Alvéole 1... Ou la grande brocante dans le souk yugcibien.

L'EMPLOI DES GUILLEMETS, PRECISION...

J'emploie les guillemets dans les cas suivants :

-Pour accentuer un mot (ou un groupe de mots) comme un accent tonique si je puis dire, afin de donner à ce mot ou groupe de mots, tout son sens, le sens dont je veux souligner l'importance.

-Lorsque j'emploie un néologisme ou un barbarisme de facture personnelle, me paraissant « aventureux ».

-Lorsque je prête intentionnellement un sens différent du sens habituel au mot : dans ce cas, c'est le contexte qui peut permettre de comprendre le sens dans lequel j'ai employé ce mot.

-Lorsque, dans un contexte particulier, un ton de langage, j'emploie une formule d'usage très familière ou « toute faite » dans le genre de ce que l'on entend dans les bistrots ou dans la rue.

-Dans le cas d'une identification, à titre de précision soulignée.

 

Autre précision : le point de suspension :

-Dans une phrase longue, question de rythme, de respiration.

-Pour exprimer un « non dit » à la suite de ce que je viens d'écrire, et avant de poursuivre. (Un « non dit » qu'il est cependant possible de percevoir)

-Pour suggérer une réflexion ou une interrogation à la suite de ce que je viens d'exprimer, et avant de poursuivre.

-Dans un certain contexte particulier, le point de suspension chez moi peut aussi nuancer une affirmation, un regard que je porte, une idée que j'avance.

 

Disons que chez moi, l'emploi des guillemets et du point de suspension, dans une fréquence sans doute plus marquée qu'il n'est normal (ou grammairien)... Serait une forme de « négritude ». Et dans cette « négritude » là, il y aurait en quelque sorte ma signature...

 

MA MARRAINE JACQUELINE

 

Ma marraine Jacqueline, tragiquement décédée dans un accident de voiture sur la RN 10 à l'âge de 41 ans le 20 octobre 1967 ; débutait dans le métier de créatrice de mode et avait son atelier à Bordeaux. Elle confectionnait tout ce qu'elle portait sur elle : lingerie, dessous, écharpes, chapeaux, robes, manteaux, imperméables... L'on peut dire que chacune de ses créations lui « collait à la peau »... et à son âme...

A tel point qu'il n'aurait pas été envisageable qu'une autre femme puisse porter ce qu'elle portait sur elle.

Ma marraine Jacqueline n'était pas « une apparence »... Par ce qu'elle portait sur elle. Elle était une réalité, une authenticité... L'expression même de SA féminité... Et donc, bien plus encore qu'une « définition » de la féminité.

Je n'aime pas la manière dont beaucoup de personnes dans nos villes portent leurs vêtements lorsqu'ils se rendent à un spectacle, à une fête, à une manifestation publique... Ils habillent l'être qu'ils sont, de telle sorte qu'ils sont pris pour l'être qu'il leur sied d'être... Les modes sont ainsi faites, et donc les nombreux modèles qui caractérisent ces modes, pour que la personne qui achète puisse s'identifier à un « mythe »... le mythe du moment, de la saison, qui « colle » à un « film culte », à une chanson, un air mille fois entendu, un personnage connu de l'actualité...

Mais il y a cependant bien autre chose encore, plus diffus, plus « sournois », plus « universel », plus « trivial » dirais-je... Cette propension de tout un chacun à « se faire plus beau que l'on est en réalité »... Ou à niveler ses médiocrités ou ce qu'il y a d'ordinaire en soi.

Ainsi, bien « repassé » par le port du vêtement, le « petit côté sans magie » peut parfois « paraître magique »...

En somme, mes émerveillements ne sont pas aussi fréquents qu'ils pourraient l'être... Mais quant ils sont, alors ils sont absolus, ne se décolorent jamais et me restent en mémoire... Parce qu'ils ne viennent pas d'une apparence mais d'une authenticité, d'une intimité.

Il y a tant de diversité dans les créations vestimentaires, dans les modèles, même si beaucoup sont fabriqués à la chaîne, qu'il est possible à une femme ou à un homme, de choisir « quelque chose qui colle à sa peau et à son âme »... Plutôt que « quelque chose qui colle au dernier film culte, au personnage célèbre du moment ou à la petite magie que l'on s'invente pour repasser l'ordinaire »...

BANALITES ET CHOSES DE LA VIE ORDINAIRE...

 ... Pour décompresser, sortir un peu des grands sujets de discussion, des débats et de la pensée à dimension philosophique ou littéraire...

