Des rêves foudroyés

Des rêves foudroyés, des visages que l'on ne reverra jamais, une oeuvre inaccomplie, une vie, des vies arrêtées comme les aiguilles d'une pendule à 4h 52...

Et tout comme pour tout évènement tragique lorsque meurent ou disparaissent des gens en un certain nombre, la dimension dramatique demeure la même, que ce soit par fait de guerre, de violences ou d'accident ou de maladie... Et chaque jour dans le monde entier par fait de guerre, de violences ou d'accident, meurent plusieurs dizaines de personnes en même temps... A tel point que cela passe presque inaperçu, et comme “coulant de source”, cette source de sang, de souffrance, de désespoir et de larmes, qui coule de couloir d'hôpital en allées de cimetière... Mais “la vie continue” et seuls, les “grands évènements”, ceux qui sont médiatisés, ont un impact sur l'opinion publique, les foules, les femmes et les hommes du monde...

Ayant fait dernièrement en mars 2009, le voyage en avion de Paris à Cayenne, dans des conditions atmosphériques et climatiques tout à fait exceptionnelles et favorables en cette période de l'année sur l'Atlantique, n'ayant vu le “pot au noir” que comme une lointaine “muraille grise et blanche” immobile et figée telle une écharpe gelée sur un immense dos bleu de l'autre côté de l'équateur... Et ayant dans ma famille une femme pilote de ligne (la fille de l'une de mes cousines)... Je ne pouvais à l'annonce de la disparition de l'AF 447 d'Air France dans l'Atlantique le 31 mai 2009, qu'être profondément bouleversé...

Il n'en demeure pas moins que tous ces êtres humains qui eux aussi, chaque jour de la Terre, disparaissent par dizaines lors de faits de guerre, de violences ou d'accidents... Ne sont jamais pour moi des êtres vraiment “anonymes”... Pas plus que ceux qui se trouvaient, le 31 mai 2009, à bord de l'AF 447 d'Air France... D'ailleurs, qui se trouvait ce jour là dans cet avion? Qui sont ces 228 personnes? Peut-être des gens que je pourrais ou aurais pu connaître... Mais sûrement pas des “anonymes” au sens réel de l'anonymat...

Je le redis encore : la dimension dramatique d'un évènement de ce type ou par fait de guerre, de violences, de maladie contagieuse ou d'accident, demeure la même. Ce sont des rêves foudroyés, de l'inaccompli, des visages que l'on ne verra ou que l'on ne retrouvera plus jamais... Et c'est bien cela, la “dimension dramatique”!

Bien sûr, le rôle du journaliste, du reporter, c'est de parler et d'écrire sur l'évènement, et d'être en mesure de produire des images sur l'évènement... Soit dit en passant, dans le cas de la disparition de cet avion, il n'y a pas “grand chose” à montrer : une surface lisse et déserte d'océan, quelques objets flottants, un sac à main, une écharpe, un animal en peluche, un petit sac de voyage...

Et la permanence, la pesanteur, la “planétarité” de la “dimension dramatique”; le fait que tous ces êtres qui souffrent et meurent après avoir rêvé, essayé, espéré, combattu, vécu... Disparaissent isolés ou ensemble... Cela, oui, cela dis-je, c'est le rôle de l'écrivain, du poète, du penseur, du philosophe, de l'intellectuel, d'en parler... Et c'est aussi le rôle du simple citoyen du monde que l'on est chacun de nous, d'en parler... Car c'est ainsi que la “dimension dramatique” de l'évènement, des évènements... Peut repousser cettre autre dimension d'indifférence et de “fatalité d'un ordre des choses” (en particulier l'ordre de la guerre, de la violence et de la confrontation brutale)...

 

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