Chroniques Yugcibiennes I


C'EST L'HISTOIRE D'UN MEC...

    Sur France 2 le jour où fut annoncé la mort d’Henri Salvador, l’on diffusait vers 23heures un film documentaire sur la vie et l’œuvre de Coluche disparu lui, le 19 juin 1986.
Ce jour là, ce 19 juin 1986, j’étais dans mon jardin et travaillais la terre avec une bêche et un faussoir. Divers outils de jardinage ainsi que des pots, des cagettes et de petits tas de mauvaises herbes traînaient un peu partout, éparpillés dans les allées et devant la maison…
Il était environ 19 heures, le temps était au beau et en ces longues soirées de juin dans mon jardin, j’avais toujours près de moi un poste de radio.
Tout à coup j’entends « Coluche est mort »… Suivent quelques informations sur les circonstances de sa mort, un accident de moto. Ma première réaction fut « c’est une blague »… Coluche en effet, pouvait très bien avoir monté un canular afin de faire croire à sa mort. Que n’avait-on pas déjà entendu et vu de sa part!
Et les bulletins d’information se succédèrent de minute en minute… Il fallut bien se rendre à l’évidence : Coluche était mort!
Le faussoir m’est tombé de la main. Et moi qui d’ordinaire suis si ordonné et ne laisse jamais rien traîner dans le jardin après un travail, j’abandonnai tout sur place, m’assis par terre et me mis à pleurer comme un enfant sans pouvoir m’arrêter. Trois jours après les outils de jardinage, les tas d’herbes, les cagettes et les pots étaient encore dispersés autour de la maison…
    Un an plus tard, le 19 juin 1987, l’on diffusait à la télévision un programme en souvenir de Coluche, qui devait durer trois heures et dans la perspective duquel je me réjouissais à l’avance tant la présence de cet artiste, de ce personnage comique hors du commun était encore vive dans ma mémoire…
Pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ce spectacle et comme le temps en cette mi juin 1987 était à l’orage je me disais « pourvu que ça pète pas trop fort et trop près de la maison au moment de l’émission! »
Au jour venu, le temps avait été assez calme, ensoleillé et chaud jusqu’au soir…
Puis s’amoncelèrent tout au dessus du col de l’Arnèle et vers le Nord, d’énormes nuages sombres tout bourgeonnants et en quelques minutes tout le ciel fut envahi, devenant une voûte noirâtre. Il était 20 heures, un fort coup de vent balaya le paysage. Le terrible orage éclata, démentiel, et tous les chemins, les prés, le jardin et la petite route devant ma maison ne furent que torrents dévalant et bouillonnant. Cet orage dura jusqu’au milieu de la nuit, il n’y eut plus d’électricité et mon garage fut complètement inondé. A quelques mètres de la maison, en contre bas dans le pré, fuyait une immense nappe d’eau aussi agitée qu’un lac en furie…
J’étais plus chaviré dans mon âme et dans mon cœur que je n’étais inquiété de l’eau entrant dans ma maison, de la désolation du jardin et des quelques dégâts causés par l’orage.
Moi qui d’ordinaire ne prend jamais les colères du ciel pour quelque « signe » que ce soit, malédiction, punition divine ou autre connerie dans ce genre, étant plutôt d’esprit scientifique et philosophique ; je vis par cet orage cette fois là, un « signe » funeste… Comme si le monde après la disparition de Coluche ne « tournait plus pareil »…
Du temps de Coluche en effet, il me venait un « autre regard » sur les misères du monde, les malheurs des gens, la maladie, la mort et les guerres… Ou la politique, l’économie, la société en général… Il me semblait que par la présence sur la scène ou sur l’écran de la télévision, de Coluche ; le monde demeurait malgré tout « vivable ». Et que l’on pouvait même, mieux encore que de survivre au pire, vivre en dépit du pire ; ne plus penser dans cette vie que l’on vivait telle qu’elle était, que la maladie et la mort ; l’adversité, la perversion, l’hypocrisie, la trahison, la violence, la misère et la solitude pointaient sans cesse le bout de leur visage… Parce que tout aussi proches de nous que fussent tous ces tristes visages ; dans le temps de ce rire à nul autre pareil qui nous secouait à la seule vue de la « bouille » d’un Coluche affublé de sa salopette ; ces tristes visages devenaient « invisibles »… Ou surréalistes.
Il fallait assurément ressentir au plus profond de soi ces intonations de sa voix ; accorder son esprit à ce qu’il exprimait avec autant de drôlerie, de truculence, de dérision et de générosité, pour être convaincu de l’impermanence de tout ce que l’on déplore, de tout ce que l’on subit et qui nous écrase de sa pesanteur…
En fait c’est cela je crois, son « message » : c’est des conneries tout ça, tout ce que l’on nous fait croire… Et le pire, et tout ce que l’on nous dit du pire, n’aura jamais le dernier mot parce qu’il se lèvera toujours quelque part, en quelque pays du monde que ce soit, des « rigolos qui foutront la merde dans le schmilblic » et rempliront des salles entières de spectateurs… Ou squatteront les télés, les rues et les places publiques…
    C’est tout cela que je ressentais du temps de Coluche… tout cela que personne ne peut réinventer tel que l’avait inventé Coluche.
… Moi tu sais, Coluche mon pote… Lou bon diou, lé religion, li gri-gri et lé zamulètes… Et Jupiter dans le carré de Saturne et d’Uranus ; le Zodiaque et tout le tremblement, l’horoscope et les ascendants Capricorne ou Verseau… Tout ça c’est pas plus mon truc que les partis politiques, la mode, les marques, les belles bagnoles et les placements en bourse!
Y’a des fois, je crois même pas à ce que je vois… Alors ils peuvent repasser les faiseurs de miracle, les diseurs de bonne aventure et autres « peigneurs dans le sens du poil ou de la queue »!
… Ah, si! Un jour à la foire du Trône en 1967, y’ a Sonia, une voyante dans une roulotte de romanichel qui m’a dit, pour 20 balles, que je mourrai à 87 ans!
Oh, putain, qu’est-ce que je vais avoir les foies, l’année de mes 87 balais!

