indifférence

  • 49-3 réforme des retraites

    S'il n'y avait pas eu dans notre pays, en France, autant de personnes il faut le dire « de toutes conditions sociales » indifférentes et résignées, ou encore tacitement consentantes et subordonnées à tout ce qui se dit au sujet de l'avenir des retraites dans une même pensée consensuelle (les mêmes scies  mille fois entendues en somme)... Il n'y aurait pas eu de 49-3 pour couper court !

    La vérité, c'est terrible à dire mais il faut le dire, c'est que toute une génération de 30/40 ans du genre qui gagne 2500 euro par mois ou plus, très accro/très immergée dans la société de consommation de masse, dans le loisir de masse séries télé croisières séjour neige en hiver et mer en été, demeurant dans des maisons bien arrangées belles façades, voitures 15/20 mille euros financées en « leasing »... Se fout complètement de savoir ce que sera leur retraite, déjà du fait que pour eux, avoir un jour 60 ou 65 ans c'est un horizon très lointain, et que, en définitive pensent-ils, « s'il faut commencer à s'y préparer, à cette retraite, eh bien qu'ils disent : on prendra une assurance capitalisation tant par mois qui complètera ce que par répartition on pourra avoir ! »...

    Et malheureusement, ces 30/40 ans là, ne sont pas les seuls parmi les tacitement consentants « bon gré mal gré », il y a aussi des gens qui sont très concernés du fait de leur situation actuelle précaire et incertaine, mais qui sont fatalistes, résignés...

    Mais il faut dire aussi que des millions de gens, de toutes conditions sociales également, et dans ces millions de gens, beaucoup n'ayant pas été présents dans les manifestations, d'une manière ou d'une autre, ont réagi, fait entendre leur voix, notamment sur les réseaux sociaux...

    Dans les manifestations auxquelles j'ai participé depuis le 5 décembre 2019, j'ai observé que la plupart des personnes présentes étaient des personnes de plus de 50 ans, ou bien des jeunes de moins de 25 ans... Et donc relativement peu -ou moins- de la génération 30/40...

    Bon, cela dit, parmi ces 30/40, il y en a tout de même quelques uns qui se sentent concernés, s'interrogent, se font du souci...

     

    L'indifférence et la résignation sont les couleurs dominantes dans le fond général du tableau... Mais ce n'est point là le pire...

    Le pire serait que l'on ne parvienne pas à soulever la croûte que forment l'indifférence et la résignation, que l'on ne retrouve pas les couleurs originelles qui se mélangeaient, se nuançaient, s'étendaient sans qu'il n'y ait de fond dominant...

     

     

  • NON à la résignation et à l'indifférence

    Dans son dernier livre publié en octobre 2019, « Sauver la beauté du monde », page 253, Jean Claude Guillebaud, essayiste, journaliste, reporter et correspondant de guerre, et « témoin de son temps », auteur de nombreux ouvrages, et dont on peut lire dans Sud Ouest Dimanche la chronique hebdomadaire « Paris Province » écrit :

     

    « Nos décideurs voudraient que l'homme révolté d'Albert Camus devienne l'homme résigné du XXI ème siècle »

     

    Résigné à subir ? Résigné à l'idée que « c'est foutu » ?

     

    Et, qu'en conséquence, « alors autant profiter, autant vivre sa vie quotidienne, dans un conformisme consumériste fondé sur le progrès technologique, la croissance économique, le toujours mieux et plus vite, et cela dans le temps où c'est encore possible »... Avant le « naufrage » comme celui du Titanic le 14 avril 1912... Car sur le pont principal du « Titanic-Monde » de plus en plus incliné, la poupe déjà dans les flots, « l'on y danse l'on y danse comme sur le pont d'Avignon »... L'on y danse, l'on y bâfre, entre passagers qui ont pu accéder au grand pont promenade galerie marchande, alors qu'en bas dans les cabines de seconde classe et le long des couloirs encore éclairés, bien d'autres passagers ont de l'eau jusqu'aux genoux...

