Confettis sur la Toile, 10ème suite

Le point de non retour…  

            Novartis, l’une des 39 compagnies pharmaceutiques ayant fait un procès au gouvernement Sud Africain, intente cette fois un procès à l’Inde.

Si Novartis gagne ce procès, ce sont des millions de gens dans le monde qui n’auront plus accès à des médicaments indispensables, notamment pour soigner le sida.

Il y en a marre de ces grands prédateurs milliardaires  réalisant des opérations boursières et percevant des dividendes pharaoniques.

Lorsque les guerres financières…Et réelles (avec armes et toutes sortes de pressions économiques, culturelles, dominatrices) ont pour enjeu la santé des gens et en particulier des gens les plus démunis de la planète, par le marché des médicaments, des soins et des services, par l’existence de terrifiantes biotechnologies ; alors c’est bien la preuve que nous arrivons à ce « point de non retour » où il n’y a plus de négociation, plus de dialogue possible, et qu’il ne reste plus qu’à mener le combat le plus décisif qui soit, le plus dur de tous les temps !

Déjà des révoltes éclatent partout dans le monde… Certes, il y aura toujours dans ces luttes et ces soulèvements, des meneurs d’un genre que nous connaissons bien par l’évolution de l’Histoire, mais au bout du compte, il ressortira un jour de ce chaos, de toutes ces horreurs, et au prix du pire malheureusement, un monde un peu différent de celui qui a cours depuis des milliers d’années.

Notre vie est courte : nous ne verrons jamais ces changements majeurs, nos enfants et les enfants de nos enfants ne les verront pas non plus. Mais est-ce une raison pour se dire « que peut-on y faire » et accepter sans broncher d’être :

-Soit l’un des représentants de ce milliard d’Humains avec bouffe, eau et électricité

-Soit l’un des représentants de ces six milliards d’Humains sans bouffe ni eau ni électricité ?

Comment ont-ils fait, les Egyptiens du 4ème millénaire avant Zéro, puis les Grecs, puis les Romains ? Et le « petit peuple » de France ou d’Angleterre ou des états Allemands du 18ème siècle ?  Et les Chinois pauvres, les Africains dans la misère absolue, au 21ème siècle ?

Le combat est perpétuel, avec cette espérance qui donne un sens à notre vie (dans la mesure où l’on ne se satisfait pas de ce qui prévaut).

Oui nous ne verrons pas les changements importants (dans le sens que nous souhaitons en majorité) mais nous savons que ces changements se feront… Parce qu’il y a déjà eu des « signes avant-coureurs », parce qu’il y a eu des « sursauts », de ces « paliers » entre les interminables « marches jusqu’à l’horizon » de l’Histoire. Et que le destin, l’évolution de l’Homme n’est pas une ligne droite ascendante et régulière, ni, non plus, descendante. Cette ligne est discontinue, irrégulière, et ne paraît à l’échelle de notre vie, ni monter ni descendre (ou monter ou descendre comme quand on tombe dans un gouffre ou comme on s’élève en ballon dans le ciel).

Lorsque les gens construisaient des cathédrales ou des édifices prestigieux au moyen âge, ils y passaient leur vie entière sans jamais voir l’achèvement de leurs travaux. Lorsqu’ils transmettaient leur savoir et leur expérience à leurs enfants, ils se « projetaient » au-delà de leur propre existence… Et cette façon qu’ils avaient de se projeter ainsi, leur assurait que la vie ne s’arrêtait pas parce que l’on mourait…

Il y a seulement je le crois, de ces moments dans l’Histoire où il faut, où il devient nécessaire d’agir avec plus de force, plus de détermination qu’en d’autres moments… Nous en sommes aujourd’hui en l’un de ces moments de l’Histoire. Sans doute le plus déterminant, le plus essentiel car il est bien aujourd’hui question de la survie de notre espèce…

Et avant de continuer d’avancer, d’évoluer, il faut d’abord réussir à survivre.

 

 

Les Autres, d’Alice Ferney 

            Je ne peux pas dire, de ce livre, qu’il me captive outre mesure… Mais il me fait réfléchir et m’éclaire.

