La relation

  • La suite au numéro suivant ...

    La suite au prochain numéro

    Sauf que

    Le prochain numéro

    Il est dans des cartons

    Mais peut-être que les cartons

    Du moins quelques uns d’entre eux

    Ne s’ouvriront jamais

    Ne seront jamais ouverts

    Par des faiseurs de numéros

    Y’en a eu un de carton

    Qui s’est appelé Eredeplank

    Un carton qui n’avait pas de dimension définie

    Comme une immense boîte rectangulaire

    Réduite à un trait

    Un trait dont l’une des extrémités

    Ne cessait de se rapprocher sans jamais atteindre un point origine

    Et dont l’autre extrémité a été

    Le point le plus petit possible existant

    À partir duquel le numéro a commencé

    Le numéro qui déjà était en gestation dans le carton Eredeplank

    Mais le carton Eredeplank

    Est lui-même un numéro avant le numéro

    Et des numéros avant le numéro

    Il ne cesse de s’en faire

    La plupart des numéros d’ailleurs

    Sont presque tous des prochains numéros

    Les numéros qui se font ne sont jamais les mêmes

    Ceux qui se sont faits tout comme les prochains

    Il y a peut-être la durée des numéros qui est la même

    À un ou deux ou trois milliards d’années près cependant

     

    Avec un Scientifique

    Ou un Astrophysicien

    Qui croit en un Dieu créateur

    Il y en a

    Pas beaucoup c’est vrai mais il y en a

    Je me suis mis d’accord

    Avec au moins l’un de ceux qu’il m’est arrivé de rencontrer

    M’ayant rejoint sur cette idée qui m’est venue

    Que

    Dieu

    Il est dans le carton Eredeplank

     

    Mais avec un Pascientifique du tout

    Avec mon copain mon ami ou mon pas copain du tout

    Comme moi commun des mortels

    Auquel dans son enfance on lui a parlé de la création du monde

    Selon la genèse

    La Bible ou le Coran

    Et qui

    Parce qu’il a été un peu à l’école

    Ne peut nier les dinosaures

    Le Big Bang

    Les ères géologiques

    Néandertal

    Homo Sapiens

    En dépit de tout ce qu’il ne peut pas nier

    À cause de ce que les archéologues et les chercheurs

    Ont dans la terre et dans la roche trouvé

    Il dit il martèle

    Tapant du pied telle la vache dans l’arène Landaise

    C’est dieu qu’a créé le monde

    Prononçant cette phrase comme si les dinosaures

    N’avaient jamais existé

    D’ailleurs il faut dire que

    Les ceus’là les celles là qui ont été un peu ou beaucoup à l’école

    Qui regardent à la Télé

    Le Grand Soleil plutôt que des émissions scientifiques

    Les dinosaures ça les effraye ça les barbe

    Ils zappent

    Et sur Facebook

    Ils trouvent ovnique

    Qu’on en parle

    Et il n’y a pas que les dinosaures

    Qu’ils trouvent ovnique

     

    C’est pour ça que c’est si difficile

    Si aléatoire

    Si un grand silence dont on se demande de quoi il est habité le silence

    Ou si âpre parfois quand ça montre le bout de son nez

    La relation

     

     

  • Dans la relation...

          Dans la relation, que cette relation soit une relation amoureuse, d'amitié, de voisinage, de travail, de réseau social ou de forum sur le Net... C'est la durée, c'est à dire depuis combien de temps déjà l'on se connaît, qui peu à peu forge cette reconnaissance que l'on peut avoir de l'autre, une reconnaissance je précise "dans l'intégralité ou presque, de ce que l'autre est"...

    En effet sur une courte durée, dans une relation récente, une relation qui ne s'est pas encore vraiment "construite", même si cette relation vient de s'établir dans les conditions les plus heureuses qui soient, les plus "porteuses d'espérance", les plus chargées d'émotion et d'empathie réciproques... Si l'un vient à manifester, à exprimer, "quelque chose de lui" qui est mal perçu, dérangeant... Alors il est "plombé"... Et c'est, pour ainsi dire "foutu", et la durée si durée éventuellement il peut y avoir quand même, ne sert à rien, n'arrangera jamais rien...

    Autrement dit : sois, au départ, très bien accueilli, fêté, loué, vénéré, applaudi, conforté, hyper bien perçu et tout ce que tu voudras... Et si trop vite en dépit d'une approche étudiée et mesurée cependant , tu fais "un peu le con" (ou tu te lâches)... Alors c'est "la douche froide" !

