1ère suite des forums

Meurt-on sur le Web ? 

            A mesure que nous allons avancer dans le temps, dans ces années qui viennent… 2010, 2015, 2020 et au-delà… certains d’entre nous, si présents dans les forums, ou d’autres dont les apparitions sont moins fréquentes mais nous enchantent… disparaîtront.

Un jour viendra forcément, où leurs petits mots, leurs nouvelles, leurs écrits, ne seront pas revenus depuis quelques semaines, quelques mois. Alors l’on dira « Tiens, on ne le voit plus ! »

Il n’y a pas toujours, une épouse, un mari, un frère, une sœur, un ami, pour nous prévenir…

Comment meurt-on sur le Web ?

Je serais tenté de dire que sur le Web, on ne meurt pas…

Puisque demeurent les adresses électroniques (avec des messages qui s’accumulent jusqu’à saturation des 1 Go)…

Puisque demeurent accessibles sites et blogs dans lesquels personne ne peut rien modifier (la page d’administration ne s’ouvre qu’à son auteur)…

Pour les sites et les blogs, on peut cependant désigner un « exécuteur » c'est-à-dire par exemple un ami très cher, une fille chérie… qui continuera à faire vivre le site ou le blog…

A noter que si le Web n’existait pas (au temps de Flaubert et de Zola il n’existait pas), un écrivain dont les livres sont publiés chez un éditeur, ne meurt jamais puisque le livre sera toujours lisible même dans 200 ans (ou plus)…

De même, un artiste qui produit ses œuvres, (un peintre, un musicien, un sculpteur, un décorateur…) ne meurt jamais puisque son œuvre demeure présente dans les lieux où le public vient en visite.

Le Web a tout de même un avantage (en plus) c’est qu’il fait « mourir » moins de gens… puisque même un écrivain, un poète, un « blogger » peu connu n’y meurt pas…

Alors, si un certain « Truccib » ou « Maxim » ne se manifeste plus, c’est qu’il n’est pas mort… Il est seulement absent, pour un temps qui n’a pas de temps, comme dans un voyage qui n’est d’aucun nombre de jours…

Bien sûr, si une épouse, un mari, un frère, une sœur, un ami nous dit « il ne reviendra plus » et, encore plus explicite « il est mort » ou « il nous as quitté »… et bien même dans ce cas… Il n’est pas mort… Puisque la mort est impossible sur le Web…

Mais si la Terre meurt ?

Il y aura encore le reste de l’univers, en partie, en totalité ou renouvelé…

 

Effleurement de lèvres…    

                     L’affection, l’intimité, le bien être sont tels, dans un effleurement de lèvres, dans cet embrassement si doux et si enivrant, qu’il s’y dilue en un instant d’éternité, tous nos souvenirs de solitude. Comme si ces solitudes en nous, inexprimées, prisonnières de tout ce que le monde nous a fait, partaient en voyage inorganisé et se libéraient enfin des peurs qu’elles avaient eues en elles… Des peurs qui reviendront peut-être mais seront effacées dans la brûlance d’une tendresse inouïe… Libérées, ces solitudes deviennent des paysages heureux que nous osons inventer.

L’homme de Lettres prenant un pseudo  

           « Un homme de Lettres devrait prendre un pseudonyme pour déshériter sa famille de son nom »  [Jules et Edmond de Goncourt] 

            Un homme de Lettres prenant un pseudonyme, s’il déshérite sa famille de son nom, il l’habilite par un pseudonyme qui traverse les siècles.

En effet, dès son vivant s’il le peut, et au-delà de sa mort par l’œuvre qui lui survit en traversant les siècles, sa famille est entraînée avec lui comme dans un essaim d’étoiles parcourant toutes les nuits la voûte céleste.

Ce sont les biographes d’une part, présents et à venir ; et l’homme de Lettres lui-même de son vivant, qui se chargent de l’habilitation.

L’habilitation alors, n’est-elle pas un très bel héritage ?

