Alvéole 5, nouveaux textes

Est-ce un troll ou un arc de lumière?

 

-C'est un "arc de lumière" que même des yeux fermés ne peuvent ignorer : alors, on ouvre les yeux sans montrer qu'on ouvre les yeux à cause d'une vision que l'on a et qui ne sera jamais un regard (ou si rarement et si fugitivement)...
-C'est un "troll" c'est à dire un message qui est comme un lézard sur un lac... Ou le "cri d'un gosse mal mouché dans un cortège de grandes personnes bien habillées"...
Dans les deux cas (aussi dissemblables cependant)... Que répondre? Comment réagir ?
Reconnaître l'arc de lumière en disant qu'on l'a vu et que l'on a aimé son éclat? Donner un coup de pied au cul au gosse? Non : il est peut-être plus simple de "passer son chemin"...

Mais l'on ne “passe pas vraiment son chemin comme si de rien n'était”...

L'arc de lumière occupe la scène et ne peut n'avoir point été... Le cri du gosse mal mouché dérange, mais comment “botter les fesses” d'un gosse que rien ne peut contraindre à un silence de soumission?

S'il est difficile de faire dévier de sa trajectoire un arc de lumière, et tout aussi difficile d'en contester l'éclat... L'arc de lumière poursuit dans le ciel son voyage.

Si le gosse mal mouché dans un cortège de grandes personnes bien habillées peut recevoir une taloche pour son impertinence ou son propos en coup de canif... Le gosse mal mouché dans l'indifférence générale où ne claque plus de taloche, poursuit dans la rue du monde son voyage...

Les oeufs pourris

 

L'estomac de l'être humain ainsi d'ailleurs que son appareil digestif, est semblable à celui du porc...

L'humain et le porc sont des omnivores, et peuvent donc s'adapter au gré des circonstances à un régime alimentaire “des plus rustiques” si nécessaire...

Si un porc peut ingérer de l'excrément humain et “profiter” tout de même, il peut tout aussi bien ingérer des oeufs pourris, ce qui à priori serait meilleur pour lui, si l'on peut dire, que de la merde...

Il y a là un beau pari à faire sur le marché de l'oeuf.

Aucun grossiste, aucune halle de produits alimentaires, nulle part au monde en ces temps de crise, ne semble disposé à acheter, ni sur les places du marché de l'oeuf ni auprès d'un autre grossiste ou d'une autre halle, ces énormes cartons d'oeufs d'une tonne ou plus chacun, dont nul ne sait quel est dans le détail le contenu, en particulier la proportion d'oeufs pourris...

Par cartons et par millions de tonnes à perte de vue sur les quais et dans les hangars portuaires, des milliards d'oeufs “frais pondus(telle date)” vont donc pourrir, comme sont déjà présents dans les cartons, les oeufs “anciennement pourris”(et devenant encore plus pourris)...

Les grands maîtres des quais et des docks, avec toute la puissance de leurs institutions, de leur force de conviction et de leur logistique d'acrobate sans filet... Tentent le “grand pari”, ultime et paraît-il “qui va sauver le marché de l'oeuf”...

Ils achètent pour nombre d'entre eux à crédit, les énormes cartons d'oeufs avec leur contenu tel qu'il est, c'est à dire avec les oeufs pourrissant, et les oeufs déjà pourris qui pourrissent davantage...

Puisque l'appareil digestif de l'être humain est semblable à celui du porc, l'être humain aura forcément la capacité d'ingérer des oeufs pourris à défaut d'oeufs “frais pondus (telle date)”...

Et les oeufs pourris se vendront peut-être à prix d'or... Non pas tout à fait jusqu'à épuisement des stocks, puisque les poules vont continuer à pondre, mais jusqu'au jour où les “frais pondus (telle date)” auront un peu regarni les cartons...

Un temps viendra sans doute, où il n'y aura plus que de la merde pour nourrir les humains comme on nourrit les porcs quand il n'y a plus de son...