KOSOVO LIBRE
    En tant qu’anarchiste mais pas cependant de groupe ou de formation déterminée, je ne puis reconnaître ni la souveraineté (et donc l’autorité légale) d’un système (par exemple d’un état centralisé prétendant unifier ou formater des peuples de culture, d’origines et de mœurs différentes dans un même territoire politique délimité par des frontières artificielles) ; ni l’existence officielle et reconnue d’un état se prétendant indépendant et lui-même souverain sur son territoire et revendiquant sa culture, ses origines et ses mœurs…
Je ne reconnais vraiment qu’un seul espace géographique, culturel et d’origines diverses de peuples ; un espace qui ne soit pas comme il l’a toujours été, disloqué en une mosaïque d’états, de royaumes, de républiques ou d’empires ; ou encore comme il l’est de nos jours, mondialisé et soumis à la loi des puissances financières, du marché, et dont les peuples ne sont même plus libres du choix de leur destin mais réduits en une forme moderne d’esclavage… Mais un espace relationnel construit sur des échanges culturels et économiques entre les populations vivant ou transitant à travers cet espace géographique…
Et cet espace géographique c’est celui de la planète toute entière sous la seule autorité des alliances faites, des accords passés, des échanges de services et de biens, du travail et de l’intelligence, de l’initiative et de la volonté de chacun et de tous… Et tout cela dans l’intérêt le plus bénéfique possible pour les uns et les autres, pour chaque être humain en particulier d’une part, et pour la communauté humaine toute entière d’autre part…
Le Kosovo libre? Oui! Mais cela fait un état de plus! Comme si des états sur cette Terre, il n’y en avait déjà pas suffisamment! Des états qui se veulent tous libres, revendiquant sans cesse ce qui les différencie des autres mais en réalité dominés par le système en place, c’est-à-dire le système instauré par les groupes financiers internationaux et leurs actionnaires privilégiés…
Ni Dieu ni maître ni état ni frontières ni système!

L'EVIER,L'HOMME OU LA FEMME NU,ET LE CHIEN
    Sur les beaux éviers que tu t’es faits en lieu et place de ces sources qui étaient jadis les tiennes et auxquelles tu buvais…
Sur ces beaux éviers qui plaisent tant à tes invités de marque et dans lesquels tu crois ne jamais casser de vaisselle…
Sur ces beaux éviers pour lesquels tu t’es endetté la vie entière après avoir vendu pour le prix d’une éponge les seaux de ton enfance…
Sur ces beaux éviers dont tu es si fier et que tant d’habitants de ce monde n’ont pas…
Sur ces beaux éviers qui, même s’ils ne sont de marbre, d’argent ou de porcelaine, coule plus qu’une fontaine et par les trous desquels s’en vont plus que l’eau d’un puits…
Sur ces beaux éviers je pisse dessus tel un chien fou, un chien errant… Un chien vert!
Mais je t’aime, toi, tout nu devant ton évier ; grelottant de froid ou de peur, rêvant encore parfois à tes seaux de gosse ; délaissé par tes invités ou te préparant pour la fête à venir…
Je t’aime tel un chien fou, un chien errant… Un chien vert! … A coups de museau, à coups de queue, à coups de langue sur tes jambes…

KOSOVO LIBRE, SUITE...

…Il y a aujourd’hui encore plus que dans n’importe quelle époque historique du passé proche ou lointain, beaucoup trop hélas, de minorités opprimées, de peuples bafoués et exploités, muselés/réduits au silence ; beaucoup trop de fanatismes, d’intolérances, de mépris, de racisme, de haines vivaces et de rejet de l’autre… Et beaucoup trop de dominations politiques ou économiques ; d’armées, de matériels de guerre…

Et au bout de tout cela, on met Dieu, le Bien, la lutte du Bien contre le Mal, et tous ces « bons » arguments soit disant les mieux fondés ; tout cela bien en avant, bien brandi au bout des fusils mitrailleurs, des machettes et dans le ventre des avions…

Et pendant ce temps là, les financiers et les gros actionnaires se frottent les mains, le Pape dit des messes et les Moudjahidines appellent au Djihad…

Y’en a marre de tout ce merdier! Heureusement il y a encore les poètes, les clowns et les artistes… Et ceux qui les écoutent, pleurent en silence ou descendent dans la rue pour manifester ou se battre contre le Grand Merdier Général…

SCIENTOLOGIE,RELIGIONS ET SECTES

    Faut-il donner à la scientologie et à bien d’autres sectes le statut de « vraie religion reconnue et autorisée » avec des droits, une « façade » et un libre exercice total de leurs activités?
Non, non et non! Il y en a assez de toutes ces sectes qui pourrissent l’esprit et le cœur des gens, qui sont à l’origine de bien de drames familiaux épouvantables et qui de surcroît, « mettent sur la paille » leurs adeptes en leur prenant un maximum d’argent… Sans compter les suicides, le désarroi profond… Et la misère autant physiologique que spirituelle dans laquelle sont plongés les gens, les jeunes en particulier qui adhèrent à certaines de ces sectes.
Il ne devrait pas être possible qu’un mineur soit démarché, déjà…
Bien sûr au nom de la liberté de penser, une loi d’interdiction assortie de persécutions et de décisions de justice ne serait pas à fortiori, une « bonne loi »; aussi faut-il à mon sens « laisser les choses telles qu’elles sont » (en France par exemple) c’est-à-dire ne pas « officialiser » par un statut chacune de ces sectes.
D’ailleurs en ce qui concerne les « vraies religions », c’est-à-dire celles qui depuis des siècles dans différents pays du monde rassemblent le plus grand nombre de fidèles vraiment croyants ou sympathisants ou par habitude ; il ne devrait pas y avoir non plus de statut défini et encore moins de privilèges accordés ni surtout d’ingérence dans les gouvernements ou de collusion, d’alliance avec les autorités civiles, politiques… Mais seulement l’obligation pour toutes les religions de se conformer à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Il me semble en effet que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme telle qu’elle a été rédigée à l’origine dans ses principes fondamentaux, ne peut que convenir à ces « grandes religions »…
Les valeurs et l’unité de la famille dans toutes les « grandes religions » et dans toutes les civilisations, sont considérées comme étant à la base de la vie sociale et en dépit de tout ce qui se délite, se déconstruit ou ne se pratique plus au nom d’une liberté revendiquée et devenue effective ; il n’en demeure pas moins que la famille dans son unité de liens affectifs, de liens de solidarité et de partage, reste l’univers relationnel premier de l’être humain…
Et tout ce qui de l’extérieur devient une agression contre cette unité de la famille ; toute emprise d’une religion, d’une idéologie ou d’une secte sur une personne, qui entraîne la séparation ou l’éloignement de cette personne de sa famille ; doit être combattu avec la plus grande énergie et n’a tout simplement « pas droit de cité » en quelque lieu du monde que ce soit.
Du fait de l’importance que les religions donnent aux valeurs et à l’unité de la famille, cela me paraît d’autant plus absurde et paradoxal qu’il puisse exister à cause de la religion, des situations où l’unité de la famille soit menacée, où des personnes en viennent à s’éloigner de leurs proches et cela jusqu’au point de rupture de tout lien avec eux.

