Je vous invite ici en toute confiance au coeur même de mon réacteur

J’hésite tout de même quelque peu à verser dans le domaine public ces « confidences » d’un pirate de l’écriture. J’envisageais selon ma première idée de réserver cette rubrique, que j’intitule « Au cœur du réacteur », à l’attention de quelques « initiés » détenant une « clef » d’accès.

La rubrique, inaccessible au commun des mortels, fût-il de mon « cosmos », ne serait tombée dans le domaine public qu’après ma mort…

Mais j’ai réfléchi et je me suis dit que n’ayant rien à dissimuler de ma vie, ces confidences dont on pourrait croire qu’elles me découvriraient et me fragiliseraient, ne peuvent en aucun cas porter atteinte ni à mon intégrité ni à ma « crédibilité ».

Si certains de mes semblables sur cette Terre, et oh comme je les comprends, ne manquent pas de « m’estocquer » en quelques points « névralgiques », je les attends de pied ferme et sûrement pas les yeux dans les chaussures. Je dévoile donc. Mais je renforce mon blindage.

Et je commence. Par ce que j’appelle dans mon jargon : la magie de la féminité.

J’ai une « sainte horreur » de la pornographie en général et en particulier et sous toutes les coutures. Une horreur absolue, dis-je. Mais j’ai un copain de la Poste, Patrick Camy, mon successeur en tant que chef d’établissement au bureau de Lesperon dans les Landes, avec lequel j’ai été en stage de formation au printemps 99 à Bordeaux, qui n’arrête pas de me charrier chaque fois que nous nous voyons au restaurant de Lévignacq, sur ma sainte horreur de la pornographie. Je dois dire cependant que la manière dont mon copain me charrie sur ce sujet, me fait crever de rire. A tel point qu’avec lui je conçois de parler porno… A ma façon.

Combien de fois par exemple entre autres grivoiseries, n’avons-nous pas évoqué les petites robes d’été de Patricia, la guichetière de la Poste de Lesperon. J’ai même un jour avoué à mon copain que « de mon temps », par les fortes chaleurs de juillet lorsque Patricia arrivait au bureau vêtue d’une petite robe bleue toute simple qui lui seyait à merveille, il m’arrivait de « fantasmer »… En tout bien tout honneur je tiens à le préciser. Outre cet émerveillement d’été, qui générait dans mon esprit et dans mon cœur de ces « lyrismes » et de ces envolées mémorables… Et de ces « transes » si largement situées au dessus de la ceinture, il y avait aussi un émerveillement d’hiver, d’orage ou de gros temps, lorsque Patricia s’engouffrait dans le bureau, poussée par une violente rafale, vêtue cette fois d’un imper à la Colombo et déposant son joli parapluie rouge et blanc. De son sourire et de son regard mouillés de pluie, elle me disait bonjour, dénouait la ceinture de son imperméable en un geste de jeune star de ciné inconsciente de son charme et sans la moindre affèterie.

Je reconnais qu’avec mes chers copains et copines de la Poste lors de ces retrouvailles hebdomadaires du vendredi midi au restaurant de chez Jojo à Lévignacq, je me suis maintes fois attardé sur ces instants sublimes vécus dans les chaleurs de juillet ou les rigueurs de quelque tempête hivernale, à la seule vue de cette fille si nature, si vraie, si « braque » parfois, mais qui n’aura jamais de sa vie entière une once d’hypocrisie… Aussi cette fille tient-elle dans mon cœur une très grande place et j’ose espérer que dans une « réincarnation » ou autre vie possible, ses petites robes d’été et son imper à la Colombo raviront autant le cœur et l’esprit ( avec un tout petit peu d’électricité soyons francs ) d’un « yugcib » en « nouvelle session de rattrapage ».

