Entrez dans ma forge, 8ème suite

     LES  QUATRE  MONDES           

 

 

 Dans l’univers de la communication et du relationnel, une réalité me semble incontournable : celle de ce « voyage » que nous ne pouvons jamais faire dans plusieurs mondes en même temps…

 

Il y a tout d’abord ce monde en nous, celui de notre imaginaire, celui de tout ce que l’on exprime de soi et que l’on exporte. Ce monde là est aussi celui de nos créations et de la facture de tout ce que nous produisons.

 

Il y a ensuite ce monde en dehors de nous, qui est en fait le monde de l’Autre, des Autres. Ce monde là est celui de ce que l’Autre exporte, exprime de lui : il est constitué de tout ce que l’Autre crée ou produit.

 

Il y a aussi le monde de l’échange, dans lequel se rencontrent en un lieu ou en un espace de communication le monde en nous et le monde en dehors de nous. C’est le monde de la confrontation, de la participation, du projet, de l’œuvre commune, du fil de discussion sur un sujet.

 

Il y a enfin le monde de la matière constituante, qui est celui de tout ce dont nous avons besoin pour que le monde en nous puisse se développer. Ce monde là est fait de connaissance, de savoir, de culture, de livres, de documents, d’informations ; et de tout ce que nous apporte le monde en dehors de nous.  

 

Je dirais de chacun de ces quatre mondes, qu’il est comme un homme avec une femme pendant que cet homme est avec cette femme… Et que peut-être, le monde en nous est le monde vers lequel on a tendance à sans cesse revenir, comme cette femme dont on ne se sépare que parce qu’il le faut bien, pour se rendre au travail, et que l’on a hâte de retrouver afin de se jeter dans son étreinte. Et l’étreinte est si forte que l’on en oublie, le temps de son empire, d’ouvrir la porte des autres mondes… dont le monde en nous cependant, a tant besoin !

 

 

Patriotisme, identité nationale et immigration  

           Le débat actuel, sur ces thèmes de patriotisme, d’identité nationale et d’immigration durant la campagne pour l’élection du président de la république, me « chauffe un peu les oreilles »…

           Le patriotisme et l’identité nationale sont des notions qui me semblent un peu dépassées, dans un contexte de mondialisation sociale et culturelle. Je m’interroge sur le regard que les peuples d’Europe et du monde portent sur la manière dont nous cherchons, nous les Français, à promouvoir notre culture, notre identité, notre position dans le rang des différents pays de la planète…

D’autre part, notre pays est-il réellement menacé d’invasion, d’occupation étrangère, de destructions massives, et avons-nous besoin de « sauver la mère patrie » en face d’un danger imminent ? Si tel devait être le cas, je pense que notre pays ne serait pas le seul menacé et qu’il faudrait en quelque sorte « élargir » ou reformuler cette notion de « patriotisme »…

N’oublions pas que des milliards de gens sur notre planète, non seulement ne parlent pas Français mais sans doute ne le parleront jamais de leur vie. Et que dans ces milliards de gens, il en est un certain nombre qui font dans leur vie de très belles et de très grandes choses, vivent et communiquent fort bien entre eux, sans avoir aucunement besoin de ce que nous pouvons leur apporter.

 Nos dizaines de millions de livres, nos milliers d’écrivains, le nombre vertigineux de blogs et de sites en langue Française sur le Web, ne sont que du « pipi de chat », dans cet incommensurable univers intellectuel, culturel, relationnel, qui est celui de la Terre entière ! 

             L’immigration est une réalité historique. Depuis des temps immémoriaux, en fait depuis l’apparition des premières civilisations et sociétés, des flots humains allant de quelques groupes à des populations entières, se sont déplacés d’une région à l’autre, d’un pays vers un autre pays, ou même entre des continents en traversant mers et océans… Et cela par nécessité, pour assurer leur existence, survivre parfois… 

 Ce ne sont ni les murs, ni les clôtures, ne les « barrages filtrants », ni les lois, ni les dispositions prises dans les différents pays qui vont empêcher ou réduire les flux migratoires : il s’agit bien là d’un mouvement naturel et perpétuel, entièrement dépendant de conditions géographiques, environnementales, sociales et économiques telles que  des changements climatiques, des catastrophes naturelles, la disparition ou la raréfaction de ressources du sol, les guerres, les  épidémies, les famines, la misère et la  pauvreté.

 L’Histoire tout entière sur toute la Terre est faite de ces mélanges de peuples d’origines diverses ; de peuples qui, durant des siècles ou des millénaires parfois, sont demeurés éloignés les uns des autres avant de se rencontrer,  puis se sont trouvés devant la nécessité de cohabiter ensemble. Il y eut toutes sortes de conflits, des acclimatations difficiles, de graves crises sociales, assez souvent … Mais c’est ainsi que les générations d’humains traversent l’Histoire et que poussent les peuples sur la Terre, comme tout ce qui vit, plantes et animaux. 

 Les gens qui se déplacent et s’installent en autre lieu, les peuples qui migrent, qui fuient, qui transitent… C’est comme les nuages qui se font et se défont dans le ciel, c’est comme le vent, le soleil, la pluie, le froid, le chaud, l’été, l’hiver, le flux et le reflux des marées, la nuit, le jour… C’est ainsi que l’on vit, que d’autres que nous vivrons demain…

 

Gare du Nord 

            Georges Duhamel dit que les évènements de la gare du Nord à Paris, pèseront sur le résultat des élections présidentielles…

Ce ne sont pas bien évidemment, ces évènements là, ni une autre manifestation de violences d’ici le 22 avril prochain, qui par leur seul impact, détermineront le choix des électeurs, mais en réalité l’exploitation qui est faite de ces évènements, par Nicolas Sarkozy.

Ce dernier déclarant : « que les candidats à la présidence de la république qui défendent un resquilleur déjà impliqué dans 22 délits, sont des irresponsables »…

Comment une telle déclaration, prise « dans le sens du poil », et qui renforce dans l’esprit des gens la conviction du respect de la loi, pourrait-elle ne pas influer sur le choix des électeurs, plus au second tour qu’au premier ?

« La ficelle est un peu grosse » déclare Georges Duhamel.

Ma question alors, est cruelle, primaire et « épidermique » : les Français seront-ils « assez bêtes » d’environ quatre cent mille voix pour porter Nicolas Sarkozy au pouvoir, alors que Ségolène Royal et François Bayrou n’ont jamais dit en vérité qu’ils soutenaient ou encourageaient les actions de délinquance ?

Etait-il nécessaire pour l’interpellation de la personne incriminée lors de cet « accrochage » à la gare du Nord, de déployer une telle force de police ?

Fait-on habituellement l’objet d’une condamnation pénale avec incarcération immédiate, pour ce genre de délit ?

Il y avait bien là une très nette disproportion entre l’acte lui-même et la réaction de la police puis de la justice, à cet acte.

Rappelons qu’en 1974 Valéry Giscard d’Estaing n’avait été élu qu’à 50,7% et François Mitterrand en 1981 à 50,8% , ce qui, au regard des 49,2ou3 % de leur concurrent, représentait à peine quatre cent mille voix.

Nous verrons donc si, au soir du 6 Mai 2007, les Français sont oui ou non, « plus bêtes » de quatre cent mille voix.

 

Les amitiés « coup de vent » 

  Je pense depuis mon enfance que les « vrais amis » sont rares et que l’on n’a la certitude que ce sont de vrais amis, qu’à partir du moment où un lien durable et solide s’est réellement établi…

Ce ne sont certes pas quelques repas, quelques sorties ou quelques rencontres par ci par là, où l’on se plait, où l’on danse, où l’on boit où l’on rit… qui vont construire une relation durable.

Ce qui est vrai dans la vie que nous vivons, l’est aussi dans la vie « virtuelle » sur la Toile.

