Alvéole 7, nouveaux textes, suite

L'atelier, l'oeuvre... L'oeuvre, l'atelier...

 

Considérée, observée et reconnue dans son ensemble, dans son unité mais aussi dans sa diversité s'il en est... Une oeuvre d'écrivain est comme l'oeuvre d'un sculpteur ou d'un peintre.

Il y a cet atelier avec un établi, des outils, des étagères, des fiches épinglées aux murs... Et une odeur, une essence, une atmosphère dans le lieu même où l'oeuvre est accomplie...

Dans les salles d'exposition des musées, lors des vernissages et des présentations ; l'on ne voit que ce qui est achevé, de toute beauté, interpellant le regard et l'esprit du visiteur...

Dans l'atelier de l'artiste cependant, qui est un atelier ouvert aux visiteurs – car l'artiste ne peut se résoudre à s'enfermer dans son atelier – il y a tous ces copeaux, cette sciure, ces éclats de pierre, ces fragments de bustes et de têtes éparpillés sur le sol... Et aussi sur les étagères quelques visages inachevés ou dont le nez, l'épaule, la chevelure ne sont qu'ébauche, inspiration du moment ; visages ou figurines immobilisés dans l'imperfection, l'inabouti... Et sans doute encore, ces formes moins épurées, parfois bâclées dans le souffle d'une émotion, ou esquissées telles de petits animaux et objets en pâte à modeler par un enfant imaginatif...

Et le visiteur parfois se demande ce qui est abouti et ce qui ne l'est pas... “Pourquoi cette courbe? Cette ligne? Cette posture?”

Dans l'atelier nous ne sommes pas dans un musée ni dans une salle d'exposition. Mais nous sommes dans l'oeuvre même... Bien plus que dans l'oeuvre dont a extrait les perfections et dont on s'est ému des plus belles pièces...

... L'atelier, dans mon propos, est une image... Une image qui représenterait, dans mon idée... Un "espace d'écriture"... Et donc, l'espace dans lequel l'auteur écrit, ou plus généralement, une personne qui fait "oeuvre d'écriture"...

Et en ce sens, l'espace d'écriture peut-être un site ou un blog, ou encore un ou des forums d'expression.

Et dans ce site ou ce blog ou ces forums, il y a "de tout"... Comme dans l'atelier du sculpteur ou du peintre... De tout, c'est à dire les écrits "achevés" tels des textes, des articles, des chroniques, des histoires, des récits destinés éventuellement à une publication dans un livre... Les "belles pièces" en somme... Mais aussi les autres écrits, perfectibles, inaboutis, purement émotionnels, spontanés, rédigés à la hâte... Et qui eux, sont des pièces éparses dans l'oeuvre globale...

A mon avis, l'on ne peut vraiment appréhender l'oeuvre de l'auteur ou de l'écrivain, que dans la diversité de son écriture...

Dégager ou retenir de l'oeuvre de l'écrivain, les textes et les écrits les plus “significatifs”, les mieux élaborés ou les plus pertinents ; c'est à mon avis, sans pour autant déconsidérer les autres écrits dans l'oeuvre, n'exposer aux regards que la face éclairée de cette oeuvre... Qui n'est pas la vérité de l'oeuvre...

 

Bannière au vent!

 

... Je ne comprends rien, rien de rien, aux “bannières”... Il faut paraît-il, afin de présenter son site pour être répertorié et “annuarisé”, copier/coller une “formule algébrique longue comme une limousine” et “placarder” en haut de la page d'accueil du site, un “lien” sous forme d'un logo (ou quelquechose dans ce genre là)...

Il faut donc aussi, par conséquent créer sa bannière... ( gratuit et pas gratuit).

D'autre part, il y a encore ces échanges de bannières (qui font que, si tu échanges avec je ne sais combien d'autres partenaires ou amis ou sites amis, tu te retrouves avec plein de pavés de pub et d'annonces qui occupent de l'espace sur les pages de ton site...

Non, tout ça, c'est trop compliqué pour moi... Et j'en vois pas, j'en discerne pas la pertinence... Tout le monde fait son “cocorico” et c'est comme si tu “pissais dans un violon”!

Et aussi ces “votes” en mitraille qui ne riment à rien... Par exemple “Booster ou Over Blog” qui t'envoie un mail pour te dire que tu es classé 3 mille et quelque, et qui t'invite à adopter leur procédure pour que tu obtiennes un meilleur classement...