De tout temps à jamais, et sans doute jusqu’à mon dernier souffle, je les rêve « chic et classe », tendres, discrètes, complices, délicates, et d’une gentillesse à en crever de régal… Avec un joli visage, non peinturlurées, non piercinguées ferraillées et pas avec la bouche en anus de pigeon barbouillé de jus de cerise.

Pardon pour les filles et les femmes qui se maquillent et se ferraillent. Après tout, si elles se pensent mieux ainsi, pourquoi pas ? Quelle est, au fond, l’image que l’on préfère : celle que l’on se donne à soi même pour se sentir « bien dans sa peau », ou celle que l’on souhaite donner à l’autre et qui, éventuellement, peut le régaler ?

Ça me fait mal, mal comme un arrachement ou une déchirure, ces arceaux en pendentif aux oreilles, ces boucles à l’architecture impossible, cette quincaillerie lilliputienne aux lèvres, aux narines, aux paupières et j’en passe… C’est curieux, mais la seule vue d’une boucle d’oreille énorme, en pendentif, ça me fait ressentir une douleur de déchirement, comme si cette boucle était pendue à mon oreille et que quelqu’un en passant me l’arrachait brutalement. En écrivant ces lignes d’ailleurs, je sens réellement la douleur.

Elles ont toutes, dis-je, un joli visage. Un éventuel « décalage » entre ce que j’imagine ou ce dont je rêve, et la réalité au moment de la rencontre, ne me gêne absolument pas. Il y a en ce monde tant de laideur, de violence et de saleté, que, même aussi conscient que je le sois d’une réalité sans magie, sans poésie et d’une implacable dureté, le seul moyen que j’ai trouvé pour que la noirceur n’ait prise sur mon âme, c’est d’embellir à tout prix, d’extraire de l’immaculé, de la beauté et de la lumière, de là où l’on dit qu’il n’y en a pas. Mais quel travail ingrat et incertain pour l’orfèvre déraisonnable que je suis !

Et peu me chaut la rondeur des fesses, la proéminence des nénés, ou autres détails de l’anatomie d’une femme ayant le « vent en poupe » selon les « canons » habituels que modes et tendances déifient. D’ailleurs, celles que je regarde dans la rue ou en tout autre endroit public, en général répondent à mon sourire et à mon regard parce que je sais bien que celles là, précisément, ne sont presque jamais remarquées ou observées. Et c’est fou ce que ça fait du bien, de faire du bien à une fille qui n’a pas l’habitude qu’on lui fasse du bien !

Ce qui m’émeut énormément, c’est quand je rencontre une vieille femme qui a encore dans son regard, dans l’expression de son visage, sa manière d’être et parfois son habillement, tout ce qu’elle était de cette jeune fille d’il y a 40 ou 50 ans… Il y a dans la survivance d’une si jeune et si émouvante féminité, même par delà les dizaines d’années écoulées, une souveraine beauté.

Lorsque j’étais conseiller financier à la Poste de Bruyères dans les Vosges, j’avais dans un village voisin, Fays, une « cliente » âgée de 76 ans à l’époque, Madame Gaumel Marcelle. L’on n’aurait jamais pu croire que cette femme fût âgée de 76 ans ! Son visage était celui d’une jeune fille et j’appréciais madame Gaumel pour son accueil, sa délicatesse… Et les longues conversations que nous avions ensemble. Je lui faisais écouter mes cassettes audio, après avoir rempli sa feuille d’impôt.

Un jour, j’ai osé lui dire ceci : « Si j’avais votre âge et si j’étais encore seul dans la vie, je crois bien que je vous demanderais en mariage ». Elle venait de perdre son mari l’année passée. Monsieur André Gaumel était un homme autoritaire mais généreux, très enraciné dans ces « valeurs » auxquelles il croyait. Il avait été contremaître aux papeteries Mougeot à Laval sur Vologne. Avec ce « client » de la Poste, l’un de mes meilleurs et des plus fidèles, chaque fois qu’un nouveau placement était en vogue, je réalisais grâce à lui un chiffre d’affaire qui mettait mon animateur des ventes en joie et me propulsait dès le début des « campagnes » en tête du hit parade des conseillers financiers en matière de placements de la CNP.