Ma grand-mère, une personne très réaliste et très « pragmatique », me disait toujours : »Il ne faut pas prendre les vessies pour des lanternes »…

D’où la nécessité parfois, d’oser et de savoir dire les choses d’une certaine façon, sans fioritures, et même avec une certaine dureté. Sinon, nous tombons dans le sens commun, dans l’hypocrisie, dans l’illusoire, et je dirais même l’inutilité ou la vanité…

Le gros problème, c’est que les gens en général, recherchent gloire, célébrité, ils veulent être écoutés, lus, « charismatiques », enfin, des sortes de « héros »… Et que pour cela, ils se dispersent dans des domaines où ils pensent qu’ils vont « se faire un trou », avoir beaucoup d’admirateurs…

Et ils te font croire qu’ils sont « pas comme les autres », ils t’en foutent plein la vue avec les « effets spéciaux » du soit-disant « meilleur d’eux-mêmes » !

Il y a des jours où j’ai envie de « tout laisser tomber »… Enfin, « presque »…

A passer sa vie à tout prix « s’exister », l’on n’existe finalement plus ! Et dans ce sens là, il y a peut-être une vraie justice…

 

A PROPOS D'UNE REFLEXION DE MAURICE BLANCHOT

 

            « Ecrire, serait-ce devenir lisible pour chacun et pour soi-même indéchiffrable ? »

Je pense que beaucoup d’auteurs sont lisibles pour chacun mais sont (ou ont été) tout à fait déchiffrables par eux-mêmes : j’imagine qu’ils n’ont pas (ou n’ont pas eu) de difficultés (de vraies difficultés) à se relire… Sans doute ont-ils du effectuer quelques corrections, ou quelques ajustements, mais dans l’ensemble, ils se sentent (ou se sont sentis) parfaitement lisibles… Ceux là sont (ou ont été) des auteurs « à la coule »… On les trouve aujourd’hui, bien plus encore que jadis, « à la pelle »…

D’autres auteurs ne sont pas lisibles pour chacun parce qu’ils ne peuvent être lus que par des gens dont la sensibilité, l’esprit et le cœur dirais-je, leur sont proches. Ces auteurs là, aussi, doivent se sentir déchiffrables par eux-mêmes… Et ils corrigent et ajustent, également. Ils sont « à la pelle » mais moins « à la coule »…

Il en est d’autres qui ne sont lisibles par presque personne mais parfaitement déchiffrables à eux-mêmes… Ou au contraire indéchiffrables à eux-mêmes. Ceux là n’ont aucune chance d’être reconnus du vivant de leurs auteurs…

Quant à ceux qui seraient lisibles pour chacun et pour soi même indéchiffrables, ils auraient peut-être réussi à se faire exister par le plus grand nombre  sans avoir jamais pu (ou avoir cherché) à se comprendre eux-mêmes.

 

Petit sondage apparemment anodin 

            Imaginez que vous êtes un enfant de huit ans à l’école…

Préférez vous :

-Un maître qui donne des bons points chaque fois que vous faites « quelque chose de bien » ?

-Un maître qui accroche sur le mur de la classe (au dessus des porte – manteaux) les beaux dessins ou les jolis poèmes des élèves ?

Sans hésitation et très nettement, ma réponse est : l’exposition des dessins ou des poèmes…

Je me « contrefous » avec insolence contestataire mais sans mépris, de recevoir « quelque bon point que ce soit » !

Je veux que mon dessin ou mon poème soit accroché au mur… Avec les dessins et les poèmes de mes copains, d’ailleurs, et y compris ceux des copains avec lesquels je me bagarre…

L’attribution de bons points et l’exposition de dessins  ne sont pas forcément incompatibles : je les vois, en fait complémentaires… Mais d’une certaine manière ! Par exemple, pour les petits garçons, les bons points seraient, non pas des espèces de « tableaux d’honneur » en modèle réduit, mais des images de jolis visages de petites filles (mais il faut aussi tenir compte des petits garçons « pas très romantiques » qui eux, voudraient peut-être de gros avions ou de gros tracteurs).

NON, résolument NON aux bons points !

            A l’école, j’ai eu des maîtres qui donnaient des bons points et ne faisaient jamais d’exposition de dessins. Les bons points, je les « paumais » toujours parce qu’avec négligence, je les mettais au fond de mes poches, et ma maman, qui n’était guère une « ménagère née » (et je lui en sais fort gré) plongeait directement mes culottes dans la lessiveuse sans retourner les poches.

En revanche, j’étais le « champion » des inscriptions sur les murs des WC : oh, certes pas de « grands zobs » ni de « femmes à poil »… Mais de drôles de petits personnages caricaturaux…

Le maître (ou la maîtresse) qui expose dessins et poèmes des enfants dans la classe, sait bien cependant que certains de ces enfants ne savent ni dessiner ni écrire des poèmes…

Ceux là sont invités à parler de leurs découvertes, à montrer ce qu’ils savent faire.

 

Une drôle de question… 

            Nous sommes au soir du second tour d’une élection présidentielle, en France, il est exactement 19h 55. Cela se passe dans un « hôpital mouroir », les infirmières et aide soignantes en effectif très réduit ce soir là, se trouvent réunies dans la salle de repos, pièce située bien sûr au centre de l’aile réservée aux cancéreux et sidéens en phase terminale…

Les infirmières et aide soignantes sont à ce moment là debout devant le poste de télévision, et dans cinq minutes apparaîtra sur l’écran le visage du président de la république élu par les Français. Durant ces quelques minutes l’on peut voir des « zooms » très rapides sur les états majors des 2 candidats…

Dans une chambre assez proche de la salle de repos, un sidéen pris d’un besoin très pressant qui lui vient d’une situation particulièrement inconfortable et fort malheureuse, appuie sur le bouton d’appel, et aussitôt clignote une lumière rouge au dessus de la porte de la chambre du sidéen…

Rappelons qu’il est exactement 19h 55.

Voici la question :

L’infirmière ou l’aide soignante, sera-t-elle auprès du malade, entre 19h 56 et 19h 59… Ou, après 20h 05 ?

Et, question subsidiaire :

Le sidéen « tiendra-t-il » disons, neuf minutes ?

S’il n’ a « pas tenu »… De 2 choses l’une : Ou le visage de l’infirmière est joyeux et dans ce cas, elle changera les draps « le cœur léger »… Ou le visage de l’infirmière est triste et fermé, et dans ce cas elle en prendra « plein le nez »…

            Réflexion philosophique :

Dans l’immensité du cosmos, l’élection d’un président de la république en un instant « t » du temps « T » dont on ne peut définir ni l’origine ni le terme, dans un pays « p » d’un monde « m » ; est un évènement totalement anodin…

Dans ce même cosmos, l’existence d’un être vivant en particulier, est aussi un évènement totalement anodin…

… Par contre, ce qui est moins anodin (mais dont la puissance énergétique nous échappe parce que nous n’en mesurons pas le vrai pouvoir sur les êtres vivants) c’est la présence de l’infirmière ou de l’aide soignante auprès du malade en l’instant « t » = 19h 56…

 

Derniers potins…En direct du Fouquet’s… après le champagne

-Rachida part aux Bahamas lundi matin le 7 mai avec Petit Nicolas…

-Ségolène Royale et François le Béarnais vont deltaplaner dans les Alpes Suisses…

-Les actionnaires des fonds de pension Américains votent un dividende de 30% au profit des riches retraités qui ont réservé leur place pour un voyage en paquebot de luxe autour de l’Antarctique…

-Scandale dans les toilettes de l’Elysée : les urinoirs sont bouchés !

-Un brocanteur de Neuilly sur Seine achète pour mille euro la 205 orange de Jacques Chirac.

-Une nouvelle loi entre en application : les restaurants du cœur sont remplacés par des chapiteaux de soupe populaire et ce sont les SDF et les chômeurs qui préparent les repas, font la vaisselle et le ménage…

-Les retraités à faible revenu sont invités à reprendre un petit travail de 20 h par semaine, payé 300 euro par mois non imposable : cette mesure ne s’applique qu’aux retraités à petit revenu, âgés de moins de 75 ans. En cas de non reprise d’un petit travail, les intéressés verront leur pension diminuée de 10%.