Quelle stupidité que tout cela! Celui ou celle qui se “gargarise” de cette consensualité troudebalesque et cocoricohène sur le Net, en catapultant des bannières, en se faisant à gogo voter pour lui... Et qui ainsi deviendrait un jour un “grand écrivain”... Je voudrais bien le voir!

... Le monde n'a-t-il jamais été aussi “cul par dessus tête”?

Bon sang! A une époque où on découvre des “exoplanètes”, avec toutes ces encyclopédies et cet immense, immense réservoir de connaissances, de sciences, de technologie ; avec ces sommes phénoménales d'informations sur l'actualité du monde entier, avec toutes ces bibliothèques, ces écoles, ces musées... Je ne comprends pas que l'on puisse se “scotcher” à ces “troudebaleries cocoricohènes” en y croyant comme à un “sésame” qui va ouvrir la porte de la gloire et du succès!

 

Le privé, l'intime, le ressenti, les émotions...

 

La vie privée (celle que l'on vit dans sa famille et auprès des personnes relationnellement très proches de nous) ne me semble pas être un univers que l'on "exporte" sur la place publique... Et en ce sens, je pense qu'un écrivain ou un auteur, et aussi une personne qui s'exprime sur des forums du Net (fussent-ils même des forums d'amis avec lesquels on aime échanger "beaucoup de choses")... Doit se garder de tout "exhibitionnisme"...

Néanmoins il est à mon sens, possible (pour un écrivain) de transcrire ou d'évoquer un "univers intime" à travers des récits, des anecdotes, des romans même, où les personnages "fictifs" peuvent "ressembler" à des personnages existant réellement... Encore faut-il que cela ait un intérêt pour le lecteur (ou l'interlocuteur)...

Si l'on souhaite "pousser plus loin" dans l'évocation d'un univers intime, et "verser ainsi dans le récit autobiographique"... Au point de "faire du vrai avec du vrai"( et donc, des vrais personnages existant ou ayant existé)... Alors il faut donner à ces personnages, non seulement le rôle le plus important du récit, mais le "caractère" le plus représentatif et le plus "digne d'intérêt" si je puis dire, de leur personnalité... Et il faut aussi que "du temps soit passé" pour parler par exemple dans un livre ou dans un film, de personnages vrais... Ne pas "embellir" à dessein, s'en tenir à la "vérité réelle et historique" des évènements...

 

... En rapport à ce que je dis plus haut, je tiens aussi à préciser que tout ce qui entre dans le domaine du ressenti et de l'émotionnel (ou y participe) à partir du moment où cela devient "moteur d'écriture" (et d'expression)... Est extrêmement difficile à "gérer au mieux, au plus pertinent et digne d'intérêt"... Et doit être sans cesse remis en question, nuancé, affiné, une fois spontanément exprimé, écrit, versé sur la place publique...

L'émotionnel et le ressenti à l'état pur, génèrent dans l'immédiat, une "pensée brute" qui contient en elle même sa propre controverse, et dont le destin, à travers le dialogue (avec des interlocuteurs) est d'apparaître sous des angles (ou prises de vues) différents. La pensée initialement et spontanément exprimée contient presque toujours une part de vérité en elle même, dans la mesure où elle s' articule autour de ce qui justifie le ressenti, l'émotion... Elle va donc, tout en demeurant sur un même fil conducteur, se préciser et se nuancer par la suite dans ses différentes dimensions s'ouvrant un peu comme des "couloirs" (ou des voies")...

Il arrive aussi qu'il y ait renonciation volontaire et convaincue à la pensée initiale... Et ouverture même, sur ce qui s'oppose à cette pensée, introduisant une autre pensée...

... L'extraverti (vraiment extraverti) gèrerait-il moins bien ce qu'il ressent et ce qui l'émeut ; plutôt que l'introverti? N'y a-t-il pas en définitive, autant d'introverti que d'extraverti dans un être humain? Et comment cela est-il imbriqué, proportionné, lié?

 

Talents non reconnus ou méconnus...