Bien que très méfiant et ne se laissant pas « embobiner » par les banquiers et les assureurs –tous des bandits –disait-il, je jouissais néanmoins auprès de lui d’un crédit extraordinaire, et bien qu’il savait que j’étais « de gauche » et même un peu anarchiste sur les bords, nous avions ensemble des discussions passionnées.

Aussi lorsqu’il mourut et que je dus m’occuper des affaires de madame Gaumel, je pris conscience de ce qui m’ancrait si fort dans le cœur et dans l’esprit de certaines personnes à partir de ce moment particulier et privilégié où dès la première rencontre, un courant de communication s’était établi. Il faut dire qu’en l’occurrence, le jour de mon premier entretien chez monsieur et madame Gaumel à Fays, le visage de madame Gaumel m’avait singulièrement inspiré pour que je puisse dès le début de l’entretien exprimer ce meilleur et plus vrai de moi-même investissant sans la moindre résistance le cœur de ces braves gens.

La magie de la féminité n’a pas d’âge et ne dépend en aucune façon de la manière dont le postérieur se dandine. Cette magie là vaut bien toutes les étreintes, tous les embrassements et toutes les attentes de cette femme dont on rêve, que l’on croit parfois rencontrer mais dont le « caca dans le ventre » et les « bintzeries » prosaïques de la vie quotidienne nous rappellent que toute relation entre deux êtres, si intense ou durable soit-elle, n’en demeure pas moins d’une déconcertante fragilité. Et que le combat que l’on mène pour atteindre ce qu’il y a de plus beau et de plus haut dans le ciel est un combat difficile, inégal, permanent et qui fait plus souvent de nous des perdants que des gagnants.      

            Dans ces quelques confidences dont j’ai bien peur qu’elles s’éternisent sur des pages et des pages, je salue de ce clin d’œil qui est le phare de mon âme, tous ceux et celles qui me lisent, en particulier les « alexandrettes » Woland, Moon, Piétra, Perrine and Cie, qui m’ont répondu dans les forums d’alexandrie ou qui ont écrit dans le livre d’or de yugcib. Je monterais bien avec elles un petit « cénacle » dans lequel il n’y aurait ni penseur ni commandant en chef, sous une tente ouverte au milieu de ce qui à priori ressemblerait à un désert mais qui très vite n’en serait plus un. Mieux qu’une bibliothèque ou une médiathèque, nous adjoindrions en notre « cénacle » un ami sublime, Becdanlo, peut-être accompagné d’une « Becdanlèle ». Becdanlo serait en effet notre bibliothèque préférée, notamment pour toutes les citations et les références littéraires dont nous aurions besoin pour débattre ou élucubrer.

Sans doute nos successeurs devraient-ils envisager lorsque Woland, Moon, Piétra, Perrine, Becdanlo, Yugcib and Cie ne seraient plus que des chrysalides vides dans la fosse commune des forums, une plus grande tente pour un plus grand cénacle !

Ah, oui ! C’est vrai : il faut être réalistes, nous ne sommes pas éternels… Au fait, comment disparaît-on sur Internet, sur alexandrie ou sur tous ces sites et blogs où nous pouvons être référencés, sans compter les moteurs de recherche Google, Yahoo et autres ? Imaginons un Becdanlo ou un Yugcib par exemple. Il n’apparaît plus, on ne le lit plus, silence radio. Les semaines, les mois, les années passent… Il existe toujours, inscrit quelque part dans l’immensité de la « Toile », un Becdanlo, un Yugcib… Mais ce ne sont plus que des chrysalides vides, des empreintes de chrysalides.