-La nouvelle carte génétique entre en circulation à compter du 1er Juin 2007, et devra être présentée à tout contrôle effectué par un agent de la Force Publique.

 

DES DISSIDENTS DU NET

Certains intellectuels, auteurs, écrivains… semblent fâchés avec l’Internet. Exemple : Amélie Nothomb. (Mais je la comprends parce que c’est un choix personnel qu’elle fait, un choix qui me semble indépendant de ce qu’elle peut penser du Net en général).

J’écoutai voici quelques jours déjà, lors d’un bulletin d’information à midi sur France Musique ; l’un d’entre eux (dont je ne me rappelle plus le nom) affirmant même qu’il était « l’ennemi » d’Internet, se définissant ainsi comme un dissident… Et que manifester une telle opposition de nos jours, aux « nouvelles technologies » de la communication, c’était considéré comme une hérésie !

Ces intellectuels à mon avis, ont presque tous en commun le fait (établi) qu’ils n’ont jamais eu besoin du Net pour assurer leur promotion et se faire connaître. Etant assez régulièrement publiés chez quelque éditeur, et travaillant de manière « traditionnelle » (c'est-à-dire avec une machine à écrire, un stylo, des feuilles de papier blanc et l’envoi de leur manuscrits dactylographiés par la poste à leur éditeur), ils affirment que le Net est un monde de désinformation où l’on raconte n’importe quoi dans des milliers de Blogs… Ne soulignant ainsi que le côté pervers, abusif et pollué du Net en général…

Ils oublient tous, ces intellectuels, ou bien ils méconnaissent ou éludent le fait (établi cependant) que de « très belles âmes » de poètes, d’écrivains, de penseurs, d’artistes, s’expriment sur le Net.

Alors, je le déclare haut et fort : « le Net c’est très bien pour les belles âmes » !

Je suis persuadé que, Net ou pas, le monde est de toute manière comme un immense tas de fumier sur lequel poussent et éclosent quelques roses.

Si ce même monde était comme un immense champ à perte de vue, entièrement couvert de roses ; saurait-on ce qu’est une rose ?

 

IMAGE ET IMAGINAIRE

            L’image dans toute sa puissance évocatrice, par ce qu’elle trace dans notre mémoire, par sa diffusion généralisée à dessein, du plus petit village d’un pays aux grands espaces publics en lesquels se pressent les foules ; par la télévision et les magazines à grand tirage ; étoufferait-elle l’imaginaire ?

J’écoutais ce matin vers 8h 30 sur France Culture ce mercredi 30 mai 2007, l’écrivain Le Clézio qui évoquait précisément ce pouvoir de l’image…

Un pouvoir aussi réducteur que totalitaire à mon sens, parce qu’il circonscrit l’évènement, la situation et les personnages photographiés ou filmés, en un foyer incandescent qui capte notre regard et déconnecte notre esprit de cette « vision intérieure » élargie à l’espace de notre imaginaire.

Une trop grande profusion d’images réduit l’espace de l’imaginaire et donc, l’espace personnel, celui de la création, du rêve, de la pensée…

L’écran, la photo dans le magazine, le reportage télévisé, le document d’archives en images, tout cela s’impose à notre esprit qui peu à peu, s’apparente davantage à une rétine oculaire qu’à un « creuset » en lequel s’élaborerait notre imaginaire.

Le pouvoir de l’image est tel, aujourd’hui, que même le travail d’écriture se fait par l’image.

Combien de métaphores devenues célèbres ont été arrangées, reprises, avec des mots différents, par nombre d’intellectuels, de journalistes et d’écrivains ?

L’image par les mots, c’est encore l’image… C’est le même pouvoir, ce pouvoir « réducteur »…

Je ne crois qu’à l’image qui éveille l’imaginaire et donc, ouvre un espace de création et de rêve.

Le pouvoir de l’image par l’image seule, et d’autant plus que l’image est un « effet spécial » ou un « flash » éblouissant, le pouvoir des mots quand les mots s’assemblent en une métaphore convenue, est un pouvoir conforme à l’esprit et au sens du monde, un pouvoir qui capte, aliène et réduit… Et au pire, détruit…

Mais le pouvoir de l’image qui éveille l’imaginaire, parce qu’il donne le pouvoir « alchimique » de la création et du rêve, est alors un pouvoir qui engendre, multiplie, diversifie, libère et élargit.

 

UNE GRANDE INTERROGATION

            Je m’interroge parfois beaucoup au sujet du rapport entre la religion d’une part ; et la science, la philosophie, l’art, la poésie, la littérature… d’autre part.

Quand je pense qu’aux Etats-Unis, pour ne citer que ce pays que l’on dit être l’un des plus avancés dans la modernité, la science et la technologie (sans parler de la civilisation qu’il représente)… Dans bon nombre d’écoles d’un certain renom, officielles et reconnues, l’on y enseigne que « Dieu a tout créé »… Niant ainsi presque toute forme d’évolution des espèces selon les découvertes de la science (dont certaines sont absolument indiscutables).

Pour ma part l’idée avancée que « l’homme descendrait du singe… Et le singe de… » ne me satisfait que dans une certaine mesure.

Mais « la côte tirée d’Adam pour faire la femme », ça, je peux pas avaler ! Et les « anges qui sonnent de la trompette dans le ciel pour annoncer je ne sais quelle bonne nouvelle… ou grand malheur », ça, non seulement ce n’est pas scientifique, mais « ça ne tient tout bonnement pas debout » !

Paul Ricoeur qui est pourtant un philosophe Chrétien, comment ressent-il ce rapport entre la religion et la philosophie ? J’imagine mal un homme d’un tel niveau intellectuel croire que Dieu a fait le monde en sept jours…

D’autre part, jusqu’à la fin du 15ème siècle, et encore durant les deux siècles suivants, tous les tableaux de grands peintres, tout l’art en général, « tournait » autour du « sacré », c'est-à-dire des sujets religieux, des thèmes de la Bible…

L’influence de la religion telle qu’elle s’est exercée durant des siècles et encore aujourd’hui dans le monde Chrétien, sur les arts, la littérature, la poésie, la pensée, la philosophie… Est encore plus forte, plus déterminante, plus engagée, et plus ségrégative dirais-je, dans le monde de l’Islam… Comme si « la parole et les enseignements de Dieu » étaient la seule référence possible, crédible, et s’imposant de manière indiscutable. En Terre d’Islam, combien de poètes, de romanciers, d’écrivains, d’artistes, sont « mis à l’index » parce que leur œuvre a été déclarée incompatible avec les enseignements de Dieu ?

Pour moi, je considère que la science, la philosophie, la poésie, la littérature, les arts ; ne peuvent « faire bon ménage » avec la religion dans la mesure où la religion entendrait « récupérer » ce qui lui est non pas forcément étranger mais d’une expression différente.

Ainsi la religion me semble imposer « un sens du monde » en lequel on peut, on doit trouver « toutes les bonnes réponses possibles ».

Enfin, je n’ai jamais compris, toute ma vie durant, que depuis le début des premières civilisations (avant l’arrivée des grandes religions et ensuite du temps de ces religions), l’Etre Humain ait pu construire sur toute la Terre de si grands monuments, de si grands édifices (qui ont mobilisé tant de monde et tant de matériaux et tant d’énergie et tant de techniques aussi élaborées)… Alors qu’ils n’en ont jamais vraiment fait autant dans les différents domaines de la vie pratique, pour satisfaire des besoins élémentaires, pour que tout le monde puisse se loger, etc. Combien de villes par exemple, durant des siècles, par toute la Terre, ont eu d’imposants et si beaux édifices religieux, alors que les gens habitaient dans des cabanes, des gourbis ou des maisons très simples ? Ou même vivaient dehors ?