    Que resterait-il à dire, à échanger, à exprimer, à écrire, à faire même... S'il faut s'aseptiser, se "formater" c'est à dire entrer dans le sens commun, et donc , entretenir la relation dans un "cadre" bien délimité, excluant tout ce qui, exprimé d'une certaine manière, pourrait "plomber" la relation...

    ... Et même s'il y a, oui, la durée... Et jusqu'à "une certaine reconnaissance"... Ce n'est point gagné pour autant !

    Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'image que tu as donné de toi à un certain moment de la relation (souvent au début), si cette image te "plombe", eh bien mon pauvre, t'es "brûlé" quoique tu fasses, quoique tu produises, exprimes, prouves par la suite !

    La plupart des humains "fonctionnent" ainsi (comme je viens de le dire)...

    Mais il y en a cependant, de ces humains, "qui ne fonctionnent pas tout à fait ainsi" ... (et c'est heureux, et avec "ceux là" tu sens bien que le courant passera toujours quand même)...

    ... Quand je dis "faire un peu le con", cela ne veut pas dire, bien évidemment "faire le con" au sens propre.

    Cela est plus proche, en fait, de "se lâcher", soit : exprimer à sa manière, d'une manière par exemple "à la Coluche, à la Céline, à la Desproges, à la Brel, à la Férré, à la Gainsbourg, à la Mélanchon, à la Poutou"... ou encore même à la Depardieu"... quelque chose dont personne ou presque ne parle en appellant un chat un chat, quelque chose sur un sujet assez sensible dont ne parle qu'à mots couverts et avec une sorte de soit-disant décence...

    Cela, cette sorte de décence hypocrite et de bon aloi, qui a cours dans les chartes des forums, dans la relation en général avec les gens qu'on rencontre et fréquente... J'appelle cela "être coincé"...

    S'il y a bien des gens avec lesquels je n'ai pas d'atomes crochus, ce sont bien ces gens "coincés"...

    Je me souviens qu'en Algérie, où j'ai vécu avec mes parents de 1959 à 1962, entre voisins dans l'immeuble où nous habitions, entre connaissances et amis ; nous disions à propos des "Français de France" que de l'autre côté de la Méditérranée "ils étaient constipés"...

    Pour les "coincés" donc, il faudrait être "aseptisé" ! Ou du moins "paraître aseptisé" ! Aseptisé comme toutes ces "bouffes" empaquetées sous plastique transparent dans les rayons alimentaires des Grandes Surfaces...

    J'ajoute encore que les "coincés" peuvent parfois se révéler des gens assez dangereux dans la mesure où ils dénoncent ou plutôt "caftent"... Mais ne viennent jamais te dire en face ce qu'ils pensent...

    ... On le voit bien avec ces écrivains "qui ne font pas dans la dentelle" : lorsqu'ils produisent de beaux textes, c'est "bravo/bravo"... Mais lorsqu'on découvre au hasard de quelque lecture de l'une ou l'autre de leurs productions, un certain écrit qui heurte, qui dérange, qui "dénote"... Alors certaines personnes sont scandalisées et le font sentir en général indirectement ou en usant de ces formulations bien séantes qui fleurent la mayonnaise ou le cornichon éventé... (et les "beaux textes" alors, du même écrivain "qui ne fait pas dans la dentelle" ne sont plus qu'un souvenir diffus, ou pour ainsi dire "une supercherie"! )

  • Les Autres, d'Alice Ferney

         Un livre tout à fait étonnant, et qui nous éclaire sur le sens, sur la complexité, sur la nature même de la relation humaine...

    Je savais déjà que l’univers du relationnel était un univers complexe, avec des liens multiples, de « drôles de liens » parfois, des liens étranges, des « dits », des « non dits », des regards, des interrogations, des intonations de voix ; jusqu’à des habillements, des attitudes, des comportements, des silences et de toutes sortes de petits gestes émouvants, évocateurs, messagers… Dans la manière par exemple, de relever une mèche de cheveux ou de se passser un doigt sur le bord des lèvres...

    Mais c’est encore ici dans ce livre, entre des personnages que l’on voit apparaître en trois tableaux à la fois différents et semblables, bien plus complexe encore !

    Et surtout, révélateur...

    L’on ressort de ce livre, LES AUTRES, d’Alice Ferney, « averti » désormais… Mais non pas forcément plus aguerri... Et parfois même, fragilisé...

    Pour en savoir plus sur Alice Ferney :

    http://www.evene.fr/celebre/biographie/alice-ferney-4154.php