Un espace indéfini, comme un souk, un marché aux puces où, jetées sur ses étals « ces petites choses de la vie » auxquelles l'on accorde parfois davantage d'importance qu'il n'est nécessaire, « brocantent » sous les regards qui passent...

Une manière en quelque sorte, de dédramatiser la vie quand la vie devient une pièce de théâtre un peu trop grave, de se défouler ou de se livrer à quelques confidences.

Ces « petites choses de la vie », de notre vie de tous les jours, sont souvent l'objet de la part de nos proches, de sarcasmes ou d'indifférence, lorsque nous les évoquons. Elles sont jugées inutiles à raconter ou n'intéressant personne.

N'oublions pas que le quotidien même des plus grands écrivains ou personnages célèbres est fait, aussi, de « ces petites choses de la vie », insignifiantes dans l'absolu mais pouvant cependant avoir un sens...

En principe l'on s'assoit de la même manière sur la cuvette d'un WC par exemple... Et pourtant... Pourtant! N'y a-t-il pas là matière autrement que fécale à disserter sur un « état de siège »... peut-être?

Encore pourrait-on envisager de disserter de la sorte comme Marcel Proust par exemple, se serait étendu sur la chose en un paragraphe de dix pages...

... Proutt! Excusez moi, j'ai une préférence pour les waters à la turque... Parce que l'intestin se vide mieux quand on est accroupi. Et un intestin bien vidé c'est un intestin propre.

Cela ne veut pas dire qu'à un intestin propre correspond une âme propre. Mais pour ma part j'ai une nette préférence pour un intestin propre assorti d'une âme propre...

DE L'ECRITURE, ENCORE...

L'écriture de l'être de pensée, de réflexion, de poésie et d'esprit profond ; ne fait pas forcément de cet être là, un écrivain ou un littéraire...

L'écriture rend le coeur moins dur et plus ouvert... Peut-être.

Mais aussi sans doute, le regard plus grave...

Alors la réalité en sa surface et en sa profondeur, telle qu'elle est, telle qu'elle se manifeste dans ses différents aspects, n'est plus immobile : elle devient mouvement, mécanisme et s'anime puis « prend de l'âme ».

Le mécanisme alors, révèle ses rouages, l'énergie qui l'anime...

Un écrivain qui a le coeur dur et qui est un littéraire, est un être riche mais sec, dont les oeuvres sont comme des fleurs cristallisées, magnifiquement architecturées, de roche et de sable dans un désert habité par des animaux se plaisant à lécher les lèvres figées des fleurs de roche et de sable...

COMMENT PEUT-ON ETRE « RICHE ET SEC »?

 ... Quand on a le coeur dur et que l'on est un écrivain, un romancier, un littéraire, un intellectuel?

L'on ne peut alors être « riche » que d'une richesse acquise par formation avec tout l'esprit qu'un monde formaté aux valeurs du monde fait entrer dans le coeur... Ajoutons à cela quelques dispositions personnelles, quelque intelligence, quelque imagination, quelque « coup de piston », quelque « coup médiatique », quelques « bonnes relations », quelques références, un auditoire, une bonne culture générale, une belle vitrine, deux ou trois « très fortes certitudes », une « vision du monde » bien crédible et bien argumentée... Et vous avez là un être « riche ».

Riche, oui, mais sec!

... Mais comment ça, sec? Ils vous parlent avec le sourire, vous regardent, vous écoutent, sont polis, ils vous font une belle dédicace, ils sont « abordables »...

... Ils sont « soft ». Et le « soft », ça dilue bien, très bien même, le sec!

... Et QUI?... A le coeur dur?

Il faut déjà les entendre, les lire, les écouter, les gens...

Est-ce qu'ils parlent, s'expriment, discourent?

Il y a une nuance dans ces mots : parler, s'exprimer, discourir...

Parfois au bout de cinq minutes, l'on a compris...

Et d'autres fois... Je pense à la chanson de Léo Férré « Avec le temps... »

Avec le temps tout s'arrange... Ou se défait...

Avec les « métissés » l'on peut « s'arranger »... Sans doute à cause de la « négritude » qu'il y a en eux...

Mais avec les « blancs francs », si l'on « n'engage pas le fer à tout bout de champ », un jour vient où tout se défait, car le temps n'arrange pas les arrangements...

LES ETRES BONS

 

Je n'aime pas les êtres qui ne sont pas des êtres bons... Oh, ce n'est point que je les déteste, mais je ne recherche pas leur compagnie, ni avec eux, une relation suivie dans ces forums du Net que je visite...