Est-ce que Dieu… Et les curés, les rois et leurs armées, auraient coûté presque tout le pognon de la Terre ? 

 

LA PAROLE, L'ECRITURE

            La parole est brute, l’écriture est signe…

Ce qui manque à la parole, c’est de se faire écriture…

Mais l’écriture d’aujourd’hui, telle que l’on la lit parce qu’elle s’est répandue dans la parole, n’a plus le signe…

Il faut que l’écriture retrouve le signe, pour qu’elle puisse tout dire…

Et que la parole l’imite, et perde sa brutalité.

 

UN ETE 2007

 

Clanpins et clanpines sis en leurs nids ou se dorant au soleil sur les plages, ou canoëkayaquant dans les gorges du Verdon, ou discothéquant à Biarritz ou Lacanau, ou campingcaring ou mobilhommant en Provence ou en Bretagne... Attendaient tous que vienne en leur bec une manne tombée du ciel par la grâce du un pour cent de croissance, des heures sup' défiscalisées, des héritages sans frais, et de l'embellie générale dopée par les feux d'artifice du 14 juillet et du 15 Août pétant cette année plus fort et plus longtemps encore, par les défilés et pèlerinages présidentiaux à Epinal et en d'autres villes de France, par les budgets gonflés de crédits et expédients bancaires, par un Euro fort minimisant le prix du carburant, par les dividendes de portefeuilles financiers et par toutes sortes de dépenses loisiresques, restaurantesques, vestimentaires, voituresques et équipementaires...

Maître Sarconard, en sa limousine, perché debout et les deux bras ouverts comme pour embrasser d'un seul, auguste et grand regard, une foule compacte et vénérante accourue de tout le pays environnant... Discourut en ces termes : « Il n'est pas de raison que la manne ne soit pas au rendez vous, notre pays n'est pas une exception, et là où les autres ont réussi, pourquoi ne réussirions nous pas aussi? La tâche est là, ne bronchons pas, avec ardeur pour le pays, pour la croissance, travaillons »...

Alors clanpins et clanpines orchestrèrent dans le sens de l'Instrumentation Générale, s'endettèrent plus encore... Cependant que les plus pauvres et les plus démunis d'entre eux, n'ayant ni campingcarisé, ni restauranté, ni bâti, ni loisiré, ni « mis cent balles dans le dada », avaient vu filer la manne quelque part dans le ciel fou, tel un trait blanc de pisse phosphorescent fusé du croupion des Anges Annonciateurs d'embellie formelle... Ou tel encore traversant les soirs d'été, que ces « lézards lumineux » que l'on voit fleurir et s'agiter avant les feux d'artifice entre les mains des enfants...

SEPT REVELATIONS...

1/ J'aime à ressentir, dans le relationnel, ce que l'autre ressent, surtout si cet « autre » est une femme.

2/ L'enveloppe (transparente) de ma « bulle » m'est comme un mur contre lequel je frappe, espérant la « fissure ».

3/ Certains de mes émerveillements dans la dimension en laquelle ils s'épanouissent, explosent, se perpétuent et se renouvellent, me font tant aimer être moi, que j'en remercie le ciel d'être venu au monde et de les avoir ainsi connus à ce point là.

4/ J'éprouve une très grande joie, une très grande émotion, et une espérance magnifique, quasi « orgasmique », à verser mon visage sans lunettes de soleil et sans casquette, mon regard et mon sourire, dans les yeux des gens, et en particulier les yeux des femmes.

5/ J'ose imaginer que je « fais l'amour » aux filles, aux femmes, et, par extension à mes amis, avec mon écriture (celle qui n'est pas un « foutoir » de rébellion et de missiles incontrôlés). Mais alors, mon écriture, je la veux sans cesse plus belle, plus décrassante, plus « orgasmique ».

6/ Je suis heureux d'être né homme en aimant les femmes de la manière dont je les aime : je me sens tellement bien, dans cette manière que j'ai, de les aimer.

7/ Je ne veux pas dans ma vie, de certitudes autres que celles de l'instant heureux vécu, profondément ressenties... et bues avec délices jusqu'à la dernière goutte. Je ne veux que de l'espérance à m'en tordre le coeur et l'esprit, d'émoi et de régal...

LA CRITIQUE

La critique est sans doute à mon sens l'un des arts les plus difficilement maîtrisables qu'il soit...

J'ai connu dans ma vie, et je connais toujours encore, beaucoup de gens « très bien » qui, sur le plan intellectuel, relationnel, sont quasi irréprochables, et dont les critiques qu'ils font sur tel livre, telle oeuvre, tel comportement ou tel sujet de société, sont parfaitement argumentées, justifiées, claires, précises, sensibles, respectueuses et même constructives... Mais sans véritable « magie »...

Ce qu'il y a de si difficile, de si rarement maîtrisable et par conséquent de vraiment convaincant, dans la critique, c'est de pouvoir tout dire, tout écrire, y compris ce qui habituellement n'est pas « entendable », sans froisser, sans blesser, sans enfermer l'autre dans cette forme de solitude en laquelle il en arrive à ne plus oser s'exprimer, à douter de ce « meilleur de lui même » auquel il croit cependant...

Toute la « magie », en somme, consisterait en une forme souveraine d'art, de « facture », de « coup de patte »... en laquelle on trouverait, en plus de tout ce que je viens d'énumérer plus haut, une certaine délicatesse, beaucoup d'humour, un savant dosage de réalisme voire de sévérité et de mansuétude, les mots, le regard, le sourire, le visage accompagnant tout cela, et pour « couronner » l'ensemble, cette force en soi qui « emporte tout sur son passage » sans jamais « enfermer » l'autre, sans jamais le déstabiliser, et en lui faisant peut-être découvrir une part inconnue (ou mal connue de lui) de ce « meilleur de lui même...

Dans le monde où l'on vit, et cela était déjà vrai dans les mondes qui nous ont précédés, je connais fort peu de ces gens maîtrisant si bien l'art de la critique...

Pouvoir ainsi « tout dire et tout écrire », dans cet esprit là... C'est plus beau, même, que de voler comme un oiseau avec une intelligence et une connaissance d'humain... Mais c'est encore un rêve, une sorte de « porte des étoiles »... Et, si une telle porte peut s'ouvrir, il n'y a plus rien à craindre, ni censure, ni gardes armés, ni roi ni prince, ni chef de guerre, ni régime, ni président, ni système, ni prison, ni solitude...C'est la liberté absolue.

A COUVERT, A DECOUVERT...

            Certains choisissent de « vivre à découvert » et d’autres de « vivre à couvert »… En fait c’est un peu plus compliqué que cela : l’on est « plutôt à découvert » ou « plutôt à couvert ». 

  « Vivre à découvert » c’est se livrer, oser le dire, oser être devant les autres… Et, forcément, à ce « jeu là », l’on doit s’attendre à « quelques déconvenues », à un certain nombre d’inimitiés, de critiques acerbes ou cinglantes… Enfin, c’est, disons, la règle du jeu !

Mais « vivre à découvert », ce n’est pas seulement s’exposer, révéler ses points faibles et en subir les conséquences…  C’est aussi cette possibilité de jeter dans le rêve de l’autre ce qui de soi, lui fera le bien fou qu’il attend depuis toujours… 

            « Vivre à couvert », c’est se barder de toutes sortes de protections, ne rien révéler qui puisse nous desservir… C’est se « sécuriser ».

« Vivre à couvert », c’est très bien pour les gens sages, mesurés, ordonnés, « pas de vague » et suffisamment heureux « tout seul sans les autres »…

… Et il arrive que 

A trop vivre à découvert parce que c’est ainsi que l’on vit, l’on se mette pour un temps à vivre à couvert… Tant que ce n’est qu’un temps !

