Des confettis sur la Toile, 6

                        LETTRE OUVERTE A UN GRAND EDITEUR

 

            Monsieur Gallimard, monsieur Albin Michel, monsieur Le Seuil… Vous qui recevez chaque année encore par la Poste dix mille manuscrits, que pensez vous des gens qui publient leurs œuvres sur le Web sous forme de fichiers PDF à télécharger, ou utilisent les services de l’édition en ligne ?

N’y a-t-il pas une différence à prendre en compte entre d’une part le désir d’être publié et vendu en librairie en x exemplaires (x représentant si possible un chiffre suivi de quelques zéros)… Et d’autre part le souhait d’être lu ? Avant tout d’être lu ?

Autrement dit, pour être lu, faut-il que vous soyez, vous, monsieur Gallimard, monsieur Albin Michel, monsieur Le Seuil, par la logistique des médias et de la presse littéraire, les passages obligés que doivent franchir les écrivains ?

En outre, faut-il attendre d’avoir été sélectionné par votre comité de lecture ; faut-il espérer plusieurs mois durant un avis qui ne vient pas ; se voir signifier un refus en bonne et due forme ?

Monsieur Gallimard, monsieur Albin Michel, monsieur Le Seuil, vous n’ignorez pas je suppose, l’existence de forums littéraires sur le Web, forums recevant pour quelques uns d’entre eux jusqu’à quinze mille visiteurs par mois…

Comment l’un de vos nouveaux livres que vous publiez dans l’année en cours, s’il n’est pas un grand succès de librairie et s’il n’atteint qu’un tirage de deux mille exemplaires peut-il être aussi lu que les écrits sous forme de messages dans les forums ou d’œuvres en consultation libre sur les sites littéraires ?

Des écrits qui parfois, surpassent en qualité, des œuvres que vous publiez en plusieurs milliers d’exemplaires… et qui « trônent », bien en évidence, tout près de billets de loterie chez le « tabac journaux » du coin ?

A ma connaissance, certains membres ou adhérents de ces sites littéraires « postent » plusieurs messages par jour, sont les auteurs d’ouvrages directement consultables sur ces sites, et sont lus dans les forums et dans les fils de discussion par 40 à 60 visiteurs et parfois 1500 ou plus…

Alors pour quelle raison si l’on est lu sur le Web, même si cela ne rapporte pas d’argent, perdrait-on son temps et son énergie à vous envoyer par la Poste un manuscrit qui finira au pilon sans être examiné par votre comité de lecture ?

J’entends déjà vos arguments… Entre autres celui-ci :

--Il y a trop de médiocrité, de sens commun et d’écrits inintéressants sur le Web où l’on publie n’importe quoi ; les sites « persos » et les blogs sont trop nombreux, les œuvres en ligne foisonnent, et une si grande liberté d’expression nuit à la qualité—

Mais la qualité est-elle vraiment votre souci ? Ne serait-ce pas plutôt la rentabilité obtenue par l’effet médiatique avec des auteurs « dans le vent » ou très connus du Grand Public ?

Il n’y a pas que de la médiocrité ou du sens commun sur le Web.

La facture et le talent y sont parfois présents quoique noyés dans une diversité et une immensité accrues.

            Pour conclure, mes propos vous sembleront sans doute comparables aux aboiements d’un petit roquet. Mais je suis sans complexes, la tête haute et le regard clair…

Et j’ai passé le temps de me « faire les dents » sur des Sollers, Angiot et autres, dont je souligne d’ailleurs l’existence quoique l’on puisse penser de ces auteurs… Quelque grandes soient encore mes colères, je ne « pince plus aux chevilles »…

En dépit de ce souci que vous avez de la rentabilité, je reconnais le « bien fondé » de l’existence de votre maison ainsi que les choix et les orientations que vous suivez.

   

 

                        LE GRAND OISEAU

 

            C’était un grand oiseau derrière un mur très long…

L’oiseau avait la taille d’un homme, la stature et les jambes d’un homme.

Le grand oiseau se tenait donc debout en face du mur. Et le mur était si long que l’on n’en discernait pas les extrémités, ni d’un côté ni de l’autre.

De surcroît, le mur était haut, épais, aussi dur que du métal, compact, sans la moindre fissure et lisse comme une plaque de cuisinière.

Avec ses grandes ailes plaquées sur son dos, ses jambes, sa tête d’aigle, sa fière stature et son regard perçant, le grand oiseau derrière le mur infini recula de quelques pas, comme pour prendre son vol…

Mais l’oiseau ne s’envola point. Ses ailes ne lui servaient à rien… A rien d’autre que de l’identifier aux yeux de tous les êtres demeurant de ce côté ci du mur, comme l’oiseau qu’il était, singulier certes, mais néanmoins pourvu d’ailes et d’un bec.

Le ciel était grillagé, d’un filet aux mailles serrées, métalliques, et secoué par le vent.