Je savais déjà que l’univers du relationnel était un univers complexe, avec des liens multiples, de « drôles de liens » parfois, des liens étranges, des « dits », des « non dits », des regards, des interrogations, des intonations de voix ; jusqu’à des habillements, des « ports », et de toutes sortes de petits gestes émouvants, évocateurs, messagers…

Mais c’est encore ici dans ce livre, entre les personnages que l’on voit apparaître en trois tableaux à la fois différents et semblables, bien plus complexe encore !

Cette complexité explique bien des choses…

L’on ressort de ce livre, LES AUTRES, d’Alice Ferney, « avertis » désormais… Mais non pas forcément plus aguerris.

     Pour en savoir plus sur Alice Ferney :

http://www.evene.fr/celebre/biographie/alice-ferney-4154.php

  La critique 

            La critique doit être intransigeante et sans complaisance… Elle ne doit pas se compromettre, c'est-à-dire « se mettre du côté d’où vient le vent, le soleil, la pluie, le froid, le chaud… »

Elle évalue, compare : il faut tout de même quelques repères !

Mais elle doit aussi construire, et veiller à ne rien détruire hormis ce qui nuit, abuse ou anesthésie.

Enfin, une « certaine générosité », associée à son intransigeance, à sa rigueur, à sa vocation à évaluer, comparer et construire, me semble cependant nécessaire…

 

 

« Mauvais, très mauvais pour la planète ! »   

          Le vendredi 26 janvier 2007 est le jour des obsèques de l’Abbé Pierre…

 A Notre Dame, à Paris…

 L’Abbé Pierre sera inhumé ensuite dans un cimetière de Seine et Marne. C’est déjà « pas si bon que ça » pour la planète… Même si d’autres « grands esprits » oeuvrant contre la misère et l’exclusion sont prêts à « prendre la relève ».          

   Imaginons, pourquoi pas, c’est possible… Un Japonais « pas si riche que ça », qui est à Emaüs à Tokyo ou à Osaka, ou dans un bled dans la montagne Nippone, et qui décide, alors qu’il n’est pas vraiment quelqu’un d’influent à Emaüs Japon, de prendre l’avion pour aller trois jours à Paris assister aux obsèques de l’Abbé Pierre. Outre le prix de son billet d’avion (dans un charter bon marché mais tout de même c’est une somme pour lui), notre cher fidèle d’Emaüs très modeste, va « faire bouffer en kérozène l’équivalent de la consommation d’essence d’une voiture pendant un an…

 « Très mauvais pour la planète », selon l’expression d’Evelyne Délhiat, la charmante présentatrice Météo de TF1. N’eût-il pas mieux valu que Mishukiwi (notre Japonais) se « fendisse » plutôt d’une longue prière à jeun de tout son cœur et de tout son esprit ?

 Que de kérozène, de nuits d’hôtels…ou de palaces, de frais de voyage et de bouffe, pour ces Grands Esprits qui, nous claquant du bec, font débarquer des quatre coins du monde chefs d’états, ambassadeurs, pontifes de plusieurs religions… et aussi tant d’admirateurs et de fidèles (plus modestes ceux là), sacs à dos et tentes de poche !

 Bah ! l’Abbé Pierre n’est pas « tout à fait le Pape » ! (Et ça fera donc moins de kérozène).

 En attendant…Les SDF sont toujours dans la rue, avec ou sans boulot, et à Neuilly les appart’s coûtent « la peau du cul ».

 Et au lieu de construire des logements sociaux, on embellit et urbanise à gogo nos villes avec des équipements high tech qui ne servent que pour la « façade »…

 

Inculturel… 

            Je disais de mon texte « Grand Hôtel du Merdier », qu’il pouvait passer pour inculturel… Et que je le trouve effectivement « inculturel ».

A ce sujet d’ailleurs, je vous invite à lire le commentaire de l’un de mes lecteurs, qui m’écrit (je ne me souviens pas des termes exacts) : ce texte ne peut qu’impressionner des gens qui n’ont pas beaucoup de culture.