Et qu’à trop vivre à couvert  parce que c’est ainsi que l’on vit, l’on s’étouffe tant qu’un jour l’on se mette à vivre à découvert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     LES  QUATRE  MONDES           

 

 

 Dans l’univers de la communication et du relationnel, une réalité me semble incontournable : celle de ce « voyage » que nous ne pouvons jamais faire dans plusieurs mondes en même temps…

 

Il y a tout d’abord ce monde en nous, celui de notre imaginaire, celui de tout ce que l’on exprime de soi et que l’on exporte. Ce monde là est aussi celui de nos créations et de la facture de tout ce que nous produisons.

 

Il y a ensuite ce monde en dehors de nous, qui est en fait le monde de l’Autre, des Autres. Ce monde là est celui de ce que l’Autre exporte, exprime de lui : il est constitué de tout ce que l’Autre crée ou produit.

 

Il y a aussi le monde de l’échange, dans lequel se rencontrent en un lieu ou en un espace de communication le monde en nous et le monde en dehors de nous. C’est le monde de la confrontation, de la participation, du projet, de l’œuvre commune, du fil de discussion sur un sujet.

 

Il y a enfin le monde de la matière constituante, qui est celui de tout ce dont nous avons besoin pour que le monde en nous puisse se développer. Ce monde là est fait de connaissance, de savoir, de culture, de livres, de documents, d’informations ; et de tout ce que nous apporte le monde en dehors de nous.  

 

Je dirais de chacun de ces quatre mondes, qu’il est comme un homme avec une femme pendant que cet homme est avec cette femme… Et que peut-être, le monde en nous est le monde vers lequel on a tendance à sans cesse revenir, comme cette femme dont on ne se sépare que parce qu’il le faut bien, pour se rendre au travail, et que l’on a hâte de retrouver afin de se jeter dans son étreinte. Et l’étreinte est si forte que l’on en oublie, le temps de son empire, d’ouvrir la porte des autres mondes… dont le monde en nous cependant, a tant besoin !

 

 

Patriotisme, identité nationale et immigration  

           Le débat actuel, sur ces thèmes de patriotisme, d’identité nationale et d’immigration durant la campagne pour l’élection du président de la république, me « chauffe un peu les oreilles »…

           Le patriotisme et l’identité nationale sont des notions qui me semblent un peu dépassées, dans un contexte de mondialisation sociale et culturelle. Je m’interroge sur le regard que les peuples d’Europe et du monde portent sur la manière dont nous cherchons, nous les Français, à promouvoir notre culture, notre identité, notre position dans le rang des différents pays de la planète…

D’autre part, notre pays est-il réellement menacé d’invasion, d’occupation étrangère, de destructions massives, et avons-nous besoin de « sauver la mère patrie » en face d’un danger imminent ? Si tel devait être le cas, je pense que notre pays ne serait pas le seul menacé et qu’il faudrait en quelque sorte « élargir » ou reformuler cette notion de « patriotisme »…

N’oublions pas que des milliards de gens sur notre planète, non seulement ne parlent pas Français mais sans doute ne le parleront jamais de leur vie. Et que dans ces milliards de gens, il en est un certain nombre qui font dans leur vie de très belles et de très grandes choses, vivent et communiquent fort bien entre eux, sans avoir aucunement besoin de ce que nous pouvons leur apporter.

 Nos dizaines de millions de livres, nos milliers d’écrivains, le nombre vertigineux de blogs et de sites en langue Française sur le Web, ne sont que du « pipi de chat », dans cet incommensurable univers intellectuel, culturel, relationnel, qui est celui de la Terre entière ! 

             L’immigration est une réalité historique. Depuis des temps immémoriaux, en fait depuis l’apparition des premières civilisations et sociétés, des flots humains allant de quelques groupes à des populations entières, se sont déplacés d’une région à l’autre, d’un pays vers un autre pays, ou même entre des continents en traversant mers et océans… Et cela par nécessité, pour assurer leur existence, survivre parfois… 

 Ce ne sont ni les murs, ni les clôtures, ne les « barrages filtrants », ni les lois, ni les dispositions prises dans les différents pays qui vont empêcher ou réduire les flux migratoires : il s’agit bien là d’un mouvement naturel et perpétuel, entièrement dépendant de conditions géographiques, environnementales, sociales et économiques telles que  des changements climatiques, des catastrophes naturelles, la disparition ou la raréfaction de ressources du sol, les guerres, les  épidémies, les famines, la misère et la  pauvreté.

 L’Histoire tout entière sur toute la Terre est faite de ces mélanges de peuples d’origines diverses ; de peuples qui, durant des siècles ou des millénaires parfois, sont demeurés éloignés les uns des autres avant de se rencontrer,  puis se sont trouvés devant la nécessité de cohabiter ensemble. Il y eut toutes sortes de conflits, des acclimatations difficiles, de graves crises sociales, assez souvent … Mais c’est ainsi que les générations d’humains traversent l’Histoire et que poussent les peuples sur la Terre, comme tout ce qui vit, plantes et animaux. 

 Les gens qui se déplacent et s’installent en autre lieu, les peuples qui migrent, qui fuient, qui transitent… C’est comme les nuages qui se font et se défont dans le ciel, c’est comme le vent, le soleil, la pluie, le froid, le chaud, l’été, l’hiver, le flux et le reflux des marées, la nuit, le jour… C’est ainsi que l’on vit, que d’autres que nous vivrons demain…



Gare du Nord 

            Georges Duhamel dit que les évènements de la gare du Nord à Paris, pèseront sur le résultat des élections présidentielles…

Ce ne sont pas bien évidemment, ces évènements là, ni une autre manifestation de violences d’ici le 22 avril prochain, qui par leur seul impact, détermineront le choix des électeurs, mais en réalité l’exploitation qui est faite de ces évènements, par Nicolas Sarkozy.

Ce dernier déclarant : « que les candidats à la présidence de la république qui défendent un resquilleur déjà impliqué dans 22 délits, sont des irresponsables »…

Comment une telle déclaration, prise « dans le sens du poil », et qui renforce dans l’esprit des gens la conviction du respect de la loi, pourrait-elle ne pas influer sur le choix des électeurs, plus au second tour qu’au premier ?

« La ficelle est un peu grosse » déclare Georges Duhamel.

Ma question alors, est cruelle, primaire et « épidermique » : les Français seront-ils « assez bêtes » d’environ quatre cent mille voix pour porter Nicolas Sarkozy au pouvoir, alors que Ségolène Royal et François Bayrou n’ont jamais dit en vérité qu’ils soutenaient ou encourageaient les actions de délinquance ?

Etait-il nécessaire pour l’interpellation de la personne incriminée lors de cet « accrochage » à la gare du Nord, de déployer une telle force de police ?

Fait-on habituellement l’objet d’une condamnation pénale avec incarcération immédiate, pour ce genre de délit ?

Il y avait bien là une très nette disproportion entre l’acte lui-même et la réaction de la police puis de la justice, à cet acte.

Rappelons qu’en 1974 Valéry Giscard d’Estaing n’avait été élu qu’à 50,7% et François Mitterrand en 1981 à 50,8% , ce qui, au regard des 49,2ou3 % de leur concurrent, représentait à peine quatre cent mille voix.

Nous verrons donc si, au soir du 6 Mai 2007, les Français sont oui ou non, « plus bêtes » de quatre cent mille voix.

 

Les amitiés « coup de vent » 

  Je pense depuis mon enfance que les « vrais amis » sont rares et que l’on n’a la certitude que ce sont de vrais amis, qu’à partir du moment où un lien durable et solide s’est réellement établi…

Ce ne sont certes pas quelques repas, quelques sorties ou quelques rencontres par ci par là, où l’on se plait, où l’on danse, où l’on boit où l’on rit… qui vont construire une relation durable.

Ce qui est vrai dans la vie que nous vivons, l’est aussi dans la vie « virtuelle » sur la Toile.

