Souvenir d'un séjour en auberge de jeunesse en avril 1969

... J'ai vécu une fois, c’était en avril 1969, durant une semaine, alors que j'étais âgé de 21 ans, dans une auberge de jeunesse à Fontainebleau; en compagnie d'un groupe de ces enfants "différents" et de leurs accompagnateurs éducateurs...

À dire vrai ces enfants étaient de jeunes adolescents voire de jeunes adultes. Mais nous fûmes une semaine durant, ensemble, tels des enfants...

Je ne puis trouver les mots pour dire ces jours si heureux, si étranges, si "intemporels", que j'ai vécu parmi ces jeunes filles et garçons – et leurs accompagnateurs- comme dans une grande famille où, du matin jusqu'au soir et du soir au lendemain matin nous ne nous quittions pas...

Cela se situait dans une dimension de relation que par la suite dans ma vie, j'ai "déraisonnablement" recherchée sans jamais plus la retrouver...

C'était drôle, émouvant, parfois "à mourir de rire", dans une gentillesse absolue ; ce n'était que de l'imprévu…

Ne me venaient plus toutes ces questions sans réponses que l'on se pose tout seul lorsque tout dérive en nous tel un courant boueux de rivière en furie…

Ne surgissaient plus ces terribles "pourquoi et comment" qui font les réveils difficiles au matin, ou de grands silences blêmes en milieu d’après midi tout seul assis sur un banc dans un jardin public sans aucun visage ni oiseau …

Aucune peur de quoi que ce soit ne me saisissait au ventre, pas même la peur de vieillir et de mourir...

C'était bien mieux que tout ce que l'on raconte sur le paradis, les anges, la vie après la mort et tout le tintouin...

Ces enfants là? Ces êtres là?

Ils ont une autre intelligence que la nôtre. Une intelligence qui nous est étrangère ou à peine perceptible. Ils comprennent tout, vraiment tout, mais à leur manière...

Dès le premier jour il ne m'a pas fallu dix minutes pour réaliser que je venais de rencontrer les meilleurs copains de ma vie jusqu' alors...

Une semaine!

Et après, c'est la vie, la vie qui court, la route du monde qui a comme "repris ses droits", avec ses conventions, ses repères, ses habitudes, ses autres "enfants de la Terre" ; et d'autres rencontres, un autre parcours avec ses "pourquoi" et ses "comment", et ses "pour qui" et "pour quelles raisons"...

Ces enfants là? Ces êtres là?

Dont on dit qu'ils sont un pour mille ou comme une sorte de "huitième jour de la semaine"...

Il y a aussi, comme dans une sorte de même famille... Ces êtres si humbles, si "simples", que l'on ne voit jamais sur des podiums, qui ne disent jamais rien, que personne ne regarde...

Ces êtres "éclopés de la vie" que l'on prend si peu par la main... Et dont on ne sait jamais les rêves qu'ils peuvent avoir…

 

 

 

enfants du 8ème jour

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire