Articles de yugcib

  • LA SCENE

    C'est la scène même que je veux !

    Pas la loge tout en face de la scène pour les invités de marque, ni quelque strapontin au fond de la salle...

    La place dans la loge, la place sur le strapontin... sont des places où je me sens en exil...

    À la limite – et dans une certaine mesure cela peut valoir la scène – je veux bien -si tel est mon choix, alors- une place debout entre les portes battantes, une place d'observateur et de témoin de ce qui se joue ou se trame sur la scène...

    ... La scène donc !

    Comme en une “fin de rideau” inachevée où il n'y aurait pas eu de “lever de rideau”...

    Des applaudissements?

    Non... Un orgasme plutôt !

     

  • Mouru ta vie en bandant debout...

     

         

         Sur le Web, peut-être plus encore que dans la vie réelle, les êtres et tout ce que les êtres expriment, ou diffusent... Ne sont que “météores” ou quelquefois “comètes à la chevelure argentée dont on a noté le passage dans l'espace un moment traversé, mais dont on s'est peu à peu éloigné de la lumière”...

    Et pourtant, et pourtant!... Le Web ce n'est point la rue, ce n'est point la scène, ce ne sont point tous ces lieux vrais de la vie où les gens se rassemblent, se touchent et se parlent... Le Web c'est encore plus immense que la rue ou la ville où l'on vit, le Web cela contient bien plus, oh combien plus de “lieux” en lesquels on peut apparaître simultanément... Le Web abolit les distances... Et en ce sens, c'est à dire par sa dimension et par tout ce qui le fait présent à l'instant ; il devrait surpasser de très loin tous les porte-voix des rassemblements de foule, tous les livres les plus répandus, tous les journaux à plus grand tirage...

    En somme le Web c'est la voix à la plus grande et plus immédiate portée du monde.

    L'on a dit que le cheval fut la plus grande (et noble) conquête de l'homme... Il reste à réaliser la conquête du Web, mais encore faudrait-il y espérer voir là, dans une telle entreprise... “une certaine noblesse”!

     

    ... Mortalité de cette histoire, c'est que si tu cesses de te mortaliser, personne ne viendra toquer sur ta tombe où tu vis encore, ne viendra non plus te remortaliser et encore moins t'immortaliser...

    Y'aurait donc une seule alternative... qui consisterait à ne jamais cesser de se mortaliser encore et encore et toujours...

    Y'a donc pas d'mortalité sur cet' téterre!

    ... Morte alitée (ou mort alité) : tu as mouru ta vie en bandant debout...

     

  • Je fis ce rêve là...

     

    ... J'avais vingt ans de moins qu'aujourd'hui et j'étais dans un travail qui ressemblait beaucoup au travail que je faisais dans les années 90 : conseiller financier à la Poste...

    Mon “boss” me paraissait presque sympathique et j'étais pour ainsi dire en une sorte de relation apparentée à de l'amitié avec lui... Il n'était pas, le “boss”, un “foudre de guerre” ni un fana de la performance, du résultat et du “paraître”...

    Mais un matin il me fit venir dans son bureau...

    On ne vous voit plus dans votre bureau ni chez vos clients, et durant les trois derniers mois vous n'avez à votre actif que deux signatures de contrats... de toutes petites affaires en réalité... Que se passe-t-il ?”

    Je ne sus que répondre, je baissai la tête, à court d'arguments et d'explications... Car la seule ou les seules explications que j'aurais pu fournir, m'eûssent irrémédiablement perdu.

    Je me voyais déjà dans la situation de précarité de ces chômeurs en fin de droit, ne pouvant plus payer mon loyer, interdit bancaire... De toute évidence la “boîte” ne me garderait point...

    En vérité ce travail je l'avais en horreur... Tous ces objectifs demesurés – et absurdes – de production, ces horaires impossibles, ces contraintes, ces séances de training et de phoning, jeux de rôle et autres imbécilités inventées par la Boîte... Cette “philosophie” de la performance et du résultat à n'importe quel prix... Et encore ces réunions, ces conférences épuisantes en discours, présentations de graphiques et de courbes... alors qu'au dehors resplendissait un ciel bleu d'été... Oui, tout cela j'en avais par dessus la tête...

    Et je me disais que la retraite, c'était bien loin encore, et même la possibilité “d'arrêter avant” - sous forme de cessation progressive d'activité professionnelle.

    Quelle galère ! Ne valait-il pas mieux, au pire, être “chômeur errèmiste” ? ... Ou – on peut rêver- artiste, écrivain, poète et gagner quatre sous par ci par là comme les troubadours du moyen âge? Vivre dans une roulotte, voyager, voir du monde, faire le pitre sur une place publique... et cela jusqu'à 90 ans même !