Ma grand-mère, une personne très réaliste et très « pragmatique », me disait toujours : »Il ne faut pas prendre les vessies pour des lanternes »…

D’où la nécessité parfois, d’oser et de savoir dire les choses d’une certaine façon, sans fioritures, et même avec une certaine dureté. Sinon, nous tombons dans le sens commun, dans l’hypocrisie, dans l’illusoire, et je dirais même l’inutilité ou la vanité…

Le gros problème, c’est que les gens en général, recherchent gloire, célébrité, ils veulent être écoutés, lus, « charismatiques », enfin, des sortes de « héros »… Et que pour cela, ils se dispersent dans des domaines où ils pensent qu’ils vont « se faire un trou », avoir beaucoup d’admirateurs…

Et ils te font croire qu’ils sont « pas comme les autres », ils t’en foutent plein la vue avec les « effets spéciaux » du soit-disant « meilleur d’eux-mêmes » !

Il y a des jours où j’ai envie de « tout laisser tomber »… Enfin, « presque »…

A passer sa vie à tout prix « s’exister », l’on n’existe finalement plus ! Et dans ce sens là, il y a peut-être une vraie justice…

 

A PROPOS D'UNE REFLEXION DE MAURICE BLANCHOT

 

            « Ecrire, serait-ce devenir lisible pour chacun et pour soi-même indéchiffrable ? »

Je pense que beaucoup d’auteurs sont lisibles pour chacun mais sont (ou ont été) tout à fait déchiffrables par eux-mêmes : j’imagine qu’ils n’ont pas (ou n’ont pas eu) de difficultés (de vraies difficultés) à se relire… Sans doute ont-ils du effectuer quelques corrections, ou quelques ajustements, mais dans l’ensemble, ils se sentent (ou se sont sentis) parfaitement lisibles… Ceux là sont (ou ont été) des auteurs « à la coule »… On les trouve aujourd’hui, bien plus encore que jadis, « à la pelle »…

D’autres auteurs ne sont pas lisibles pour chacun parce qu’ils ne peuvent être lus que par des gens dont la sensibilité, l’esprit et le cœur dirais-je, leur sont proches. Ces auteurs là, aussi, doivent se sentir déchiffrables par eux-mêmes… Et ils corrigent et ajustent, également. Ils sont « à la pelle » mais moins « à la coule »…

Il en est d’autres qui ne sont lisibles par presque personne mais parfaitement déchiffrables à eux-mêmes… Ou au contraire indéchiffrables à eux-mêmes. Ceux là n’ont aucune chance d’être reconnus du vivant de leurs auteurs…

Quant à ceux qui seraient lisibles pour chacun et pour soi même indéchiffrables, ils auraient peut-être réussi à se faire exister par le plus grand nombre  sans avoir jamais pu (ou avoir cherché) à se comprendre eux-mêmes.

 

Petit sondage apparemment anodin 

            Imaginez que vous êtes un enfant de huit ans à l’école…

Préférez vous :

-Un maître qui donne des bons points chaque fois que vous faites « quelque chose de bien » ?

-Un maître qui accroche sur le mur de la classe (au dessus des porte – manteaux) les beaux dessins ou les jolis poèmes des élèves ?

Sans hésitation et très nettement, ma réponse est : l’exposition des dessins ou des poèmes…

Je me « contrefous » avec insolence contestataire mais sans mépris, de recevoir « quelque bon point que ce soit » !

Je veux que mon dessin ou mon poème soit accroché au mur… Avec les dessins et les poèmes de mes copains, d’ailleurs, et y compris ceux des copains avec lesquels je me bagarre…

L’attribution de bons points et l’exposition de dessins  ne sont pas forcément incompatibles : je les vois, en fait complémentaires… Mais d’une certaine manière ! Par exemple, pour les petits garçons, les bons points seraient, non pas des espèces de « tableaux d’honneur » en modèle réduit, mais des images de jolis visages de petites filles (mais il faut aussi tenir compte des petits garçons « pas très romantiques » qui eux, voudraient peut-être de gros avions ou de gros tracteurs).

NON, résolument NON aux bons points !

            A l’école, j’ai eu des maîtres qui donnaient des bons points et ne faisaient jamais d’exposition de dessins. Les bons points, je les « paumais » toujours parce qu’avec négligence, je les mettais au fond de mes poches, et ma maman, qui n’était guère une « ménagère née » (et je lui en sais fort gré) plongeait directement mes culottes dans la lessiveuse sans retourner les poches.

En revanche, j’étais le « champion » des inscriptions sur les murs des WC : oh, certes pas de « grands zobs » ni de « femmes à poil »… Mais de drôles de petits personnages caricaturaux…

Le maître (ou la maîtresse) qui expose dessins et poèmes des enfants dans la classe, sait bien cependant que certains de ces enfants ne savent ni dessiner ni écrire des poèmes…

Ceux là sont invités à parler de leurs découvertes, à montrer ce qu’ils savent faire.

 

Une drôle de question… 

            Nous sommes au soir du second tour d’une élection présidentielle, en France, il est exactement 19h 55. Cela se passe dans un « hôpital mouroir », les infirmières et aide soignantes en effectif très réduit ce soir là, se trouvent réunies dans la salle de repos, pièce située bien sûr au centre de l’aile réservée aux cancéreux et sidéens en phase terminale…

Les infirmières et aide soignantes sont à ce moment là debout devant le poste de télévision, et dans cinq minutes apparaîtra sur l’écran le visage du président de la république élu par les Français. Durant ces quelques minutes l’on peut voir des « zooms » très rapides sur les états majors des 2 candidats…

Dans une chambre assez proche de la salle de repos, un sidéen pris d’un besoin très pressant qui lui vient d’une situation particulièrement inconfortable et fort malheureuse, appuie sur le bouton d’appel, et aussitôt clignote une lumière rouge au dessus de la porte de la chambre du sidéen…

Rappelons qu’il est exactement 19h 55.

Voici la question :

L’infirmière ou l’aide soignante, sera-t-elle auprès du malade, entre 19h 56 et 19h 59… Ou, après 20h 05 ?

Et, question subsidiaire :

Le sidéen « tiendra-t-il » disons, neuf minutes ?

S’il n’ a « pas tenu »… De 2 choses l’une : Ou le visage de l’infirmière est joyeux et dans ce cas, elle changera les draps « le cœur léger »… Ou le visage de l’infirmière est triste et fermé, et dans ce cas elle en prendra « plein le nez »…

            Réflexion philosophique :

Dans l’immensité du cosmos, l’élection d’un président de la république en un instant « t » du temps « T » dont on ne peut définir ni l’origine ni le terme, dans un pays « p » d’un monde « m » ; est un évènement totalement anodin…

Dans ce même cosmos, l’existence d’un être vivant en particulier, est aussi un évènement totalement anodin…

Par contre, ce qui est moins anodin (mais dont la puissance énergétique nous échappe parce que nous n’en mesurons pas le vrai pouvoir sur les êtres vivants) c’est la présence de l’infirmière ou de l’aide soignante auprès du malade en l’instant « t » = 19h 56…

 

Derniers potins…En direct du Fouquet’s… après le champagne

-Rachida part aux Bahamas lundi matin le 7 mai avec Petit Nicolas…

-Ségolène Royale et François le Béarnais vont deltaplaner dans les Alpes Suisses…

-Les actionnaires des fonds de pension Américains votent un dividende de 30% au profit des riches retraités qui ont réservé leur place pour un voyage en paquebot de luxe autour de l’Antarctique…

-Scandale dans les toilettes de l’Elysée : les urinoirs sont bouchés !

-Un brocanteur de Neuilly sur Seine achète pour mille euro la 205 orange de Jacques Chirac.

-Une nouvelle loi entre en application : les restaurants du cœur sont remplacés par des chapiteaux de soupe populaire et ce sont les SDF et les chômeurs qui préparent les repas, font la vaisselle et le ménage…

-Les retraités à faible revenu sont invités à reprendre un petit travail de 20 h par semaine, payé 300 euro par mois non imposable : cette mesure ne s’applique qu’aux retraités à petit revenu, âgés de moins de 75 ans. En cas de non reprise d’un petit travail, les intéressés verront leur pension diminuée de 10%.