Un être bon est un être qui n'est pas prétentieux, déjà... Je veux dire par là un être qui n'est pas imbu de sa personne et rigide dans ses certitudes.

Un être bon peut être rude, très rude même... Dans ses propos, dans son comportement, dans sa manière de vivre. Mais il a un fond de bonté en lui.

Un être bon pardonne presque tout à l'exception peut-être de ce qui le blesse, l'humilie profondément dans son coeur et dans son esprit...

Un être bon a de l'humilité en lui... Quoiqu'il il y ait parfois aussi, des êtres durs qui ont de l'humilité.

Un être bon ne crie pas brutalement sa souffrance : il l'exprime par l'art, l'écriture ou la dit sans la mettre en avant et la secouer comme un torchon...

Un être dur peut être plaisant, agréable à fréquenter, sans rudesse de langage ou de comportement. Et s'il est un écrivain, par exemple, il peut avoir un vrai regard d'écrivain, et en ce sens, être crédible...

Mais un être dur dit que la bonté est faiblesse, jamais une force.

Les êtres durs ne m'intéressent que dans la mesure où ce qu'ils m'apportent peut me servir ; et cela tout à fait occasionnellement... Je reçois alors ce qu'ils m'apportent sans émotion, sans émerveillement et sans remerciement, ne considérant que le côté « utilitaire »...

La porte des êtres durs m'était déjà fermée dès mon enfance. Et de tout ce que j'avais depuis lors perdu, qui eût pu me venir d'eux, je n'en ai eu cure... J'ai pu vivre et je vivrai encore avec la porte des êtres durs fermée.

Quand à ce que j'avais déjà gagné dès mon enfance, je ne puis à ce point de ma vie où j'en suis aujourd'hui, en gagner davantage...

C'est pourquoi en toute lucidité et avec une certaine gravité, je puis dire aujourd'hui ce que je n'aurais pas dit voici quelques années, lorsque ma vie était « encore à faire », croyant que « des portes, de celles qui ne s'ouvrent pas, pouvaient s'ouvrir » :

« Je n'aime pas les êtres qui ne sont pas des êtres bons et dont la porte me demeure à jamais fermée »...

Mais je ne les déteste pas, à l'exception tout de même de ceux d'entre eux qui, de notoriété publique et au vrai, sont des prédateurs.

Je peux dire que je les respecte, ces êtres durs dont la porte me sera toujours fermée... Et parfois même que je les estime...

Si un être dur devait un jour m'ouvrir sa porte, alors c'est que je me serai « foutu dedans en plein »... Et en toute humilité je reconnaîtrai la dureté qu'il y a dans l'être bon que je suis. Je me dis parfois en réfléchissant bien, que des êtres durs peuvent avoir « une certaine bonté » en eux... Et que la dureté finalement, est sans doute une nécessité... Mais je ne dis pas cela pour que « des portes s'ouvrent »... Je le dis du fond de mon coeur.

UNE LIBERTE ECLAIREE, RESPONSABLE ET CONSCIENTE

 

J'ai pensé – mais je ne pense plus – que les éditeurs à compte d'éditeur pouvaient envisager d'explorer les sites et les blogs qui foisonnent sur la Toile... Du moins d'en explorer quelques uns d'entre eux

Mais en vérité pourquoi le feraient-ils? Alors qu'ils ont à leur disposition pour compléter, enrichir ou renouveler leurs collections, tout un « vivier » d'auteurs?

Un « vivier » est un lieu où l'on s'approvisionne pour vendre les produits que recherchent les consommateurs. Par exemple Lévy et Musso (entre autres) sont des « poissons » qui se vendent très bien.

Après tout la loi du marché à la base, passe par le besoin du consommateur. Et pour que la loi du marché ait un sens, tout son sens, il faut qu'il y ait une raison essentielle à son existence.

Les éditeurs à compte d'éditeur ont presque tous compris : ils misent sur la diversité des besoins du consommateur, même s'ils savent bien que ces besoins sont souvent conditionnés. Il en faut donc pour tous les goûts et pour toutes les cultures...

Un site ou un blog pris dans son ensemble et à lui seul, que son auteur ait oui ou non produit des ouvrages par ailleurs ; ne constituera jamais une oeuvre littéraire même si la qualité des écrits sur le site ou sur le blog, est proche par certains billets, de la qualité d'une oeuvre littéraire.

Par contre un site ou un blog peut être une « vitrine » (si possible bien arrangée).