Nous serons tous des chrysalides, parce qu’il n’y a pas de « cimetière » sur Internet, pas de faire part, les boîtes e-mail sont toujours ouvertes, les sites et les blogs arrêtés comme des pendules, des « coucous de petite mémé » avec le petit oiseau empoussiéré dans une niche…

Ma « sainte horreur de la pornographie » verrait bien les webmasters des sites pourris et leurs accros sous des pseudos crados, fossilisés après les ravages qu’ils ont fait sur Terre, en stalactites de crachats que même les « renifleurs » sur le Net de la fin du 21ème siècle mépriseront souverainement.

Si je devais dresser une liste de tous ces émerveillements qui chaque jour illuminent mon esprit et mon cœur, je me demande bien s’il demeurerait encore au milieu de cette suite de jours et de nuits, quelques uns de ces moments de si grande désespérance survenant parfois comme l’un de ces immenses chagrins d’enfant emplis d’innocence blessée… Mais il en est, tout de même, de ces moments.

Il y aurait, pour n’en citer que quelques uns, de ces émerveillements sublimes… Le sourire et le regard de ma femme lorsqu’un de mes silences lui fait penser que je m’éloigne d’elle ; l’accueil de mes « petites fées » à la Poste de Bruyères ; la gentillesse et la sollicitude de mes « petites étoiles » de l’espace Multi Média à Rion des Landes ; un petit mot de Piétra, de Moon, de Perrine ou de Woland entre autres « alexandrettes » dans le forum de discussion ; un encouragement ou les « petits filons de mine d’or » de Becdanlo sur alexandrie…

Ma liste pourrait ainsi s’allonger à l’infini, à tel point que je me dis :  « Une vie, c’est quand même plus long que le simple souffle qu’on dit passer, puisqu’il y a autant de « petites éternités » d’émerveillements.

A toutes les personnes qui se trouveraient dans une situation de leur vie particulièrement difficile, telle qu’un univers de solitude, de fractures relationnelles, d’évènements dramatiques ou de handicap lourd, et qui penseraient que « l’expérience devrait s’arrêter » ; à tous ces jeunes qui, pour des raisons nous échappant, seraient un jour de leur vie en équilibre instable au seuil d’une porte ouverte sur l’inconnu… Je leur tends une main qui n’est que celle d’un nain mais dont la force peut retenir la main d’un géant perdu suspendu au bord d’un précipice.

            Si la magie de la féminité n’a de cesse de m’enchanter, l’immagie du sens commun m’a toujours dérouté. J’en donne pour exemple cette scène de roman ou de film si souvent écrite ou portée à l’écran : la scène du repas en tête à tête dans l’un des meilleurs restaurants de la ville lorsque notre « héros » à l’allure de Sean Connery sous la lumière feutrée d’une vacillante chandelle, offre à la belle dame aux épaules nues en robe du soir, le petit écrin au contenu ayant coûté « la peau du cul » à notre beau Sean Connery. Je trouve cette scène usée à l’extrême, désuète, ridicule et d’un conformisme dont je m’étonne de la survivance en ce début de 3ème millénaire. Et qui plus est, le dialogue est généralement d’une platitude, d’une nullité, dis-je, à la mesure des innombrables et traditionnels « remake » de cette scène qui, de Cannes à Hollywood en passant par toutes les salles de cinéma du monde depuis des générations d’acteurs, ne cesse de faire vibrer les spectatrices de toutes les classes sociales en mal d’amour ou rêvant d’un beau cavalier empli de prévenances et de distinction.

Merde à l’écrin, et merde à tous les Sean Connery du monde ! D’autre part, même dans les films ou les romans les plus « intelligents », l’on en revient sempiternellement à ces scènes de « apoilisme » dont on rehausse le déroulement par une composition musicale, voire orchestrale « super grand – bleuique » ou, plus communément, dont on dimensionne les ébats entre deux corps en un ballet purement pornographique. Il fut un temps où Isabelle Huppert, par exemple, sur une heure et demie de pellicule, se dandinait à poil une bonne heure durant.

