pauvreté

Il vaut mieux être pauvre en France plutôt qu'à Madagascar !

     Pour quelle (s) raison (s) les entrepreneurs peu scrupuleux, audacieux et avides de profits et de gains rapides, déjà riches dans leurs pays d'origine, s'installent-ils afin d'exercer leur activité dans des pays pauvres ou en voie de développement ?

Il n'y a qu'une seule réalité brutale à cela :

C'est parce que dans ces pays pauvres ou en voie de développement, ils accroissent plus rapidement et avec davantage de bénéfice leur richesse, du fait qu'ils profitent de la misère et de la précarité dans lesquelles vivent les gens de ces pays qui, de toute évidence, ne gagnent en général que de quoi à peine se nourrir, soit un ou deux euros ou dollars par jour...

Aussi l'insolence des riches dans les pays pauvres est-elle toujours plus manifeste, plus agressive, que dans les pays dits développés économiquement et socialement.

Un SDF, un réfugié, un sans emploi, un démuni, un pauvre, dans un pays Européen et particulièrement en France, bénéficiera toujours si l'on peut dire, d'un minimum d'aide sociale plus ou moins organisé, d'aide humanitaire, voire d'un revenu de subsistance, et à la limite, de la charité, de la compassion (même aléatoire et loin d'être systématique) d'un certain nombre de gens autour de lui... Alors que dans un pays très pauvre par exemple à Madagascar, au Bangladesh, à Haïti, au Guatemala, dans des pays d'Afrique ou d'Amérique du Sud demeurés très en marge du développement mondial, quasiment aucune aide ne vient de qui ou de quoi que ce soit, autant dire que « si tu ne peux pas travailler tu crèves »...

Il se trouve, aussi paradoxal que cela puisse paraître, que c'est bien selon une réalité brutale, dans les pays les plus pauvres que se font les plus grandes fortunes, les gains et les profits les plus insolents ! Et cela, très hypocritement, sous couvert d'un soit disant « apport civilisationnel, humanitaire, soucieux de développement, et autres « vertus, missions, etc. » censées sortir les gens de la misère, du dénuement, du manque d'hygiène, de l'ignorance...

Qu'on ne me « bassine » pas avec de l'évocation, de la louange, de quelque « mérite » que ce soit, de tous ces Français par exemple, établis à Madagascar ou dans des pays d'Afrique qui ont « réussi », dont les affaires prospèrent, et qui vivent comme des nababs et font travailler les gens pour trois fois rien, déjà pour les servir ! De toute manière, ces Français là, qui vivent à Madagascar ou dans des pays d'Afrique, lorsqu'ils ont un sérieux problème de santé ils sont bien dans l'obligation de revenir se faire soigner en France !

Si au 19 ème siècle et à plus forte raison encore dans les siècles d'avant il y avait la colonisation et l'exploitation des richesses en Afrique, en Amérique, en Asie, en Australie, par les pays d'Europe, et tout cela sous couvert de « mission civilisatrice »... Il y a qu'on le veuille ou non aujourd'hui au 21 ème siècle, quoique l'on en dise et redise selon la « pensée unique » du Système économique mondialisé des marchés et du développement ; une autre forme de colonisation et d'exploitation, qui se fait par l'argent, par la puissance et par la dictature des banquiers, des lobbies et des grands groupes... Tout cela encore sous couvert des « vertus sacrées » de la civilisation de progrès technologique et de consommation de masse pour le plus grand nombre possible (mais aussi et surtout au détriment d'un autre grand nombre d'êtres humains, au moins deux bons milliards qui, eux, pour « parler net »... crèvent dans la misère, dans un travail de forçat, sans hygiène, sans secours, sans éducation, sans eau potable et courante, sans électricité ! )...

Merde ! Et c'est dans un tel monde que l'on accepte, que l'on conçoit de vivre ; avec d'un côté oui c'est vrai une relative sécurité, un relatif confort, mais sans solidarité sans bonté, dans un égoïsme un individualisme forcené ; et d'un autre coté une dureté et une réalité implacable mais avec cependant une solidarité plus ou moins réelle dans l'adversité du fait de la pauvreté générale du plus grand nombre, une solidarité dépendant de la bonne volonté de ceux qui partagent le peu qu'ils ont !

 

Une oeuvre d'homme ...

D'homme au sens d'humain, d'être humain, me parait-il nécessaire -et essentiel- de préciser cependant...