-La nouvelle carte génétique entre en circulation à compter du 1er Juin 2007, et devra être présentée à tout contrôle effectué par un agent de la Force Publique.

 

DES DISSIDENTS DU NET

Certains intellectuels, auteurs, écrivains… semblent fâchés avec l’Internet. Exemple : Amélie Nothomb. (Mais je la comprends parce que c’est un choix personnel qu’elle fait, un choix qui me semble indépendant de ce qu’elle peut penser du Net en général).

J’écoutai voici quelques jours déjà, lors d’un bulletin d’information à midi sur France Musique ; l’un d’entre eux (dont je ne me rappelle plus le nom) affirmant même qu’il était « l’ennemi » d’Internet, se définissant ainsi comme un dissident… Et que manifester une telle opposition de nos jours, aux « nouvelles technologies » de la communication, c’était considéré comme une hérésie !

Ces intellectuels à mon avis, ont presque tous en commun le fait (établi) qu’ils n’ont jamais eu besoin du Net pour assurer leur promotion et se faire connaître. Etant assez régulièrement publiés chez quelque éditeur, et travaillant de manière « traditionnelle » (c'est-à-dire avec une machine à écrire, un stylo, des feuilles de papier blanc et l’envoi de leur manuscrits dactylographiés par la poste à leur éditeur), ils affirment que le Net est un monde de désinformation où l’on raconte n’importe quoi dans des milliers de Blogs… Ne soulignant ainsi que le côté pervers, abusif et pollué du Net en général…

Ils oublient tous, ces intellectuels, ou bien ils méconnaissent ou éludent le fait (établi cependant) que de « très belles âmes » de poètes, d’écrivains, de penseurs, d’artistes, s’expriment sur le Net.

Alors, je le déclare haut et fort : « le Net c’est très bien pour les belles âmes » !

Je suis persuadé que, Net ou pas, le monde est de toute manière comme un immense tas de fumier sur lequel poussent et éclosent quelques roses.

Si ce même monde était comme un immense champ à perte de vue, entièrement couvert de roses ; saurait-on ce qu’est une rose ?

 

IMAGE ET IMAGINAIRE

            L’image dans toute sa puissance évocatrice, par ce qu’elle trace dans notre mémoire, par sa diffusion généralisée à dessein, du plus petit village d’un pays aux grands espaces publics en lesquels se pressent les foules ; par la télévision et les magazines à grand tirage ; étoufferait-elle l’imaginaire ?

J’écoutais ce matin vers 8h 30 sur France Culture ce mercredi 30 mai 2007, l’écrivain Le Clézio qui évoquait précisément ce pouvoir de l’image…

Un pouvoir aussi réducteur que totalitaire à mon sens, parce qu’il circonscrit l’évènement, la situation et les personnages photographiés ou filmés, en un foyer incandescent qui capte notre regard et déconnecte notre esprit de cette « vision intérieure » élargie à l’espace de notre imaginaire.

Une trop grande profusion d’images réduit l’espace de l’imaginaire et donc, l’espace personnel, celui de la création, du rêve, de la pensée…

L’écran, la photo dans le magazine, le reportage télévisé, le document d’archives en images, tout cela s’impose à notre esprit qui peu à peu, s’apparente davantage à une rétine oculaire qu’à un « creuset » en lequel s’élaborerait notre imaginaire.

Le pouvoir de l’image est tel, aujourd’hui, que même le travail d’écriture se fait par l’image.

Combien de métaphores devenues célèbres ont été arrangées, reprises, avec des mots différents, par nombre d’intellectuels, de journalistes et d’écrivains ?

L’image par les mots, c’est encore l’image… C’est le même pouvoir, ce pouvoir « réducteur »…

Je ne crois qu’à l’image qui éveille l’imaginaire et donc, ouvre un espace de création et de rêve.

Le pouvoir de l’image par l’image seule, et d’autant plus que l’image est un « effet spécial » ou un « flash » éblouissant, le pouvoir des mots quand les mots s’assemblent en une métaphore convenue, est un pouvoir conforme à l’esprit et au sens du monde, un pouvoir qui capte, aliène et réduit… Et au pire, détruit…

Mais le pouvoir de l’image qui éveille l’imaginaire, parce qu’il donne le pouvoir « alchimique » de la création et du rêve, est alors un pouvoir qui engendre, multiplie, diversifie, libère et élargit.

 

UNE GRANDE INTERROGATION

            Je m’interroge parfois beaucoup au sujet du rapport entre la religion d’une part ; et la science, la philosophie, l’art, la poésie, la littérature… d’autre part.

Quand je pense qu’aux Etats-Unis, pour ne citer que ce pays que l’on dit être l’un des plus avancés dans la modernité, la science et la technologie (sans parler de la civilisation qu’il représente)… Dans bon nombre d’écoles d’un certain renom, officielles et reconnues, l’on y enseigne que « Dieu a tout créé »… Niant ainsi presque toute forme d’évolution des espèces selon les découvertes de la science (dont certaines sont absolument indiscutables).

Pour ma part l’idée avancée que « l’homme descendrait du singe… Et le singe de… » ne me satisfait que dans une certaine mesure.

Mais « la côte tirée d’Adam pour faire la femme », ça, je peux pas avaler ! Et les « anges qui sonnent de la trompette dans le ciel pour annoncer je ne sais quelle bonne nouvelle… ou grand malheur », ça, non seulement ce n’est pas scientifique, mais « ça ne tient tout bonnement pas debout » !

Paul Ricoeur qui est pourtant un philosophe Chrétien, comment ressent-il ce rapport entre la religion et la philosophie ? J’imagine mal un homme d’un tel niveau intellectuel croire que Dieu a fait le monde en sept jours…

D’autre part, jusqu’à la fin du 15ème siècle, et encore durant les deux siècles suivants, tous les tableaux de grands peintres, tout l’art en général, « tournait » autour du « sacré », c'est-à-dire des sujets religieux, des thèmes de la Bible…

L’influence de la religion telle qu’elle s’est exercée durant des siècles et encore aujourd’hui dans le monde Chrétien, sur les arts, la littérature, la poésie, la pensée, la philosophie… Est encore plus forte, plus déterminante, plus engagée, et plus ségrégative dirais-je, dans le monde de l’Islam… Comme si « la parole et les enseignements de Dieu » étaient la seule référence possible, crédible, et s’imposant de manière indiscutable. En Terre d’Islam, combien de poètes, de romanciers, d’écrivains, d’artistes, sont « mis à l’index » parce que leur œuvre a été déclarée incompatible avec les enseignements de Dieu ?

Pour moi, je considère que la science, la philosophie, la poésie, la littérature, les arts ; ne peuvent « faire bon ménage » avec la religion dans la mesure où la religion entendrait « récupérer » ce qui lui est non pas forcément étranger mais d’une expression différente.

Ainsi la religion me semble imposer « un sens du monde » en lequel on peut, on doit trouver « toutes les bonnes réponses possibles ».

Enfin, je n’ai jamais compris, toute ma vie durant, que depuis le début des premières civilisations (avant l’arrivée des grandes religions et ensuite du temps de ces religions), l’Etre Humain ait pu construire sur toute la Terre de si grands monuments, de si grands édifices (qui ont mobilisé tant de monde et tant de matériaux et tant d’énergie et tant de techniques aussi élaborées)… Alors qu’ils n’en ont jamais vraiment fait autant dans les différents domaines de la vie pratique, pour satisfaire des besoins élémentaires, pour que tout le monde puisse se loger, etc. Combien de villes par exemple, durant des siècles, par toute la Terre, ont eu d’imposants et si beaux édifices religieux, alors que les gens habitaient dans des cabanes, des gourbis ou des maisons très simples ? Ou même vivaient dehors ?

Est-ce que Dieu… Et les curés, les rois et leurs armées, auraient coûté presque tout le pognon de la Terre ? 