Il m’a paru essentiel, lorsque j’ai décidé de reproduire sur mon site même les commentaires de mes lecteurs, de présenter des critiques qui ne vont pas dans le sens qui me « conforte »… Par honnêteté ? Par « droiture » ? Peut-être… Mais ce n’est point là, la seule explication…

J’aime la diversité du ressenti, chez mes semblables… Je conçois qu’ils aient leurs valeurs personnelles, leurs repères, leur « vision du monde »… Alors même que, de par ce qu’il y a d’ombre en moi, de par ma susceptibilité parfois, il semblerait que je fasse plus de l’amour de la diversité et de la différence un « cheval de bataille » qu’une réelle règle de vie…

Mon texte en lui-même est effectivement inculturel. Puisqu’il n’est pas autre chose que du ressenti,ou, comme le dit si bien Becdanlo d’Alexandrie « des roses écloses sur un tas de fumier »…

Et c’est vrai que « des roses sur un tas de fumier », c’est un peu léger pour faire une œuvre littéraire !

Quand aux idées… ou aux messages que je fais passer dans mon texte, disons que j’ai essayé d’exprimer ce dont il est difficile de parler dans la vie que nous vivons avec les gens (proches ou moins proches) que nous rencontrons. Je veux bien croire… ou avoir l’illusion de croire que de ce côté-là, c’est moins « inculturel »…

Pour être bien clair… Honnête si l’on veut… La plupart de mes écrits ne sont que du ressenti, des émotions, une pensée en ébullition, des interrogations… ou des rêves, ou des histoires inventées… Tout cela ne repose pas sur des bases vraiment « solides », des bases précisément « culturelles »… Mes références à des auteurs, à des documents historiques, scientifiques, littéraires, sont finalement peu fréquentes, incomplètes lorsqu’elles apparaissent sporadiquement…

Je le sais, j’en suis conscient, je fais disons, par « vagues » (presque d’assaut) des efforts dans le sens d’un « bagage » culturel et de connaissances… Mais les années passent, les lacunes demeurent et mes imaginations, mes digressions, mes escapades m’emportent… et gèlent ma bonne volonté… Retour éternel à la case départ, déceptions, déconvenues… mais à qui la faute ?

Alors, un « petit coup de bâton » par ci par là, reçu « en pleine poire »… ou dans le dos… me rend soudain un peu méchant, un peu amer, quelque fois même affreusement insolent et insupportable… mais à qui la faute ?

J’ose me dire : et si un jour je venais à bout de tout ça ? Si je surmontais, si je m’élevais, si j’atteignais le ciel, si enfin ma vie s’ouvrait dans cette lumière, dans cette pureté, dans cet accomplissement dont je suis si désireux, si amoureux, si avide ? Oui, dans mes enthousiasmes, dans ma fièvre, j’ose me dire cela…

Mais qu’en ferai-je, et à quoi, et à qui tout cela servirait-il ? Qu’est-ce que cela prouverait ?

AH, si ! Il me reste quelque chose d’absolument essentiel : L’espérance ! Car le voilà le vrai moteur ! L’espérance ! L’espérance d’avoir la possibilité de transmettre ce que je sens, qui vient en fait de « quelque chose de plus grand que moi » (et qui certains jours me pèse comme un immense chagrin – ou joie- sur des épaules d’enfant)…

Cette espérance qui est celle d’acquérir un pouvoir à partager totalement avec mes semblables, du moins avec ceux qui me sont déjà assez proches… Je dis bien partager parce que j’ai la certitude absolue que le pouvoir dont on abuse (et que l’on ne partage pas, que l’on ne transmet pas) n’est pas du tout le pouvoir qui convient… Je conteste le pouvoir d’une caste, d’une idéologie, d’une puissance politique, économique et financière, le pouvoir d’un seul homme ou d’un parti, le pouvoir des médias, le pouvoir d’une somme d’habitudes, d’une mode, d’une religion, d’une science, d’une culture…

 

            Jipi, notre ami et fondateur de Passion des Mots, évoque l’idée d’une reconnaissance officielle par des voies autres que celles du Net…

