Suite 2 des confettis sur la Toile

                        Je vous dédie ces mots…

 

            A « Passion des Mots », je dédie ces mots…

Ces mots dont j’ai rêvé du pouvoir que je leur conférais…

Ces mots qui, dans le monde où nous vivons, n’ont d’autre pouvoir que celui de nous faire rêver…

Ces mots qui, des poètes Grecs aux rappeurs de nos cités actuelles en passant par Hugo, Prévert, Brel, Ferré et Brassens… n’ont pas changé le monde.

Ces mots qui, parfois, ont été pensés sans être dits ou écrits…

Ces mots devenus poussière ou épluchures…

Ces mots qui ont été criés, adulés… Et si souvent trahis !

Ces mots pour la seconde civilisation du feu… par les mots.

Ces mots que les bêtes n’ont pas mais dont elles n’ont pas besoin pour se faire comprendre et aimer…

Ces mots magiques, ces mots vertige… Comme des pluies d’étoiles dans les regards pour ne plus mourir de soif dans les grands déserts relationnels…

Ces mots, tellement vrais, de moi, que je vous offre d’y croire…

            Les voici donc, ces mots : de ce texte dans la 2ème partie de « Quel monde possible ».

 

 

                        J’ai une si haute idée des mots, qu’en face de leur grandeur, de leur force, de leur beauté et de l’énergie qui les anime, je me sens comme un enfant capricieux, insupportable dans ses emportements, ses contradictions, ses facéties, ses cabrioles et toutes les circonvolutions de son esprit brouillon…

Je voudrais que les mots en effet, puissent allumer le feu qui n’a encore jamais existé…

N’est-ce point là une ambition démesurée, un pari impossible contre l’adversité, l’indifférence, le sens du monde ?

 

Les mots

 

            Je veux que les mots soient des visages traceurs d’empreintes sur les attentes  blessées qui bordent les chemins d’infortune.

Je veux que les mots  portent leur regard plus loin que tout ce qu’ils disent.

Je veux que les mots soient des mains et que leurs doigts effacent les cicatrices.

Je ne demande pas aux mots le pouvoir de convaincre ou d’entraîner, ni la force d’atteindre les sommets d’une pensée qui reste encore à découvrir.

Je veux que les mots soient libres.

Je veux que les mots ne soient pas seulement les mots des gens que l’on aime écouter.

Je veux que les mots changent la vie que nous vivons, en nous et autour de nous.

 

 

                        LE  TITRE D’ECRIVAIN PERMET-IL TOUT ?

 

            Au risque de paraître rétrograde et moraliste, ce qui serait un comble pour l’anarchiste que je suis, j’ai envie de dire : « le titre d’écrivain ne permet rien » ! Rien d’autre que l’approche la plus vraie, la plus sincère, la plus engagée, de sa vie réelle et quotidienne, à l’œuvre que sa pensée élève au dessus du banal ou du médiocre…

Un écrivain –digne de ce nom –surtout s’il est reconnu, doit être, je m’en excuse presque de le dire, sans tâche et sans reproche : il ne peut, même s’il boit, mange, va aux toilettes, et baise comme tout le monde, être de cette « messe » et de ces modes communes qui, précisément, permettent tout… Au nom d’une certaine idée de la liberté ! En ce sens, je pense avec rage et passion, presque avec intégrisme, qu’un intellectuel ou un artiste a une énorme responsabilité vis-à-vis de ses semblables : il doit être crédible par ce qu’il y a de plus vrai et de meilleur en lui, il ne peut se compromettre avec ce qu’il y a de pervers dans le sens du monde.

Il n’est, cependant, ni l’alpha et l’oméga d’une espèce de connaissance universelle… Il ne crée ni empire, ni religion ; il n’a ni Dieu ni maître, ni loi, ni république ni nation… S’il a un temps du pouvoir, il transmet et partage ce pouvoir.