NOTE : Il existe - et c’est bien là une réalité aussi - une contrepartie à cet « univers relationnel premier » de l’être humain qui est celui de la famille… Une contrepartie que je développerai plus tard… [en résumé, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme doit aussi s’appliquer à la famille, et donc à l’enfant… ce qui hélas n’est pas toujours le cas]

RICHE  ET  GRAS !

    Avez-vous observé que vos députés, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont presque tous des visages massifs ou « bien typés » et en général la même apparence vestimentaire soit un costume sombre dont la veste est boutonnée, une cravate bleue ou parfois rouge sur une chemise claire? Et que leur stature est le plus souvent assez imposante?
Ils font « riche et gras » dirais-je…
L’on ne peut en dire autant des SDF, de ces personnages populaires que l’on voit dans les bistrots, de certains chômeurs de longue durée et autres « pauvres bougres » aux visages couturés, taillés à coups de serpe, boutonneux, pustuleux ; en général de silhouettes élancées et vêtus comme des débardeurs ou des chiffonniers, chaussés de baskets pourris et la clope au bec…
« L’habit ne fait pas le moine certes »… Mais l’habit contribue à ces images populaires et parfois formatées que l’on se fait des gens en fonction de l’idée nous venant du monde et de nos repères traditionnels…
Je n’aime pas ce genre « soft » des députés « riche et gras » en costume sombre et à la carrure imposante… Et j’ai plus de sympathie pour les « pauvres bougres » en baskets pourris, la clope au bec…
Mais en tant qu’anarchiste et pour « faire la pige » (sans me forcer) aux curés, aux messeux, aux gens de droite ou de gauche « bon teint/bon genre » ou même aux « re-faiseurs de monde »… J’aime mon prochain.
Ce que je n’aime pas c’ est  ce qu’on le fait devenir, mon prochain… En vertu de tant de vertus qui ne sont pas des vertus mais des  Hurlututus  

ARTISTE OU ARTISAN?

    Ce qui rend aléatoire le fait qu’un écrivain ou un artiste puisse « vivre de sa plume ou de son art » ne tient je pense, à aucune de toutes ces raisons que l’on invoque invariablement… Fussent-elles ces raisons, les plus justifiées ou déclarées injustes ou absurdes…
La raison en est toute naturelle : aussi simple, aussi évidente, aussi naturelle donc, que le caractère aléatoire de l’existence de la vie dans l’univers.
Les « briques de la vie » sont partout dans l’univers ; les conditions qui règnent autour de ces « briques de la vie » existent avec elles… Mais la vie ne vient pas!
Il y a aussi, chez les écrivains et les artistes ; de ces « briques de la vie » et tout autour de l’écrivain, de l’artiste et de ses « briques »… Des conditions plus ou moins favorables… Mais le succès, le rayonnement, la reconnaissance, la possibilité de vivre de sa plume ou de son art ; tout cela ne vient pas!.. Pas davantage que la vie dans l’univers…
Amélie Nothomb et Christine Angot par exemple, sont comme des « Terres » dans l’univers…[ Je cite là ces deux auteurs en particulier, parce que l’une comme l’autre me semblent davantage être des écrivains que des « écrivains artisans » et il se trouve que l’une et l’autre arrivent à « vivre de leur plume »]
    Je suggère aux écrivains et aux artistes qui, souhaitant se libérer de ce caractère aléatoire qu’il y a à vivre de sa plume ou de son art ; de se muer en « écrivains ou artistes artisans »… En effet un « bon » artisan a quelque vraie chance, avec des causes déterminées et logiques, à s’installer en « boutique » ; d’être reconnu et de gagner sa vie…
Pour ma part j’assimile le métier d’écrivain ou d’artiste artisan, à n’importe quel métier… En particulier celui que j’ai exercé de l’âge de 19 ans jusqu’à 57 ans, c’est-à-dire postier en centre de tri ou en bureau de poste…
Je ne veux pas dire par là qu’un bon artisan de l’écriture par exemple, ne « vaudrait » pas un « bon » écrivain vivant ou ne vivant pas de sa plume… Mais il existe à mon avis une différence fondamentale entre l’écrivain « écrivain » et l’écrivain « artisan de l’écriture »…
Peut-on être à la fois un écrivain ET un artisan de l’écriture? J’en doute dans la mesure où « boutique » et reconnaissance officielle ont pris « une longueur d’avance » sur le sens profond et singulier de l’œuvre de l’écrivain.
L’écrivain et l’artiste découvrent, cherchent, explorent… Ou se perdent. Et l’on peut dire qu’il y a dans leur œuvre une sorte de folie… Qu’ils sont parfois des exilés. Et l’on va même jusqu’à dire d’eux « ce sont des extraterrestres »…
L’écrivain ou l’artiste « artisan » produit avant tout à l’intention d’une sorte de « clientèle », même s’il rejoint parfois l’écrivain ou l’artiste : c’est cela la différence fondamentale.

LA FAMILLE,UNIVERS PREMIER?