Et c’est vrai qu’une telle reconnaissance fait défaut, de certains auteurs, de certains artistes, de certains créateurs…

Mais je m’interroge vraiment, du plus profond de mon âme, sur ce concept de « reconnaissance officielle »… que nous, humains de cette chère Terre bien (et mal) aimée, semblons prendre pour « référence suprême et incontournable »…

Il y a, à mon sens, dans cette « reconnaissance officielle » une sorte de piège qui nous est tendu : alors faut-il renoncer à la reconnaissance officielle afin d’être certain de ne pas tomber dans le piège ? Je n’ai aucune réponse à cette question… Je sais seulement que je veux, de toutes mes forces, éviter le piège…

Il y a selon moi un risque à accepter de la reconnaissance officielle. A moins que d’officielle, la reconnaissance se fasse enfin informelle, humaine et aimante.

La voie du Net me semble plus proche, plus accessible, plus porteuse d’espérance (en dépit de sa dangerosité, de ses perversions, de ses abus, de sa violence, de sa banalité, de sa profusion, de la médiocrité qu’elle véhicule) dans la mesure où elle reste un espace de communication et de liberté dans lequel les gens peuvent se parler, se rassembler, décider de se rencontrer en vrai… Et pourquoi pas, « changer le monde »… Ensemble.

N’oublions jamais que sur le Net, et avec la technologie qui l’accompagne en évoluant,  tout va très vite… très vite…

 

 

 

 

  Sur le Web, meurt-on ?  

            A mesure que nous allons avancer dans le temps, dans ces années qui viennent… 2010, 2015, 2020 et au-delà… certains d’entre nous, si présents dans les forums, ou d’autres dont les apparitions sont moins fréquentes mais nous enchantent… disparaîtront.

Un jour viendra forcément, où leurs petits mots, leurs nouvelles, leurs écrits, ne seront pas revenus depuis quelques semaines, quelques mois. Alors l’on dira « Tiens, on ne le voit plus ! »

Il n’y a pas toujours, une épouse, un mari, un frère, une sœur, un ami, pour nous prévenir…

Comment meurt-on sur le Web ?

Je serais tenté de dire que sur le Web, on ne meurt pas… On cesse d’écrire ou d’imager seulement…

Puisque demeurent les adresses électroniques (avec des messages qui s’accumulent jusqu’à saturation des 1 Go)…

Puisque demeurent accessibles sites et blogs dans lesquels personne ne peut rien modifier (la page d’administration ne s’ouvre qu’à son auteur)…

Pour les sites et les blogs, on peut cependant désigner un « exécuteur » c'est-à-dire par exemple un ami très cher, une fille chérie… qui continuera à faire vivre le site ou le blog…

A noter que si le Web n’existait pas (au temps de Flaubert et de Zola il n’existait pas), un écrivain dont les livres sont publiés chez un éditeur, ne meurt jamais puisque le livre sera toujours lisible même dans 200 ans (ou plus)…

De même, un artiste qui produit ses œuvres, (un peintre, un musicien, un sculpteur, un décorateur…) ne meurt jamais puisque son œuvre demeure présente dans les lieux où le public vient en visite.

Le Web a tout de même un avantage (en plus) c’est qu’il fait « mourir » moins de gens… puisque même un écrivain, un poète, un « blogger » peu connu n’y meurt pas…

Alors, si un certain « Truccib » ou « Maxim » ne se manifeste plus, c’est qu’il n’est pas mort… Il est seulement absent, pour un temps qui n’a pas de temps, comme dans un voyage qui n’est d’aucun nombre de jours…

Bien sûr, si une épouse, un mari, un frère, une sœur, un ami nous dit « il ne reviendra plus » et, encore plus explicite « il est mort » ou « il nous as quitté »… et bien même dans ce cas… Il n’est pas mort… Puisque la mort est impossible sur le Web…

Mais si la Terre meurt ?

Il y aura encore le reste de l’univers, en partie, en totalité ou renouvelé…

 

 

               L'AME ET LE SEXE FONT-ILS BON MENAGE?