Le talent n’excuse rien non plus : surtout pas l’exhibitionnisme agressif et outrancier, la « baise » telle qu’on la conçoit et la vit aujourd’hui, la pédophilie, l’édification de fortunes colossales sur le dos de millions de gens, et tant d’autres ignominies !

 

 

                        EN REVIENDRA – T’ IL, DE  CES  GEANTS ?

 

            Une biographie de Serge Gainsbourg, une autre de Jacques Brel, une autre encore d’Albert Camus, et celle que je viens de commencer, d’Elisée Reclus…

 Eh Oui ! Dans cette bonne ville de Dax ayant pour maire Forté, à la bibliothèque municipale, on y peut trouver Elisée Reclus, le « pape » des anarchistes. Je venais, la semaine dernière, d’y emprunter une biographie de Léo Ferré…

Telles sont ainsi, depuis quelque temps, mes lectures… Lorsque je remise « Cassiopée » sur sa table de travail, et ne l’ouvrant de nouveau qu’aux petites heures matinales lorsqu’il y a moins d’affluence sur la « Toile »…

Hier soir, le 22 janvier, sur Arte, c’était « Pour qui sonne le glas » suivi d’un long documentaire et d’une biographie d’Ernest Hemingway.

Ernest Hemingway je l’avais vu en personnage de cire au Musée Grévin : quel monument ! L’on l’eut cru au plus vrai, en chair et en os !

            Tous ces grands esprits, ces géants de la littérature et de la musique, me fascinent… Et je me dis alors que dans le monde où nous vivons présentement, pourtant si foisonnant d’œuvres, d’auteurs, de chanteurs, de groupes musicaux, d’artistes, d’écriture, de pensée, de modes, de manifestations culturelles et de festivals… L’on arrivera cependant à se dégager de cette médiocrité ambiante, quotidienne et désespérante, formatée et véhiculée d’un bout à l’autre de la Terre… On se demande d’ailleurs quel « commun des mortels » ne fait aujourd’hui rien, dans ce pays, la France, où tout le monde écrit, fait de la musique, peint, expose, karaokète, se nippe, se farde, se « shoote » et chauffarde dans sa bagnole… Au pays des Droits de l’Homme et des amendements à rallonges, au pays de Johnny le séducteur de trois générations ; oui, dans ce pays où l’on peut aussi y crever de misère et de solitude il y court dans les rues de nos cités, entre les blocs d’immeubles de la couronne parisienne et des ZI de nos grandes villes, une médiocrité ambiante et quotidienne, déliquescente et effaçeuse de rêves…

En reviendra-t-il de ces géants ? Au milieu de tous ces gnomes cascadeurs et surmédiatisés ?

Non, la médiocrité n’avait encore jamais eu ce visage là : celui de cette culture kitsch applaudimétrique, voyeuresse et lazerifiée, pirouettant de génies de rechange, culbutante, lambadante, officiellement immoraliste et d’une consistance de guimauve quand elle ne se liquéfiait pas dans le quotidien des panneaux publicitaires défigurant les paysages urbanisés et des embouteillages aux heures « de pointe »…

En reviendra-t-il de ces grands esprits et de ces géants à tirage balayant les confettis phosphorescents d’une médiocrité sans fond ?

Certes, les « Géants » que je cite ne sont pas des saints, loin s’en faut ! Par exemple Gainsbourg lorsqu’il brûla un billet de 500 balles sur un plateau de télé ! Par provocation sans doute ! Ni pour ce que disait de lui Jane Birkin avant qu’il n’ait avec elle le 17 juin 1968 une certaine conversation devant un certain piano dans un certain bar !

Aucun d’entre nous, les enfants de la Terre, n’échappe à cette règle commune, du pire et du meilleur, de l’ordinaire et de l’exceptionnel… qu’une « nouvelle règle » de nos jours semble écarteler et disperser dans une absence d’avenir comme des confettis jetés dans toutes les fêtes possibles mais des fêtes qui ont perdu leur magie.