... Cette histoire d'oeufs pourris me rappelle ce vieil homme d'un village voisin à Blida en Algérie en 1961, qui le dimanche matin, passait dans les étages de l'HLM où nous habitions mes parents et moi, et vendait des oeufs entassés dans un immense panier : “eh monsieur, vous voulez des oeufs tout frais? C'est mes poules qui les a pondus ce matin”... Mon père prend un oeuf au hasard, retourne l'oeuf et lit sur la coquille “Made in Belgium”...

En l'an de grâce 2008 quand on retourne l'oeuf (n'importe lequel dans l'immense panier) c'est écrit dessous (et ça se voit) “made in USA”... Et en sous marque, en surimpression “made in Libéralopolis Dérégulum Sovagicum”...

Ah la vache!

 

Au bout de 3 veaux, la vache est foutue! Nourrie durant 4 ou 5 mois dans l'année avec du maïs ensilé qui fermente, c'est comme si elle absorbait un litre de whisky par jour.

Son foie étant complètement cirrhosé, la vache n'est plus bonne à rien et passe à l'abattoir.

Normalement une vache vit une dizaine d'années ou plus...

Les vaches destinées à la boucherie ne font pas de veau : elles sont abattues dans la fleur de l'âge, et celles qui font du lait essentiellement, ne font qu'un veau (pour “amorcer”). Sans doute leur donne-t-on, aux vaches laitières, un peu moins de maïs ensilé...

Si mes observations sont exactes, il me semble que l'on peut acheter en boucherie, du foie de boeuf...

Pouah! J'en ai le foie tout retourné! Comme ma mère, j'ai je foie fragile. Alors les abats...

La vache nourrie en hiver avec du maïs ensilé, c'est une aberration parmi tant d'autres dans le système!

Et de même que les melons pourrissent par la queue, le système pourrit par le pognon...

Et cette porte, c'est l'écriture...

 

Lorsque disparaît une personne de ma famille ou très proche de moi sur le plan relationnel, une personne qui m'a connu, que je fréquente ou rencontre de temps à autre, et avec laquelle je suis pour ainsi dire “en bons termes”... Je ne sais pas pourquoi, il me vient l'idée (qui s'impose d'emblée sans que je puisse l'éloigner) que cette personne “entrée dans un autre monde” (un monde que je m'imagine totalement différent de ce à quoi l'on croit habituellement selon tout ce qui se dit à ce sujet, et que je ne puis définir ni voir ni décrire)... que cette personne donc, me voit comme me verrait une caméra de vidéosurveillance.

Ainsi 24h sur 24, chacun de mes faits et gestes, et même mes rêves dans mon sommeil, et par une sorte de “transparence” mes pensées les plus intimes, deviendraient visibles, et lisibles, à cette personne qui saurait alors de moi tout ce que je n'ai jamais dit et jamais montré...

A cette idée là s'imposant à moi alors que je ne crois ni au paradis ni à l'enfer ni à Dieu, je me sens “dépossédé” de cette “éternité” de mon esprit, de ma pensée et de l'être immatériel que je suis dans le même être physique que je suis aussi, de mon vivant...

Dépossédé” parce que révélé et mis à nu... Et donc “jugé” en quelque sorte. Bien que “jugé” en l'occurrence ici, dans cette dimension de pensée, me semble impropre et dépourvu du sens que l'on attribue à “juger”...

Il me fallait donc de mon vivant et dès la fin de mon enfance (que je situe vers 13 ou 14 ans) ouvrir une porte qui eût pu, avec quelque chance d'y parvenir, m'éviter de me sentir “dépossédé de mon éternité”.

Et cette porte c'est l'écriture... L'écriture par laquelle je peux tout dire, oser tout dire... Mais surtout pas comme à confesse, surtout pas “directement autobiographiquement parlant”, surtout pas pour m'excuser d'avoir dit ou fait ceci ou cela, surtout pas pour qu'il me soit “octroyé” par mes semblables cette sorte d'éternité consensuelle à laquelle tout le monde aspire, en particulier et sans doute plus que le commun des mortels, les artistes et les écrivains...