 

 

Le printemps des poètes 

             Comme chaque année vient le printemps des poètes… Manifestations littéraires, concours, expositions, ateliers, articles de presse, festivaux (pardon, festivals)… seront à l’honneur dans toutes les grandes régions, villes et même villages, de notre beau pays de France…

 Des cohortes de « jeunes plumes »… Et aussi quelques « papy et mamys » vont expédier sous grande enveloppe, de beaux et émouvants textes poétiques, de beaux vers et de belles strophes, à quelque « Maître Baillehache » chargé de réceptionner les envois scellés et identifiés sous un numéro…(afin qu’il n’y ait point de « passe droit »)

 Et bien sûr, après délibération du Grand Jury (impartial il va sans dire) sera divulguée la liste des Gagnants, des « premier prix »… Et de quelques « satisfecits »… Ainsi nos lauréats se verront-ils gratifiés enfin, après tant d’années d’écriture  sur des cahiers ou des carnets intimes, d’une « petite référence » littéraire…

 Et c’est vrai que, sans références, références au sens de ce qu’il est habituel et « sacro saint » d’entendre par « références »… Il n’est point ni de chaire, ni d’enseigne, ni d’audience, ni de lecteurs, ni d’avenir d’artiste, ni de tréteaux sur la place du moindre village, fût-ce même dans le bénévolat ou dans le cadre « non lucratif » d’une association, d’une fête ou d’un spectacle populaire…

 Nous ne sommes plus au temps des troubadours, des poètes de rue, des troupes artistiques qui, de ville en ville, de place en place, réunissaient les braves gens, les familles, les enfants, autour d’une petite scène improvisée…

Il faut aujourd’hui, pour autant que cela soit envisageable, tout un arsenal d’autorisations (Conseil Régional, Préfecture, Municipalité…) Autorisations qui, lorsqu’elles sont accordées, ne le sont que s’il y a « à la clef », un petit intérêt économique, social ou commerçant.

 D’où la nécessité de ces « références »… Que l’on ne finit par avoir que parce qu’enfin des portes s’ouvrent.

 Faut-il le déplorer ?

 Faut-il se révolter ?

 Faut-il préparer son esprit et son cœur à accepter qu’il n’en soit qu’ainsi ?

 Si tu es âgé, disons, de 20 à 30 ans, tu as devant toi toutes ces années de travail d’écriture (ou de toute autre forme d’art) pour espérer qu’un jour vienne où les références seront là, celles qui te feront exister… Mais si tu es « blanchissant », un peu « rassis »… Enfin, d’âge mûr comme on dit… Et si tu as passé toute ta vie dans l’écriture, la poésie, la peinture, la musique… Sans jamais courir après ces sacrées références, alors, si tu « entres dans le jeu »… A quel âge seras-tu armé d’un « bagage » ?

 A 90 ans, sur une chaise roulante et te faisant pipi caca sous toi, devant les yeux émerveillés, le sourire angélique et la sincère émotion d’une jolie dame ou demoiselle ?

 

De la révolte… 

              La condition humaine au sens général mais aussi en particulier, d’un révolté ou d’un rebelle, n’est jamais une situation « confortable »…

 C’est du moins ce que j’ai ressenti depuis toujours. Et plus on est révolté, plus on se rebelle, plus il me semble nécessaire d’avoir en soi une certaine capacité de réflexion, et, dirais-je, une certaine générosité… allant jusqu’à la reconnaissance des gens que l’on combat ; jusqu’à, même, une certaine humilité dans des situations où l’on pourrait avoir « gain de cause »…

 Dans cette si inconfortable situation de révolté, je crois aussi que la part de responsabilité dans les choix que nous faisons, dans les comportements que nous avons, dans les actions que l’on mène ; est plus grande, plus dense, plus grave, plus sujette à réflexion… et qu’elle doit davantage nous orienter vers un REGARD plutôt qu’une VISION.

 Un révolté ne peut être que seulement révolté, brisant, balayant, pourfendant, déchirant, abattant, piétinant, insultant, outrecuidant, « anti tout »… Si un révolté n’est seulement et toute sa vie durant, que cela ; alors il est vraiment seul, rejeté, et d’autant plus « mal aimé ». (C’est l’inconfort absolu… et inutile) 

 Un révolté a deux adversaires aussi redoutables l’un que l’autre, qu’il doit d’abord reconnaître avant de les combattre de toutes ses forces : le sens du monde d’une part ; et le sens de SON monde en lui d’autre part…

 Il y a bien en chacun de ces deux sens, une sorte de « mouvement giratoire » que je qualifierais de « désexistant »…

A Jipi, sur Passion des Mots, en réponse à «  D’où te vient cette haute réflexion sur le sens de la révolte » ?     