Les confettis sont gris, à force d’avoir été brassés dans toutes les couleurs du temps : ils n’ont plus de pire ni de meilleur, ni d’ordinaire ni d’exceptionnel…

Oh, géants et grands esprits, refaites nous les tirages d’antan, les vrais, ceux qui faisaient vibrer les cœurs !

Oui, c’est vrai, vous n’aviez pas changé le monde… Mais c’est le monde qui pourrait bien changer, du vide que les idoles nouvelles auront laissé, et des décors jetés à terre que les affamés auront fini par piétiner.    

 

 

                       

                       

                        AUTOUR D’UN VERRE, chez « Passion des Mots »…

 

            J’aime bien ce thème de discussion entre nous « Autour d’un verre ». C’est très sympa et très convivial. Très simple aussi… Appelons un chat, un chat ! Cela dit bien ce que cela veut dire ! L’on peut ainsi partager des émotions, des éclats de rire, et parfois, mais sans « se prendre la tête », avoir des sujets de réflexion…

Au temps de Flaubert et de George Sand, de Verlaine, de Rimbaud et des Impressionnistes, il y avait les cafés littéraires, les clubs, les salons et les cabarets où l’on se rencontrait… Certes l’absinthe pouvait couler à flots, relayée par quelques « pétards » et fumées de pipes, l’on y « refaisait le monde », l’on s’y présentait les derniers poèmes ou projets de livres… L’on y « escagassait » les bourgeois, les convenances et la médiocrité de l’époque et l’on y « cabalait » de tout son esprit, de sa verve et de ses pamphlets.

Mais c’était là un autre temps que le nôtre ! Avec les mêmes déserts relationnels, les mêmes solitudes, les mêmes exclusions, les mêmes misères qu’aujourd’hui cependant…

De nos jours, il y a les forums du Web, les sites et les blogs… Avec son petit verre, son absinthe, son « petit noir »…virtuels, en face de l’écran ! Il faut certainement, enfin peut-être ! Plus de talent, d’imagination, de flamme d’esprit et de cœur, de gravité et d’humour, de mots à trouver dont on discerne le ton et la voix ; de « smiles » et d’art de la ponctuation… Pour pallier à l’absence des visages, des regards, des gestes, des sourires, et de ce ton, de cette voix…

Dans la communication virtuelle, par e-mail et par forum, même en collant sa photo ou son avatar, il doit falloir à mon avis un talent qui n’existe pas, un art à inventer pour concurrencer les rencontres dans les cafés et les cabarets !

J’ai rêvé de maîtriser cet art, d’avoir ce talent… Mais à quoi me serviraient-ils, cet art et ce talent, tout seul devant « Cassiopée », mon ordinateur ?

Si la beauté de vos âmes… que je devine ou que je surdimensionne, par les réponses que vous me faites ou par ce que je lis de vous, me donnent de si belles nuits ou de si clairs matins, m’inspirent les mots que je vous écris, m’émeuvent comme un gosse de 15 ans amoureux de sa première fille… Je n’en suis pas moins le verre dans le cœur et vos regards dans mon imaginaire, seul en face de l’écran de mon ordinateur… Cela vaut-il de vrais regards ?

 

 

                        JAMAIS…

 

            Jamais je ne me mettrai à genoux en face de tous ces visages, de tous ces principes, de toutes ces modes et de toute cette machinerie à rouages bien huilés de la Reconnaissance Officielle et médiatisée qui a cours dans les églises de la Culture, les parcs expos, les étals de maison de la presse, les salons du livre, les pages de magazine… Et les réunions de famille.

C’est plutôt à tout cela, de plier !

Et je ne reconnais de ces visages, de ces « primés », que ce qui est crédible, parfois muet, effacé ou inconnu… de ce meilleur d’eux-mêmes qui ne ressemble à celui d’aucun autre.