    ... Par chance ce n'était qu'un cauchemar que je fis là, cette nuit du 24 au 25 juin 2010... et je m'éveillais, paisible retraité de 60 ans ayant déjà à son actif trois années de “CPA” (cessation progressive d'activité)... Et totalement délivré – et désormais étranger en heureux exil- de ce monde du travail abject, inhumain, broyeur de rêves et te “pétant la tête” !

    ... Oh combien je comprends l'angoisse, le mal de vivre, la révolte, le peu d'intérêt en face d'un avenir barricadé et formaté, que manifestent à présent de si nombreux jeunes de moins de 25 ans que l'on commence à voir affluer dans les grandes manifs!

    Certes, le monde du travail, autrefois, n'était pas drôle du tout... Mais il y avait tout de même une “dimension d'humanité” où l'enfer sur cette Terre s'ouvrait parfois sur de “petits paradis”...

     

  • Tu...

     

         Je dis “tu” et non pas “vous” : c'est là, de ma part, une marque profonde de respect avant même toute familiarité ou intimité pouvant éventuellement exister… Le « vous » c'est lors de certaines de mes colères et de mes foudres ; c'est aussi pour les personnes avec lesquelles je ne souhaite pas vraiment entrer en relation suivie, du moins dans un premier temps… Quoique ce ne soit pas chez moi, une règle absolue. Je disais bien « vous » à certains de mes collègues de travail alors que je les aimais beaucoup. Les Anglais, c’est connu, ne disent « tu » qu’à Dieu. Or, pour moi, Dieu c’est vous… Enfin, certains d’entre vous !

    ... Existerait-il une sorte de symbiose entre l’artiste, le poète ou l'écrivain, et son public ? Une symbiose dans le genre de ce qui existe dans la nature entre des plantes et des êtres vivants ? Et j’irais même jusqu’à dire entre l’artiste, le poète ou l'écrivain et son public... une relation amoureuse déconnectée du temps, de l’espace et des conventions ?

    Il y a je crois, une certaine similitude entre la relation amoureuse entre deux êtres, et la relation amoureuse entre l'artiste, le poète ou l'écrivain et son public... C'est d'ailleurs cette relation là, et nulle autre qui ne serait que déguisée, dénaturée ou pervertie, ou encore utilisée à des seules fins d'intérêts personnels ou de domination... Qui aurait réellement du pouvoir... Un pouvoir si puissant qu'il invaliderait tous les autres pouvoirs auxquels le genre humain croit si fort...

    ... “Tu”, en quelque sorte... dans l'idée que porte ce tout petit mot... voudrait bien entrer dans une relation amoureuse...

     

  • Y'a plus d'sens !

     

         Il n'y a même plus de “sens du monde”... Le monde n'a tout bonnement... plus de sens...

    Et notre pays, la France, la France des Droits de l'Homme, de Voltaire et de Victor Hugo... a perdu la tête !...

    Il n'y aura point le 14 juillet prochain, de Garden Party à l'Elysée... mais il y a tout le reste, tout le reste qui pue le sexe sale, qui pue le fric, qui pue l'arrogance, qui s'étrangle devant le monde, du gâteau à la crème auquel il croit encore et dont il bave dans sa tête comme une queue qui a juté avant d'avoir bandé...

     

     

  • La manif du 24 juin

     

    Un océan de visages à l'assaut d'un rivage occupé et colonisé par des brutes à fric accompagnées de leurs hordes de mercenaires !

    Sus aux brutes à fric et à leurs hordes de mercenaires !

    Dans le financement des retraites la durée moyenne de la vie humaine n'y est pour rien...

    Dans le financement des retraites tout comme dans le financement de ce qui est nécessaire et ordinaire au bien être de millions de gens... Ce sont les brutes à fric et leurs hordes de mercenaires qui doivent rendre gorge !

     

     

  • Comment meurt-on sur le Web ?

    EST ? OU N’EST PLUS ?

     

    Comment meurt-on sur le Web ?

    Tout au long du monde et donc sur le “plancher des vaches, circulent dans les feuilles de chou régionales ou nationales, notices nécrologiques et autres avis de disparition que des cartes de visite à noir liseré confirment via Sidi el Factor.

    Au jour fixé pour la mise en terre ou en cendres d’un destin foudroyé ; à la queue leu leu messieux dames demoiselles et demoiseaux en funèbre défilé, suivent le corbillard ou taillent le bout de gras sur le parvis de l’église…

    « Ah ! Il était ceci… Il était cela ! »

    Il n’est plus : voilà la vérité !