    Ma réflexion fait suite à mon texte intitulé « Scientologie, religions et sectes…
Si la famille est bien cet univers premier de l’être humain, elle ne doit jamais ressembler de près ou de loin à une religion ou à une secte, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas exercer sur l’un de ses membres ou même sur la communauté des êtres qui la composent, une emprise telle que l’un ou l’autre de ses membres cesse d’exister, de s’exprimer ou d’être maître de son destin.
Et dans cet univers premier, prévaut le droit de l’enfant, ce droit qui garantit à l’enfant son intégrité physique, affective, émotionnelle, intime et psychologique…
Entre membres d’une même famille existent des souvenirs communs, des situations et des évènements qui ont été vécus ensemble depuis longtemps, ce qui n’est pas le cas avec des gens « entrés dans notre vie » à un certain moment de notre existence.
Le fait d’avoir vécu ensemble ces situations et ces évènements, et cela depuis la petite enfance, c’est un peu comme une « marque », une empreinte que l’on a reçue en soi et dont on ne peut se défaire… Et si la « marque » est altérée, si l’on tente soi même de s’en « opérer » ou si des personnes rencontrées, par ce qu’elles entreprennent, dénaturent la « marque » ; alors c’est comme si l’on entrait en exil…
Mais l’exil peut et même devient nécessaire lorsque le père, la mère ou l’un des membres de la famille exerce un droit abusif, une pression insupportable et invalidante à l’encontre d’un fils ou d’une fille par exemple…
La rupture du lien familial alors, devient un « exil nécessaire » dans lequel entre l’être rejeté ou bafoué ; abusé ou sali, qui doit « reconstruire » sa vie…


SILENCE OU VIOLENCE

    Un silence profond et livide… Ou une violence qui lamine.
Telle est la réponse que l’on peut opposer par ce silence là, ou par cette violence là ; de toute sa force, de toute sa capacité à résister, à ce qui nous « désexiste », à ce que l’on subit d’autrui lorsqu’il n’y a ni reconnaissance, ni patience, ni écoute, ni considération, ni curiosité de ce que l’on est et de ce que l’on ressent…
Mais je ne dis pas que ce silence profond et livide, opposé de toute sa force et presque avec une sorte de désespérance, soit appelé à durer le temps entier de notre vie…
Ni que la violence qui lamine soit un acte, tout aussi désespéré, de destruction de cet autre ou de ces personnes qui nous ont « dés existé »…
Je sais que l’on ne peut tout dire ni tout confier, même à des êtres qui nous sont très proches ou qui sont nos amis, nos vrais amis… Et qu’il demeurera toujours en soi quelque « silence bétonné » au sujet de certaines situations vécues…
Je dis cela à l’intention de personnes qui dans leur vie, éprouvent ce sentiment de ne pas exister, leur venant de ce qu’ils subissent d’autrui et brouille leurs repères, peut les blesser ou les écorcher dans ce qu’ils ont de plus intime et de plus vrai en eux, peut durablement saper la confiance qu’ils ont en eux au point de ne plus se sentir crédibles…
Alors je leur dis seulement ceci afin qu’ils le sachent et s’en souviennent :
« Ma pensée se faisant écriture, ma voix presque audible que vous n’entendez pas mais dont vous « entendez » l’écriture… C’est un être, un être comme un promeneur le long d’un rivage, un être qui écoute le bord d’un océan  se brisant sur la grève… Et l’océan hurle ce qu’il ne dit jamais, tout comme ces êtres si nombreux  dont le silence est un murmure, une respiration, un déchirement, une explosion, un roulement de vagues…
Ainsi n’êtes vous jamais seul et ne suis-je jamais seul non plus… »


    La socialisation devrait inclure dans son principe de fonctionnement entre les êtres, le fait que l’être en particulier dans le groupes de personnes où il se trouve, ne soit pas seulement « social » avec les gens qu’il juge « sociaux » mais aussi (et peut-être surtout) avec les gens qui à son sens, ne seraient pas « sociaux »…
La personne âgée ou lourdement handicapée qui ne peut se mouvoir, le prisonnier en isolement total, sont enfermés dans le silence le plus terrible qui soit : outre le fait que ces personnes là sont « dés-existées », abandonnées ou rejetées dans le cas du prisonnier isolé ; elles subissent aussi le silence que leur impose la condition dans laquelle elles vivent ou ont été condamnées…
Et je pense également aux sourds, aux illettrés, aux personnes transplantées dans un pays dont elles ne  lisent ni ne parlent la langue…
Alors oui je voudrais être contre un tel silence subi, le plus terrifiant de tous les silences, ce promeneur sur le rivage qui saurait parler un « espéranto » qui ne se voit pas, ne se lit pas, ne se parle pas avec des mots, ne s’écrit pas… Mais qui arrive sur les fauteuils roulants, qui entre dans la tête des sourds et des illettrés, que le transplanté dans un pays étranger peut comprendre, que le prisonnier dans son isolement total peut percevoir…
Mais ça, on ne l’a pas encore inventé!… Je rêve donc de l’inventer…

ACTE D'AMOUR, ACTE D'ECRIRE

     L’acte d’écrire pour un écrivain ou un poète, peut être comparable à l’acte d’amour entre un homme et une femme…

N’y a-t-il pas dans l’acte d’écrire mille et mille récritures de ce que l’on n’écrit qu’une seule fois? Mille manières de composer sur un même thème, autour d’une même idée, d’une même interrogation, avec un même étonnement ou émerveillement, d’aborder un même sujet de réflexion?

Et n’y a-t-il pas dans l’acte d’amour mille et mille redécouvertes de l’être aimé, un nouveau visage à chaque étreinte, et une nouvelle histoire d’amour à chacun de ces regards d’un même être mille fois déjà « tracé » mais jamais comme les mille fois d’avant?