Ce qu’il y a de plus vrai et de plus beau en un être n’est pas forcément sur les tréteaux…

 

 

            TROUSSALET  HECTORION

 

            Il s’appelait Troussalet… Troussalet Hectorion pour être plus précis…

Il demeurait à Sainte Ursule les Engelures, hameau de quelque cinq cent âmes sur le plateau de Chibrac à 1300 mètres d’altitude, en Alfrancie méridionale…

A Sainte Ursule les Engelures il n’y avait ni ADSL, ni WI FI ni Multimédia. Ni même de « bas débit » puisque pas de Web du tout.

Un vieux car tout crapi tout vermoulu de capot et de pare choc, assurait trois fois dans la semaine la liaison avec la grande ville du pays de Chibrac située à 70 kilomètres, Mandoline.

Troussalet Hectorion ne se déplaçant qu’en vélo, décida, un 29 février , de traverser le plateau gelé pour se rendre à Mandoline, à la Grande Poste.

Dans l’une des sacoches de son vélo « à la papa », il avait inséré, enveloppé de papier journal, son manuscrit dactylographié, de trois cent pages environ : « Les Sentiers de l’Espoir »… Une œuvre plus ou moins autobiographique truffée de philosophie sentimentale et de quelques fantasmes. Une rencontre, une séparation, un drame… tel était en gros, le thème du roman.

Troussalet Hectorion s’était dit qu’il trouverait bien à la Grande Poste de Mandoline, l’emballage prêt à poster qui conviendrait pour l’envoi de son manuscrit aux Editions Gallinacet, de Panamo…

            Nous étions en l’an de grâce 2027 mais, à Sainte Ursule les Engelures l’on eut cru le calendrier en retard de quelques générations.

Sur sa Remington à la Hemingway, Troussalet Hectorion « balzaquait de première » selon son sentiment, sur ces « Sentiers de l’Espoir » gentiment désuets. Et de nobles et grandes espérances s’alanguissaient dans des voyages au bout de la nuit déchirés par les voix imaginaires d’affreux contradicteurs supposés…

Cependant les grandes espérances reprenaient de l’élan lorsqu’apparaissait dans son ravissant imperméable de star littéraire, avec un visage offert et des lèvres entrouvertes, la Responsable en Chef du Comité de Lecture de la célèbre maison d’édition Gallinacet… Mais bien sûr, la jeune femme très chic n’était dans la réalité de la nuit hivernale inachevée, qu’une écharpe de brume, longue, visagée et cintrée, se balançant dans un ciel encore tout de noir vêtu…

            A Sainte Ursule les Engelures, on y gèle, on y gèle, en février… On y gèle de l’âme et de la braguette lorsqu’on se nomme Troussalet Hectorion, qu’on rêve des feux de Gallinacet et qu’on maudit tous ces pedzouilles, ces fumistes et ces illusionnistes chevronnés qui eux, décrochent les prix, font des tirages et passent à la Télé chez Laumennoir samedi soir…

Désuets, les « Sentiers de l’Espoir » ? C’est ce qu’on va voir !

Il a tout de même pris un conseiller littéraire, le Troussalet ! Un conseiller littéraire patenté et référencé qui lui balarguait en haut et à gauche de ses feuilles A4, au dessus des marges emplies de cinglantes rougeurs… du « cher Hectorion » !

Même son porion, du lundi matin au vendredi soir, dans les galeries vitrées de la Mine des Réalités, à l’heure de la pause, y croyait aux « Sentiers de l’Espoir »…

« Eh, Hectorion, t’en es à quel chapitre ? »

            Attention ! L’Hectorion, il va peut-être la décrocher, sa sélection par le Comité de Lecture de Gallinacet ! Eh, dame ! Par les temps qui courent, depuis qu’on a fêté le centenaire de 14/18, qu’on exhume les vieilles machines à écrire, et qu’on dit qu’il y a trop de monde et de merde sur le Web, on publie moins en ligne paraît-il ! Et un manuscrit expédié dans un emballage postal, en 2027, c’est pas encore redevenu aussi courant qu’au temps de la « possibilité d’une île » en 2005 !

