements qui « vitrifient » de bien être et vous arrachent un cri, un râle, un rêve fou d’étreinte attendue et inespérée…

Il est, comme ces ravissantes silhouettes, de ces écritures en lesquelles l’on se jetterait d’un seul coup, d’un seul cri, d’un seul jet, de tout son visage et de tout son être éclatés…

Entre un habillement de femme et une écriture de poète ou de romancier, il y a bien là une « possibilité orgasmique » d’essence souveraine… Et sans effet dévastateur puisque c’est le rêve à l’état pur qui, par la magie de la rencontre d’une belle femme bien parée, d’une amitié littéraire féminine sans équivoque, ou la lecture d’un livre bien écrit ; étreint, révèle et éveille l’imaginaire, seul et véritable amour, seule certitude de non trahison…

 

FESTIVAL DE CONTIS (Court métrage et autres productions artistiques)

            J’imagine que le festival de Contis a eu lieu… Et cela m’est passé au dessus de la tête !

 De toute manière, quand bien même en aurais-je connu les dates, et étant encore dans les Landes jusqu’au 28 juin, je n’y aurais pas mis les pieds, cette année, au festival de Contis…

 Si un « poète » dans mon genre, aspirant à déclamer quelques textes devant un public à l’occasion de ces festivités Contisales… Ainsi que d’autres « artistes de la plume » d’ailleurs ; n’ont point (ou plus) de place dans le grand hall d’accueil du cinéma de Betty et de Rainer et ne peuvent donc espérer faire entendre leur voix… C’était le « cadet de mes soucis » que j’y perdisse et mon temps et surtout mes rêves, au beau milieu de tous ces amateurs ou semi-pros de l’univers cinématographique branchés sur la dernière, « effet-spécialique », géniale et inédite « trouvaille », et brunchés à onze plombes du mat’ autour de leurs bloc-notes dans le hall d’accueil du ciné-fête…

 Adieu donc, jolies demoiselles cinéphiles, Betty/Rainer and Cie, accros de musique Africaine ou Sud Américaine… Et rêves piétinés de sourires condescendants ou écrasés de souveraine indifférence… Il fut un temps où j’y fus, où j’y crus… Mais ce temps est révolu. 


 

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Commentaires (1)

1. Djezabel 13/11/2007

Une partie de l'électorat ne vote plus mais réagit à des impressions du momment,à l'air du temps,à la surface des choses...autrement dit elle zappe.Déjà que beaucoup ne votent pas du tout...

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