Pourquoi les éditeurs « feraient-ils les vitrines »? Des vitrines que bon nombre d'auteurs intitulent « oeuvre littéraire » de la même manière qu'un « pinardier » usurpe une appellation?

Il reste cependant une autre perspective au delà de l'oeuvre littéraire ou de la production d'un site ou d'un blog... D'une oeuvre littéraire qui existe bel et bien, ou n'existe pas... De la production d'un site ou d'un blog « vitrine » ou pure expression personnelle à diffusion forcément limitée.

Et dans cette perspective là, j'espère qu'il y a du monde ou qu'il y en aura : cette perspective c'est celle d'une liberté éclairée, responsable, lucide et consciente, où l'être vole de ses propres ailes avec le moins de dépendance possible à ce qui l'influence, le soumet ou le confine dans sa « bulle ».

LE PHENOMENE BLOG

 

J'ai dit qu'un site ou un blog pris dans son ensemble et à lui seul, ne peut constituer une oeuvre littéraire ou artistique... S'il n'y a pas de son auteur, des livres ou des oeuvres de lui, présentes ailleurs que sur la Toile...

Il y a cependant à mon sens, dans le « phénomène blog » en expansion vertigineuse et foisonnante ; une dimension si je puis dire, sans commune mesure avec la dimension classique et traditionnelle qui est celle de l'univers littéraire ou artistique tel qu'il existe avant la venue du Net, des forums et des blogs... Une dimension vraiment différente et incomparable.

L'auteur d'un site ou d'un blog qui ne publie ou ne présente pas d'oeuvres autrement que sur la Toile, entre forcément dans un univers de diffusion et de communication en général assez limité, et dont la principale caractéristique est la virtualité. Un univers certes accessible à tous, parce qu'il n'exige que peu de moyens matériels, logistiques, financiers ou autres ; mais qui demande tout de même beaucoup d'investissement personnel en créativité, travail de fond et de forme, patience et imagination... Et si possible, du talent.

Il y a et il y aura toujours dans la dimension classique et traditionnelle de l'oeuvre littéraire ou artistique, la même reconnaissance (parfois amplement médiatisée) de leurs auteurs par le public et dans les milieux intellectuels.

L'on ne peut pas dire qu'il en soit de même avec le « phénomène blog ». A dire vrai, ce n'est absolument pas comparable. Mais sans doute complémentaire dans la mesure où l'auteur d'un blog publie aussi des oeuvres ailleurs que sur la Toile.

Ce qui est surprenant et nouveau avec le « phénomène blog », c'est le paradoxe qu'il y a entre la démesure du « moi », de l'expression personnelle et de l'intime où tout se dit, s'écrit, se confie, s'expose ; et la démesure d'un espace collectif où l'on se rencontre, où tout se crée, s'imagine, se conçoit et se communique...

Il y a dans cette démesure du « moi », de l'expression personnelle et de l'intime, quelque chose qui dérange, qui peut devenir indécent même...

Mais il y a dans la démesure de l'espace collectif, comme une porte d'un nombre indéfini de battants qui s'ouvre d'un seul coup sur une immense salle dont on ne discerne pas les murs qui en seraient les limites, et où se forment des groupes de gens... Mais la « salle » est virtuelle, et les gens sont virtuels aussi. Et il y a, il y aura toujours, la « salle du monde », contiguë et tout aussi vaste, bien réelle celle là...

Et si dans cette nouvelle et surprenante, parfois déconcertante dimension du « phénomène blog »... Et par elle, s'ouvrait une « seconde porte » entre deux salles où tout se ressemble en fait, mais où rien n'est comparable?

Passerait-on de l'une à l'autre ou de l'autre à l'une avec la conscience d'être autant dans l'une que dans l'autre ?

N'oublions pas que dans la « salle du monde » l'on y entre avec non seulement les « bagages » que l'on porte en soi, mais aussi avec de « vraies valises »...

Il y a dans le « phénomène blog » de l'imagination, de la diversité ( cuisine, jardin, broderie, couture, mode, peinture sur tissu... des choses tout à fait étonnantes et particulières), de la créativité, de l'intelligence...

Et il faut à mon sens cesser de s'étendre, d'insister de manière répétitive sur la médiocrité envahissante du « phénomène blog » (qui existe certes mais on le sait, point final).