L’acte d’amour « de pure hygiène » et répétitif comme une mécanique bien huilée et bien rythmée ; ou l’acte d’écrire sans récriture sous un autre regard de ce que l’on a déjà écrit, sans autre vue que de gagner de l’argent ou de la reconnaissance du plus grand nombre… C’est aussi banal que de se rendre aux cabinets…

LE POINT MAGIQUE DE CONVERGENCE

    Une des choses qui m’émeut le plus au monde, c’est de penser que des êtres très différents de sensibilité, de projets, d’aspirations, de rêves et de besoins ainsi que de « vision du monde »… Puissent ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie en une situation particulière où ils sont ensemble en un lieu réel ou virtuel ; aimer en commun la même chose : un livre, un paysage, un visage, une musique, un film, un tableau de peinture, une œuvre d’art… Car à ce moment là, au moment de l’émotion, de l’émerveillement et de l’intérêt qu’ils ont en commun, toutes leurs différences, tout ce qui les oppose, tout ce qu’ils peuvent se reprocher les uns les autres, se trouve aplani dans ce silence profond et si beau, devenu un trait d’union, un point de convergence… Alors c’est comme une porte qui s’ouvre, un passage qui se forme… La violence, la haine, le rejet de l’autre et tout ce qui sépare les êtres en présence, pour un temps, n’ont plus cours en nos vies « suspendues » dans ce silence là, à nul autre pareil…
    Et je suis aussi très ému de penser que des êtres différents qui d’ordinaire « ne peuvent se voir en peinture » ou ont toutes les raisons les plus justifiées et les plus logiques de ne pas souhaiter se rencontrer… Puissent en commun aimer quelque chose en moi qui les étonne et les interpelle, quelque chose de moi qui leur fait du bien.
Je ne sais pas si cela « ouvre un passage » ou « dragorèke » ce qui sépare les êtres… Je ne crois pas au miracle… Je crois que c’est là seulement, une forme de pouvoir dont il ne résulte rien ou presque dans l’immédiat…

L'IMMORTALITE DE L'HOMME

    « Voici mon œuvre et ma gloire : réaliser l’immortalité de l’homme »…
[ Lu un jour dans l’un des livres sacrés des Mormons ]

    En tant qu’anarchiste, écrivain, poète, philosophe sans avoir fait d’études de philosophie et d’esprit scientifique sans être de formation scientifique ; et de surcroît athée…
Que l’on croit ou non en l’existence d’un Dieu créateur du ciel, de la Terre et de l’Univers…
Je dis que cette pensée au sujet de l’immortalité à réaliser, de l’homme… Est très belle, très émouvante et génératrice d’espérance…
Scientifiquement parlant, l’immortalité de l’homme en tant qu’être de sang, de chair et d’intelligence réunis en un corps, me semble irréalisable…
Philosophiquement parlant, l’immortalité de l’homme me semble un concept purement humain. Quant à la philosophie elle-même, du moins cette partie de la philosophie qui est pensée, réflexion, interrogation sur le pourquoi et le comment… Je me dis que le fait de penser comme un être humain pense, est une réalité purement humaine… Et que les êtres vivants non humains, ont en eux une « forme de pensée » intuitive, instinctive, programmée, évolutive et se manifestant par un comportement réactif (ce qui est bien le « signe » de la présence d’une intelligence)…
En tant que poète, l’immortalité de l’homme me semble une « essence » par la diffusion de laquelle il devient possible de se projeter dans ce qui est, qui fut et qui sera…
En tant qu’anarchiste, l’immortalité de l’homme me semble suspecte et imaginée par l’homme pour profiter au maximum de ce que l’on peut tirer de l’homme de son vivant… Et dans ce cas, l’immortalité serait une « fumisterie » émanant de l’Ordre Etabli, des états, des gouvernements et des chefs religieux.
En conclusion c’est l’immortalité en tant que poète, vue et ressentie par un poète, qui me semble recevable, qui m’émeut vraiment et que je trouve belle…

SALON DU LIVRE A PARIS

    Le salon du livre à Paris n’est-il pas international? N’est-il pas le lieu de rendez vous des écrivains, des auteurs du monde entier, de toutes les langues et de toutes les cultures?
Alors pourquoi dans une manifestation littéraire multiculturelle et internationale y aurait-il un pays en particulier qui serait le pays invité d’honneur?
C’est comme au festival international de géographie à Saint Dié dans les Vosges : chaque année il y a un pays invité d’honneur…
Je n’adhère pas du tout à cette idée d’un pays invité d’honneur… D’autant plus que cette année en 2008 le salon du livre à Paris ayant invité Israël ; il existe depuis des dizaines d’années au Moyen Orient une situation de guerre et de violences entre deux communautés irréconciliables du fait de la position extrémiste d’une partie de chacune de ces deux communautés.
Une manifestation littéraire internationale et multiculturelle, comme toute autre manifestation artistique d’ailleurs, en quelque lieu du monde où elle est organisée, devrait être un point de convergence de l’esprit, de l’art et du cœur…
Un lieu où se rencontrent les artistes, les écrivains, les auteurs, les chercheurs, les poètes, les intellectuels ; un lieu où durant plusieurs jours, toute idéologie partisane, toute violence, tout ce qui sépare les peuples se trouve aboli…
J’imagine déjà avant de m’y être rendu, au salon du livre à Paris, cet impressionnant dispositif de sécurité qui sera mis en place, tous ces contrôles d’identité…
Et comment pourrait-il en être autrement? Les blindés, la police, les démineurs, les barrières métalliques, les caméras de vidéosurveillance…Tout cela au secours de la Culture?
J’ose croire cependant qu’un jour viendra où la Culture ne sera plus d’une part l’alliée de la barbarie ou d’autre part sous la protection nécessaire des fusils mitrailleurs, des démineurs et des forces de l’ordre… Ni sous haute surveillance ni déclarée suspecte ou accessoire…