     

    C'est bien de cela qu'il s'agit : puisque c'est foutu, autant en profiter au mieux possible tant qu'il est encore temps !

     

    Hier soir, mercredi 22 janvier 2020 sur FR 3, Les vies d'Albert Camus, documentaire de Georges-Marc Benamou...

    Soixante années après la disparition d'Albert Camus le 4 janvier 1960, l'œuvre de l'écrivain et du philosophe Albert Camus est toujours d'actualité, et les femmes et les hommes révoltés du XXI ème siècle nous appellent à ne point nous résigner, à sauver la beauté du monde...

     

  • L'indifférence des bons

    ... "Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons" [Martin Luther King]

     

    ... Ou, à mon sens, l'inertie d'un "meilleur en soi" devenu un refuge ou un abri illusoire, qui renforce l'oppression des méchants...

    ... Ce "meilleur en soi" qui a la prétention de "changer en mieux le monde", d'influer sur le comportement et sur les choix des autres autour de soi... S'il ne se porte pas de toute sa force au devant des lignes des méchants, en sortant au dehors des murs de sa forteresse, ne peut que perdre une bataille qu'il n'engage pas en croyant qu'assiégé il résistera jusqu'à ce que les lignes des méchants desserrent leur étau et s'en aillent...

     

  • Le voyageur saltimbanque

    ... Plus encore que le sentiment de cette indifférence autour de toi, autour de ce que tu es, autour de ce que tu exprimes et dont tu dis qu'il n'y a pas d'écho, et qui est un sentiment dans lequel tu te fourvoies, que tu tires à tes basques tel un boulet...

    Plus encore que cette lucidité aussi stérile que tragique qui est la tienne et accompagne ce sentiment...

    Plus encore que ce silence en lequel tu te retranches dans la relation au quotidien que tu as avec tes proches, tes amis, tes connaissances...

    Plus encore que tout cela...

    Il y a cette question qu'en toi tu te poses et dont au fond tu souffres peut-être plus que de ce que tu crois et qui n'est pas forcément vrai ; plus que de ce silence en lequel tu te retranches...

    C'est la question que tu peux te poser au sujet de ce que tu portes en toi et qui pourrait être attendu, accueilli... Mais n'est ni exprimé ni manifesté par toi, là et à qui il devrait être exprimé et manifesté...

    L'idée qu'un jour tu seras comme le voyageur saltimbanque ou colporteur, sur le quai d'une gare, n'ayant jamais ouvert ton bagage dans les marchés des villages où tu as vécu (mais seulement dans cet espace virtuel qu'est internet), et que tu monteras dans le dernier train en partance, contraint d'abandonner ton bagage sur le quai, un bagage qui ne sera pas ouvert, ne sera nulle part acheminé ni réclamé... Cette idée cependant te poursuit... Et te désespères alors qu'elle devrait au contraire, t'inciter à changer d'épaule ton outil....

    Il te faudrait faire de cette idée, un passage qui surplomberait le marais en dessous de tes pieds, (marais dont tu es soit dit en passant le paysagiste), et te mènerait sur la terre ferme, la terre vraie, la terre dure mais belle...

    Il doit être remis, transmis, ton bagage. Mais l'acte de transmission est un acte difficile à exercer...

     

  • Réflexion sur l'égoïsme

    ... Le dictionnaire Larousse donne de l'égoïsme la définition suivante :

     

    "Vice de l'homme qui rapporte tout à soi : l'égoïsme est à la fois une imperfection du coeur et de l'intelligence"...

     

    ... En fait -et à mon sens"- c'est bien plus complexe que cela :

     

    D'une manière générale -et naturelle- les gens, individuellement ou en société et en relation avec les autres, vivent dans l'environnement qui est le leur, un peu comme à l'intérieur d'une bulle. Cette "bulle" est un "microcosme" constitué de famille (de cercle familial plus ou moins étendu), de proches, de connaissances, d'amis)...