            Oui mais… Seulement voilà :

L’Août tire à sa fin, le plateau est brûlant, et Gallinacet n’a pas répondu !

« Vous m’avez bien niqué la tête , Sentiers de l’Espoir », se coucha Troussalet… Hectorion pour être plus précis… Au premier soir de septembre les volets clos et le drap autour du cou… 

 

                        DE  MON  CLAVIER  A  VOS  VISAGES

            Il m’arrive parfois de ne pas donner signe de vie durant plusieurs jours.  

Etant présent sur plusieurs forums et poursuivant, alors que je me croyais momentanément « tari », des travaux d’écriture, je « navigue » entre les espaces Webiens tel un cosmonaute trapéziste confondant parfois exercices de voltige, tours de magie et sauts dans le vide…

Si certaines chutes sont brutales, déchirures, bleus et luxations ne sont toutefois pas assez sévères pour me clouer sur le tapis.

Un certain « Hememene » cependant, personnage acide et cinglant, provocateur et perfide, ayant récemment sévi à la « Rue des Auteurs », m’a bel et bien « assassiné » de première, et par la même occasion, menacé de ses acidités quelques âmes sensibles… D’aucuns le croient issu de Wanadoo, un doublon de « professeur Lohman ». Selon ses insinuations, ce terrible Hememene projetait de s’infiltrer ailleurs qu’à la rue des auteurs, notamment sur Alexandrie et pourquoi pas sur Passion des Mots… Horreur et damnation, que ces lèvres putrides s’approchant de visages délicats et soufflant une haleine exécrable ! Nulle féminité si complice soit-elle… ou inconsciente, ne saurait offrir à ce Hememene son sourire et son regard, sa voix et ses atours !

Mais ne noircissons pas trop le tableau : ce Hememene après tout n’est sans doute qu’un mythe… Et le mythe erre, rend l’âme et devient chrysalide…

Trapéziste dans le cirque du Web sans avoir été à l’école du cirque… Un soir à Sainte Ursule les Engelures, un matin à Mandoline et un après midi à Panamo, est-ce vraiment gérable et raisonnable ? N’y confondrais-je point mon latin et les éclaboussures en pétales de soleil de ma source ?

De par ma conception de la relation humaine, j’ai quelque peine à en considérer et surtout à en vivre la banalité, la fugacité et le manque de consistance qui, dans le monde présent, semblent prédominer. Certes je conçois bien que l’on ne puisse envisager des relations durables dans un univers aussi habité de voisins réels ou virtuels puisque la réalité nous impose forcément des choix et des priorités… Mais je constate avec amertume et frustration que le « paysage » est assez sec, souvent dépourvu de ces fleurs délicates dont on tombe éperdument amoureux, et que violence, vanité, indifférence, provocation anonyme voire vulgarité et insanité… courent dans les rues de la vie, galopent sur le Net.

A tant de violence, d’intolérance, de provocation et de médiocrité, à tant de pornographie et de si sordides desseins ; faut-il brandir l’esprit et le cœur, la bonté, la tolérance et la culture comme des « étendards de vertu » qui, jusqu’à preuve du contraire, n’ont jamais changé le monde, fussent-ils portés par les plus grands esprits de la Terre ?

Que n’a-t-on assassiné, trompé, haï, exclu… Au nom de la lutte du Bien contre le Mal, au nom d’un Dieu ou d’une idéologie ?

Il y a bien là, une tragique et lucide interrogation.

Dans un monde qui ne serait que manichéen, réduit à un champ de bataille, tous les arbitres crieraient « que le meilleur (ou le plus fort) gagne ! »

Bien sûr… Il n’y a place que pour une « espèce » de combattants ! Question de survie ! La survie d’une espèce ! On en est toujours là ! Il faut donc s’y résoudre.