 

Si la sexualité n’est pas seulement ces jeux érotiques entre des corps de personnes mais aussi ces jeux de l’imaginaire, cette communion d’atmosphère, d’intimité et de situations relationnelles entre des personnes ; et si la part des jeux de corps, purement et tout simplement sensuelle, ne saurait constituer à elle seule l’essentiel de la relation ; alors je dirais que l’on a sans doute la sexualité de son âme. En ce sens, je serais aussi tenté de dire qu’une belle âme a une belle sexualité. Mais ce n’est pas certain… Il est de ces très belles âmes qui ont cependant une sexualité « animale ». Et d’autres âmes, moins « bien trempées », qui ne sont ni des âmes de poète, ni des âmes qui pensent mais qui ont une sexualité « humaine » c'est-à-dire différente de la sexualité purement animale. Quoiqu’il en soit, le rapport existant entre les mouvements ou les manifestations de l’âme d’une part ; et la sexualité d’autre part, est un rapport ambigu, d’une complexité à la mesure de la diversité de ce que je définis comme étant nos « zones d’ombre ». Ces « zones d’ombre » ne sont pas forcément, à dire vrai, ces « territoires interdits » que les lois, les cultures, les religions, la morale, la mode, la tradition, ont délimités et en lesquelles on entre ou n’entre pas… Les « zones d’ombre » sont aussi ces pulsions, ces rêves, ces fantasmes, cet imaginaire que nous avons de l’autre, tout cela alimenté depuis notre enfance par des émerveillements, des moments particuliers d’intense bien être… ou des peurs que nous avons eues, des situations qui nous ont été imposées. Il est certain que ce que la loi, la morale, la tradition et la culture ne réprouvent pas formellement, peut être bien plus aisément vécu, exprimé et partagé dans la lumière… Il est de ces étrangetés auxquelles on se livre et que l’on n’ose exprimer, parce qu’elles ne sont étrangetés que pour le plus grand nombre… Il est de ces rêves en lesquels on se sent si bien, si « décrassé », si épanoui, si libre… et si fou ; qu’inévitablement ces rêves nous font chercher ce qui leur donne du vrai… Et si seul que l’on soit, si seul que l’on demeure en cette quête qui nous fouette au plus profond de nous, il vient de ces pratiques, de ces « exutoires » qui, un beau jour de notre vieillesse, à force d’être renouvelés depuis autant d’années, feront peut-être qu’un proche, un parent, un ami, risque de nous trouver inanimé, figé dans une béatitude extrême… et définitive, après avoir forcé la porte de notre chambre…  D’où la « presque nécessité » si je puis dire, de la révélation graduelle que l’on peut faire ou accepter de faire, à des amis, à quelqu’un de notre famille, à la femme ou à l’homme de sa vie… Il va de soi que ce que l’on dévoile ainsi se trouve confronté à une autre réalité que la nôtre : la réalité intime de l’autre. Et qu’entre les réalités qui se rencontrent, l’une en face de l’autre, et même l’une dans l’autre, avec l’immensité de l’émotion qui surgit ; il y ait un espace ou une solitude à franchir, une étrange peur dont on ne sait jamais si elle est justifiée ou non… Je crois, oui je crois, que si l’on a vraiment et profondément la sexualité de son âme, et si l’âme est belle de surcroît, l’on peut bien, non seulement s’accommoder de quelques « étrangetés » mais sans doute oser les révéler… à quelqu’un qui en sera ému et heureux. 

 Ségolène Royal lundi soir 19 février sur TF1 

            J’ai particulièrement apprécié lundi soir le 19 février sur TF1, la prestation télévisée de Ségolène Royal, émission en direct qui d’ailleurs fut suivie par quelque neuf millions de personnes dans notre pays…

Dans sa belle veste blanche de très bonne coupe, avec sa robe noire, et sur fond de scène bleu blanc rouge, je l’ai trouvée très chic, émouvante dans ses propos, gentille et d’une grande humilité sans ostentation… Mais très ferme, très sûre d’elle, et d’une volonté bien à elle.

Je reconnais là, à mon sens, une vraie stature de Chef d’Etat.