L'ALCRISTAL


    Tout d’abord, un peu de « grammaire Yugcibienne » :
-Al : préfixe « assimilé » d’origine latine (de Ad) ayant pour sens : à, vers, pour, idée de direction, d’apport, d’aboutissement…
- Cristal : verre délicat, ciselé, fin, de grande qualité, pur, lumineux…
D’où « al.cristal » comme « alchimie » : l’al.cristal serait donc une « alchimie » de quelque chose de pur, de lumineux, d’originel et de singulier…
    La « carte d’identité » d’un être physique, et plus précisément d’un être humain, c’est son visage : le visage qu’il a, et qui est SINGULIER c’est à dire ne ressemblant à aucun autre visage dans la mesure où le visage ne peut jamais être une copie conforme, exactement conforme, d’un autre visage fût-il celui d’un frère jumeau ou d’une sœur jumelle…
Un être humain n’est pas seulement un être purement physique : il est aussi un être d’esprit, d’intelligence, de sensibilité, d’émotion ; un être animé d’énergie et immatériel.
La « carte d’identité » si je puis dire, de l’être « immatériel » c’est son « al.cristal » c’est à dire l’empreinte, comme le visage est l’empreinte de son être physique ; de ce qui vit, qui est, qui se définit et se caractérise de manière singulière en lui : l’immatérialité de son être, son esprit, son intelligence, sa sensibilité…
De même qu’aucun visage n’est la copie conforme d’un autre visage, aucun « al.cristal » n’est la reproduction exactement similaire d’un autre « al.cristal »…
La différence fondamentale qu’il y a entre le visage et l’al.cristal, c’est que le visage évolue en fonction des époques de la vie de l’être : c’est d’abord le visage d’un bébé, puis d’un enfant, puis d’un adolescent, puis d’un adulte et enfin d’un vieillard… quoiqu’il demeure toujours cette même « empreinte » durant toute la traversée de la vie… 
… Et que l’al.cristal quant à lui, n’évolue jamais, demeure sans cesse identique, et cela quelle que soit la somme de connaissances, d’expériences, de situations diverses vécues, de conditionnement social, de richesse ou de pauvreté, de réussite ou d’échec… L’al.cristal ne « change » pas : c’est la « vision du monde » que l’être a ou qui évolue, qui se modifie en fonction de l’expérience vécue, de la richesse, de la pauvreté, des connaissances acquises, de la réussite ou de l’échec… 
Ainsi l’al.cristal d’un être nu, anonyme et vivant dans la misère assis dans une rue de Calcutta, est aussi  unique , aussi singulier, que l’al.cristal d’un être célèbre, riche et savant, vivant dans une belle demeure aux Etats Unis d’Amérique, en Chine ou en Europe… 

LE CHEMIN, LE BUT

    Le but à atteindre nous paraît souvent plus important que le chemin à parcourir.
Ainsi recherchons nous tout au long du chemin, les moyens de parvenir au but. Et nous les trouvons ces moyens, de manière aléatoire, opportuniste ou calculée…
Mais le chemin n’est-il pas plus important que le but? Le chemin ne serait-il pas lui-même le but… Sans but personnel défini?
Le chemin c’est celui que l’on partage avec les gens qui, en face, derrière ou de côté, cheminent aussi avec nous.
En somme dans ce « chemin de vie » qui est celui que nous suivons, nous portons sur notre visage et dans notre esprit ce « quelque chose à remettre quelque part en souvenir de… » ou bien à une ou des personnes en particulier que l’on ne connaît pas forcément… De la même manière que ces pèlerins de Compostelle marchant sur le « Cami.no » et portant dans leur sac un objet, une photographie, une lettre à remettre en un lieu précis à une personne qui leur a été désignée…
Notre vie même si elle est « riche » relationnellement, emplie de succès et de ce qui nous conforte, est en réalité « toute petiote ».
Cette vision que l’on a du monde et des gens, tout ce qui nous concerne personnellement, tout ce à quoi nous aspirons, tout ce qui est de notre Ego… Tout cela n’a plus vraiment tout à fait le même sens, devient dérisoire et parfois indécent lorsque les gens que l’on aime beaucoup sont affligés ou malades…
Le chemin tel qu’il se présente à l’état brut, avec toutes ces personnes en face, derrière ou de côté, porte par chacune de ces personnes autant que par nous-mêmes, toute sa charge, toute sa vie, toutes ses beautés, toutes ses richesses, toutes ses misères, toutes ses singularités, toutes ses croix, tous ses messages, tout ce qui n’est jamais dit, tout ce qui est rêvé, tout ce qui est seul, tout ce qui ne se voit pas… Alors ce que l’on peut penser de l’une ou de l’autre de ces personnes, de ces visages connus ou inconnus sur le chemin ; tous ces différents que nous avons eus avec des gens, tout ce qui nous a séparés parce que nos aspirations étaient opposées ou inconciliables ; tout ce qui a pu se passer et qui nous a blessé, contrarié, obligé, entraîné… Tout cela n’a plus vraiment d’importance, n’est plus « d’actualité » lorsque les gens qui « ne sont pas de notre cosmos », nous sont indifférents ou nous paraissent « ceci ou cela »… Sont affligés ou malades… Tout comme les gens que nous aimons beaucoup mais là c’est dans le « sens du monde »… 
Dans la souffrance et dans la solitude venue de la souffrance, je crois que l’être humain redevient comme un tout petit enfant qui a peur et qui a du chagrin. 
Dans ce but à atteindre qui serait le chemin lui-même - et non plus avec autant d’insistance ou parfois de déraison ce but que l’on poursuit personnellement - il y aurait alors une finalité : ce qui de près ou de loin nous relie à ces êtres qui cheminent en face, derrière ou de côté. Et dans une telle finalité si je puis dire, prend forme le but que l’on poursuit, par ce que le lien peut produire et dont on peut bénéficier…


LES ANNIVERSAIRES


    Les anniversaires ne représentent pas, ou peu, dans mon esprit, une idée de « tradition », ne sont pas forcément « nostalgiques » ou s’inscrivant dans l’univers des souvenirs…
Ils ne font donc pas l’objet d’une sorte de « commémoration » (parfois d’une fête cependant… Ou d’un recueillement)…
Les anniversaires sont pour moi des points de repère : c’est là je crois bien, « de la pure géographie humaine », des points précis qui permettent d’identifier et peut-être de pérenniser ce qui est, ce qui fut « en son état réel et originel », en son « atmosphère », en ce qui existe ou a existé… Et qui sans doute dans une certaine mesure, est indépendant de l’espace et du temps.
C’est la raison pour laquelle j’attache une grande importance à la mémoire. Et cette mémoire je la conçois vive, précise, incontestable, totalement pure… Un peu comme ces images numérisées incluses dans la mémoire interne d’un appareil de photos ; images certes, pouvant être « retouchées » ou modifiées à dessein, mais qui, telles qu’elles furent prises à l’instant de leur enregistrement, n’en sont pas moins authentiques… Et il y a, à mon sens, dans l’authenticité, quelque chose d’émouvant et d’imputrescible… Qui assurément vaut d’être retenu et situé…


LONGUE VIE AUX BLOGS!