L'un des premiers devoirs de tout être humain se réclamant de « valeurs fondamentales » humanistes, intellectuelles et d'amour ; c'est celui de ne jamais rejeter ou condamner ou juger un autre être humain parce qu'il « n'est pas du niveau auquel on aspire » ou « de ce monde en lequel on a été soi même éduqué »... Agir ainsi et fonder sa vie sur ce « principe » là, c'est comme si l'on reprochait à un rat d'être un rat!

Il n'y a, je crois, qu'une seule voie possible : la communication avec les « moyens du bord ». Et dans cette communication, le questionnement est peut-être l'un de ces « moyens du bord »...

Le questionnement ne se fait pas uniquement par les mots : les êtres humains parlent et écrivent des milliers de langues. Il est possible de questionner avec son regard, avec son visage...

LE RAT

 

Personne n'aime avoir dans sa cave, dans son grenier, et encore moins dans sa cuisine ou dans sa salle à manger, un rat...

Le rat est un animal en général détesté, pourchassé, éliminé...

Il y a des humains que d'autres humains traitent comme des rats.

J'aurais pu évoquer au lieu d'un rat dans mon propos « Agir et fonder sa vie.../... c'est comme si l'on reprochait.../... » un chat, un chien, un cheval, un âne, ou n'importe quel animal...

Rappelons que nous sommes entre nous, entre humains... Et qu'un rat n'est pas et ne sera jamais un humain... Et qu'entre humains il y a des différences telles, que la communication semble impossible... Et peu souhaitable aux dires de certains humains.

Faut-il pour autant se résoudre à établir un « ordre des choses », une « classification », « les uns ceci, les autres cela »... Ou toute forme de séparation avec des « clivages », des « spécificités »? Et partant de ce principe, de ce concept, de cette logique ; imposer à la relation de dépendre « des uns ceci, des autres cela »?

Une relation qui s'établit entre un humain et un autre humain... Et, plus largement, entre un humain et un animal ; n'a rien d'un affrontement : un affrontement n'est pas une relation. Un affrontement c'est « toi ou moi, lui ou moi » ; ou « c'est moi qui ai raison et pas toi, pas lui » ou « ôtes-toi de là ».

La relation qui se met à exister entre des êtres vivants, et qui tend à prendre de la durée, quelle que soit d'ailleurs cette durée... Est l'évènement culturel fondamental (et premier) sur cette planète...

Revenons à mon rat...

J'ai une certaine sympathie pour cet animal, le rat. Un jour j'en ai eu un dans ma cave : je n'avais pas de sympathie pour lui. Il se dressait tout droit sur la dernière marche de l'escalier et me regardait. Je descends quatre marches, il se sauve... Une semaine durant, vers la même heure, j'ai descendu les quatre marches, il s'est sauvé. J'en ai eu assez de le voir. J'ai tendu une tapette à rats avec un petit morceau de jambon sur le crochet. Le lendemain je vis que la tapette était toujours tendue, mais que le bout de jambon avait disparu. J'ai remis du jambon. A trois reprises, trois jours durant, le rat est venu « bouffer » le jambon sans se faire prendre! (il paraît que le bout de leurs pattes est si sensible et qu'ils sont si habiles, les rats, qu'ils arrivent à dégarnir les tapettes de leur appât, sans que la tapette se détende même si elle est très bien tendue au dizième de millimètre près)

Et puis pour finir, mon rat a disparu, il a quitté la cave... Il y avait aussi un crapaud dans la cave... J'aurais cru que le crapaud allait « se faire bouffer ». Mais non, le rat parti, le crapaud était encore là...

Il n'y avait vraiment rien, mais rien de rien à bouffer, dans cette cave : j'avais fait le grand nettoyage...

Depuis cette « histoire » avec mon rat, je n'ai plus jamais tendu de tapette à rats.

J'ai beaucoup aimé le livre de Patrick Rambaud, dont le personnage principal est Gaspardino, un beau mâle, et sa rate Sophie...

LA LETTRE PERDUE

 

 

Envoyer un manuscrit par la poste à une maison d'édition, c'est jeter par dessus bord depuis un bateau en plein milieu de l'océan une bouteille bouchée contenant "la lettre de son coeur et de son esprit"...
Le bouchon prendra l'eau, la lettre sera mouillée et deviendra illisible, et peut importe si le bateau était oui ou non dans un "couloir de navigation"...
la "condition" du cosmonaute perdu dans sa coque de survie après un "naufrage spatial" est à mon sens, moins "désespérante" que celle du jeteur de bouteille...
le cosmonaute, alors que personne, aucun être vivant ne saura qu'il existe, rédige tout de même son "journal de bord" : l'écriture est une forme de prière... Et en ce sens, le cosmonaute est "profondément croyant"...