En 1958, Albert Camus préface une réédition de L'Envers et l'Endroit. Il conclut “Je sais cela de science certaine, qu'une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert”...

Albert Camus confesse savoir où se trouve l'essentiel : une mère silencieuse, la pauvreté, la lumière sur les oliviers d'Italie.

La mère silencieuse, représente tous ces êtres effacés, humbles, dont on ne demande jamais l'avis, auxquels on ne donne jamais la parole, et qui d'ailleurs ne prennent jamais la parole eux-mêmes, et qui traversent la vie sans laisser de traces autres que celles, pour un très petit nombre d'humains, qui ont pu entrevoir la trace de ces traces...

La pauvreté, c'est la pauvreté des êtres humbles mais dignes, d'une dignité qui force le respect, et qui n'a rien à voir avec la pauvreté de ceux et celles d'entre nous, partout sur la Terre, qui “attendent que ça tombe du ciel” ou qui vivent en “tombant sur le paletot de l'Autre”...

La lumière sur les oliviers d'Italie, c'est cet espace en soi et autour de soi, où la grisaille, la pluie, le froid, la solitude, l'indifférence ne parviennent pas à prendre le pouvoir autrement qu'en des moments particuliers d'une durée indéterminée mais limitée lorsque tout semble en effet s'écrouler ou sombrer... Car cet espace en soi et autour de soi s'emplit naturellement d'un ciel qui est comme un ciel de pays méditerranéen ou d'Afrique... Et les paysages y ont, dans cet espace, toujours des oliviers et des cyprès...

Une oeuvre d'homme (d'être humain) ne se construit pas par des reconnaissances littéraires ou autres, par de la vie mondaine de salons et de représentations devant des publics de festivals, par des premières de théâtre ou de cinéma, par des succès de librairie et de scène, par les pouvoirs de la critique des journalistes...

Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce “long cheminement” de soi vers les autres, ou par les autres qui te font devenir ce que tu parviens à être et qui en toi existait sans être existé... Et, dans ce long, très long cheminement, l'oeuvre d'homme passe par les détours de l'art, comme le forgeron dans sa forge qui passe par ce qu'il façonne pour que cela serve, pour que cela soit utile, pour que cela change la vie de l'Autre, des autres autour de lui... Le plus souvent d'ailleurs, dans un avenir qu'il ne verra point mais dont il pressent la venue puisque c'est le ciel qu'il a en lui qui le lui dit...

Pensée du jour, 21 décembre 2011 :

S'il fallait se résoudre à vivre pauvre mais en vivant mieux, alors j'en serais très heureux...

 

En effet nous sommes un milliard sur cette Terre à vivre riche mais mal, et, tout en vivant aussi riches que nous pouvons l'être mais aussi mal en vérité, nous contribuons à faire mal vivre six milliards de pauvres...

 

Un jour, les pauvres de toujours, ayant pour la plupart d'entre eux, observé que les riches d'un certain nombre de pays, vivaient mieux nantis, se sont dit qu'eux aussi pouvaient vivre mieux nantis... Alors ils ont commencé à faire ce que les riches d'un certain nombre de pays avaient déjà fait avant eux...

Et qui peut en toute justice reprocher à ces pauvres de toujours, d'aspirer à être plus riches ?

 

Le drame de notre époque, c'est que la pauvreté s'installe dans la richesse, ou plus exactement dans une richesse de plus en plus avariée dans laquelle cependant on continue de se repaître avec avidité... Et que la richesse là où elle s'installe et s'étend quelque peu là où auparavant elle n'existait pas, fait en vérité vivre mal avec l'illusion de vivre bien...

 

... Par exemple : un garçon de 15 ans dans un village du Mali ou du Niger roule sur un scooter et va sur facebook avec son téléphone portable, et bouffe du poulet Européen à bas prix : est-ce cela vivre mieux ?

... Ou encore : trois ou quatre pinards différents lors d'un repas de famille, de fête, de réunion d'amis ; une promo à Carrefour Market pour du Homard à l'Américaine, une nouvelle console de jeux pour le fiston de 9 ans... est-ce cela vivre mieux ?

 

... Ou, "autre chose encore" :

Décréter être capable de dormir à la dure, de se laver au ruisseau... En bons "Occidentaux" que nous sommes y compris les "non occidentaux acquis à l'occident"... est-ce cela, aussi, vivre mieux ?

... Il "me fait rire" ce monde : tous ces riches qui jouent aux pauvres, et tous ces pauvres qui singent les riches !

 

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