scènes du monde

Scènes d'Avignon et d'ailleurs

      Je ne savais pas que le festival d'Avignon durait aussi longtemps, cette année du 6 au 28 juillet...

Comme dans tous ces "grands festivaux" (pardonnez-moi l'incorrection orthographique volontaire – encore heureux que je n'aie point écrit "festiveaux"-) tels bien sûr le festival d'Avignon mais encore celui de Cannes (tiens je mettrais bien 3 "n" à Cannnes en prononçant "Câ-ânnnes") ; festivaux si célèbres si médiatisés si "cour'rrus", cour'rrus/cour'rrus par "une goche" intello-artisto-bobo (mais également par une drouate éclective et branchée)...

Comme dans tous ces "grands festivaux" dis-je ; l'on y côtoie -si l'on peut et si donc l'on y arrive à les approcher- ces "grandes vedettes", ces producteurs, ces réalisateurs, ces comédiens, ces scénaristes autour desquels gravite une nuée de journalistes...

Et "tout ce monde là", ce "gratin", cette "diaspora", cette "élite" , ces personnages en vogue (qui écrivent tous des bouquins)... Font la Une de l'actualité, et n'ont de toute évidence aucun "problème" d'hébergement, d'intendance, de locomotion, de déplacement, de restauration... Ils arrivent en avion ou même en jet privé, et "au plus simple" en voiture glaces opaques non cerclées de caouctchouc avec chauffeur... Ou en bus avec leurs équipiers et logisticiens et un camion pour tout leur matériel...

"Ainsi va le monde" :

Scènes, spectacles de rue, représentations sous chapiteau ou en plein air, foules de touristes, vacanciers et "passionnés" de théâtre ou de cinéma ; la culture "dans tous ses états" mais bien dans le sens du monde et surtout des modes, avec pull jeté sur les épaules (ça fait décontracté), terrasses de cafés et de restaurants qui débordent sur la place ou sur la rue en centre ville, animations musicales et festives où l'on applaudit à tout rompre ou l'on tape des mains et des pieds en cadence, boutiques de fringues et de gadgets artistiques made in Taïwan, bijouteries de fantaisie et de bimbelocherie sans compter les joujoux pour gosses et toutous... Toute une faune estivale à vrai dire, bien échauffée bien chamarrée venue des quatre coins de la France, d'Europe, de Russie, d'Asie et d'Amérique...

Et... Combats à l'arme lourde et massacres en Syrie, exode de toute une population fuyant les horreurs d'une guerre civile pire encore que la guerre d'Espagne en 1937...

Et un bloc de glace aussi grand que l' Île de France, qui vient de se détacher de la banquise du Groënland puis dérive sur l'Atlantique Nord...

Ces "grands festivaux" à mon sens, sont assez éloignés de ce que l'Art en général et donc la culture, la musique, le cinéma, le théâtre, la littérature avec le roman et la poésie... Devraient éveiller dans les esprits, c'est à dire une forme de résistance contre l'esprit dévoyé et pervers de la Consommation, fût-ce cette consommation se révéler plus éclective et donc moins polluante, davantage portée à susciter de la réflexion, que la "consommation de masse" touristique, clientélique et surabondante de super marché et de grandes surfaces commerciales...

La résistance si elle "montre le bout de son nez", selon les vertus consensuelles d'une démocratie de façade, c'est alors dans ces grands festivaux et manifestations culturelles, comme un "plaisir" que l'on se donne, que l'on s'octroie, si possible autour d'une bonne table et avec le pull jeté sur les épaules en bon "intello-artisto-bobo-branché-iphone au ceinturon...

Sur cette planète, il y a des endroits où les révolutions se font dans le sang, où l'on torture, où meurent des enfants sous les bombes, où l'on crève de faim et de soif et de toutes sortes de maladies, où l'on tente de survivre dans des camps en plein désert...

Ne me parlez pas de cette résistance d'indignés bien nourris habitant dans de jolies maisons, de cette résistance qui se pavane sur Twitter et sur Facebook, et qui se gargarise au 13h ou au 20h de TF1 ou de France 2, d'images de guerres et de mort ou de catastrophes !

Je ne suis pas journaliste correspondant de guerre et je ne suis pas "là bas" sur place afin de témoigner de ce que je vois et si possible participer à un combat contre une dictature ou un pouvoir qui lance son armée pour tuer son peuple...

Je ne suis pas intervenant-agissant dans quelque organisation humanitaire au fin fond d'un Mali ou d'un Soudan...

Je ne suis qu'un écrivain, un poète, je n'ai que les mots que je dis et qui me viennent du coeur... Et je pleure, je pleure comme un enfant à ce bruit assourdissant qui se fait dans ma tête avant celui que j'entends à la télé, ce bruit effrayant d'armes automatiques, ce bruit d'explosions et de maisons qui s'écroulent, ce bruit déchirant, aigü, long comme le hurlement de mille scies qui ne s'arrêtent jamais, de tous ces cris de souffrance...

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