Dans l'éternité à laquelle je crois (ou dont j'espère l'existence), les êtres sont reliés : ils sont en même temps, un et un infini d'êtres. Et cela commence dans le souvenir que nous avons ensemble, des disparus.

Mais je ne sais pas ce qui vient, au delà du souvenir...

Par “extension”, le souvenir serait comme un vaste espace (vaste mais à l'échelle de l'esprit humain) et “matérialisé” par des traces de vie et d'oeuvres accomplies, jusqu'à ces peintures de nos ancêtres dans des grottes ou des cavernes... Et ce souvenir comme un vaste espace, s'ouvrirait au large de ses confins, vers un autre espace dont nous ne savons encore rien, et qui sera peut-être découvert un jour... Un jour qui n'a sans doute rien à voir avec la durée d'une ère géologique ou de la révolution d'un ensemble de galaxies...

Les ailes engluées

 

Englué qu'il se tient dans les mots qu'il tisse, il ne peut que s'envoler dans ce ciel qui est en lui...

L'on s'envole toujours dans le ciel que l'on a en soi. Et le vrai ciel, celui dans lequel on respire chaque jour, celui dont on balaie les poussières aux quatre coins pour qu'y volent ces chers et beaux oiseaux tant attendus et parfois nous visitant ; ce ciel, oui, nous le rayons par d'autres mots que nous tissons avec de la paille de fer... En particulier lorsque ne viennent pas ou plus, les chers et beaux oiseaux...

Englué qu'il se tient dans les mots qu'il tisse, il se fait un ciel irréel... A dire vrai, un désert d'azur...Une liberté engluée...

La liberté est à deux pas... Désengluée des mots tissés qui collent aux pattes des oiseaux et aux écharpes arrachées de ce ciel en soi...

L'on finit alors par s'envoler, dans cette liberté dont on ne balaie plus les poussières aux quatre coins...

La liberté, c'est comme un ciel bleu avec la poussière des chemins qui tourbillonne, s'élève et se fond dans l'azur... Et qu'importe qu'il y ait cette fidélité, cette indifférence ou ces cris aigus des oiseaux de passage...

Nombrils de bale...

 

Ils sont nombreux, nombreux/nombreux… Ils n’ont pas de nombril mais plutôt un trou d’ bale - ce qui revient au même - tous ces zoziaux, pierrots perruches zé perroquets… Qui viennent sur les rebords de fenêtres - comme par hasard à la sortie des nuits glacées, jetés d’un ciel qui les a pissés en confettis à plumes ou venus des confins d’un désert…

Et de leur nombril de bale, ils ont pété, pété/pété… Pété jusqu’à ce que sourires et regards s’ensuivent, de ces bébêtes à deux pattes allant venant derrière la fenêtre…

« Eh, bébête, t’as vu? Je pète! Et t’as sentu? Tiens touche moi le nombril de bale : cette humeur ne te fait pas bander? »… Ils pètent tous ainsi, les zoziaux, sur les rebords de fenêtre!

Et, si la bébête à deux pattes n’a pas de sourire ni de regard, si elle tarde à tourner la tête vers la fenêtre… Ou si elle fait claquer le torchon parce que le zoziau a rayé la vitre de son bec, alors voici que le zoziau zézaye des zézaiements de scie à métaux…

Quoi qu’il en soit… Sourire ou regard accueillant, petites graines déposées sur le rebord de la fenêtre, coup de torchon ou main tendue… Le zoziau entre ou n'entre pas dans la maison, y entend ou non ce que zézayent les yeux des bébêtes à deux pattes allant et venant derrière la fenêtre…

Il faut dire aussi, que les « nombrils de bale » sont légion… De part et d’autre du rebord de la fenêtre…

Il faut dire encore, et sans doute très fort en le « pétant » si possible sans humeur… Qu’il est de ces maisons où les nombrils sont des yeux avec de vrais regards… Et qu’un « vrai regard » ne baisse jamais les yeux, ne se pose jamais sur tout ce qu’il voit en zézayant « Viens/viens beau zoziau et zézaye, zézaye, zézaye à tout va! »

Le rêve

Le rêve, à force de jouer et de rejouer à “vrai perché”... D'être tous ces visages se reflétant dans un immense palais de glaces, finit peut-être par démasquer, confondre les rêves qui ne sont que des rêves.