         Ta question, mon cher Jipi, mérite de ma part une réponse…

 Il y a dans mon enfance, pour commencer, une origine à cette réflexion qui d’ailleurs traverse toute ma vie…

 Je n’avais « pas droit au chapitre » : l’on me faisait taire, l’on ne m’écoutait jamais, j’étais un « Jean de la lune ». Alors je m’extériorisais, parfois par de noires et subites colères… Ou par des pitreries. Mais après coup, venait un temps de réflexion. Je sentais la nécessité de m’extérioriser sous un éclairage différent… Parce qu’une interrogation surgissait au sujet de la manière dont ce que j’exprimais pouvait être ressenti.

 Il y a aussi, dans une certaine mesure, ma lecture de quelques textes et œuvres d’Albert Camus…

 Il y a encore si je puis dire, une révolte dans la révolte et de la révolte même…

 En outre, je m’interroge sur le désengagement de beaucoup d’intellectuels d’aujourd’hui, qui dissertent à perte de vue mais ne vivent qu’entre eux et dans leur monde,  sur la collusion de ces mêmes intellectuels avec les manipulateurs d’opinions, les puissances médiatiques, l’ordre du monde, les hommes politiques, les pourvoyeurs de modes et de tendances… Et je me dis alors que la pensée, le regard, la réflexion, ne doivent, plus que jamais, surtout pas démissionner et encore moins se résigner au silence et à l’indifférence. Mais pour cela, il faut à mon sens une nouvelle violence : une violence sans haine, intègre, totalement pure, mais sans aucune compromission… Il faut être plus fort que le crépitement des armes, plus fort que les bombes, plus fort que les mots qui écrasent…

Mais ce n’est pas tout : il faut aussi être plus fort que le cri que l’on a contre ce monde en nous.  C’est cela, la vraie violence avec laquelle nous devons nous révolter, la violence qui déconstruit tous ces murs autour de nous, ces murs au-dedans de nous, toutes ces tribunes et tous ces échafaudages inutiles ou dangereux, tous ces fortins tenus par les chefs de guerre, tous ces amphithéâtres où siègent sur les estrades élevées, les faiseurs de culture et de civilisation.

Pourquoi ce sens là, du monde ?  

            Je comprends pourquoi le sens du monde est ce qu’il est, ce qu’il a toujours été dans le mouvement giratoire de tous ses rouages…

Il est comme le sens de l’Humain, je veux dire par là, comme le sens dans lequel fonctionne l’Humain…

 Et aussi pour l’essentiel de tout ce qui détermine l’existence, la survie et l’évolution de chaque créature, comme le sens de la vie même.

 Tout le sens de la révolte que j’ai en moi depuis mon enfance, tourne autour de cette question : « Un sens différent pourrait-il être possible » ?

 Il y a en effet, entre le sens du monde et le sens de l’Humain, une très grande similitude.

Et, entre le sens du monde et le sens de toute autre vie qu’humaine,  la même similitude mais articulée et régie selon des règles naturelles et sans doute universelles…

Mais l’Humain fait bien plus le sens du monde que ne le fait toute autre créature…

 Et cela m’interpelle.

Je me dis que l’Humain, par le sens du monde qu’il fait ou tente de modifier, mais uniquement selon le sens dont il fonctionne, va peut-être contre le sens naturel du monde…

En somme, ma question prend un tout autre sens :

« Un sens différent pourrait-il être possible… dans le sens naturel du monde ? »

L’être révolté ne peut, à mon sens, se désolidariser de l’ensemble des autres êtres du monde, pas plus qu’il ne peut, par quelque pouvoir que ce soit, faire que les êtres de ce monde changent selon la vision ou même le regard qui lui vient…

Je crois que l’être révolté est une forme embryonnaire d’être différent…

S’il n’est pas cette forme embryonnaire, il n’est qu’un révolté dans le sens du monde…

Toute forme embryonnaire d’existence a un destin, un destin qui commence par la maturité qu’elle acquiert, et donc la faculté qu’elle aura de se reproduire.