Tel un voile gris de nuages bas, ce filet interdisait le ciel jusqu’en haut du mur mais pas, cependant, au-delà du mur…

L’oiseau, à vive allure, fonçait vers le mur, son bec pointé en avant. Un bien étrange bec toutefois, que celui de l’oiseau à fière stature, au regard perçant et aux jambes d’homme…

Ce bec avait la forme, la consistance et la dureté d’une tête de marteau dont la densité et la puissance étaient telles, que ce bec semblait conçu pour faire éclater un bloc rocheux.

L’oiseau frappait le mur avec son bec…

Depuis des jours et des jours, des semaines, des mois, des années, l’oiseau frappait le mur avec son bec. Déterminé, inlassable, l’oiseau frappait, frappait… Encore et encore.

Aucune fissure n’apparaissait sur le mur. Pas même la trace d’un impact.

Alors l’oiseau, dont la détermination semblait toujours se renforcer, accrut le rythme de ses frappes. D’autres jours, d’autres mois, d’autres années passèrent…

            Un jour, il y eut enfin un impact, le premier, presque imperceptible. Puis un deuxième, un troisième impact… plus nets, avec des éclats aussi fins que des grains de poussière. Et tous ces impacts, peu à peu, se confondirent en une trace creuse. Une fissure apparut. Et la fissure s’élargit, devint une brèche. L’autre côté du mur parut, les bords déchiquetés de la brèche s’écartèrent, ouvrant ainsi un passage, et l’oiseau traversa le mur.

De l’autre côté du mur, l’on eut dit que c’était le même pays : rien ne semblait différent dans le paysage, de ce côté-là… A l’exception du ciel qui n’était plus grillagé.

Et l’oiseau eut un visage, un regard… Un visage et un regard d’humain. L’oiseau découvrit que ses ailes lui permettaient de voler, et son bec – marteau était devenu un nez.

L’oiseau s’envola et disparut dans le ciel…

Et de l’autre côté du mur, du côté où s’étaient étirées, superposées les années passées à marteler sans répit, le ciel n’avait plus de grillage.

 

            Le grand oiseau, suite…

 

            Comme si le mur infranchissable ne suffisait pas à lui seul, il y avait en plus, ce « ciel grillagé » ! Ce ciel grillagé qui n’eût pu exister que dans l’esprit de l’Etre Oiseau, mais qui dans la réalité du monde, existe bel et bien, en plus du mur.

Le mur symbolise la dureté du monde, intraversable et sans aucune fissure.

Le grillage symbolise la contrainte que l’on s’impose soi même et dont on souffre, et l’ensemble des contraintes que le monde nous impose.

De l’impact enfin devenu perceptible vient  la possibilité de la fissure, et donc, de la brèche puis du passage.

La dureté du monde, symbolisée par ce mur infini, n’est peut-être pas une fatalité : elle n’est avant tout qu’une réalité. Or, toute réalité ne peut exister que dans le temps et dans l’espace qui lui sont impartis pour le déroulement de son existence. Et non pour le déroulement de ce qui  précède ou  suit la réalité présente, soit une autre réalité.  

Si le grillage existe bel et bien dans la réalité du monde ( réalité dans les limites du temps et de l’espace en lesquels évolue cette réalité), ce grillage existe surtout et avant tout dans l’esprit de l’Etre Oiseau qui frappe de son « bec – marteau » le mur avec autant de détermination—et de violence— . Ce grillage là est celui des obstacles que lui impose son aspiration à la montée vers la lumière.

Dès lors que le passage s’est ouvert, la réalité du monde n’a pas changé (le paysage demeure le même). Mais l’Etre Oiseau s’est libéré de ce ciel grillagé qui, de toute évidence, n’a jamais existé ni en lui ni au dessus de lui, de l’autre côté du mur. Et qui existait derrière le mur avant que ne s’ouvre le passage, en lui et au-dessus de lui.

Ce n’est pas le passage lui-même, ni la possibilité de l’envol qui fait disparaître le grillage du côté où il était suspendu jusqu’au mur… Le grillage disparaît AUSSI de l’autre côté parce que le principe d’opposition entre liberté et contrainte a cessé de fonctionner au moment de l’ouverture du passage. Il ne reste plus désormais qu’une liberté totalement pure, absolue… Et qui ne pouvait être acquise—ou retrouvée—que par une aspiration à l’envol et à la montée vers la lumière sans la brûlure de la lumière, brûlure qui est forcément la résultante naturelle et dangereuse du fonctionnement du principe d’opposition par lequel il faut nécessairement passer… Car, « on ne saute pas les marches », les marches d’ailleurs, sont d’interminables « paliers »… Et le « bec-marteau », l’outil dont on ne peut se séparer, à condition de n’en point faire un instrument de guerre, de domination ou de destruction.

 

 

                        LETTRE D’UN CONDAMNE

 

            Lettre de Ubicgy, cellule 114, pénitencier Saint Joseph, le 22 février 2032, adressée à Cuite Dans Le Pot, pilière du forum littéraire Des Mots Des Clous…

 

            « Très chère Cuite Dans Le Pot, mon amie de toujours…

Pour la toute première fois depuis 18 ans, je suis autorisé à écrire une lettre à la personne de mon choix.