L'humananti

Une nouvelle civilisation est en train de naître :

Nous avions eu dans un lointain passé l'australopithèque, puis le pithécantrope et ensuite l'homosapiens...

Depuis 2 générations, en gros à partir de la 2ème moitié du 20ème siècle, nous avions "l'humanuscule" (homme dans un environnement mécanisé, aseptisé, formaté).

Un nouvel homme apparaît désormais : "l'humananti"( homme se dressant systématiquement contre tout)...

Les bourses vont mal... (on ne peut pas dire qu'en faisant du yoyo, du très mauvais diabolo en fait, elles se comportent normalement)... Mais pire, les gens vont mal!

Ce qui s'est passé sur un stade lors d'un match de football entre l'équipe de France et l'équipe de Tunisie, est un fait particulier qui met en évidence une situation beaucoup plus générale... et planétaire.

Aujourd'hui, l'on fait de "l'anti/anti" d'une manière totalement démesurée : anti américain, anti chinois, anti arabe, anti français, anti juif... Et cet "anti/anti" s'exprime en brûlant des drapeaux, en conspuant des hymnes nationaux, en boycottant des produits de consommation...

Et l'on s'appuie sur des contentieux "vieux comme le monde" (colonisation, esclavage, conflits religieux...)

Certes, les paroles de la Marseillaise (qu'un sang impur abreuve nos sillons...) peuvent paraître choquantes dans le contexte actuel où, paradoxalement on prône des valeurs civilisatrices.

Mais un hymne national, quel qu'il soit, est un hymne national avec les paroles qu'il a depuis son origine c'est à dire depuis les évènements historiques qui l'on fait naître...

Et le contexte historique, pour la France, était celui de ces années de la Révolution durant lesquelles toutes les monarchies Européennes se coalisaient contre la France... Ces paroles là "qu'un sang impur" étaient donc d'actualité à l'époque : on se battait à la baïonnette, on s'étripait sur les champs de bataille, et "ce sang des princes et des rois et de ceux qui les servaient" était donc, pour les soldats de l'an II, un sang qu'il fallait verser dans les sillons pour se venger de toutes les humiliations subies, pour abattre ces régimes tyranniques des rois et des seigneurs...

Aujourd'hui, que ce soit en Afghanistan, en Israël, en Palestine, en Géorgie et partout dans le monde où sévissent des guerres, le sang coule, et le sang c'est du sang humain...

Faire ainsi de l'anti/anti, chaque fois qu'il y a désaccord, souvenir de "quelque chose qui gêne"... c'est "faire crever le monde" par une multitude de coups de couteau de la tête aux pieds de ce monde qui est comme un immense corps humain...

Comment traitez vous vos courriels?

 

Ma question peut vous surprendre dans la mesure où vous pensez que c'est là une affaire tout à fait personnelle, et que cela ne regarde personne...

Néanmoins, je pose la question...

J'ignore donc la manière dont vous procédez mais je vous dis comment je fais, pour ma part...

En premier lieu lorsque j'ouvre ma boîte mail, je coche tous les messages visiblement publicitaires ou d'une nature laissant supposer que ce sont, soit des “trolls”, soit de la “drague” pure et dure, soit tout simplement des messages “inintéressants” (souvent rédigés en langue étrangère, en chinois, japonais, etc... et pour lesquels je ne vais pas solliciter un logiciel de traduction)... Une fois tous cochés, j'active sans état d'âme le bouton “supprimer”, puis je vide aussitôt la corbeille.

Et ensuite, dans la foulée, je vide les spams (qui n'arrivent que dans le “tiroir” des spams).

Le “ménage” effectué, je vois les autres messages identifiés selon l'adresse de l'expéditeur.