     Mais ce que peut faire le jeteur de bouteille, c'est de cesser d'être un jeteur de bouteille... Et se rendre dans la salle radio du bateau, envoyer des signaux : les signaux sont un langage, et tous les bateaux de tous les océans du monde ont une salle radio... Les messages radio ne prennent pas l'eau.

... Et le "Grand Mythe" du siècle... de tous les siècles et de tous les millénaires de civilisation depuis qu'existe l'écriture et la diffusion de l'écrit... C'est le "sens du monde"... Et le "sens du monde" n'a jamais été aussi "invalidant" pour la culture, pour la relation, pour la communication, la connaissance pure, l'avancée de l'esprit humain ; que depuis qu'il s'est "bardé" de ces certitudes qui sont celles des "prêtres" tout-puissants et de leurs ouailles...
Certes, par le "sens du monde", il nous a été donné quelques "génies" (gens de lettres et artistes dont certains, assez rares tout de même, confirment "l'exception à la règle" parce qu'ils étaient sur de petits bateaux comme des jeteurs de bouteille).

Mais qu'auraient été ces “génies” s'ils n'avaient été dans leur vie, depuis leur enfance, depuis le berceau même, si proches des autels, si bénis des prêtres, si acclamés par les ouailles?

Il y a beaucoup plus dans ce qui a été perdu pour le monde, que dans ce qui a été gagné en franchissant le “passage obligé” défini par les prêtres et salué par les ouailles...

... Dans les temps de Montaigne, puis de Montesquieu, de Voltaire et de Rousseau, et plus tard des romanciers du 19 ème siècle ; il fallait déjà savoir lire et écrire, ce qui n'était pas comme aujourd'hui “universel” (du moins dans la plupart des pays du monde développé)... De plus, il fallait aussi sans doute plus que de nos jours, être d'un milieu social assez aisé, pour envisager de faire publier des livres et de passer sa vie à écrire... Les éditeurs de l'époque étaient tous imprimeurs et ne travaillaient qu'avec l'argent apporté par des auteurs forcément moins nombreux, et les lecteurs étaient aussi des gens qui pouvaient acheter des livres... Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du 19ème siècle, que commence vraiment le “marché” du livre, des auteurs, des collections littéraires ou populaires.

LA PORTE ETROITE

 

Je pense à cette chanson de Jean Ferrat : “La porte du bonheur est une porte étroite...” L'une des chansons de Jean Ferrat parmi mes préférées, sinon celle qui m'émeut le plus et qui me fait réfléchir sur le sens de la vie, de la relation et des choses...

Cette “porte du bonheur” si étroite, serait comme un “film” encore bien plus fin et plus transparent que par exemple, le film de plastique utilisé pour recouvrir les pots de confiture maison... Un “film” extrêmement ténu, transparent et traversable, entre deux mondes ; tel un passage qui, à cause de sa transparence, de sa légèreté et d'inexistence d'épaisseur ; ne se voit jamais...

Et parce que le passage ne se voit pas, nous croyons être dans le même et unique monde. Mais ce monde n'est que celui que nous connaissons.

La vocation de l'artiste c'est de nous faire passer par les mots, par l'image, par le son ou encore par les objets confectionnés, comme à travers le “film”, dans l'existence de cet autre monde : celui que l'on ne voit pas.

Mais cela ne veut pas dire que seuls, les artistes ont le pouvoir de nous faire passer au travers du “film” : tout être vivant a une lumière en lui, et l'artiste n'est donc pas une “exception culturelle”... Ni l'être humain d'ailleurs. Mais nous sommes ainsi faits que ; écrivant ou prononçant des mots, produisant des images ou confectionnant des objets ; ayant ou non une vocation particulière, nous ne vivons et accomplissons qu'avec de tous petits éclats seulement, de cette lumière en nous...

Alors la vocation essentielle de l'être humain tout comme celle de l'artiste en particulier, c'est de reconstituer avec les éclats, le “puzzle” de la lumière... Ce “puzzle” qui est le “film” transparent et traversable.