Le Bien, le Mal, le Paradis, l’Enfer, les Bons, les Méchants… Et que sais-je encore !

…. Et les grands océans, qui, plus encore que ceux de Magellan, seront ceux des navigateurs d’au-delà de la « Manichéïe » ? Du pays des Anges et des Démons ?

 

 

                        LES  GRANDS  OCEANS

 

            Ces grands océans, ne sont-ils pas ces immensités au fond de nous, inconnues et donc inexploitées ?

S’il y a de l’ange et du démon –et il y en a –c’est sûrement à la surface du commencement de ces immensités, dans ce qui est la mémoire sensible, consciente ou inconsciente de nos forces et de nos faiblesses ; dans ce qui nous touche au corps et à l’esprit, dans la contingence d’une réalité incontournable…

Mais… Au-delà de cette opposition conflictuelle entre l’ange et le démon, ou d’une tendance plus marquée vers une forme de clairvoyance ou d’obscurité, d’intelligence, d’instinct, de raison, de folie, d’une « dérive » existentielle, d’une absence ou d’une présence de repères, d’une sécurité relative, d’une précarité ou de l’assurance de quelques privilèges… s’ouvrent ces espaces profonds, infinis, que nous ne connaissons pas. Il y a sans doute là, quelque part, non pas un paradis ou un enfer, une « Terre promise » avec des réponses toutes prêtes, ou un néant ou un trou noir, ni une « connaissance universelle »… Mais ce que, de notre vivant, nous appelions déjà « espérance », et qui n’est que le commencement d’un « voyage » encore à venir.

 

 

                        UN  ANONYME  M’A  DIT…

 

            Un anonyme m’a dit –et dans un certain sens je souscris à son propos—« Je n’aime pas que des crétins soient encensés alors que des génies soient ignorés »…

Et je me pose en premier lieu cette question, bien que j’en soupçonne la réponse : notre époque, celle de la téléréalité, des SMS, des magazines people et des prix littéraires à la pelle, produit-elle plus de « crétins » que le Siècle des Lumières ou la Belle Epoque, par exemple ? Proportionnellement au nombre d’habitants ayant reçu une instruction primaire et secondaire, en France ou dans tous les pays à « économie avancée », je dis oui sans hésiter. Autrement dit, être instruit et informé de nos jours n’implique pas, comme cela semblait être plus logique autrefois, que l’on soit vraiment de l’élite… Soit dit en passant, j’use du terme de crétin entre guillemets… parce que je déplore l’emploi de ce terme, le trouvant quelque peu insultant ! Mais, bon ! Disons qu’il faut nuancer…

Quant à la question de savoir si notre époque ignore davantage les talents que le Siècle des Lumières, cela me paraît certain. Non pas qu’il y ait trop de talents –il n’y en a jamais assez—mais quand bien même il y en aurait davantage encore, les talents seraient « tsunamisés » par les réussites scandaleuses et outrecuidantes d’une myriade de « crétins »… dont pas un seul d’ailleurs ne peut longtemps « monopoliser » le pompon après sa « pirouette cacahouète » sur le manège emballé !

Mais je me pose cependant une autre question : n’y a-t-il pas parfois une énergie, une ténacité, une débrouillardise pousse du coude, dans la réussite d’un « crétin » ? Et des « génies » dont le talent s’est dilué dans l’existence vécue, ne s’est jamais affirmé faute, non pas de « sponsors » ou de « médiateurs » mais précisément de cette ténacité et de cette énergie des « crétins » arrivés ?

A noter que les génies, eux aussi, sont entre guillemets…

 Toute muraille, si épaisse soit elle, et même aussi longue qu’un horizon, et dure comme du granit, peut à la longue, présenter des fissures… à force de taper, de marteler, sans interruption, avec cette détermination en apparence désespérée du prisonnier qui n’en a pas moins oublié qu’il pouvait gagner sa liberté ! Alors, à force de taper, de marteler, vient enfin la fissure ! Et après la fissure, c’est la brèche… puis l’autre côté du mur ! Mon dieu que j’aime la violence de ce prisonnier qui croit en sa liberté !