Tu dois en effet te demander ce que je suis devenu, au-delà de ce jour de l’été 2014, à partir duquel j’ai cessé d’envoyer des messages sur les forums.

Mon gardien, Rototko, a bien voulu se renseigner : il a consulté « Des Mots Des Clous », a vu que tu y étais toujours présente, et qu’en dépit de tes rhumatismes, tu tenais le coup. Rototko m’a dit qu’il avait pu te voir en photo et que ton visage était encore ravissant. Mais il m’a dit aussi que je n’avais pas le droit, moi, de voir ton visage.

La lettre que je t’écris est la seule que je suis autorisé à envoyer, l’unique, de toute ma vie entière depuis que je suis consigné en cellule d’isolement à la suite de ma condamnation. Je dois t’expédier cette lettre par la poste, à ton adresse que Rototko a pu obtenir, écrite au stylo bille de ma main sur du papier blanc.

Je n’ai pas le droit d’aller sur le Web et encore moins dans les forums d’expression ou de littérature.

Rototko avance le prix du timbre car je n’ai pas un sou. Rototko, mon gardien, contrairement à son prédécesseur qui me brutalisait, est très gentil : il accepte même d’avoir avec moi des conversations « philosophiques » si je puis dire…

            Voici, très chère Cuite Dans Le Pot, mon histoire…

Durant l’été 2014, un été caniculaire, je partis un jour encore plus torride que les autres jours, en voiture, en compagnie de trois copains, à la plage de Saint Quignon de Pin, sur la côte Atlantique…

La baignade était interdite. Drapeau rouge. Maîtres nageurs sifflet aux lèvres. Mer d’huile cependant…

Un cargo venait de « dégazer » au large et des maquereaux morts jonchaient la plage souillée parsemée d’auréoles aux couleurs d’excréments liquides.

Nous étions désoeuvrés, désargentés et sans motivations précises… Tous les flippers, machines à sous et autres jeux électroniques étaient ce jour là en panne, après un « crash » électrique sans doute causé par la chaleur parvenue à son paroxysme.

Les touristes déambulaient, nonchalants, presque nus et suant comme des animaux aux poils ras et clairsemés, des animaux pris dans une vaste étuve. L’étuve était cette longue rue bordée de boutiques, de terrasses de bar et de baraques foraines. Des chiens étendus haletaient, la queue battant le sol devant les terrasses des restaurants…

Nous ne nous parlions plus. Mes copains étaient sombres, silencieux et leurs regards perdus dans des éclairs de lumière qui martelaient d’éclaboussures incandescentes les tables des bars, les rebords des flippers et les écrans de jeux vidéo… Et tous ces visages abrutis de soleil que l’on eut volontiers foudroyés de colère parce qu’ils étaient pressés de nous devancer pour un petit mètre carré d’ombre et de relative fraîcheur…

Un grand thermomètre accroché au mur d’une maison à louer, dans un angle ombragé, affichait 41° C.

Nous nous assîmes sur des bornes de bois, écrasés de soleil, éblouis et sans forces…

L’un de mes copains tout à coup, m’arracha des mains la casquette que je venais d’ôter de ma tête pour me gratter le cuir chevelu, et me prit en même temps la clef de la voiture que je tenais dans mon autre main. Il se mit à jongler avec la casquette et la clef… Puis se mit à rire bruyamment, lança clef et casquette à l’un de mes autres copains. Ils rirent tous ensemble, inventèrent un jeu stupide qui consistait à introduire la clef dans leur slip, à faire semblant de pisser dans la casquette…

Je voulus récupérer la clef mais me heurtai à une résistance moqueuse qui peu à peu, devenait méchante et obscène. Et surtout me semblait sans fondement, d’une imbécillité qui me révoltait.

            Un éclair passa, je fus ébloui et me précipitai sur Palavan, qui serrait la clef entre ses doigts. Je tentai de la lui arracher et n’y parvins pas… Alors je le frappai de plusieurs coups de poing en plein visage. A dire vrai, je le massacrai, je tapai et tapai comme si mon poing était un marteau. Il tomba et du sang gicla au sol. Je ramassai une brique qui se trouvait là tout près d’une maison en construction et je fracassai le crâne de mon copain, à coups répétés de la brique aux coins brisés. Je sortis de la poche de mon pantalon l’opinel que je venais d’acheter cet après midi même, et dont la lame effilée brillait comme une chevelure de comète.

Jaillie d’une nuit bouillante que je sentis exploser en moi et envahir mon esprit, la lame de l’opinel traversa ma nuit intérieure soudaine, et reçut l’éclat de ce jour d’été. Je ne vis que cet éclat, n’en perçus que la fulgurance et ce que je pouvais faire de cette lumière : m’en servir pour déchirer cette enveloppe d’imbécillité, d’obscénité et d’arrogance que j’avais du jusqu’alors supporter de la part de certains de mes semblables… Je déchirai, de la pointe effilée de mon opinel, le visage déjà très abîmé de mon copain…

Après, je ne sais plus… Je ne me rappelle de rien de ce qui ce jour là, suivit…

Lorsque je repris conscience, j’étais assis sur une banquette de bois dans un local de la gendarmerie de Castagnet.