L'ECRITURE EST UNE FORME DE PRIERE

 

... L'écriture qui s'apparente par exemple, à l'une de ces phrases que l'on inscrit dans le “livre d'or” d'un lieu de recueillement, de mémoire, de souvenir... Ne “postule” jamais... Cette écriture là est aussi, dirais-je, de la “même famille” que celle d'un journal intime, d'un petit carnet que l'on porte sur soi et dans lequel on transcrit sa pensée intime, on note ces “petites ou grandes choses de notre vie”, et où l'on brosse aussi, de petits tableaux à propos d'un paysage, d'une rencontre, d'un lieu visité... Alors oui : cette écriture là est assez proche de la prière du croyant, du croyant dirais-je, “profondément croyant”... Cette écriture là n'a qu'un seul interlocuteur : l'être qui vit en soi, l'être intime et seul comme le “cosmonaute dans sa capsule de survie” au milieu de l'espace.

... Et l'écriture qui s'apparente par exemple, à ce que l'on peut exprimer par des mots et des phrases comme sur les pages d'un carnet ou d'un journal, mais dans un forum ou sur un blog... Ou dans les pages d'un livre... peut être AUSSI une forme de prière... Différente, mais une forme de prière tout de même... Et cela dans la mesure où l'interlocuteur n'est pas “cet autre” en particulier, soit cette ou ces personnes que l'on connait, que l'on rêve de rencontrer, par la quelle ou par lesquelles on voudrait bien être lu... L'autre, alors, cet “autre”, devient le “possible meilleur de lui même” mais surtout, cette sorte de “radar”parcouru dans toute son étendue, d'ondes réceptrices et émettrices... Un “radar” tendu dans l'espace, dont la dimension nous échappe, mais qui nous perçoit, nous écoute... Comme Dieu, ce Dieu des croyants, le ferait...

Et il importe alors au “cosmonaute” qui rédige, seul et prisonnier dans sa capsule de survie, son “journal de bord”, d'écrire les mots vrais, les mots les plus sincères, les mots de l'esprit et du coeur qui ne sont pas ces mots “de synthèse”, ces mots “pour faire joli dans le monde”... Il importe au “cosmonaute” de dire à ce Dieu... ou à ce qui lui ressemble... A quel point il l'aime. Et comment pourrait-il mieux le lui dire que par la facture la plus belle possible des mots et des images qu'il forme?

 

Oeil pour oeil, dent pour dent...

 

L'ennemour comme « oeil pour oeil dent pour dent », l'on vit avec et l'on n'en crève pas... Parce que, pour l'un comme pour l'autre, c'est « oeil pour oeil dent pour dent » en toute réciprocité...

L'ennemour comme « oeil pour oeil dent pour dent » mais dans un seul sens, l'on vit avec, également... Mais il y en a un qui en crève... Ou qui survit par l'amour qu'il porte par ailleurs, ou par le paysage qu'il s'est ouvert à la place du paysage qu'il a perdu en subissant l'ennemour de l'autre auquel il ne pouvait répondre que par l'amour...

C'est une grande tragédie... Parfois de toute une vie, que ces histoires d'ennemour à sens unique lorsque dans l'autre sens, il y a l'amour...

 

Le pigeon voyageur

 

Un pigeon voyageur est un pigeon porteur d'un message bagué autour de l'une de ses pattes...

Et ce n'est pas la même chose, un pigeon voyageur ; qu'une bouteille à la mer par exemple. Ou que la lettre que l'on écrit mais que l'on n'envoie pas...

La bouteille à la mer n'a pas de destinataire en particulier.

La lettre que l'on n'envoie pas n'a d'autre interlocuteur que l'être qui vit en soi et qui un jour disparaîtra sans que personne ne sache ces « choses de lui »...

Si tu prends un pigeon voyageur c'est que tu sais qu'il y a une volière au bout du voyage : c'est la volière du destinataire.

Le pigeon voyageur a été dressé ou conditionné pour qu'il puisse refaire le même trajet en sens inverse, avec un autre message bagué autour de la patte : la réponse du destinataire...

Lorsque le pigeon ne revient pas, c'est qu'il est demeuré dans la volière du destinataire ; qu'il a été utilisé pour un autre voyage ; qu'il a été mangé ou pourquoi pas, empoisonné ; ou qu'il s'est cogné la tête dans son trajet de retour sur un poteau en plein brouillard...

 

... Il arrive parfois que le messager, sans cependant confondre « pigeon voyageur » et « bouteille à la mer » (la confusion est difficile en vérité) ; ne fasse que peu de différence : il y a là une ambiguité.

 

... En littérature comme en art, c'est la dimension de l'ambiguité, qui fait que l'on peut tout dire, tout écrire, tout représenter. Dans une dimension en laquelle entre « tout un chacun » selon des mouvements habituels de balancier, il n'y a plus vraiment d'ambiguité, et donc, plus d'art, plus de littérature, plus de libération : il n'y a là que du « droit commun », de la dénonciation, de la caricature... Et toutes formes de procès, de jugements, de verdicts, de prisons, d'exils...