    Et, à l'intérieur même de cette "bulle", les gens le plus souvent, n'ont pas la conscience en eux, de ce qui est extérieur à leur environnement (de famille, d'amis, de connaissances)... Ils n'ont pour ainsi dire jamais (ou rarement ou tout à fait occasionnellement), présent à l'esprit, que dans un environnement différent et donc dans une sensibilité en rapport avec cet environnement différent, que les autres puissent ressentir les choses différemment dans une situation qui est celle de ces autres ou de cet autre dont ils semblent "souverainement" ignorer la réalité...

    Si parfois, lorsque "quatre vérités sont exprimées de vive voix et entre quatre yeux", jetées à la face des intéréssés, "remettent les choses en place"... Les intéréssés alors -peut-être- sont amenés à réfléchir ; il n'en demeure pas moins de la part de ces intéréssés, qu'après coup, une fois la réflexion passée, reviennent très vite à leurs habitudes, à leur indifférence à l'égard des autres... Indifférence qui s'apparente en général à une absence de conscience de ce que peut ressentir l'autre ou les autres dans un environnement familial et social différent, notamment lorsque cet ou ces autres sont des personnes vivant seules...

     

    ... Si l'égoïsme dans sa définition, dans sa réalité même, est une imperfection du coeur et de l'intelligence (intelligence de la relation) commune à la quasi totalité des humains... Et somme toute naturelle... L'indifférence associée à l'égoïsme est davantage encore une imperfection du coeur et un défaut d'intelligence de la relation, d'autant plus que l'indifférence est délibérée, ou accompagnée de condescendance, voire de mépris de l'autre...

     

    ... Tout ce que je dis là en particulier au sujet d'une indifférence délibérée associée à de l'égoïsme ; n'est pas cependant aussi évident que cela du fait de l'ambiguité qu'il peut y avoir dans la relation, dans la mesure où ne s'établit pas nettement, où demeure floue, la "frontière" entre la part réelle d'indifférence et d'égoïsme, et la part de sincérité ou "d'imprévu heureux" existant dans la relation...

    Mais c'est aussi dans l'ambiguité que se dissimulent plus ou moins l'indifférence et l'égoïsme...

     

  • Tout ce dont on se fout...

    Le festival de Cannes... ça me fait une belle jambe!...

    Mais ça me fait venir cette réflexion :

    "Il y a des tas de choses qui nous passent devant le nez, sous les yeux, chaque jour, sur l'écran de notre ordinateur, dans le paysage, dans le journal, à la télé, à la radio, sur le visage des gens, dans la rue, à l'endroit où l'on demeure... Dont on se fout complètement chaque jour, sans jamais savoir, sans jamais être conscient un seul instant qu'on s'en fout, à quel point on s'en fout...

    Et c'est bien là le drame, ou l'absurde, ou l'implacable logique..."

  • Tous ces êtres...

    Tous ces êtres qui nous attendent et que l'on ne touche jamais ni d'un mot ni d'un regard ni d'un doigt...

    Tous ces êtres qui passent et sur lesquels nous "confettisons", silhouettes proches ou lointaines qui n'entreront jamais en notre fête...

    Tous ces êtres qui chantent, rient ou pleurent, et qui autour de nous "confettisent" aussi, visages proches ou lointains, alors que nous passons à côté de la fête qu'ils font, sans les voir, sans les écouter...

    Il est vrai aussi que la fête peut se faire bruyante, sans manèges enchantés, ou si troublante ou si étrange que personne ne s'y arrête...

    Toutes ces attentes que l'on a et qui mordent dans le silence !

    Tout ce qui nous vient d'ici ou d'ailleurs, d'elle ou de lui, d'eux, de tous ces visages... Et qui sombre dans une indifférence entretenue...

    Et il n'y a qu'une fois, une seule fois...

    En une seule vie...

    En une seule traversée...

    L'attente, la volée de confettis...

    Le silence mordu...

    L'indifférence comme la poussière effaçant les traces de nos pas...

    Et les traces de leurs pas...