S'il y a des mails automatiques me prévenant qu'il y a une réponse à un post que j'ai publié dans quelque forum, j'ouvre ces mails, ce qui me permet de lire les réponses qui m'ont été faites. Et ensuite, pour “éclaircir” ma boîte de réception, j'élimine ces mails automatiques.

Puis je regarde les autres mails...

Déjà dans mon esprit, (c'est à dire vrai un réflexe devenu automatique) je procède à une sélection immédiate :

Les courriels qui m'intéressent vraiment, que j'attendais ou qui me “percutent dans le bon sens”, ceux là je les lis de suite et leur apporte une réponse... dans la journée même ou au plus tard dans les 2 ou 3 jours qui viennent.

Mais il y a aussi des courriels qui m'intéressent, que je considère et conserve dans ma boîte de réception, auxquels je n'apporte pas forcément une réponse rapide (cela peut varier de 4 jours à plusieurs semaines). Ces courriels là, je suis sûr de les retrouver puisqu'ils demeurent dans ma boîte de réception.

Il y a aussi des courriels qui sont seulement des réponses (ou des réponses de réponses) à la suite d'un échange écrit avec telle ou telle personne : à un certain moment, il devient naturellement inutile de poursuivre la conversation, autant pour l'un que pour l'autre.

Enfin, il peut arriver (mais chez moi c'est rare) qu'au bout de trois ou quatre mois voire beaucoup plus, je retrouve des courriels d'un tel, d'une telle... Auxquels je n'ai pas répondu ni réagi... (là, c'est soit de ma faute : indifférence, oubli, manque de considération, impolitesse, négligence, non perception d'une sensibilité de l'autre... Ou tout simplement parce que je n'ai pas immédiatement perçu la “non pertinence” d'une réponse à faire...

Alors que faire de ces “vieux” messages “laissés pour compte”? Je ne vois hélas d'autre solution que de les supprimer définitivement de ma boîte de réception... A moins que, pris de remords et de tristesse émue et bouleversée, je me décide à y répondre! (mais dans ce cas, c'est un peu comme “courir après un oiseau envolé”!)

Soit dit en passant, rares sont les oiseaux qui meurent dans le ciel en plein vol... Et si j'étais un oiseau, je suis sûr ou à peu près sûr de ne pas crever dans le ciel les ailes refermées à cause d'une fenêtre fermée...

D'aucuns, à ce qu'il me semble, contrairement à moi, n'attendent guère plusieurs mois pour “écluser” l'un ou l'autre de ces courriels “laissés pour compte”... Sans doute sont-ils – et c'est heureux pour eux - “plus pragmatiques” que je ne le suis...

... Il me vient parfois quelque insolence, voire quelque bonheur, à ainsi voler dans le ciel comme je vole, les ailes jamais refermées au dessus de ces maisons dont les fenêtres ne s'ouvrent pas...

... Il n'empêche que... Je me "mords les doigts", à chaque fois, d'avoir tenté "certaines démarches relationnelles", sans doute sous le coup d'une de ces émotions que je qualifie un peu exagérément de "souveraine", ou, parti d'un "bon sentiment", ou encore par cette inclination que j'ai parfois à écrire "du fond de mes tripes"...
Si effectivement l'émotion était comme je dis "souveraine"... Et si de surcroît je m'étais risqué à écrire "du fond de mes tripes", alors après coup, et avec le recul (c'est à dire le temps écoulé et le silence advenu)... Je n'ai donc qu'à m'en prendre à moi même, et par la suite veiller à ne plus ainsi "trop déployer mes ailes"...
Mais, si le sentiment à l'origine était "bon" (c'est à dire s'il s'était manifesté pour défendre une cause, ou encore pour "passer un doigt comme une lèvre sur une cicatrice de visage)... Alors vient tout de même, lorsque passe le temps et le silence, comme une absence, comme un "exil forcé" sur une terre ou dans un paysage impossible à quitter pour rejoindre une autre terre qui a peut-être tracé autour de son horizon, une frontière...

Les cons, les méchants...

 

Je crains plus les cons, que les méchants...