L'ambiguité en art ou en littérature n'a une dimension « intéressante » que si elle soulève l'interrogation. Comme si elle soulevait par exemple, un « faisceau » de routes enterrées : les routes existaient mais qui les avait déjà tracées, où vont elles, chacune d'entre elles?

Je reconnais cependant que l'ambiguité en art ou en littérature ne clarifie pas, n'épure pas le propos... Et qu'elle le rend souvent inintelligible.

Les choses les plus simples et les plus évidentes du monde, et en particulier toutes ces « petites choses de la vie » qui sont du domaine relationnel ; ne peuvent à mon sens être dites ou écrites ou représentées, en art ou en littérature, que sous une forme à percevoir ou à pressentir plutôt que sous la forme d'une photographie instantanée sans « prise de vue »...

LA FRONTIERE D'ENFANCE

 

A propos de la dernière phrase de mon texte « Les cimetières » [Carnets 1983 – 1985] site et blog :

« Et j'ai fait un rêve éveillé : j'étais un enfant qui courait les bras tendus vers un visage dont on n'avait pas vu la lumière »... Après réflexion, j'écrirai : « Et j'ai fait un rêve éveillé : j'étais un enfant qui courait les bras tendus vers un visage »...

Ainsi par cette phrase là, dans laquelle n'apparait plus « dont on n'avait pas vu la lumière », je confirme que je ne franchis pas la frontière de l'enfance... Ou plus exactement, la frontière de CERTAINS territoires de l'enfance...

Il me semble après réflexion qu'il y a dans « dont on n'avait pas vu la lumière »

une prétention affirmée à une forme de connaissance... Comme si l'enfant que je suis dans le rêve éveillé, sait, lui, voir la lumière sur le visage ; alors que d'autres, eux, ne savent pas voir cette lumière ».

Cela dit, un tout jeune enfant peut-il être prétentieux?

Je pense qu'il y a une ambiguité entre l'idée (valorisation, idéalisation, pureté, innocence...) que l'on peut se faire de l'enfance, et la réalité même de l'enfance soit une réalité brute, sans fioritures, exempte dès le plus jeune âge parfois, d'innocence, de pureté et entachée déjà de perversité...

Dans la perception de la réalité brute, il y a en même temps, consciemment ou non je crois, un refus de cette réalité ou plutôt une « adhésion forcée » qui fait mal, un regret... Alors l'on revient à tout prix à la valorisation par la pureté et l'innocence.

Et l'ambiguité est d'autant plus ambiguë si je puis dire, que l'on se réclame (parfois à cor et à cri) de ce « privilège » de l'enfance (qui est celui de la pureté et de l'innocence) ; mais que l'on a aussi en soi la réalité brute de l'enfance...

J'ai conçu dans ma vie un projet : celui de ne pas, effectivement, franchir la frontière de certains territoires de l'enfance, et en même temps et selon une volonté personnelle et déterminée, dompter cette enfance en moi, apprendre ce que les « grands » apprennent, afin d'en faire ce que je veux en évitant autant que possible les désastres...

J'ai été heureux d'avoir été l'enfant que j'ai été... En dépit de ce que j'ai vu et ressenti...

TES REVES?

 

... Si tes rêves ne sont plus, alors c'est peut mieux ainsi... Si l'on peut dire!

Mais ne peux-tu en voir naître d'autres? De ceux qui sont réalisables et auxquels on donne la couleur qu'il faut?

« Le passé est un mort » (proverbe Arabe). L'on ne resssuscite donc jamais ce qui fut comme cela fut... Parce que ce qui est, n'est qu'une fois de cette « atmosphère » et de cette « couleur » là.

Le souvenir n'est « opérant » que s'il aujourd'hui « impulse »... Dans la mesure où il renvoie à ce qui ne peut plus être, il est une « charge » dans notre présent, il n'aide pas.

A propos de mes souvenirs, je me pose toujours la question de savoir s'ils « impulsent », c'est à dire si leur substance même ou bien le message qui existe dans leur contenu, va me faire « avancer » dans ma vie présente, va m'ouvrir une porte...

Il me paraît essentiel de savoir gérer ses souvenirs... Et par la même occasion, ses rêves... de jadis et d'aujourd'hui.  [ Suite des textes dans "Alvéole 2"]

http://yugcib.e-monsite.com/rubrique,alveole-12,1024619.htm

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