Mon procès arriva très vite. Je fus condamné à 30 années de réclusion assorties d’une peine de sûreté de 18 ans.

            Ce 22 février 2032, au moment où je t’écris cette lettre, ma très chère Cuite Dans Le Pot, je viens de terminer mes 18 années de sûreté… avec une petite avance de six mois.

Je vis la plupart du temps dans une cellule d’isolement et je ne rencontre d’autres détenus au pénitencier Saint Joseph, que lors de très courtes promenades sous surveillance dans la petite cour carrée du grand bâtiment central. Les détenus me rencontrant, me regardent comme si j’étais une bête féroce, me font des signes de haine, le poing levé…

Tous les gardiens qui se sont succédés durant ces 18 années, m’ont dit que les autres détenus m’avaient en horreur et me craignaient comme le sida, à cause de l’extrême violence et de la brutalité de mon acte. Ils ne concevaient pas qu’un être humain ait pu à ce point s’acharner sur le visage d’un autre humain. J’avais en effet porté une dizaine de coups avec la brique sur le crâne de mon copain, piétiné sa cervelle répandue au sol, et déchiré en lamelles ce qui restait de ses joues…

Lors de mon procès, ce fut, outre la violence et la barbarie de mon acte ; l’indifférence avec laquelle j’assistai aux débats, interrogatoires et témoignages, qui impressionna les jurés. Une indifférence que l’on ne pouvait qualifier, identifier, analyser, comprendre. Une indifférence comme « venue d’ailleurs », en somme…

L’avocat général lors de son réquisitoire, un discours fleuve, insista sur la contradiction qu’il y avait entre la nature de mes écrits et l’horreur de mon crime.

En cette année là, 2014, l’on célébrait le centenaire de la première guerre mondiale et sur tous les programmes de télévision, à longueur de journée, l’on « passait en boucle » des séries de reportages et de documents d’archives, de petits films réalisés à partir de témoignages écrits ; qui tous, étaient en fait présentés comme des tableaux évoquant les horreurs de la guerre. Les couleurs dominantes des scènes étaient le rouge, le noir et le feu. L’on y voyait exploser des visages, des ventres et des chevaux ; brûler des villages, des champs et des forêts…

Dans les films documentaires, l’on n’entendait que cris, crépitements de mitrailleuses et éclatements d’obus.

Mais ce qui impressionnait plus fortement encore un grand nombre de gens, c’étaient ces défilés de « gueules cassées », ces « travaux » de Frankestein entrepris sur des visages ravagés.

Je pense que les jurés, le jour de la délibération, devaient avoir en mémoire les dernières images diffusées par la télévision, de ces « gueules cassées » de la première guerre mondiale.

En cet été 2014, plus que jamais le culte des apparences n’avait autant fédéré la jeunesse de ce pays et toutes les générations d’âge mûr et vieillissantes. De nouveaux cosmétiques, de nouvelles modes vestimentaires, de nouvelles façons de plaire, de se comporter, d’arranger sa coiffure et son visage, avaient séduit notre pays de fond en comble, d’autant plus que depuis 2012, l’année de la réélection de la présidente de la république, la féminité était à l’honneur et que les hommes avaient à cœur d’exercer leur pouvoir de séduction.

Le jour de la délibération des jurés, l’avocat général en son implacable et très « sens-du-mondiste » réquisitoire, n’avait pas manqué de brandir devant les jurés et le public, la photographie démesurément agrandie représentant le crâne éclaté et le visage déchiré de mon copain.

            A compter de ce moment où l’éclair était passé, où je fus ébloui et où je me suis jeté sur mon copain, ma vie a basculé d’un seul coup : elle est devenue ce désert absolu que j’avais parfois imaginé… et terriblement craint, mais jamais encore vécu.

J’ai pensé à me suicider dans ma cellule.

Je ne l’ai pas fait.

Le suicide est un mystère.

Certains humains en parlent et disent qu’ils mettraient fin à leurs jours…

Ils ne le font pas.

D’autres n’en parlent jamais : ils se pendent ou se jettent sous un train…

Le pire, peut-être, c’est lorsque la souffrance dans l’immensité de sa dimension, rejoint l’épaisseur de cette indifférence « venue d’ailleurs »…

            Très chère Cuite Dans Le Pot, lorsqu’ensemble nous correspondions dans les forums des sites littéraires, ce qui, de toi, m’interpellait, m’émerveillait et que je trouvais crédible, fort comme du roc ; c’était ta gentillesse, ta profonde sensibilité, ta générosité… Tout cela sans jamais aucune complaisance…

            « Adidiaou ! » comme on dit à Saint Joseph, quand on va bientôt mourir…

 

 

                        HACKERS… Sur des forums littéraires

 

            Qu’est-ce, exactement, cette histoire de « hackers » ? Serait-ce par exemple, un espèce de « troll » (j’appelle cela en jargon yugcibien : un hememene)… qui viendrait perturber le fonctionnement d’un site, ou bien s’introduire avec une « fausse-vraie » adresse mail, une fausse identité, dans un forum pour y injecter son venin sous la forme de propos incendiaires, insultants, orduriers ?