 

Au 19ème siècle du temps de Flaubert, de George Sand et de Zola (et de tant d'autres)... Et même dans les années 50 du 20ème siècle, un auteur qui avait du talent (vraiment du talent) était presque toujours publié dans la mesure où les éditeurs de l'époque en relation avec les milieux littéraires, se rendaient compte que le livre se vendrait bien (dans les sociétés bourgeoises ou cultivées cependant)... Il fallait vraiment être tout à fait “marginal” et très en deçà du sens commun, pour être refusé (vraiment refusé)... Et à ces époques là, il n'y avait jamais des milliers de manuscrits qui arrivaient chez les éditeurs.

Donc, un écrivain de talent finissait toujours par être reconnu et publié.

Je ne pense pas que notre époque actuelle et présente soit très différente quant à son esprit (valeurs, repères, modes de pensée, habitudes...) La vraie différence (et de taille celle là) c'est justement ces milliers de manuscrits qui arrivent chez les éditeurs aujourd'hui, et aussi le fait avéré (et d'ailleurs reconnu) que “le monde marche sur la tête”, que les règles (qui existent cependant) ne jouent plus en faveur des écrivains de talent, que “tout sembe possible désormais” (et tout aussi impossibe)... En fait, “on ne sait plus où on en est”, et l'on ne peut même plus invoquer des raisons “justes” qui font que “ça marche ou ça marche pas”. Alors des talents fous passent inaperçus, ne seront peut-être d'ailleurs jamais découverts ; et des imbécillités notoires passent et disparaisssent (que même de grands éditeurs publient alors que les tirages s'avèrent lamentables).

 

La notion d'intimité...

 

La notion d'intimité est toute relative chez l'écrivain introverti, ou extraverti...

Tout dépend de ce qui, dans l'idée de l'écrivain (ou de l'artiste) entre dans l'espace intime, se définit comme intime, et donc, peut être exprimé...

Toutefois, le rapport entre d'une part, la vie privée et l'intime dans leur réalité même ; et d'autre part la communication et l'expression de l'intime, n'est pas le même selon que l'artiste ou l'écrivain est introverti ou extraverti...

Si ce qui caractérise ce rapport entre l'intime et l'expression de l'intime, est une forme d'exhibitionnisme, alors je pense pour ma part qu'il y a là une forme de “provocation”, je dirais même “d'agressivité larvée” issue d'un “égo” assez marqué... “Montrer à tout prix”, “faire bien voir et sentir”, comme pour “forcer un barrage”, convaincre à tout prix du bien fondé de ce que l'on montre, de ce que l'on expose (parfois crûment et surdimensionné par rapport à la réalité)...

Si ce qui caractérise le rapport entre l'intime et l'expression de l'intime, se présente sous la forme d'un témoignage soutendant un message ou une idée ou une image à transmettre, il n' entre plus alors, d'exhibitionnisme ni de “provocation”... A moins que l'écrivain ou l'artiste soit assez habile (et tortueux) pour dissimuler son égo et donc, abuser ses interlocuteurs...

Ce qui me semble essentiel, c'est à dire absolument nécéssaire, et en même temps très beau, très émouvant (et enrichissant) c'est cette sorte de “symbiose” qui se produit (lorsqu'elle se produit, s'affine, se développe puis évolue dans le temps) entre d'une part l'intimité de la personne qui dit, écrit, exprime, ose exposer... Et d'autre part l'intimité de la personne qui reçoit, écoute, lit, voit ce qui est montré, révélé...

C'est comme si deux (ou plusieurs) intimités d'êtres, pourtant différentes chacune d'elles sous de nombreux aspects, se rencontraient, se touchaient et décidaient ensemble de relier des segments de leur existence, c'est dire de se voir, de se revoir, de communiquer, de partager, d'agir...

Si le lien ne s'établit pas, ou s'il ne s'établit qu'en fonction d'intérêts privés et dominants (souvent de pure conjonture et passagers)... Si la “symbiose” ne se produit pas... Je ne vois pas alors la nécessité pour un écrivain, un artiste, ou plus généralement, pour les êtres que nous sommes chacun de nous... D'exposer son intimité.

Sur le Net, sans doute plus que dans la vie réelle, plus que dans nos relations au quotidien, l'on “zappe” : c'est à dire que si l'on ne sent pas touché, intéréssé directement ( culturellement, émotionnellement, par besoin d'information, par curiosité ou désir de découvrir )... L'on ne répond pas, ne réagit pas, l'on va “voir par ailleurs”... (Ce qui est tout à fait naturel).