En face des méchants si tu bandes comme la corde d'un arc, tout ce que tu as d'intelligence, d'énergie, de détermination et de volonté en toi ; tu peux trouver le moyen de plaquer au sol leurs épaules de fer. Ils sont alors vaincus mais pas écrasés. Et un être, l'un des derniers des salauds ou même un redoutable prédateur, parce qu'il n'est pas écrasé, peut se relever et prendre une posture différente de celle qu'il avait avant... Non pas que sa “mise au tapis” l'ait potentiellement affaibli, ou l'incline comme par miracle, à devenir un gentil ou un “moins méchant” ; mais il prendra sans doute une posture qui fera de lui un interlocuteur désormais plus reconnaissant de l'existence de ces autres qu'il combat... Et dans une certaine mesure il t'emmerdera moins et saura qu'avec toi il faut compter. D'ailleurs, pour être méchant, s'impose un minimum de réflexion (et donc d'intelligence). Il faut en effet dans son esprit, concevoir la manière dont on va préparer un “coup tordu”, tendre un piège, exploiter les points faibles de l'adversaire...

La méchanceté sans réflexion, et donc sans intelligence... N'est ni plus ni moins que de la connerie (ou de la bêtise).

En face des cons c'est un mur devant toi qui se dresse... Un mur sur lequel tu esquintes ton intelligence, ton énergie, ta volonté et ta foi, en pure perte et au risque de te vider du meilleur de toi-même.

Mais grâce au ciel cependant, que les cons soient! Car sans eux, sans leur connerie, sans la gratuité de leur violence et de leur vulgarité, sans la force d'inertie d'un sens commun qui les “plombe”... Il n'y aurait point cet écueil absolu qui est celui de la pire de toutes les difficultés en ce monde : la difficulté relationnelle qui existe avec un certain nombre d'êtres de ce monde...

Et c'est justement cette difficulté, la pire de toutes les difficultés, la plus insurmontable, la plus désespérante ; qui nous force à toujours plus d'intelligence du coeur et de l'esprit.

L'objectif suprême n'est-il pas de parvenir à trouver un passage dans le mur?

Le fil tiré...

 

... Il m'arrive de dire "Il n'est jamais de bon ton d'importuner les gens”... Je veux dire par là que c'est le sens du monde tel qu'il est, l'éducation reçue... Ainsi que tout ce qui nous porte (souvent contre notre gré) à l'"admettre"... Qui fait que, malheureusement on finit par importuner les gens.

En perpétuelle révolte contre ce sens du monde, et exprimant d'une façon ou d'une autre cette révolte, sans toujours me demander si c'est à bon escient ou non ; il n'en demeure pas moins que, serrant entre mes doigts le bout d'un fil dont je ne sais jamais ni la longueur ni ce qu'il y a à l'autre bout, instinctivement je tire, je tire, je tire encore et encore... Et c'est souvent comme une "pelote" invisible (mais dont je sens entre mes doigts le glissement, la brûlure, l'écorchement... ou la douceur émouvante) qui peu à peu (ou par morceaux reliés entre eux), se déroule, se déroule... Et dans ce déroulement invisible (que de tous mes voeux déraisonnables ou non je souhaite visible enfin)... Me vient une immense espérance, presque une foi "religieuse", une volonté qui me transporte...

Deux souris dans la nasse

 

Deux souris étaient entrées dans une petite nasse, l'une après l'autre, la première passée par l'ouverture en forme d'entonnoir située sur le dessus de la nasse ; ayant été attirée par les éclats de noix disposés à l'intérieur... Et la seconde, un peu plus tard, rejoignant la première...

En peu de temps, les éclats de noix furent dévorés, et les deux souris ne purent ressortir de la nasse par où elles étaient passées puisque l'ouverture en forme d'entonnoir, dans son passage le plus étroit, leur interdisait désormais toute sortie.

Deux ou trois jours et autant de nuits durant, les deux souris prisonnières tournèrent dans la nasse, s'agrippèrent aux fins barreaux métalliques, et – on l'imagine – sommeillèrent faute de n'avoir plus rien à ronger...

