lumière

Poussière

      Dans un ciel déchiré par les dieux, poudroie toute une poussière d'humanité.

Les dieux envoient du feu au travers des nuages, la poussière d'humanité calamine les nuages...

Mais la poussière est tout de même traversée de lumière...

 

Ce regard que l'on porte, de soi et de l'autre

     Lorsque l'on porte son regard sur sa propre obscurité, on ne devient pas lumineux pour autant...

La conscience de cette obscurité en soi, exprimée tout autour de soi, n'est , le plus souvent, qu' un éclairage de scène...

Quant au regard que l'on porte sur l'obscurité des autres, de tel ou tel autre autour de nous, c'est un regard qui, à force d'être projeté autour de soi et d'occuper l'espace public, nous rend toute lumière en l'autre, invisible...

 

Une oeuvre d'homme ...

D'homme au sens d'humain, d'être humain, me parait-il nécessaire -et essentiel- de préciser cependant...

En 1958, Albert Camus préface une réédition de L'Envers et l'Endroit. Il conclut “Je sais cela de science certaine, qu'une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert”...

Albert Camus confesse savoir où se trouve l'essentiel : une mère silencieuse, la pauvreté, la lumière sur les oliviers d'Italie.

La mère silencieuse, représente tous ces êtres effacés, humbles, dont on ne demande jamais l'avis, auxquels on ne donne jamais la parole, et qui d'ailleurs ne prennent jamais la parole eux-mêmes, et qui traversent la vie sans laisser de traces autres que celles, pour un très petit nombre d'humains, qui ont pu entrevoir la trace de ces traces...

La pauvreté, c'est la pauvreté des êtres humbles mais dignes, d'une dignité qui force le respect, et qui n'a rien à voir avec la pauvreté de ceux et celles d'entre nous, partout sur la Terre, qui “attendent que ça tombe du ciel” ou qui vivent en “tombant sur le paletot de l'Autre”...

La lumière sur les oliviers d'Italie, c'est cet espace en soi et autour de soi, où la grisaille, la pluie, le froid, la solitude, l'indifférence ne parviennent pas à prendre le pouvoir autrement qu'en des moments particuliers d'une durée indéterminée mais limitée lorsque tout semble en effet s'écrouler ou sombrer... Car cet espace en soi et autour de soi s'emplit naturellement d'un ciel qui est comme un ciel de pays méditerranéen ou d'Afrique... Et les paysages y ont, dans cet espace, toujours des oliviers et des cyprès...

Une oeuvre d'homme (d'être humain) ne se construit pas par des reconnaissances littéraires ou autres, par de la vie mondaine de salons et de représentations devant des publics de festivals, par des premières de théâtre ou de cinéma, par des succès de librairie et de scène, par les pouvoirs de la critique des journalistes...

Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce “long cheminement” de soi vers les autres, ou par les autres qui te font devenir ce que tu parviens à être et qui en toi existait sans être existé... Et, dans ce long, très long cheminement, l'oeuvre d'homme passe par les détours de l'art, comme le forgeron dans sa forge qui passe par ce qu'il façonne pour que cela serve, pour que cela soit utile, pour que cela change la vie de l'Autre, des autres autour de lui... Le plus souvent d'ailleurs, dans un avenir qu'il ne verra point mais dont il pressent la venue puisque c'est le ciel qu'il a en lui qui le lui dit...

Ciel et brouillard

      En un pays où brille le soleil dans un ciel sans nuages chaque jour de l'année autant dire indéfiniment ; le bleu du ciel et l'éclat du soleil dans la journée, et les étoiles la nuit, sont tellement visibles qu'ils en deviennent invisibles...

C'est un brouillard épais semblant parfois s'éterniser après avoir peu à peu ou subitement surgi, de jour comme de nuit, qui rend le ciel, le soleil et les étoiles visibles...

 

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