 C’est ainsi qu’elle participera à l’évolution du sens…

Le monde du Net, le monde de l’édition classique…  

            …Sont deux mondes vraiment différents l’un de l’autre. Et à l’heure actuelle, l’on peut se poser la question de savoir si, entre ces deux mondes, il pourrait exister comme un « trou dans le grillage entre les deux territoires »…

 Le monde de l’édition classique obéit à des lois qui sont celles que nous connaissons. On peut récuser ces lois, penser que le « Système » est injuste ou aléatoire mais c’est ainsi : c’est ce monde là, que l’on le veuille ou non. Le monde du Net n’a pas vraiment de lois : il est lui aussi, aléatoire… Mais il est le monde où l’on n’a pas à compter sur un intermédiaire (en l’occurrence un éditeur) pour être publié.

Sur le Net, on SE publie, sans demander aucune autorisation, sans se préoccuper de savoir si l’on va obtenir la faveur d’un comité de lecture, sans se soucier d’une sélection possible…

Sans doute dans l’avenir, il n’en sera pas toujours de même : un jour viendra où les mêmes règles régissant le monde de l’édition classique, prévaudront aussi.

Viendront des verrous, des arbitrages, des sélections, des exclusions, des censures plus draconiennes que les actuelles chartes de bienséance, un ménage, un grand ménage se fera…

Cela ne voudra pas dire pour autant que le ménage sera juste, équitable ou pertinent…

 En somme, le monde du Net est encore aujourd’hui un monde d’aventure, un monde de pionniers, une sorte de « passage du Cap Horn » par des milliers de navigateurs de tous bords en une courte période d’accalmie de convergence Antarctique…

 Et de l’autre côté, il y a le Pacifique… Et les évolutions climatiques.

Les milliers de navigateurs ne savent pas les terres qui s’y trouvent, dans cet immense Pacifique : ils n’ont que l’espoir d’être quelque part des rois, des meneurs ou des héros…

 Il y aura beaucoup d’errances…

  Etre laïque ou être athée…  

            Quelle est la différence entre être laïque et être athée ? J’avoue ne jamais encore m’être posé la question et cela mérite d’être analysé ou précisé : sans doute doit-il y avoir une différence…

 Est-ce que être laïque, c’est n’être d’aucune religion et bien séparer ce qui relève du religieux d’une part ; et de la vie civile et citoyenne d’autre part ?

 Est-ce conciliable d’être laïque et athée ?

 Est-ce que être athée ou prétendre l’être, peut dans un certain sens, être considéré comme un dogme ou comme une idéologie ?

Si tel était le cas, je me sentirais beaucoup plus laïque qu’athée… Pour autant qu’être laïque serait aussi être indépendant par rapport aux idéologies dans la mesure où les idéologies ne s’ingèrent pas autoritairement dans la vie civile et citoyenne ?   

           Dans un fil de discussion sur alexandrie, au sujet du Prix Blogauteurs Plon… 

             Ainsi donc la maison PLON s’intéresserait aux auteurs produisant leurs œuvres sur le Web ?

 A mon avis le problème auquel sont confrontées les maisons d’édition dans l’éventualité d’une prise en compte des productions en ligne ; est bien celui de la recherche d’œuvres susceptibles d’intéresser un public, et cela par la consultation d’un nombre toujours plus important de sites et de blogs… Ce qui représente un investissement non négligeable, sans rentabilité immédiate, soit un travail d’exploration effectué par des gens engagés à cette fin… 

            Je verrais bien d’un très bon œil si j’ose dire, quelques personnalités, journalistes ou critiques littéraires, s’intéressant au site d’alexandrie par exemple, et rédigeant un article sur les ouvrages publiés sur ce site, dans des journaux ou magazines tels que Le Monde, Le Magazine Littéraire, Lire… ou même pourquoi pas, des revues hebdomadaires « Grand Public » : après tout les gens ne sont pas si indifférents, si insensibles ou si « anesthésiés » que l’on le croit ou nous le fait croire…

 

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