Dix ans c'est un gouffre !

Dix ans c'est un gouffre! La seule période de la vie dans laquelle dix ans ce n'est pas un gouffre, c'est celle comprise entre 30 et 50 ans et seulement lorsque tu exerces la même activité professionnelle en un même lieu et dans le même environnement social. En effet dans une continuité d'évènements ordinaires alors que passent les années, les visages autour de toi ne changent pas : ce sont d'ailleurs des visages que tu vois chaque jour...

Mais de l'enfance à l'adolescence puis de l'adolescence à l'âge adulte et à la “vie active” en passant par la période collège-lycée-études d'une part ; et ensuite de l'âge de 45 à 50 ans à la cessation d'activité professionnelle puis à la retraite d'autre part... Dix ans c'est un gouffre: les visages alors “changent”, les relations ne sont plus les mêmes, des amitiés se sont dissoutes, les liens se sont rompus, des gens sont morts ou ont vieilli...

J'ai connu des jeunes qui, du temps de leurs années de collège, de lycée puis de leurs études universitaires formaient ensemble des communautés d'amis “inséparables” et très liés entre eux en un même esprit les animant, avec les mêmes aspirations, les mêmes rêves ; se retrouvant et “faisant la fête” à chaque anniversaire, chaque évènement important dans la vie de chacun d'entre eux... Et qui, insensiblement mais inexorablement, lorsqu'ils sont “entrés dans la vie active et professionnelle, se sont mariés et ont commencé à “construire leur vie”; ont peu à peu espacé leurs relations, ne se sont plus vus ni même écrit ou téléphoné... Et ce n'est point “Face book” ou “Live Messenger” (ou autre communauté virtuelle ou quelque blog que ce soit) qui va “y changer quelque chose”!)

Idem pour les relations que l'on a dans son travail durant des années, avec des gens que l'on voit tous les jours et avec lesquels on partage aussi les mêmes émotions, les mêmes aspirations et les mêmes rêves dans un esprit de groupe ou de communauté... Lorsque l'on “décroche” et que l'on entre dans un autre monde, celui de la retraite, des activités associatives ou beaucoup plus personnelles...

J'ai toujours ressenti en ce qui me concerne, un certain “mal être” à travers cette succession de dispersion des liens relationnels. Et je n'ai jamais trouvé là comme un sens ou une raison à cette traversée de l'existence... Dans une telle discontinuité, une telle dilution... Le seul repère “vrai” (et permanent) me semble être celui de l'intensité du moment vécu et partagé dans un présent ressenti comme une “petite éternité”, et dont le souvenir par la suite ne se laisse jamais altérer par la nostalgie ou le regret d'une sorte de “paradis perdu”... Je conçois dans mon esprit le souvenir comme un “témoignage vivant” de ce qui fut. Un “témoignage” sans “transformisme romantique ou embellissant à l'excès” et dont le destin est, pour l'homme d'écriture que je suis, d'être précisément écrit...

Dans la relation virtuelle (Face Book, Live Messenger, forums et blogs), dix ans ce n'est plus seulement un gouffre mais un abîme!

C'est fou ce que les liens d'amitié ou de groupe ou de communauté sur les forums du Net par exemple, se délitent... Alors qu'ils s'étaient si rapidement formés!

Un forum qui a cinq ans de durée (et l'on peut en dire autant d'un site ou d'un blog personnel) c'est “le bout du monde” ! Beaucoup de forums se ferment, autant de sites et de blogs sont abandonnés faute de visibilité (et donc de visiteurs et de réactions)... Seuls “vivent” les grands sites et forums communautaires regroupant des dizaines de milliers de membres, et les blogs de gens célèbres...

Mais comment croyez vous que fonctionnent ces grands sites et forums, ces blogs de gens célèbres?

Ce ne sont que des “machines”... Ou d'immenses halls de gare avec des “petits coins de pas perdus” , ou des sortes de “Woodstooks” où tout le monde s'embrasse en écoutant des musiques qui battent comme des ventres et des coeurs de pieuvre...

C'est fou, vraiment fou ce que sur le Net, on peut s'aimer (sans même s'être vus ou rencontrés)... Puis ne plus s'aimer voire se “foutre en l'air” pour un oui pour un non, pour un mot malheureux ou incompris ou mal interprété!

Et c'est fou ce que des fils de discussion “légendaires” animés par des “passionnés du moment” se sont dissous dans des “fosses de l'oubli”, et que ces “passionnés du moment” se sont eux-mêmes dispersés, sont partis vers d'autres “horizons” ou “univers”...

Tout cela se “fait et se défait” en beaucoup moins de temps que dix ans!

Alors dix ans, quel abîme!

 

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