            Ne faut-il pas aussi se méfier d’une « entité » organisée et dotée de « certains pouvoirs » qui, sous l’égide des Renseignements Généraux, d’une espèce de « grosse machine Américano-planétaire », étendrait ses tentacules et ses ramifications complexes sur l’ensemble de la Toile… Visiterait des sites jugés indésirables ou trop perturbateurs d’un « ordre sacré » ?

Alors ce serait terrible car notre liberté d’expression volerait en éclats, il ne nous resterait plus que de « lénifiants » forums, des jeux bêtes, de la guimauve et du « lave cervelle » sur un Web soumis à ces pouvoirs scélérats assassins de nos émotions, broyeurs de rêves, pourfendeurs d’intelligence et de sensibilité, niveleurs de consciences et « mécaniciens » de modes…

            Il faut donc par les temps qui courent, sans cependant « vouloir tout faire péter » et entrer ainsi dans le jeu effroyable de la même violence qu’eux, nous organiser, nous rassembler, nous, et communiquer, nous lever, marcher debout, résister, oser nous exprimer, nous informer et informer, réfléchir, partager…

Par cette double exigence qui est celle de la facture et du talent d’une part ; et celle de la qualité, de la puissance de l’esprit et du cœur d’autre part ; nous pouvons contribuer à l’infléchissement de ce pouvoir totalitaire qui est en train de nous détruire à petit feu !

            N’oubliez jamais que le monde des Humains, même tel qu’il est aujourd’hui avec ses Hezbollah, ses Ben Laden, ses Bush et ses chefs de la mafia internationale, ses guerres, ses atrocités et jusqu’à ses absurdités… N’est pas un monde d’extraterrestres ! Et qu’il n’existe pas sur notre planète, de « forteresse » inviolable… Ce que l’on dit être le pouvoir absolu, de quelque horizon qu’il vienne, n’est jamais qu’une réalité inscrite dans les limites du temps et de l’espace du déroulement de son existence.

            Faites passer ce message ! Et merci à vous tous !

 

 

                        A propos de la « lettre du condamné »…

 

Normalement je n’aurais jamais du écrire cette histoire, et encore moins l’imaginer…

 

            C’était un cauchemar… J’ai fait un cauchemar, l’un des plus violents, les plus horribles que j’ai pu faire dans ma vie…

A la suite de ce cauchemar, j’ai décidé d’écrire l’histoire. Je ne sais pas si j’ai bien ou mal fait, d’écrire l’histoire… Je ne pouvais pas m’en débarrasser. J’en suis encore malade.

            Très paradoxalement, dans les périodes les plus noires de ma vie, dans les drames vécus, les grandes séparations, les situations les plus inconfortables, je ne fais JAMAIS de cauchemars… Ce sont les réveils qui sont difficiles : la conscience immédiatement revenue alors, s’ouvre le rideau sur la scène même de la tragédie, mais la scène est réelle, les personnages sont en place, tout de la veille revient… Mon sommeil de ces périodes là est un sommeil d’assommé, sans rêves…

Par contre, dans les périodes les plus heureuses de ma vie, lorsque j’ai ces « lucidités », ces émerveillements, ces accompagnements de personnes chères à mon cœur et à mon esprit, j’ai des cauchemars d’autant plus violents et horribles que la période est heureuse, féconde… Enfin, pas toujours ! Heureusement ! Et les réveils sont alors aussi difficiles : parce que l’impact de la « chose vécue » dans le sommeil déchiré est considérable. C’est que les « choses vues » sont comme réelles, précises, imagées, d’un redoutable agencement…

            J’ai « vu » ces trois jeunes hommes, et un quatrième… qui aurait pu être moi mais dans le rêve je ne me suis pas reconnu moi-même… Il faisait très chaud. La plage polluée, les maquereaux morts, la casquette, la clef, les coups de poings, puis la brique, et le couteau, j’ai « vu » tout ça ! Cette « nuit soudaine et bouillante » que je décris, avec la lame de l’opinel qui « brille comme une chevelure de comète », puis dont l’éclat surgit à la lumière du jour, c’était bien ça dans le rêve… Et ensuite, le procès, les jurés, l’avocat général, l’indifférence de l’accusé, tout cela, oui, c’est ce que j’ai « vu »…

Lorsque j’ai pris la décision d’écrire l’histoire, l’idée m’est venue de la lettre du condamné au bout de 18 ans de « peine de sûreté ». J’ai fait comme si le condamné écrivait cette lettre, je me suis mis « à la place du condamné » mais comme si c’était moi le condamné… A un certain moment, en écrivant la « lettre », j’ai pris sur moi l’horreur de son crime : j’ai souffert de la souffrance que j’imaginais qu’il ressentait, mais en souffrant moi-même de cette souffrance que j’aurais pu, moi, ressentir, si j’avais commis le crime.

Comme j’ai déjà dit, j’ai « rajouté » le centenaire en 2014, de la première guerre mondiale, la manipulation des images par la presse et l’audio visuel… L’utilisation, pour influencer les jurés, de photos particulièrement « évocatrices »… J’ai « rajouté », également, la bienveillance de ce « Rototko », gardien… Et le lien qui subsistait entre le jeune homme devenu en 2032 un homme vieilli, et cette « Cuite Dans Le Pot », une amie de forum… A ce sujet je tiens à préciser que ce personnage de « Cuite dans le pot », est totalement fictif et ne saurait en aucune façon, ressembler à une personne existante en 2006 !

            Il me fallait, c’était pour moi une nécessité puisque j’avais fait le choix d’écrire cette histoire, aller jusqu’au bout de l’explication.

Je sais que mon histoire est choquante, horrible, du plus noir effet, je sais ce qu’elle suscite de réprobation, de dégoût, de surprise, et c’est la raison pour laquelle, ce soir même, j’écris encore ceci :

 

            Ces braves gens sont bien tous les mêmes… Certains d’entre eux sont de nos amis, de notre famille… A l’exception des « mauvais coucheurs » comme on dit, ils sont tous très gentils, très fréquentables, même jusqu’à ce que l’on peut rêver de mieux.

Ah ! Ils ne sont pas « chiens » pour deux sous ! Ils sont polis, ils t’écoutent, ils sont prévenants, ils te concèdent même quelques travers, voire quelques obscurités… A l’exception des « mauvais coucheurs »…

Ils ont cette largesse d’esprit que leurs lectures et leur éducation leur ont forgé…

            Il y a dans la dureté du monde « quelque chose de soft »… qui éclipse, très concrètement, cette dureté du monde.

C’est fou le nombre de gens « corrects » et même gentils, que l’on rencontre !

C’est fou les civilités, dont on se lèche et pourlèche…

Je pense aux chiens lorsqu’ils se rencontrent : ils se sentent le derrière, se tournent autour, tirant sur la laisse qui les retient… Ils se transmettent ainsi leurs « civilités ».

Les Humains ne se sentent pas le derrière… du moins pas en public. Ils se font la bise, se serrent la main, s’échangent leurs horoscopes, devisent sur des sujets d’actualité…

Ces braves gens sont tous les mêmes !

Mais dès qu’ils se sentent dérangés dans leur sensibilité, dans leurs repères, dans la croyance qu’ils ont de l’autre, dans le regard qu’ils portent sur le monde, alors ils froncent, ils plissent, ils font un pas sinon deux en arrière.

Oh, que je les comprends, ces braves gens !

            Le regard « au-delà du regard », serait-il une illusion ? Une vue de l’esprit, quelque chose d’encore plus « soft » ?

Faut-il être écrivain, philosophe, poète, visionnaire… Et que sais-je encore, pour être si différent que cela, de ces braves gens ?

            Que vienne la chute, la chute imprévisible brutale, inconcevable… par un simple mot, un simple geste, un écrit dérangeant, une rupture sans délicatesse, la connaissance d’un fait « noir »…

Que vienne donc la chute, sur un lit d’hôpital, par des appareillages médicaux, par un visage ravagé, par quelque grosse bêtise… Et c’est le désert ! Fini les « sentisseries », les bises et les regards pieux !

Oh, que je les comprends, ces braves gens ! Dont certains sont des amis, une mère, un père, un frère ou une sœur même !

« Soft, soft, soft… Chic et classe, la grande parade, la reconnaissance, les civilités, la convivialité, la gentillesse… » Tant que ça marche droit ! Ou à peu près droit ! Comme on le croit, comme on le sait, comme on nous l’a appris, tel que l’on se l’est frayé, le chemin !

La chute par accident, par maladie, par quelque coup du sort, ça, c’est un « mécanisme » que l’on conçoit, que l’on identifie… Mais, comme on dit : « au pied du mur » c’est une autre histoire !

Il est de ces déchéances, de ces décrépitudes, de ces handicaps et de ces fins de vie qui n’ont plus de visiteurs…

La chute par nuit soudaine surgie en soi, dont l’éclat d’une comète blanche déchire l’esprit et perce le cœur, cette chute là est d’un « mécanisme » autrement complexe. Si complexe qu’il en vaut bien le renoncement à le comprendre au-delà de ses fondements les plus élémentaires.

Je comprends donc tous ces braves gens dont certains cependant ont risqué l’aventure, l’interrogation… Jusqu à cette « frontière de l’impossible ».

            Nous sommes des êtres fragiles. Fragiles en dépit de tout ce qui fait notre force, notre crédibilité, notre rayonnement…

On ne guérit pas de la fragilité comme on guérit d’un rhume par exemple. D’ailleurs, faut-il en guérir, de la fragilité ? Qu’en serait-il de ce qu’il y a d’humain en nous si l’on en pouvait d’un seul coup guérir ?

Ce serait « sauter la marche »… Comme si l’on pouvait sauter un « palier » dont on ne verrait pas l’extrémité parce que sa dimension n’est pas à notre échelle !

Comprendre la complexité du mécanisme de la chute, identifier les liens jusqu’en leurs extrémités, ces liens noués qui ne semblent mener nulle part, c’est là tout ce que l’on peut faire contre sa propre fragilité… Pour que « ça n’arrive pas ».

Accompagner jusqu’au bout la souffrance et la solitude de l’autre lorsqu’il ne reste rien de ce qu’il fut du temps où il plut, par la gentillesse et l’affection encore communicables par des gestes, c’est là tout ce que l’on peut faire contre la fragilité qui nous emportera.

            Ces braves gens sont tous les mêmes ! Mais oh, que je les comprends !     

 

 

                        UN MOIS APRES LA RENCONTRE D’ARBOIS

 

            Un mois déjà ! Mais les jours ont singulièrement raccourci et avec le recul de cinq semaines, je me rends compte que le temps écoulé me semble aussi proche que lointain. Proche parce que l’étincelle que fut cet évènement entre nous, au regard du monde et de ses silex que l’on n’arrête pas de frotter, m’a parue lumière n’ayant voyagé que huit minutes…

Lointain parce que les évènements du monde et de nos vies, dans leur banalité du quotidien, dans leur gravité ou leur importance, ont quelque peu constellé la toile et ajouté de nouveaux fils.

            Cet après midi sur cette plage de Contis sur la côte océane dans les Landes, cette plage où je me rends en toute saison et qui en ce début d’août est une immensité humaine, je pensais en regardant tous ces gens sous un soleil presque automnal, aux plages désertes de Beyrouth, aux commerçants et restaurateurs Libanais qui, au-delà du « pognon » des touristes perdu, devaient faire bien grise et grave mine… pour d’autres raisons encore.

Dans l’effondrement des crêtes blanches, je ne pouvais que penser, aussi, au crépitement des armes automatiques, à l’éclatement des maisons sous les bombes.

Mais en fin d’après midi à Contis plage, de longues colonnes de vacanciers passaient devant les sandwicheries, les terrasses de restaurant sans s’arrêter, « petits budgets » oblige !

                                                           Vendredi 4 Août 2006.

 

                        LA REVOLTE DES PLOUQUES

 

            C’était au pays de Marmagne, durant l’été qui suivit la réélection de la Cheftaine du parti des Bontins.

Le clan des Branchelus depuis six ans déjà, dominait la Nation, étreignant des idées et des concepts comme on embrasse, pétrit et pénètre des jeunes femmes debout et joliment habillées devant des œuvres d’art incomprises.

Il y a, assurément, quelque chose d’orgasmique, d’une violence inouïe et d’une souveraineté implacable, à imposer ainsi une vision du monde à tout un peuple, vision dont on se gargarise à l’idée que le peuple ne comprend rien à cette vision.

Dans les humeurs, les senteurs et les éclaboussures de l’étreinte souveraine médiatisée à l’intention des « aspirants Branchelus », se vautrent aussi les « sous aspirants Branchelus ».

Les œuvres d’art incomprises, ou interprétées selon des cultes et des modes filant telles des comètes froides et neigeuses ; les jeunes femmes joliment et « paillettement » vêtues, pétries et froissées par les doigts de ces Branchelus fêtards, festivaliers et salonards ; l’orgasme généralisé, insolent et condescendant de ces Branchelus peu ou prou friqués du parti des Bontins ou du parti des Queues Bleues…

Tout cela n’enrosissait point l’horizon des Plouques qui, du matin au soir, trimaient sur leurs machines, arpentaient les trottoirs sans espoir, ou géraient sur leurs comptes bancaires de pharaoniques découverts.

Les Branchelus, pour la plupart d’entre eux, disaient de ces Plouques, qu’ils étaient incultes, larvaires, gavés de Télé poubelle et indécrottables, alors même que leurs grands ténors, producteurs de ces « télé poubelle », possédaient chez eux, dans leurs belles maisons avec parc, piscine et écurie, de splendides bibliothèques, allaient à l’opéra, assistaient aux « premières » et finançaient de hautes études pour leurs enfants…

            En cet été là, à Marmagne, il y eut le 10ème été des « Scènes Plurielles et Atypiques », la plus grande manifestation socio culturelle du pays tout entier.

Comme chaque année, des foules immenses de Branchelus et de Plouques se côtoyant en rangs serrés, s’y trouvèrent concassées, mélangées, agglutinées devant les innombrables scènes de rue et de places publiques.

Friteries, sandwicheries, chapiteaux de restauration, boutiques ambulantes, bars improvisés, bals et orchestres, jeux de cirque et théâtre sur l’herbe, offraient à tout ce vaste monde le rire, le spectacle, le couvert et la boisson.