Nous les électeurs et les gens que nous sommes, en général, et, il faut le dire, bien souvent en particulier, nous ne sommes guère habitués à entendre ce langage là, avec ces mots là, cette intonation là, cette simplicité, cette force, cette émotion… Il est vrai aussi qu’il y avait, en plus, cette authentique féminité qui, comme toutes les féminités, est « à nulle autre pareille »…

Sans doute si elle est élue, choisira-t-elle dans son entourage des gens pour soutenir son action et ses projets sur la base d’un dialogue ouvert… Mais, inévitablement, il sera de ces gens qui se compromettront, ou même la trahiront : il en a toujours été ainsi et c’est l’une des raisons pour laquelle dans notre pays, « les choses n’évoluent guère »…

Par le langage qui est le sien, simple… et bien plus littéraire que celui de certains autres s’apparentant à des propos de « bistrot de forts des Halles », par sa gentillesse sans complaisance, elle joue une carte forte, émouvante, mais qui ne sortira pas forcément et elle le sait, elle le risque et elle mise sur ce qui commence à changer dans le cœur et dans l’esprit de beaucoup de gens.

Le moment le plus émouvant de ce questionnement par nos concitoyens, fut sans doute celui où elle s’est doucement approché du monsieur handicapé sur son fauteuil roulant afin de le toucher, manifestant ainsi un geste d’affection…

            Pour conclure, il est possible (les Médias et le monde étant ce qu’ils sont) que tout cela ne soit que « mise en scène », et donc, beaucoup moins crédible après réflexion… Et qu’il ne faille pas rêver !

Mais c’est tout de même bon, de voir… et de croire.

Parce que… Si c’était vrai ?

 

NI VU NI CONNU...

     Il est de ces « choses » que nous faisons tout seul et dont personne d’autre que nous-mêmes n’est témoin.

 Dans le moment de ces « choses » là, nous sommes dans un bien être fou, non seulement impartageable (et pour cause) mais inenvisageable à partager parce qu’alors il nous faudrait révéler le « non révélable ».

 De tels moments sont peut-être les seuls de notre vie en lesquels nous vivons pleinement et sans le moindre sentiment d’exil, notre solitude. Il y a là contre « l’autre solitude », celle qui nous sépare et nous isole, un puissant antidote bien plus efficace, plus « répondant », plus « heureux », qu’une « consolation »…

 En de tels moments, l’on va jusqu’au bout en un plaisir fou qui, certes, nous vide l’esprit, mais nous décrasse de cette solitude en nous, ancrée dans notre vie.

 En somme je dirais que c’est comme si nous avions à nos côtés, en de tels moments, une sorte de « Dieu » qui, au lieu de nous filmer ou de nous juger, nous donnerait la plus belle preuve d’amour qui puisse exister dans l’univers ; soit la possibilité de faire ces « choses », et ainsi, de nous libérer…

 N’y a-t-il pas là en ces moments, avec et au dedans de nous, cet être « virtuellement vrai » auquel nous rêvons depuis notre enfance, avec lequel nous mourrons et qui est toujours habillé comme il nous sied, nous parle comme il nous sied d’entendre parler, nous embrasse comme il nous sied d’être embrassé ?

 N’y a-t-il pas là, aussi, dans le vécu intime et absolu de ces moments, la possibilité d’un miracle : celui d’entrer dans la conscience de l’existence de l’autre par précisément, la conscience de sa propre existence qui, en dépit de toutes les dissemblances et de toutes les singularités existantes, n’est jamais fondamentalement différente ?

Ce rêve d’IL… d’ELLE 

            D’un seul cri, d’un seul jet, d’une seule émotion ; telle qu’elle lui parut là, devant ce talus boueux, attendant la voiture qui la devait mener à la ville voisine, elle lui plut tant qu’il se serait jeté sur elle…

Elle était sa femme, sa femme chic, sa femme adorée, sa femme telle qu’il eût pu en aimer tant d’autres mais n’en aurait point « tracé » pour autant, une autre que la sienne…

La situation il est vrai, en cet instant, ne se prêtait guère à ce qu’il se jetât sur elle…

Une épidémie de grippe aviaire venait de décimer dans le village toutes les poules mais aussi tous les lapins. Et le maire avait fait placarder un arrêté interdisant l’enfouissement de bêtes mortes à proximité des habitations.