Pour ma part, j’ose vous livrer cette confidence : j’aimerai mieux debout et habillé… En milieu d’après midi les volets clos dans une chambre d’hôtel Formule 1, dans les toilettes d’une médiathèque ou en quelque recoin isolé d’un salon du livre ! Mais pour en arriver là, les « préliminaires » doivent être d’un autre scénario et surtout d’une autre intensité émotive tant du cœur et de l’esprit que du reste, que tout ce que l’on peut voir au cinéma et à la télévision.

La femme habillée serait-elle plus « attirante » que nue comme un ver ? C’est possible… Lorsque ce qu’elle porte et la manière dont elle le porte lui sied au plus vrai, au plus intime, au plus émouvant de ce qu’elle est et qui émane d’elle comme une « essence » à nulle autre pareille… Et que le regard qui l’étreint, soudain jailli du ciel comme un éclair de foudre blanche, vitrifie toutes les hésitations, tous les « pourquoi » et « comment » et tout ce qui, au sens du monde, ne se conçoit pas…

Mais je crois, hélas, que si la mode et les tendances venaient à influencer la littérature et le cinéma dans le sens que je semble évoquer, alors la pornographie « habillée » ou même la rencontre « hautement émotive » dans un Formule 1 ou les toilettes d’une médiathèque, serait une nouvelle « scie ».

C’est la raison pour laquelle ces lignes aussi hardies et brûlantes que des lèvres glissant doucement entre nuque et encolure, s’inscrivent ici dans cette rubrique de confidences et n’ont-elles pas l’ambition de figurer dans quelque livre édité par un Lagardère, un Dassault grand marchand d’armes et de bombes littéraires médiatisées… Et ne sont-elles que l’expression tout à fait spontanée, formulée en confidence, de ce dont je ne parle jamais et qu’il me plaît ici de confier à des personnes avec les quelles je me sens très bien et très libre.

            Mais, tout de même, il me siérait fort que « ce langage que je parle » ait une portée ne se limitant pas seulement à l’horizon d’un « cénacle » ou des quelques personnes qui me lisent.

Pour cela je compte sur des « relais » d’information et de communication qui ne sont pas ces « voies royales » genre « people mode and tendances » que d’ailleurs dans mes écrits je combats et dont je dénonce la subordination aux valeurs purement matérialistes dédiées au culte de l’apparence, de l’argent roi et de la notoriété filmée placardée.

 Ces relais pourraient être par exemple, les bibliothèques, les médiathèques, les associations culturelles dont les nombreux sites et forums d’expression sur Internet font la meilleure publicité : celle du « bouche à oreille ».

J’ai infiniment de regret d’être inaccessible aux personnes qui ne vont jamais sur Internet et qui demeurent si attachées à la lecture traditionnelle de livres achetés en librairie au point de ne pas concevoir de lire sur un écran, du moins des pages de texte.

Ayant déjà par deux fois expérimenté la réalisation d’un livre, et ayant expliqué dans des articles figurant sur ce site tout ce que je pensais à ce sujet, j’ai donc fait le choix de « l’édition en direct » sur le web. Ce que l’on appelle « édition en ligne » offre néanmoins à l’auteur la possibilité d’être édité sans aucune « mise de fonds », mais l’œuvre une fois « mise en ligne » sous format « PDF », n’est disponible pour le lecteur qu’au prix d’un « téléchargement » ou d’un tirage sous forme de livre classique. Autant dire que l’on en revient à la « loi du marché » avec la promotion, la diffusion, la publicité… Et tout ce que cela implique de « mode and people », de « références incontournables », participation à des prix et surabondance d’œuvres sans réel intérêt mais commercialement présentables.