Pour cette 10ème édition des « Scènes Plurielles et Atypiques », contrairement aux années précédentes, l’entrée n’était pas gratuite. Toute la ville avait été entourée d’une haute palissade et aux accès contrôlés par les employés municipaux siégeant dans de petits bastions moyenâgeux, il fallait aux différents guichets, acheter un « pass » pour la journée, au prix de 20 euro.

En outre, dans les vastes parkings aménagés en plein champ, le prix du stationnement avait été fixé à 2euro par voiture, 10 euro par autobus ou camping-car, ce prix ayant doublé par rapport à celui demandé l’an passé…

Pour la « couleur locale », parce que le pays de Marmagne était célèbre pour ses forêts d’acacias ; l’on avait instauré une monnaie en bois sous forme de plaquettes ovales de différentes dimensions, le « Marmu ». Un « Marmu » valait 2euro 50.

Il fallait donc, après avoir acheté le « pass », échanger ses euros contre des « Marmus » en plaquettes de 1, 2, 5 ou 10 « marmu » qui n’étaient plus échangeables à la sortie.

Si les spectacles étaient bien « gratuits », à l’intérieur de l’enceinte, nombreux, variés… mais imposant cependant de longues files d’attente puis une station debout sous le soleil ou la pluie durant une bonne heure au moins, les « marmus » permettaient de boire et de se restaurer ou d’acheter les « souvenirs » et les « fanfreluches » dans les boutiques.

            Depuis huit jours la Fête battait son plein et les foules assistaient aux spectacles.

Cependant, de longues colonnes de vacanciers et de gens venus de tout le pays, passaient devant les sandwicheries et les boutiques ambulantes sans rien acheter, et, sous les chapiteaux de restauration, de nombreux bancs attendaient des derrières qui ne s’asseyaient point… Il faut dire que durant les deux dernières années, le prix du « pain bagnat » ou de « l’américain » était passé de 3 à 5euro, et que l’on ne buvait rien à moins de 2euro 50 le verre ou 3euro la petite bouteille… Et qu’avec les « marmus », c’était encore plus onéreux ! Aussi voyait-on sur l’herbe ou le long des palissades, des gens installés debout ou assis par terre qui mangeaient les provisions qu’ils avaient amenées dans leurs sacs.

            Le 9ème jour il y eut un incident qui dégénéra en émeute générale…

Un petit groupe de Plouques, qui s’était vu évincé d’un spectacle après une longue attente en plein soleil, par des Branchelus quelque peu « allumés » (ou illuminés) entre eux ; s’en prit aux toilettes attenantes, apostropha les Branchelus par des propos acides, ouvrit les toilettes, et les gens de ce groupe vidèrent dans la cuvette leurs bourses de « marmus ».

Et tous les Plouques aux alentours, en firent autant ! Et même quelques Branchelus soudainement ralliés à cette colère spontanée des Plouques.

Toutes les toilettes de la Fête furent bouchées, puis débordèrent.

Et les foules sortirent de la ville, désertant les « Scènes Plurielles et Atypiques ». Seuls demeurèrent sur place quelques Branchelus déconfits, et les magistrats de la ville, outrés, la rosette piquée du « pin’s » de la Cheftaine du parti des Bontins, rosette déstructurée par les mouvements de moulinet du bras, effectués lors de saluts aux administrés.

            Puis les Plouques regagnèrent leurs foyers… reçurent leurs avis d’imposition, épluchèrent leurs comptes.

Une fronde couva quelque temps.

Il se passa quelque chose d’étrange dans ce pays…

Comme si tous ces gens, les Plouques et leurs alliés Branchelus—débranchés—s’étaient « donné le mot » entre eux par quelque lien de pensée…

L’audimat des émissions Télé – poubelle baissa, et à dire vrai s’effondra…

Les Grands Auteurs à la mode ne furent plus lus…

La jeunesse bouda les magazines « People »…

L’on se dépiercingua, se démaquilla, se débijouta…

Les UGC produisant des thrillers pétants aux intrigues complexes virent leurs salles sans spectateurs…

L’on arrêta le « Sudoku » dans les transports publics…

Les Plouques, las des grèves et des manifs, des courriers de lecteurs et des forums d’expression sur internet, des sujets d’actualité, des argumentaires, des sondages d’opinion et des polémiques, firent la GREVE  GENERALE… De toutes les visions du monde, et de tous les étals rutilants du monde…

            Ce fut la révolte des Plouques, la révolte de ces vivants que l’on prenait pour des morts avec un gousset accroché dans leur cercueil à hublots ou à roulettes…

 

            Lorsque j’eus terminé de raconter cette histoire, un Branchelu me dit :

« Eh, Plouque de mes roupettes, t’as fini de rêver, avec la musique de ta trompette ? »

… Et je trompetai, je trompetai… Et en plus j’avais un « bec – marteau » !

                                                    Voir la 2ème partie sur la 7ème suite des Confettis :

                                                      APRES LA REVOLTE DES PLOUQUES...

 

 

 

 

 

 

 

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