Dans la vie réelle, l'on ne peut pas, (à moins d'être un ours quand on rencontre les gens) “zapper” de la sorte : par politesse, respect, minimum de reconnaissance de l'autre (que souvent d'ailleurs on est appelé à voir et revoir) on l'écoute tant soit peu, on lui répond, on ne lui “claque pas la porte au nez”... Et s'il nous “bassine” on va par la suite éviter un contact fréquent, ou raccourcir le rapport de communication à l'essentiel purement utilitaire...

Zapper”, sur les forums du Net, me semble donc assez naturel... Et n'est pas non plus la preuve d'une indifférence absolue et définitive...

De même que “le train sifflera trois fois” (sans que le voyageur sur le quai réagisse puisque ce n'est pas ce train là qu'il prend)... De même “Tu zapperas trois fois” (et de nombreuses fois)... Jusqu'au jour où se produit le contact... (pour une raison précise et comme “l'ovulation” d'un lien)...

... Or, “l'ovulation” est à la fois un “miracle” et une réalité...

 

L'idiot du village

 

J'ai toujours eu de la sympathie pour ces êtres que l'on dit « idiot du village », en particulier lorsque ces « idiots » se révèlent « emmerdants »...

Mais entre « idiots » c'est parfois une rude compétition qui se joue, notamment lorsque l'un de ces « idiots » manifeste quelque « intelligence » dans son idiotie même, et se présente, se définit comme étant « encore plus idiot » et par là même, prétend à  quelque sympathie  ou reconnaissance de la part de ses semblables... moins idiots.

Cela dit, le vrai, vrai idiot... Quant à lui, n'aspire tout bonnement à rien, rien du tout : il est comme un enfant qui n'a pas conscience de ses polissonneries... Ni de son « génie » si l'en est...

 

Réalité, surréalisme?

 

La réalité serait-elle plus surréaliste que le surréalisme?

La réalité a tout d'abord une dimension naturelle et intemporelle dans laquelle nous sommes immergés, nous réagissons, éprouvons et communiquons...

Ce qu'il y a de surréaliste dans la réalité, réside, je pense, dans la dimension perçue et exprimée, de cette réalité : la dimension s'élargit, évolue au delà de son espace naturel et intemporel, et entre dans une perspective démesurée... Ou prend une apparence jusqu'àlors insoupçonnée, inconnue ou révélatrice, toujours surprenante et parfois dérangeante...

Alors les choses et les êtres, les situations et les évènements, bien présents et bien réels dans toute leur authenticité, leur vérité évidente et incontestable... Etant entrés dans cette dimension élargie, deviennent surréalistes ; bien plus surréalistes que si ces mêmes êtres et choses, situations et évènements étaient traduits en compositions picturales ou littéraires abstraites, symboliques ou “hiéroglyphiques”...

En somme, l'oeuvre surréaliste (littéraire ou artistique) c'est l'oeuvre qui rend surréaliste le réel...

... Par exemple dans les romans d'Emile Zola, on peut dire que la réalité est surréaliste...

Ou que dans les peintures de Gustave Courbet, la réalité est surréaliste...

Il y a cependant une ambiguité entre le réel exprimé dans une dimension élargie (et donc, surréaliste) ; et le même réel exprimé en “effets spéciaux” c'est à dire avec la technologie qui permet de trouver les mots pour dire, ou de produire les images qui impactent.

 

... Cela me fait penser à propos de la technologie qui permet de trouver les mots ou de produire les images ; que les gens qui sont de bons techniciens du langage ou de l'image (et ils sont nombreux)... ne sont pas forcément de bons écrivains ou de bons réalisateurs de films : ils ont la science qu'il faut pour... Mais ça s'arrête là!

En général, au bout d'un certain temps, ces gens là me fatiguent, quoique je leur sache gré de leur habileté (dont il m'arrive d'être parfois un peu jaloux)...

 

Célébrité après la mort

 

... Au cas où l'un ou l'autre d'entre nous deviendrait célèbre après sa mort, il faudrait que, de son vivant, il réfléchisse à donner une destination, un ou des bénéficiaires, aux droits d'auteur dont il ne pourra lui-même profiter...