            Internet à la fin du 20ème siècle, c’est pour moi comme l’imprimerie à la fin du 15ème siècle. J’irais même jusqu’à dire que vivre sa vie actuelle en étant totalement étranger à la pratique du Web et de l’informatique, est une forme d’illettrisme comparable à l’analphabétisme qui régnait au 19ème siècle avant la loi de Jules Ferry.

Certes, je ne blâme pas les « inconditionnels » de la culture, de l’information et de l’expression écrite sans le Web, pas plus que je n’aurais blâmé au 19ème siècle les gens qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école mais qui néanmoins les éduquaient selon des pratiques ancestrales, des principes et des valeurs intégrant des connaissances de la vie et de la nature, leur apprenaient un métier… Mais je pense tout de même que la révolution informatique est aussi lourde de conséquences pour notre monde présent et futur que le fut en son temps la découverte de l’imprimerie. Et qu’il n’est donc pas « raisonnable » à mon sens, d’en demeurer à l’écart en dépit de tout ce qui justifierait un rejet des « nouvelles technologies de communication ».

Qu’en serait-il aujourd’hui de la culture, de l’expression écrite, par la seule édition de livres vendus en librairie, avec toutes ces concentrations de maisons d’édition désormais entre les mains d’un Lagardère, d’un Dassault ou autre groupe financier ? Qui, à moins d’avoir un nom, une notoriété, une « marque », et d’être médiatisé pour que les ventes soient substantielles, peut espérer aujourd’hui produire une œuvre pouvant « faire son chemin », le vrai, celui de la pensée et de l’esprit ? Les œuvres de l’esprit, parce que rien ni personne ne les médiatise, sont donc méconnues du « grand public » et n’intéressent pas les producteurs de culture standard. Et si l’une ou l’autre de nos « têtes d’affiche » parfois, invitée sur un plateau de télévision par Sébastien ou Ardisson, affiche sincèrement sa foi en des valeurs moins matérialistes et le prouve par son investissement dans des causes humanitaires, il n’en demeure pas moins que les choses de l’esprit et du cœur sont encore loin de prendre la première place de toutes les activités humaines.

Si le Web est un moteur de vulgarisation du vulgaire et du sens commun à tel point qu’il envahit de ses productions « polluantes » tous les univers sociaux, il est aussi un moteur de développement culturel, par la diffusion NON MARCHANDE des œuvres de l’esprit que les éditeurs prostitués à la loi de l’argent et vendus à de grands prédateurs, ont rejeté dans les oubliettes.

C’est la raison pour laquelle les « bons livres » nouveaux sont de plus en plus rares, et qu’on ne les trouve même dans les salons du livre, qu’auto édités par l’écrivain lui-même. Et que les libraires, les maisons de la Presse et magasins de grande distribution qui se baptisent « espaces culturels », ne vendent plus que ce qui se « consomme ».

            Mon « ex – future – belle fille » âgée de 20 ans achetait régulièrement le magazine « Closer », et je crois bien une fois l’avoir vue lire un livre de ces collections « Harlequin » dont la couverture présente généralement un couple en situation d’embrassement. Sachant Marie très peu versée dans le domaine du littéraire et des études en général, quoique d’après ce que j’ai pu à tout hasard lire d’elle, me laisse penser que son expression écrite peut être très correcte et même imagée, je n’ai donc pas été très étonné de son goût, somme toute de son âge, pour le genre « People mode et tendance »…

Dans les derniers jours d’avant la séparation, alors que Marie, avant de se mettre à table pour le repas de midi, venait de déposer le « Closer » sur une chaise, j’ai feuilleté ce magazine, peut-être pour ainsi dire, risquer une incursion dans l’univers de son esprit et de son cœur… Si j’avais eu une fille, et qu’elle m’eût quelque peu ressemblé question esprit et cœur, que n’aurais-je fait pour ma fille ! Marie n’était pas ma fille et ne me ressemblait en aucune façon, mais je l’eûs pour la vie entière vénérée comme ma fille, la fille que je n’ai pas eu…