Or précisément, sur le talus boueux proche de la boîte aux lettres au bout du chemin menant à leur maison, il avait creusé à la pelle un trou dans lequel il s’apprêtait à jeter une peau et des intestins de lapin.

La veille il avait plu très fort, à tel point que le fossé au bord du chemin débordait et que de la boue s’écoulait du chemin sur la petite route.

Alors qu’il retournait une première pelletée de terre sur les boyaux du lapin, surgit le Garde Champêtre, un grand homme sec d’apparence sévère, ressemblant davantage à une caricature de vieux bandit de bande dessinée qu’à l’un de ces grand – pères de nos villages au visage taillé à coups de serpe.

S’ensuivit une altercation dont il ressortit qu’une amende en bonne et due forme allait être infligée.

-« Vous n’avez pas lu l’arrêté placardé dans le hall d’entrée de la mairie ? »

-« Non… Mais je vous assure, je vais tout enlever ! »

Au comble de la confusion, il ne l’était pas seulement à cause de la présence du Garde Champêtre…

Sa femme venait d’arriver, vêtue d’une veste blanche ravissante et bien coupée, d’une robe noire à volants lui seyant à merveille, ses jolies jambes serrées dans des bas résille, et chaussée de fins souliers blancs à hauts talons.

La situation lui était bien délicate et à dire vrai, ingérable, d’un insoutenable surréalisme. Il en était malade… Malade de confusion, tel un gamin pris en faute mais en même temps subjugué par sa femme qui en cet instant lui plaisait au-delà de toute raison…

Le cri qui explosait en lui, le jet qu’il sentait se préparer, l’émotion qui le vitrifiait ; se trouvaient ainsi foudroyés dans la honte d’un flagrant délit, par le visage taillé à coups de serpe du Garde Champêtre, par les projections de boue sur le bas de la robe et les chaussures de sa femme… qui s’entretenait avec le Garde imperturbable et droit comme un I dans sa vareuse de militaire.

Elle ne lui en paraissait pas moins dans toute sa fraîcheur, sa délicatesse, sa gentillesse et sa légèreté, sa femme dont il était fou, sa femme sortie d’un rêve vrai, bleu, frais et jeune feuille ; et jetée dans un autre rêve tout aussi vrai, mais imbécile et cruel.

 

            Ce fut Nina, la dernière fille de leur fille aînée, qui les découvrit, entrant dans leur chambre ce matin là et ouvrant les volets…

Il faisait bleu et grand soleil.

Elle s’éveillait à peine, le regardant, immobile à ses côtés : dans ses yeux à jamais ouverts sur ce monde en lui qu’il avait vu et qui, il le savait si bien, était d’ici et d’ailleurs, vivait comme un rêve d’elle. 

 

 

Journée de la Femme

 

            Comment un Yugcib, amoureux de toutes les femmes du monde, pourrait-il laisser passer un tel jour sans « catalpulter » dans les univers qu’il squatte, son « missile » du 8 Mars ?

Impensable !

Je sais bien que le quantième 8 lorsqu’on l’écrit en chiffre m’évoquerait une araignée dont on a coupé les pattes et se traînerait tristement sur le sol en contorsions à soulever le cœur…Mais il n’en demeure pas moins qu’à défaut du 9 qui me siérait mieux, c’est bien le 8 du mois de Mars qui a été « sacré » journée de la Femme…

Mesdames, Mesdemoiselles, j’adore vos affèteries, vos jolies robes, vos charmants visages, tout ce qui émane de vous et me ravit, tout ce qui aussi, de vous, m’inspire et parfois m’électrise en un bien être fou lorsque je vous vois apparaître…

De la toute petite fille à l’aïeule la plus parcheminée, en passant par la jeune fille rêveuse et romantique ou frimeuse et s’existant à l’excès sur le plateau de Star Académy, par la jeune cadre de trente cinq ans et par la mamy Américan Beauty, vous m’étonnez, m’émouvez, m’impulsez… Et je vous adore, je vous adore.