 

 

                        De JIPI, sur « Passion des Mots », ce fragment de commentaire :

« J’aime dans certains extraits que j’ai pu lire, cette folie de l’écriture que l’on pourrait un peu rapprocher du surréalisme tout en s’en écartant. »

 

            Ma réponse :

Tu dis « une folie de l’écriture »… Oui, c’est vraiment cela : une folie ! Une rage même ! Une rage pouvant aller jusqu’à l’indécence ! Mais n’excluant pas, loin s’en faut, la générosité !

Une « dérive », aussi ! Une dérive dans un espace que les « arpenteurs » de la planète Terre ont décrété connu, une dérive de hiéroglyphes en 3D !

Traduis ! Me dit-on parfois ! Mais que traduire en vérité ? Est-ce que l’on peut vraiment « traduire » certaines interrogations, certains étonnements, et un « certain regard » ?

L’on me dit aussi que je suis à la fois trop prolixe et trop dense… Que je devrais diluer tout cela dans du banal, des choses de la vie… Que cela finit par en perdre sa teneur et sa force ! Mais c’est peut-être là, ce « martèlement » déraisonnable, cette attente de la « fissure »…

 

            LA BRUYERE A RAISON… MAIS…

 

            Le monde est plein de gens qui, faisant intérieurement et par habitude la comparaison d’eux-mêmes avec les autres, décident toujours en faveur de leur propre mérite, et agissent conséquemment. ( La Bruyère )

 

            Il y a aussi des gens qui, par une réflexion intérieure sur eux-mêmes, et par une sorte de nécessité, se posent la question essentielle de l’ existence de ce qu’ils expriment… Ceux là ne se comparent pas aux autres et ne décident pas en faveur d’un « mérite » qui, de toute manière, leur paraîtrait aléatoire si l’idée de ce « mérite » leur venait… Ceux là agissent toujours selon ce qui vit au « cœur de leur réacteur », que cela soit apprécié, contesté ou ignoré… Toute la question est de savoir si ce qui vit dans le réacteur a une réelle existence… ou n’est qu’une idée, un leurre, une supercherie, une mystification… Auquel cas la vie n’a plus aucun sens puisque le sens, c’est précisément l’existence de ce qui vit et non pas la mystification déguisée en ce qui vit…

 

                        CARICATURE NON MAHOMETANTE

 

            Avez-vous eu connaissance de la caricature de Ségolène Royal dans le Canard Enchaîné ? Si je compare cette caricature à celle de Charlie Hebdo, je l’estime plus « racée », plus « artistique », que le visage de la « présidentiable » dessiné par Charlie Hebdo !

Soit dit en passant, 63 pour cent de nos concitoyens selon un récent sondage voteraient pour Ségolène Royal. Si les sondages sont à mon sens assez douteux et intentionnellement orientés, il n’en demeure pas moins que cette femme, bien habillée, niveau genoux, veste et jupe de bonne coupe, talons aiguille, assez classe et somme toute, de visage pouvant passer pour agréable… siérait à bon nombre de nos concitoyens masculins… Qu’elle ferait bander, allez ! Osons le dire !

Jospin à ses côtés, « ne ferait pas le poids ». Si mes souvenirs sont exacts, les journaux satiriques à l’Epoque Elephantine le gratifiaient d’une effigie chou-fleuresque de vieille papotant dans un salon de coiffure… (mon dieu que l’on est cruel !)

Ah ! Eternel culte des apparences ! Et viennoiseries douce-amères des buffets politiques !

 

 

 

2 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. libera 24/02/2007

Luogo molto buon:) Buona fortuna! http://www.bovso.org/libera

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

a href="http://www.hebdo-landes.com" target="_top">Référencé sur Hebdo Landes !