Et l'une – on ne sait laquelle, la première ou la deuxième mais peu importe – se mit à tourner autour de l'autre... A tourner, tourner sans fin, d'un même mouvement rapide et circulaire, comme pour “saoûler” sa compagne de captivité...

La souris qui subissait cette ronde infernale se recroquevillait, se ratatinait, le poil hérissé, tremblante, et fut prise de tremblements, puis de convulsions... Et elle mourut.

L'autre cessa de tourner, se jeta sur sa congénère et lui arracha une touffe de poils derrière la tête.

Une semaine plus tard, il ne restait plus dans la nasse qu'une croûte informe recouverte de poils gris... une odeur de pourriture et une souris condamnée à mourir de faim...

... Que feraient deux humains, pris dans une grande nasse et n'en pouvant ressortir?

Et si, de ces deux humains, l'un était un homme et l'autre une femme?

 

Quel moteur : l'âme ou l'intellect?

 

Anaxagore disait “ toutes les choses qui ont une âme, qu'elles soient grandes ou petites, sont sous l'emprise de l'intellect. C'est l'intellect qui exerce son empire sur la révolution universelle, de telle sorte qu'il a donné le branle à cette révolution”...

Je dis pour ma part que l'âme est le moteur, et que l'intellect est l'ingénieur qui fait marcher le moteur...

Mais l'ingénieur conçoit de faire fonctionner le moteur selon l'usage qu'il en veut faire.

L'intellect, est-il en réalité, toujours nécessaire à l'âme? L'âme, ne porte-t-elle pas en elle, son intelligence... Que l'intellect est incapable de comprendre, à cause de l'intelligence qu'il a en lui?

La vie elle-même peut-elle devenir écriture? Etre écriture?

 

... Environ 70% de tout ce que j'écris (et publie) est "du premier jet", exprimé "sur le vif"... Je pourrais presque le parler, comme dans une conversation à "bâtons rompus"... D'ailleurs j'ai dit une fois (ou plusieurs fois) que l'écriture devrait se faire parole, et la parole, écriture...

De nos jours, l'on écrit souvent "comme on parle"... Et l'on ne parle pas comme l'on écrirait...

Il me semble qu'il devrait y avoir un lien entre la parole et l'écriture... Et que si l'on parlait comme on écrirait, peut-être écrirait-on moins... Parce que parole et écriture alors, serait "la vraie vie", la vie que l'on aimerait vivre entre nous, réelle, d'une beauté tour à tour rude, tendre, crue, nue, émouvante, drôle... Avec les éclats de rire, les pleurs, les mains qui se touchent...

Ce qui est intensément vécu n'a peut-être pas besoin d'être écrit : la vie devient écriture... et c'est elle qui demeure, qui se transmet, voyage, peuple les mémoires, anime les forges et ouvre les portes des ateliers...

Bien plus que l'écriture elle même... Mais qui est cependant nécessaire.

 

Un passage dans le mur

 

....."L'immense espérance presque religieuse”(que j'évoque dans “le fil tiré), c'est celle de voir s'ouvrir dans le mur un passage...

Le "mur", c'est tout ce qu'il y a à la fois de vulgaire et d'ordinaire dans la vie : le sens commun, les préjugés, la violence, la brutalité, la médiocrité...

Et l'on peut, bien sûr, passer le plus clair de sa vie à taper à coups de marteau (ou de masse) sur le mur... Pour qu'il se fissure...

Mais alors l'espérance s'épuise, ou tout au moins, ne se consolide jamais et demeure étale, désespérément étale...

Il faut que l'espérance se consolide, s'intensifie, et devienne comme cette foi des chrétiens ou des musulmans (ou autres croyants)... Et la "foi" c'est croire sans avoir vu... sans avoir encore vu alors que tout le monde te dit "ça n'existe pas" ou "c'est du pipeau" ou "c'est pour tromper le monde"...

L'espérance ne peut se consolider que lorsque déjà on "reconnait" formellement (et en toute sérénité) l'existence du "mur"...

Une fois franchie l'étape (à mon avis indispensable) de la reconnaissance, alors il devient peu à peu (c'est le plus souvent assez long cependant) impossible de "taper dans le mur" comme on le faisait avant...