J’ai surpris le regard de mon fils en direction de Marie, puis entendu ces quelques mots prononcés à la hâte : « Encore ces conneries ! » Du coup, Marie a rejeté le magazine sur une autre chaise et n’a rien dit…

Désormais, depuis la séparation, et sans doute pour de longues années à venir, la seule vue de ce magazine, « Closer » dans une maison de la presse, me fera penser à Marie, à ses 20 ans de l’année 2005… Et au saut à l’élastique de 90 mètres que j’espérais faire devant elle le jour de son anniversaire au pont de Luc Saint Sauveur…

Et ma « philosophie » de la culture People, comme toutes mes philosophies, d’ailleurs, ainsi que tout ce que je déplore, ne changera jamais rien de mon regard sur le monde et les êtres de ce monde…

Il est parfois bien difficile de concilier dureté et générosité : si l’une me paraît nécessaire en maintes situations inacceptables, l’autre ne m’en semble pas moins déterminante dans une relation dont le destin est de s’élargir et de se renforcer. Je n’aime pas la dureté du monde mais je conçois la dureté avec laquelle je traite certaines situations et comportements. Je n’accorde qu’un crédit limité à la générosité dont le monde se prévaut, mais je crois sans réserve à la générosité dont je peux faire preuve à l’égard de mes semblables, en particulier lorsque le monde les condamne sur les seules apparences qui les dévalorisent.

Je n’adhère pas forcément à la « magie de la féminité » telle que la « commercialise » et la présente le monde… Mais je crois en la « magie de la féminité » telle que je viens de vous en parler… J’y crois aussi fort qu’en un mythe qui aurait brisé le miroir de la virtualité pour jeter son visage vrai aux pieds de mes rêves et j’en suis fou de joie…

Au sujet des lectures de Marie, et d’une manière générale, des lectures de nos jeunes d’aujourd’hui –Quand ils lisent !—Je vais pour ma part, vous faire une confidence : à l’âge de 12 et 13 ans, bien qu’ayant des discussions philosophiques avec mon copain Arabe au Lycée Duveyrier de Blida, je ne lisais que « Pim Pam Poum » et « Tartine », mes illustrés préférés. Mes premiers « vrais livres » furent, un ou deux ans plus tard, les livres de la comtesse de Ségur ! Jules Verne et la « bibliothèque verte » vinrent un peu plus tard…

            J’ose imaginer pour les temps qui viennent, le développement progressif et inexorable même, d’un univers NON  MARCHAND dans le domaine de la Culture… Et pourquoi pas, dans bien d’autres domaines ? En un tel univers, la seule monnaie qui y aurait cours, serait celle de l’énergie créative, du partage et de l’échange des connaissances et du savoir, ainsi que celle de l’initiative et de l’action de chacun des acteurs que nous sommes sur la scène du monde.

Je pense que cet univers existe déjà, certes à l’état embryonnaire, mais que son essor, par les relais et les réseaux qui s’implanteraient, pourrait bien devenir difficile à combattre par ces puissances qui, aujourd’hui encore, exercent une domination inacceptable aux yeux de nombreux humains. 

          Pour lire la suite du "coeur du réacteur", allez dans "Ma forge 5" et à la fin du texte intitulé "Arthur et Catherine", cliquez sur "Allez suite 1"

    

 

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Commentaires (1)

1. gaumel gérard 31/01/2006

bonjour je trouve trés émouvant votre récit de ma tante Marcelle Gaumel,Je tiens à vous préciser que mon oncle André Gaumel n'a pas travaillé à la papeterie mougeot de Laval il a travaillé au tholy dans le textil.C'est mon autre oncle Roger Gaumel ainsi que son épouse et maintenant sa file et son mari qui ont travaillé(travaillent) à la papeterie de Laval.

Mais cela n'enléve rien à la qualité de votre texte.Je vais dés que je le pourrai lire vos ouvrages.

Cordialement

G.Gaumel

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