La femme du poète intégriste

 

La femme du poète intégriste :

 

Tu me fais mal

Tu me saccages

Tu te rues sur moi

Ivre et hurlant de tout ce qui, de la rue, s'est jeté sur toi et t'as mordu...

S'est jeté sur toi et que tu as maudit...

Maudit de toute ta foi...

Et qui a vitrifié ton esprit

 

Tu me traces de toutes les laves jaillies de ces entrailles de toi qui rougissent à vif

Tu me veux nue

En string

En jupe

En robe

Sur la cuvette des WC dans le train

 

 

Tu te vautres sur moi

Longtemps

Comme une flamme rebelle à la lance du pompier

Une flamme mouillée

Une flamme qui s'accroche à la souche

La souche que je suis

Enterrée

Enterrée et mouillée.

 

Les mots que tu dis sont des bombes...

Les mots que tu écris sont des génocides...

Tu ne respectes rien

Tu le lamines ce monde...

Abject dis-tu qu'il est!

Ta poésie est intégriste

Intégriste comme une religion de purs étrillant le monde.

 

Tu me fais mal...

Tu me saccages.

 

Je te pardonne de ne pas m'aimer

Puisque... En vérité

N'ayant jamais cessé depuis tant d'années

De te jeter sur moi

De t'enfouir en moi

De me tracer

De me saccager...

Tu m'as aimée sans le savoir

Toi le poète révolté

Le poète intégriste

Le poète des mots génocide

Le poète délinquant qui étrille le monde...

 

Je te pardonne d'avoir fait de moi ta paillasse

Ta paillasse unique

Jusqu'à l'épuisement

Jusqu'au coma érotique...

Car nul homme ne pouvait être plus fidèle que toi dans une telle violence

Dans une telle ardeur

Et d'une telle constance...

Pour une femme

Cette femme que je suis.

 

Le poète intégriste :

 

Je n'étais pas encore né...

Mais je savais que tu viendrais...

Oui je t'ai aimée sans le savoir

Oui je me suis jeté sur toi

Toute ma vie

Rien que sur toi

Si je n'avais su bien avant mon premier cri

Mon premier cri, ma première respiration dans ce silence, dans cette violence, dans cette indifférence, dans cette troudebalerie qui s'ouvraient à mes yeux...

Si je n'avais su que tu viendrais

Et que tu serais avec moi dans la traversée...

Je me serais suicidé dans le ventre de maman avant de venir au monde

 

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