Il n'y a jamais de "miracle" : ou s'il y en a un, c'est celui de l'intelligence du coeur et de l'esprit... (le "miracle" étant celui de l'ouverture du passage dans le mur).

Photos et images sur le net, dans les blogs...

 

J'ai pensé à photographier des gens (et des visages)... Sur le vif, dans une situation particulière (poétique et émouvante à mon sens)...

Mais ensuite, que faire de ces images? Les publier sur mon blog, ou sur mon site, accompagnées d'un petit texte, d'une réflexion de ma part? Et si ces gens par la suite, par quelque hasard (mot clef, recherche, etc...) les voient? Comment réagiraient-ils?

Personnellement, que ce soit sur mon blog ou sur mon site, ou dans un forum, jamais (ou tout à fait exceptionnellement) je ne publie des photos par exemple, de personnes de ma famille, de ma femme, d'amis très proches, ou d'un caractère "intime"... Je publie des photos de paysages, de groupes de gens (vus de loin), à la rigueur des vues des endroits où je vis ou passe...

Sur le Net, à mon avis, pour exprimer et "faire passer" de l'intime, cela implique la recherche d'une certaine forme d'écriture ou d'image, d'une sorte de "transposition" (ou de traduction) du réel... et la quasi certitude que la personne (ou les personnes) ainsi évoquée, présentée sous un certain angle, m'aurait "tacitement" autorisé à la "mettre en lumière"...

...Pour "faire passer" un ressenti (un ressenti dans le sens contraire à l'émerveillement, plus proche de la critique, de l'ironie, de la dénonciation, par exemple)... Là, il me semble que, pour s'y sentir "autorisé", l'on soit "à la hauteur qu'il faut"... C'est à dire trouver une forme d'expression (d'écriture, d'image) qui puisse avoir une "force de conviction" sans cependant "écraser"...

L'écriture qui peut "tout dire", l'image qui peut "tout montrer", c'est cela l'Art... Le vrai Art, celui qui a le droit naturel... le "droit de passage" en quelque sorte...

L'écriture qui "dit tout" ; l'image qui "montre tout"... Et qui s'arroge le "droit de passage", s'impose, écrase, dénonce, s'expose en vitrine, s'émeut (dans un sens ou un autre) ... et qui s'apparente au comportement dans le sens commun en reproduisant par copie, les mots, les paroles, les gestes, les actes de la vie ordinaire... N'est pas de l'Art, mais de la vulgarité... Et la vulgarité, même très bien habillée au point de paraître extrêmement séduisante, c'est ce que je combats, en moi et au delà de moi... Car je suis persuadé qu'elle est "invalidante" et "sans avenir"...

Le Clézio, Camus, St Ex...

 

... Mondo, j'ai lu ; ainsi que La ronde et autres faits divers ; et Révolutions...

C'est curieux mais lorsque je lis Jean Marie Le Clésio, Albert Camus et Antoine de St Exupéry, ces trois auteurs là; j'ai l'impression de me trouver dans un territoire (un pays ou un lieu) qui m'est familier...

C'est comme si, astronaute et découvreur de planètes, dans chacun de ces trois mondes (pourtant différents comme peuvent l'être des mondes habités de vie) je retrouvais dans chacune des atmosphères de ces mondes, comme un "air commun" en dehors duquel l'ailleurs, presque partout dans le vaste univers, me serait un territoire étranger... Parce que dans cet "ailleurs", je m'y sentirais en exil... Ou "en porte-à-faux"...

Mais j'ai tout de même découvert récemment Gérard Mordillat (avec les vivants et les morts), qui, dans une certaine mesure, m'a "désexilé" comme Camus, Le Clésio ou St Ex...

Dans mes lectures, en règle générale, il m'est assez difficile d'entrer vraiment dans un livre ( une histoire, un récit, une aventure, un roman)... Si je ne ressens pas au fond de moi-même l'existence de ce "territoire" familier, celui des écrivains dont je viens de parler...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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