 

LA PAROLE, L'ECRITURE

            La parole est brute, l’écriture est signe…

Ce qui manque à la parole, c’est de se faire écriture…

Mais l’écriture d’aujourd’hui, telle que l’on la lit parce qu’elle s’est répandue dans la parole, n’a plus le signe…

Il faut que l’écriture retrouve le signe, pour qu’elle puisse tout dire…

Et que la parole l’imite, et perde sa brutalité.

 

UN ETE 2007

 

Clanpins et clanpines sis en leurs nids ou se dorant au soleil sur les plages, ou canoëkayaquant dans les gorges du Verdon, ou discothéquant à Biarritz ou Lacanau, ou campingcaring ou mobilhommant en Provence ou en Bretagne... Attendaient tous que vienne en leur bec une manne tombée du ciel par la grâce du un pour cent de croissance, des heures sup' défiscalisées, des héritages sans frais, et de l'embellie générale dopée par les feux d'artifice du 14 juillet et du 15 Août pétant cette année plus fort et plus longtemps encore, par les défilés et pèlerinages présidentiaux à Epinal et en d'autres villes de France, par les budgets gonflés de crédits et expédients bancaires, par un Euro fort minimisant le prix du carburant, par les dividendes de portefeuilles financiers et par toutes sortes de dépenses loisiresques, restaurantesques, vestimentaires, voituresques et équipementaires...

Maître Sarconard, en sa limousine, perché debout et les deux bras ouverts comme pour embrasser d'un seul, auguste et grand regard, une foule compacte et vénérante accourue de tout le pays environnant... Discourut en ces termes : « Il n'est pas de raison que la manne ne soit pas au rendez vous, notre pays n'est pas une exception, et là où les autres ont réussi, pourquoi ne réussirions nous pas aussi? La tâche est là, ne bronchons pas, avec ardeur pour le pays, pour la croissance, travaillons »...

Alors clanpins et clanpines orchestrèrent dans le sens de l'Instrumentation Générale, s'endettèrent plus encore... Cependant que les plus pauvres et les plus démunis d'entre eux, n'ayant ni campingcarisé, ni restauranté, ni bâti, ni loisiré, ni « mis cent balles dans le dada », avaient vu filer la manne quelque part dans le ciel fou, tel un trait blanc de pisse phosphorescent fusé du croupion des Anges Annonciateurs d'embellie formelle... Ou tel encore traversant les soirs d'été, que ces « lézards lumineux » que l'on voit fleurir et s'agiter avant les feux d'artifice entre les mains des enfants...

SEPT REVELATIONS...

1/ J'aime à ressentir, dans le relationnel, ce que l'autre ressent, surtout si cet « autre » est une femme.

2/ L'enveloppe (transparente) de ma « bulle » m'est comme un mur contre lequel je frappe, espérant la « fissure ».

3/ Certains de mes émerveillements dans la dimension en laquelle ils s'épanouissent, explosent, se perpétuent et se renouvellent, me font tant aimer être moi, que j'en remercie le ciel d'être venu au monde et de les avoir ainsi connus à ce point là.

4/ J'éprouve une très grande joie, une très grande émotion, et une espérance magnifique, quasi « orgasmique », à verser mon visage sans lunettes de soleil et sans casquette, mon regard et mon sourire, dans les yeux des gens, et en particulier les yeux des femmes.

5/ J'ose imaginer que je « fais l'amour » aux filles, aux femmes, et, par extension à mes amis, avec mon écriture (celle qui n'est pas un « foutoir » de rébellion et de missiles incontrôlés). Mais alors, mon écriture, je la veux sans cesse plus belle, plus décrassante, plus « orgasmique ».

6/ Je suis heureux d'être né homme en aimant les femmes de la manière dont je les aime : je me sens tellement bien, dans cette manière que j'ai, de les aimer.

7/ Je ne veux pas dans ma vie, de certitudes autres que celles de l'instant heureux vécu, profondément ressenties... et bues avec délices jusqu'à la dernière goutte. Je ne veux que de l'espérance à m'en tordre le coeur et l'esprit, d'émoi et de régal...

LA CRITIQUE

La critique est sans doute à mon sens l'un des arts les plus difficilement maîtrisables qu'il soit...

J'ai connu dans ma vie, et je connais toujours encore, beaucoup de gens « très bien » qui, sur le plan intellectuel, relationnel, sont quasi irréprochables, et dont les critiques qu'ils font sur tel livre, telle oeuvre, tel comportement ou tel sujet de société, sont parfaitement argumentées, justifiées, claires, précises, sensibles, respectueuses et même constructives... Mais sans véritable « magie »...

Ce qu'il y a de si difficile, de si rarement maîtrisable et par conséquent de vraiment convaincant, dans la critique, c'est de pouvoir tout dire, tout écrire, y compris ce qui habituellement n'est pas « entendable », sans froisser, sans blesser, sans enfermer l'autre dans cette forme de solitude en laquelle il en arrive à ne plus oser s'exprimer, à douter de ce « meilleur de lui même » auquel il croit cependant...

Toute la « magie », en somme, consisterait en une forme souveraine d'art, de « facture », de « coup de patte »... en laquelle on trouverait, en plus de tout ce que je viens d'énumérer plus haut, une certaine délicatesse, beaucoup d'humour, un savant dosage de réalisme voire de sévérité et de mansuétude, les mots, le regard, le sourire, le visage accompagnant tout cela, et pour « couronner » l'ensemble, cette force en soi qui « emporte tout sur son passage » sans jamais « enfermer » l'autre, sans jamais le déstabiliser, et en lui faisant peut-être découvrir une part inconnue (ou mal connue de lui) de ce « meilleur de lui même...

Dans le monde où l'on vit, et cela était déjà vrai dans les mondes qui nous ont précédés, je connais fort peu de ces gens maîtrisant si bien l'art de la critique...

Pouvoir ainsi « tout dire et tout écrire », dans cet esprit là... C'est plus beau, même, que de voler comme un oiseau avec une intelligence et une connaissance d'humain... Mais c'est encore un rêve, une sorte de « porte des étoiles »... Et, si une telle porte peut s'ouvrir, il n'y a plus rien à craindre, ni censure, ni gardes armés, ni roi ni prince, ni chef de guerre, ni régime, ni président, ni système, ni prison, ni solitude...C'est la liberté absolue.

A COUVERT, A DECOUVERT...

            Certains choisissent de « vivre à découvert » et d’autres de « vivre à couvert »… En fait c’est un peu plus compliqué que cela : l’on est « plutôt à découvert » ou « plutôt à couvert ». 

  « Vivre à découvert » c’est se livrer, oser le dire, oser être devant les autres… Et, forcément, à ce « jeu là », l’on doit s’attendre à « quelques déconvenues », à un certain nombre d’inimitiés, de critiques acerbes ou cinglantes… Enfin, c’est, disons, la règle du jeu !

Mais « vivre à découvert », ce n’est pas seulement s’exposer, révéler ses points faibles et en subir les conséquences…  C’est aussi cette possibilité de jeter dans le rêve de l’autre ce qui de soi, lui fera le bien fou qu’il attend depuis toujours… 

            « Vivre à couvert », c’est se barder de toutes sortes de protections, ne rien révéler qui puisse nous desservir… C’est se « sécuriser ».

« Vivre à couvert », c’est très bien pour les gens sages, mesurés, ordonnés, « pas de vague » et suffisamment heureux « tout seul sans les autres »…

Et il arrive que 

A trop vivre à découvert parce que c’est ainsi que l’on vit, l’on se mette pour un temps à vivre à couvert… Tant que ce n’est qu’un temps !

Et qu’à trop vivre à couvert  parce que c’est ainsi que l’on vit, l’on s’étouffe tant qu’un jour l’on se mette à vivre à découvert.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (1)

1. djezabel 13/11/2007

Si les flux migratoires deviendront malheureusement quasi impossibles quand l'énergie sera rare,réservée aux plus riches et que le niveau des océans aura monté.

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