John Fante, écrivain Américain précurseur de la "beat generation"

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      John Fante est un romancier, essayiste et scénariste Américain né le 8 avril 1909 à Denver au Colorado et mort le 8 mai 1983 à Los Angelès en Californie.

Il est le fils d'immigrants italiens et grandit dans une famille croyante et conservatrice.

C'est un gamin des rues turbulent, épris de liberté, qui découvre la sexualité puis l'écriture, mais tout cela dans la douleur et surtout dans un environnement qui lui est hostile (dans une école jésuite)...

Il commence à écrire dès son plus jeune âge et il est un enfant sensible, passionné, avide de la beauté du monde.

Ses "modèles" en littérature sont Knut Hamsun, Dostoïevski, Nietzsche, Jack London et Sinclair Lewis.

Ses premières nouvelles sont remarquées par H. L. Mencken, rédacteur en chef de la revue littéraire The American Mercury, qui publie régulièrement dès 1932 la prose du jeune Fante.

En 1933, son roman "La Route de Los Angeles" est refusé car jugé trop cru et trop

provocant (malgré une correction de son ébauche vers 1936, le roman ne sera

publié qu'en 1986, après sa mort).

Dans ses livres John Fante "redimensionne" la réalité afin de donner à la réalité davantage de consistance, de puissance, de vérité brute...

Dans son premier roman "Bandini", d'une connotation largement autobiographique, le personnage central est un être atypique, inimitable dans une recherche de l'extrême, de l'outrance même, et surprend, dérange dans ses envies, dans les thèmes qu'il aborde : l'art, la philosophie, les femmes...

Lorsqu'en 1939 il publie "Demande à la poussière" il est encore un adolescent impulsif et torturé . Il vit seul dans un hôtel pension de famille, envoie de l'argent à sa mère dès qu'il perçoit un cachet de l'Américan Mercury. Il "prophétise" le monde, et il se tient en équilibre instable et périlleux entre deux abîmes : les femmes et la littérature.

Il rencontre Joyce, une étudiante fortunée, éditrice et écrivain, qu'il épouse en juillet 1937.

C'est la parution de "Pleins de vie" , un véritable succès commercial, qui lui assure sa réussite financière. Les portes d'Hollywood lui sont alors ouvertes et il devient scénariste.

Après être tombé par la suite, un moment dans sa vie, dans un oubli relatif, voire une certaine indifférence, il est en quelque sorte "remis en scène" par Charles Bukowski et par son ami éditeur John Martin qui rééditent "Demande à la poussière".

Mais John Fante, atteint de diabète, suite à de graves complications, devient aveugle et cul-de-jatte...

Lorsqu'il rencontre Charles Bukowski, il dit ceci : "la pire chose qui puisse arriver aux gens, c'est l'amertume. Ils deviennent tous si amers"...

À l'âge de 74 ans, il dicte à sa femme Joyce, les épreuves de "Rêves de Bunker Hill".

Il eut quatre enfants, dont l'écrivain Dan Fante.

Personnage d'excès et de provocation, John Fante est aujourd'hui considéré comme un écrivain précurseur de la "beat generation".

"Pour écrire il faut aimer, et pour aimer il faut comprendre"

[John Fante]

... Oui : pour écrire il faut aimer avec sa queue (ou sa mouillette) ET avec les vélos qui te sprintent dans la tête ; et pour aimer il faut comprendre pourquoi la queue bande, pourquoi la mouillette s'écarte, pourquoi les vélos sprintent dans la tête...

Mais aimer sans se laisser mener par la queue qui bande ou la mouillette qui s'écarte, aimer en battant à la course les vélos qui sprintent dans la tête, aimer en comprenant non seulement le pourquoi mais aussi le "pas pourquoi" ; c'est encore plus qu'aimer : c'est de la rage, et le tout est de ne pas en crever...

C'est "un peu dommage" que les plus grands écrivains finissent presque tous par crever de la rage qu'ils ont à écrire... (Ou ils deviennent alcooliques ou dépendants de drogues dures, ou ils se suicident, ou ils s'autodétruisent, ou ils ont des vies chaotiques et dramatiques, ou ils sont quasiment incompris, ou ils sont censurés ou emprisonnés ou assassinés)...

Rares sont ceux, de ces plus grands écrivains, qui parviennent à ne pas crever de la rage qu'ils ont à écrire, et même au contraire, à en vivre avec cette rage, comme personne ne peut en vivre... Alors même qu'ils auraient toutes les raisons de devenir alcooliques, drogués, fous, et de s'autodétruire...

... John Fante a dit aussi : "la pire chose qui puisse arriver aux gens, c'est l'amertume. Ils deviennent tous si amers".

J'ajouterai pour ma part, qu'effectivement l'amertume est une chose désastreuse parce qu'elle ne nous réconcilie pas avec le monde, un monde que l'on ne rejette pas forcément, que l'on peut même aimer tel qu'il est... Mais qu'en définitive on ne cesse de déplorer, de "pourfendre" jusque dans l'excès, jusque dans une certaine forme d'autisme (une manière de "crever de rage")... Et le pire c'est quand la nostalgie coexiste avec l'amertume, la nostalgie de ce qui fut et ne sera plus, la nostalgie de ces temps vécus si regrettés (soit dit en passant j'aime mieux ce que j'appelle "la nostalgie d'un temps futur et possible", la nostalgie d'un temps qui viendra, que nous avons pressenti, que nous ne verrons pas mais que nous avons rêvé différent et peut-être plus beau)...

Le ou l'un des seuls moyens à mon sens, de ne pas sombrer dans l'amertume et dans la nostalgie, c'est encore d'être, d'essayer être le témoin de son temps, le témoin de tout ce qui se dit, se fait, s'écrit, se vit ; et cela dans la plus grande "honnêteté" possible, jamais en "juge", jamais avec de ces "fioritures" ou de ces "effets spéciaux" trompeurs, véritables numéros d'illusionnistes ; mais autant que possible avec ce qui "du coeur de son réacteur", ne ressemble à personne d'autre, demeure intemporel et inimitable...

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