Et combien je me moque de tout ce que l'on oppose à mes émerveillements, de tout ce que tant d’hommes disent de vous… Allant, oh, horreur et damnation, jusqu’à « la septième race après le crapaud » ! (soit dit en passant, le crapaud est mon ami)

Inconditionnel ? Déraisonnable ? Incorrigible rêveur ? Jusqu’à une certaine naïveté ? Je rejoins Cavanna lorsqu’il écrit dans l’un de ses livres que « dans une femme il n’y a rien à jeter », et que même morte, allongée sur le trottoir, il viendrait encore la sentir, tel un chien errant salivant et humant, la truffe en fête…

La Femme ? Pour le Yugcib que je suis, le cœur et l’esprit comme la truffe en fête, c’est la première raison heureuse d’être venu au monde et de traverser la vie… C’est comme un sourire vertigineux, brûlant comme un baiser polisson de fille, enivrant comme une salive océane apportée dans le vent…

… Et le plus surprenant, le plus vrai aussi… C’est que je les aime toutes en étant fidèle à une seule.

C’est ainsi que j’ai su que j’aimais vraiment…

 

SECONDE VERSION, PLUS ELAGUEE, DE " Ce rêve d'Il... d'Elle"...

 

            D’un seul cri, d’un seul jet, d’une seule émotion ; telle qu’elle lui parut là, devant ce talus boueux, attendant la voiture qui la devait mener à la ville voisine, elle lui plut tant qu’il se serait jeté sur elle…

Elle était sa femme, sa femme chic, sa femme adorée, sa femme telle qu’il eût pu en aimer tant d’autres mais n’en aurait point « tracé » pour autant, une autre que la sienne…

La situation il est vrai, en cet instant, ne se prêtait guère à ce qu’il se jetât sur elle…

Une épidémie de grippe aviaire venait de décimer dans le village toutes les poules mais aussi tous les lapins. Un arrêté municipal interdisait l’enfouissement de bêtes mortes à proximité des habitations.

 Sur un talus boueux proche de leur maison, il avait creusé un trou,  jetant une peau et des intestins de lapin.

La veille il avait plu très fort et de la boue  s’écoulait sur la petite route.

Alors qu’il retournait une pelletée de terre sur les boyaux du lapin, surgit le Garde Champêtre, un grand homme sec d’apparence sévère.

S’ensuivit une altercation. Une amende allait être infligée.

-« Vous n’avez pas lu l’arrêté placardé dans le hall d’entrée de la mairie ? »

-« Non… Mais je vous assure, je vais tout enlever ! »

Au comble de la confusion, il aperçut alors sa femme qui venait d’arriver, vêtue d’une veste blanche ravissante et bien coupée, d’une robe noire à volants lui seyant à merveille, ses jolies jambes serrées dans des bas résille, et chaussée de fins souliers blancs à hauts talons.

La situation lui était insoutenable… Il se sentait comme  un gamin pris en faute mais en même temps subjugué par sa femme qui en cet instant lui plaisait au-delà de toute raison…

Le cri qui explosait en lui, le jet qu’il sentait se préparer, l’émotion qui le vitrifiait ; se trouvaient ainsi foudroyés dans la honte d’un flagrant délit, par le visage taillé à coups de serpe du Garde Champêtre, par les projections de boue sur le bas de la robe et les chaussures de sa femme… qui s’entretenait avec le Garde.

Elle ne lui en paraissait pas moins dans toute sa fraîcheur et sa légèreté, sa femme dont il était fou, sa femme sortie d’un rêve vrai ; et jetée dans un autre rêve tout aussi vrai, mais imbécile et cruel.

 

            Ce fut Nina, la dernière fille de leur fille aînée, qui les découvrit, entrant dans leur chambre ce matin là et ouvrant les volets…

Il faisait bleu et grand soleil.

Elle s’éveillait à peine, le regardant, immobile à ses côtés : dans ses yeux à jamais ouverts sur ce monde en lui qu’il avait vécu, vivait comme un rêve d’elle.

 

 

  

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