    Longue vie aux blogues et aux sites d’auteurs, d’écrivains, de poètes et d’artistes!
« L’éloge de l’Autre »… Tel est en cette année 2008 le thème du printemps des poètes.
Faire l’éloge de l’Autre, avant même de l’exprimer dans la presse écrite, sur un plateau de télévision ou lors d’une manifestation littéraire… Ou encore en organisant des concours de poèmes, de nouvelles ou d’écrits divers - qui foisonnent d’ailleurs - faire l’éloge de l’Autre donc, c’est déjà le connaître cet Autre, l’avoir lu, visité son site ou son blogue…
Et l’on peut dire que certains de ces blogues ou de ces sites, et même bon nombre d’entre eux; sont des blogues ou des sites littéraires… Bien plus qu’ils ne seraient par exemple, des blogues ou des sites de journaux personnels voire intimes - quoi qu’il y ait cependant dans ces blogues ou dans ces sites de l’intime, du singulier, du vécu, de la « facture personnelle »…
… Produire des œuvres et les publier, les éditer ; faire des livres c’est bien, très bien oui… Mais entretenir un blogue ou un site c’est bien aussi!
Je dirais que l’univers du site ou du blogue d’auteur ou même tout simplement d’une personne qui s’exprime sur la Toile d’une part ; et l’univers des livres produits par un auteur ou des livres lus par les lecteurs d’autre part ; sont des univers tout à fait complémentaires… A dire vrai les deux univers ne vont pas l’un sans l’autre mais cela c’est le « miracle » de la Toile!


LES FLEURS DU CORAN

    Il m’est venu en songe un Coran qui disait par la voix de son prophète :
« Tu n’exciseras plus le clitoris des petites filles ; la femme désormais ne sera plus voilée et portera sur elle de seyants et discrets effets ; tu ne battras plus ta femme ni aucune femme ; tu laisseras parler les poètes, les écrivains et les penseurs ; tu ne tueras point que si es directement menacé dans ta vie, dans ta foi et dans ta liberté »…
Quel Musulman aujourd’hui entendant cette voix du prophète dirait « c’est la voix du Malin qui cherche à perdre les hommes et les femmes de ce monde dans les feux lumineux de la nuit? »
Je me suis éveillé et j’ai aimé ce Coran…
    Ce « Malin » dont parlent les Chrétiens et les Musulmans, ne serait-il pas Celui qui, par la violence de toute forme de persuasion et de contrainte, par la peur qu’il inspire d’un enfer ; ou par la douceur angélique d’un visage ouvert sur un monde « meilleur » ; par d’incessantes dîmes ou une adhésion à quelque communauté rejetant le Monde ; voudrait à tout prix « faire le bonheur de l’homme » contre la volonté de l’homme?
Je suis éveillé et je n’aime pas l’Ecriture qui brandit le Salut tel un étendard derrière lequel il faut courir, suer, saigner et souffrir tous en chœur et enchaînés… Si je suis « sauvé » par la persuasion, la force, la crainte, l’observance de rites et de modes et la contrainte, alors je sais déjà que je suis perdu…


1000 FRANCS 1984 = 1000 EUROS 2008

    Mille francs de 1984 valent bien mille euros en 2008... Avec l’inflation, les intérêts…Si vous avez prêté mille francs en 1984 à une personne de votre connaissance qui alors se trouvait en difficulté, menacée d’interdiction bancaire par exemple ; et que cette personne vingt quatre ans plus tard vous serait toujours redevable, l’on pourrait dire que si elle envisageait de vous restituer la somme prêtée jadis… Ce n’est plus 150 euros qu’elle devrait vous rendre et encore moins mille francs, mais bel et bien mille euros!
Certes mille francs de 1984... Ou mille euros en 2008, ce n’est peut-être pas un « séisme » budgétairement parlant, pour celui ou celle qui les attendrait encore ou se souviendrait de les avoir prêtés en pensant qu’il ne les reverrait jamais…
Mais celui ou celle qui en est redevable ne peut nier les avoir jadis reçus, ces mille francs et son silence vingt quatre ans durant, peut être perçu comme une « écharde relationnelle »…
En somme l’on peut être poète, philosophe, penseur, rêveur… Avoir une « belle âme », se moquer des valeurs d’argent sinon de l’argent lui-même… Il n’en demeure pas moins que le cœur et l’esprit ne peuvent que difficilement faire fête à quel qu’un qui vous emprunte mille francs en 1984 et ne vous les rendit jamais…


L'ARTISTE ET LE POLITIQUE

      La différence entre l’Artiste et le Politique, c’est que l’Artiste lui, a un regard sur le monde, les choses et les êtres de ce monde ; imagine, rêve et crée selon le regard qu’il porte mais ne donne pas de réponses parce qu’il sait bien qu’il n’y en a pas, de réponses…

… Alors que le Politique lui, propose toujours des réponses ou des solutions selon une « vision » du monde ; explique et argumente selon ce qu’il déclare accomplir ou faire accomplir. Mais le politique n’apporte que des réponses ou des solutions qui, à un certain moment déçoivent le plus grand nombre ou ne sont plus des réponses et encore moins des solutions à cause de tout ce qui survient, n’a pas été prévu, a évolué…
L’Artiste ressent, imagine, rêve, crée, s’exprime, s’interroge, pense… Et parfois « ouvre un passage » entre deux mondes : le monde de ce qui est reconnu, identifié, défini et le monde de ce qui n’a pas encore été exploré, ou qui existe sans avoir été découvert. Et si l’Artiste en « ouvrant le passage » jette comme un « pont » entre les deux mondes, pensant peut être les relier ; sa « démarche » sera cependant différente de celle du Politique, et son « dessein » également sera différent… Car le politique déclarera toujours « venez à moi, je sais ce qu’il vous faut » et pensera « je serai écouté et reconnu parce que j’ai changé quelque chose »… Alors que l’Artiste poursuit et avance dans son œuvre, singulier et solitaire, ne déclare pas qu’il sait ce chemin là en particulier ou un autre, remercie du fond de son cœur et de son esprit tous les regards, toutes les voix et tous les visages qui ont veillé sur lui, se sont tournés vers lui à un moment ou à un autre alors même qu’il n’avait pas donné de réponse « toute faite » ou d’explication vraiment déterminante pour l’avenir de l’humanité…

L'INEXORABLE

  Les gens ont généralement dans leur vie et dans leur destin, quelque chose d'assez tragique qui tient d'une situation bien particulière par eux vécue ou même de l'existence dans leur vie, de plusieurs situations particulières dont certaines de ces situations leur sont imposées sans qu'ils ne puissent jamais s'en défaire... Et le fait que les gens vieillissent rend leur vie et leur destin encore plus tragiques...