Famille? Descendants directs ou colatéraux? Amis? Une association littéraire? Une organisation humanitaire? Secours Catholique? Sos enfants en détresse, UNICEF?... Recherche médicale? SPA? Sans abris? Alzeimer? Cancer? Ou encore au profit des auteurs et écrivains méconnus, marginaux, refusés et passant leur vie à écrire sans jamais être reconnus?

Voilà une question intéréssante en effet! Parce que si c'est pour "engraisser" quelque bénéficiaire (genre éditeur classique ou descendant direct ou indirect qui n'a manifesté que de l'indifférence voire du mépris) alors, NON, NON et NON! (dans ce cas plutôt crever anonyme et rester anonyme)...

... Est-ce que ça existe, le "patrimoine littéraire et artistique de l'Humanité"? (c'est à dire comme une sorte de "musée" public et planétaire où tout un chacun peut librement accéder... Et où les oeuvres ne peuvent jamais être achetées, jamais vendues, et n'avoir aucune valeur commerciale?

... Néanmoins je me pose la question suivante : et si un ou des éditeurs, un descendant de l'auteur, ou encore une ou des personnes profitant du succès d'une oeuvre posthume (et de son auteur) devenait l'intermédiaire par lequel l'oeuvre (et son auteur) toucherait, intéréssait, passionnait, ne serait-ce qu'un ou quelques lecteurs en particulier? Que la découverte de cette oeuvre à travers un ou plusieurs livres de cette oeuvre, “changeait la vie” de ce ou de ces lecteurs?

... Alors, peu importe le devenir pécunier de l'oeuvre, lorsque l'auteur n'est plus de ce monde : ce qui importe vraiment, alors, c'est le champ dans lequel l'oeuvre dépose sa semence, et comment ce champ accueille la semence...

 

... Cela me paraît comparable, cette question de "semence déposée dans le champ" (à propos d'écrits ou d'oeuvres disséminés sur le Net par exemple)... Aux "briques de la vie" existant dans l'univers, et dont les éléments peuvent un jour être réunis pour "amorcer" la vie...

Parce qu'en définitive, les écrits ou les oeuvres visibles sur le Net, publiés en des livres ou non, ne viennent à la vie (c'est à dire ne sont portées à la connaissance d'un public "élargi") que dans la mesure où ils sont en quelque sorte "pris en main", un jour, par un "architecte" des "briques de la vie"...

L' "architecte" peut être bien sûr, un éditeur, un descendant dans la famille de l'auteur disparu, un ami, un "mécène", ou encore une association littéraire par exemple... Mais je crois aussi que cet "architecte" doit nécessairement être un acteur dans un ensemble de conjonctures favorables à la venue à la connaissance de l'oeuvre... Si ces conditions ne sont pas favorables, ou insuffisantes, même le meilleur "architecte" possible n'y pourra rien...

La vie vient, ou ne vient pas... Ou avorte...

 

 

De la nécessité de différencier les niveaux de la relation...

 

Un lien ou une relation s'établit le plus souvent et le plus habituellement en fonction d'intérêts privés, ou d' un besoin utilitaire, pragmatique, et de pure circonstance dans une situation précise, lorsqu'il est réciproque et qu'il porte sur un échange.

Le lien est aussi la relation de pensée, d'affection, d'émotion, d'échange culturel ou de loisir ou de rencontre entre deux ou plusieurs interlocuteurs)... relation qui à mon sens s'établit selon plusieurs niveaux possibles et différents en profondeur, en intensité, en durabilité...

Personnellement je sens la nécessité de bien différencier les différents niveaux de la relation (et donc du lien)... Cela permet de "savoir où l'on va", ce que l'on va faire ensemble, s'il y a un projet, un "destin"... Et là, l'empathie (si forte soit-elle), le "coup de foudre", l'émotion, les "atomes crochus"... C'est beau, ça fait du bien, mais ça suffit pas!

 

Etouffantes, les mauvaises herbes...

 

L'amertume, les regrets, le ressentiment... Tout ce qui nous vient, si difficile à vivre et qui nous fait si mal... Lorsqu'un être cher ou proche ne donne signe de vie ; lorsqu'un ami ne répond pas, lorsque l'indifférence nous entoure... Tout cela n'est jamais un moteur de développement. C'est une pesanteur, un frein, un mur...

A “tourner en rond” dans une telle pesanteur, aussi étouffante que des mauvaises herbes dans un parterre de fleurs, l'on n'y gagne jamais rien! L'on y perd même ce qui nous reste de meilleur en soi.