Nous n'avons la plupart du temps aucune idée réelle ou seulement un très vague aperçu, de ce que vivent les gens : ainsi un visage familier avec son sourire, son regard et tout ce qui émane de ce visage là, ne révèle rien ou presque rien de tout ce qui ne se voit pas, n'est jamais dit mais n'en est pas moins tragiquement vécu.

Lorsque me vient la conscience aigüe d'une telle réalité aussi universelle... Et somme toute aussi ordinaire et fréquente de la vie et du destin des gens ; alors le regard que je porte sur les gens et sur le monde et qui est déjà le regard d'un écrivain, d'un poète et d'un penseur, ne peut que rejoindre et changer si je puis dire, cet autre regard que je porte en moi et qui est mon regard d'être ordinaire de ce monde c'est à dire un regard épidermique, viscéral et émotionnel...

C'est comme si l'espace en trois dimensions habituelles et connues, contenant ma propre vie et la vie de tous ces gens, s'ouvrait désormais en un espace qui aurait une sorte de « quatrième dimension »...

En somme l'épidermique, le viscéral et l'émotionnel ne seraient plus la ligne d'un horizon, la hauteur d'un ciel, la profondeur d'un sol destinés à disparaître ; ce qu'il y a de tragique dans sa propre vie ou dans la vie des gens ne serait plus un paysage aride et désolé que la vieillesse restreindrait davantage encore... Mais tout cela entrerait dans un espace doté de cette « quatrième dimension »... Et l'inexorable serait alors entraîné dans un « trou noir »...

De l'autre côté du « trou noir » n'y-a-t-il pas – peut-être- « l'autre monde », celui auquel croient les croyants des différentes religions, celui que la Science et que la Connaissance n'ont pas encore découvert ni même seulement approché sinon à la manière de ces hommes d'autrefois qui observaient mais ne savaient expliquer...

CES FILLES ET CES FEMMES

 

     Ces filles et ces femmes de mon enfance, aujourd’hui disparues, aujourd’hui souvenirs, aujourd’hui visages et silhouettes que mon écriture sculpte et immortalise, aujourd'hui étreintes de féminité comme je les ai toujours rêvées et ressenties au plus profond de mon être...

Ces filles et ces femmes de mon enfance, foudres de bien être qui m'ont traversé de part en part ; peuvent encore m'effleurer de leurs doigts, de leurs lèvres, de leurs yeux, de leur visage... Comme si elles explosaient du « trou noir », comme si elles surgissaient des confins de la « diagonale », la route de ma vie dont je ne sais ni le commencement ni la fin.

... A toutes mes petites copines du temps de mon enfance, à ma mère, à toutes mes « petites fées » de toute ma vie, à ma femme jusqu'à la fin des temps, à toutes mes « piqûres d'héroïne » sans effets secondaires dévastateurs, alors que je n'ai en fait jamais su de ma vie ce qu'étaient ces « effets secondaires dévastateurs à la suite de la piqûre »...

LES LEVRES EN LIGNE BRISEE DE L'ECLAIR BLEU

 

Les mots sont comme les couleurs dont se servent les peintres réalisant sur toiles des paysages, des visages...

Les mots peuvent aussi être comme les sons de la musique jouée avec un instrument...

Y-a-t-il des mots primaires comme des couleurs primaires?

Si je peignais, je n'utiliserais que les couleurs primaires : le noir, le blanc, le rouge, le jaune et le bleu...

S'il y a des mots primaires, les autres mots alors sont-ils inutiles?

Ne faudrait-il employer que des mots primaires pour dire les émotions intenses, très fortes et très pures?

Avec les mots, les couleurs ou les sons de la musique, l'on réalise des compositions...

Les compositions sont inégales... D'autant plus qu'elles sont nombreuses et diverses.

Les compositions représentent ou traduisent. Et quand elles traduisent, c'est le compositeur qui traduit... Mais la traduction est difficile. En fait la traduction est – ou devient – une composition. Et dans la compostion apparaît une dimension. Cette dimension est-elle nouvelle ou bien existait-elle déjà?

Quoi qu'il en soit, la dimension qui semble se préciser n'est que fugitive : elle entre dans l'esprit humain tel ce tout petit espace qui s'ouvre entre les lèvres en ligne brisée d'un éclair bleu en pleine nuit ou en plein jour, un éclair bleu que l'oeil vient tout juste de capter parce que le regard à ce moment là était tourné vers l'endroit du ciel d'où a surgi l'éclair...

N'y -a-t-il pas dans une forme ou une autre de la « composition » une manifestation de la nature?

Faut-il avoir peur de ce que l'on peut composer? Que faut-il en croire? Qu'y-a-t-il vraiment entre les deux lèvres en ligne brisée?

Tout au long de ce chemin qui monte, qui descend, qui serpente ou se tend comme une corde à travers le paysage jusqu'à l'horizon... Après tant de jours, de nuits, de pluies, de visages rencontrés ; il arrive aux jours et aux nuits d'orage, que les lèvres en ligne brisée se rapprochent... Et qu'entre les lèvres s'ouvre un petit espace « un peu plus large »... Comme c'est drôle : quand j'étais petit, tout petit... Je me souviens de ces lèvres entrouvertes et si proches de mes yeux...






 
 

















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