Mais le souvenir de ce qui fut d'heureux dans la relation qui s'est établie, dans le moment privilégié – et peut-être unique, exceptionnel – de cette relation ; l'espérance qui demeure attachée au souvenir, la certitude du caractère aléatoire des rencontres et des évènements - et donc du bonheur possible pouvant venir – lorsque se produisent ces rencontres et ces évènements... C'est celà, je crois, le moteur de développement et d'inspiration.

Inspiré et agissant, libéré de la pesanteur qui enferme ou désertifie, tout ce qui doit un jour, peut-être, nous relier au fil qui a été coupé, à ce dont nous avons été séparé... Est à conquérir ou à reconquérir.

Mais cette pesanteur est comparable à la force de gravitation qui, irrésistiblement, retient les êtres et les choses d'un monde à la surface de ce monde.

Seuls – et sans doute “privilégiés”, quelques “astronautes” (si je puis utiliser ce terme d'astronaute en l'occurrence) parviennent au prix d'un entraînement de toute une vie, à se libérer de cette pesanteur.

 

Ce public que l'artiste ne voit pas...

 

Il faut imaginer l'artiste devant un public qu'il ne voit pas...

C'est l'écrivain du Net, assis en face de son ordinateur et qui tape sa pensée, son histoire, ses mots, sur le clavier de l'ordinateur... Qui lit sur l'écran de son ordinateur les réponses, les commentaires de ses interlocuteurs, de ses lecteurs...

Que demeure-t-il avec les jours et les saisons qui passent au rythme des fils de discussion, du “vent solaire” des émotions et des propos échangés, des “changements climatiques” que sont les évènements littéraires des uns et des autres sur la Toile, de tous ces personnages que l'on ne voit jamais ; et de cette écume de signes, d'images et d'écriture, bondissant en crêtes et vaguelettes sur l'immense océan qui jamais ne s'arrête?

Que demeure-t-il de tout cela? De l'artiste et de son oeuvre devant ce public virtuel?

Une écume, aussi... Confondue dans l'immensité de l'écume de tous les lieux de l'océan...

Et au pire – ou au final – des émerveillements décolorés, une sorte de fatigue comme la fatigue des yeux et du regard lorsque le soleil a brillé trop longtemps au travers d'un ciel inventé en rêve...

En salle des fêtes, au café littéraire, dans une salle de cinéma ou de théâtre, dans la rue ou sur la place publique ; en face de vrais spectateurs formant un auditoire – et comme un réceptacle – peut-être ne demeure-t-il aussi, que de l'écume au delà des soirs heureux... Et que viennent aussi comme la vieillesse ou la dilution des jours dans le “glouglou” du trou de la baignoire, les émerveillements décolorés, la fatigue...

Mais il y a eu l'orgasme! L'orgasme à ces regards et ces visages reçus ; l'orgasme venu sur les bancs, les chaises ou les fauteuils de la salle...

Il faut imaginer l'artiste devant un public qu'il ne voit pas... Et son orgasme comme une fusée mouillée de feu d'artifice qui lui pète en plein ciel et lui fait tous les feux qu'il veut ; alors que, des autres feux du ciel au dessus de sa tête, il n'en a que l'écho... S'il y a l'écho...

 

Au paradis des Chats, au paradis des Lecteurs...

 

Quel serait l'humain le plus charismatique au paradis des chats?

Le chef d'orchestre d'une chorale de matous (non castrés) produisant sa troupe féline dans un cirque : vingt ou trente matous dans un bel ensemble "vocal" en divers registres et modulations...

C'est bien plus fort que de dresser les mêmes chats au passage d'un anneau de feu, ou à l'escalade d'une poutre inclinée...

 

... Et quel serait l'écrivain le plus charismatique au paradis des lecteurs?

Peut-être quelque meneur d'orchestre d'une chorale d'auteurs (tout aussi non castrés) entraînant une troupe de ténors et de barytons de l'écriture dans un cirque sans chapiteau : cent ou mille poètes, conteurs, chroniqueurs, nouvelistes et romanciers dans un bel ensemble en divers genres littéraires...

C'est bien plus fort que de se placer, ou de s'évertuer à se placer, en tant qu'écrivain, dans les premières rangées de sièges d'un cirque avec chapiteau...

 

 

 

 

 

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