    Et l’on le sait, qu’il n’est plus !

    Ou bien on l’apprendra.

    Alors c’est une affaire entendue… Et parfois, osons le dire, attendue !

    Il ne dira plus rien, on le lira peut-être s’il a écrit…

    Il est parti… Parti, parti !

    Mais sur le Web ? Et le site, et le blog, et les forums où il s’exprimait ? Et son e-mail ?

    Silence radio ! Plus d’info du jour, plus rien…

    Un pseudo par ci, par là… qui peu à peu disparaît dans les fosses communes des forums de discussion... Une trappe s’ouvre par pur hasard  : mots et épluchures de mots émergent d'une vase remuée...

    Le temps de tous ces mots n'est plus...

    Site, blog, boîte e-mail, encore suspendus sur les fils de la Toile, ne sont plus désormais que voiles déchirés de peaux mortes...

    L’on ne dit pas, alors : « il était ceci…il était cela »… Puisqu’on ne sait s’il est encore ou n’est plus... Et d'ailleurs si l'on ne le voit plus dans les forums, si l'on ne lit plus de nouveau message sur son blog ou sur son site... Se pose-t-on des questions?

    La chrysalide  ne vibre plus...

    La chrysalide pulsait comme le cœur d’un orchestre de fête d’été battant la même mesure !

    L’on devrait peut-être sur le Web, ouvrir une nef pour y inscrire les disparus en des alvéoles reliées aux registres d’Etat Civil…

    Ainsi l’on saurait… De ces chrysalides qui ne vibrent plus...

     

    Google.fr : recherche : « la nef des disparus »… Un pseudo ou un nom... Réponse : « Inconnu à la nef » ou « Entré dans la nef le… »

     

    Marrons nous ! Aimons nous ! Emouvons nous ! Répondons nous ! Emerveillons nous ! Filons nous des tuyaux !... Les uns les autres. Tant qu’il est temps encore ! Car dans la nef, ça sera trop tard…

     

  • "La littérature est une drogue dure" [Denis Bélanger]

     

         Il y a la littérature dont on se nourrit et qui enrichit notre esprit, par la lecture déjà, de toutes sortes d'ouvrages de tous les genres et de toutes les sensibilités ; par la connaissance de ce que le monde et de ce que les gens sont faits ou ont fait... Et l'on peut dire de cette littérature là, qu'elle est celle à laquelle on pense le plus... qu'elle constitue un “bagage”, ou une “référence”, et dans une certaine mesure, qu'elle nous “ouvre ces portes” par lesquelles on entre dans le “grand salon de la Relation”... Et il est certain que, sans cette littérature qui nourrit et enrichit, ou si cette littérature est seulement une enveloppe superficielle qui nous recouvre... l'on ne peut que difficilement entrer dans le “grand salon”, et qu'à dire vrai, l'on entre plutôt dans des salles de bistrot ou des salles à manger salon de petits pavillons de cités...

         Il y a la littérature que l'on produit soi-même pour autant que que l'on devienne acteur, ou auteur ou créateur et qui vient de l'imaginaire, de la vision, de l'émotion, de la réflexion, de la voix et donc de l'expression que l'on porte en soi... Et la “drogue dure”, c'est cette littérature là... Qui à mon sens, tendrait à “faire perdre” la conscience de la nécessité de la littérature qui nourrit et enrichit... Et qui de surcroît, tendrait aussi par une dimension élargie et diverse de la production s'il en est, à nuire à celui qui en est comme “drogué”...

         L'équilibre est difficile à trouver entre la nécessité de cette littérature dont on se nourrit, et le besoin de la littérature que l'on produit...Car le temps qui passe n'est jamais extensible et l'inclination à produire demeure forte, exactement comme un besoin de drogue...

    Mais ce que l'on produit ne peut se passer de ce dont on se nourrit et s'enrichit... Ce que l'on produit par dépendance quasi exclusive à la production, finit par perdre en partie sa valeur, par se dénaturer, par se déliter de ci de là, en petites pièces éparses sans intérêt réel ou encore en d'autres petites pièces incongrues voire disgracieuses dans le puzzle... (l'un des effets pervers de la “drogue dure”)...

         La littérature dont on se nourrit, tous ces livres lus, tout ce qui est vu et su après avoir été recherché, et qui a été ou qui a pu être retenu... Cela aussi peut être une “drogue dure”... Mais dans une “moindre mesure” à mon sens, et avec des “effets secondaires” moins pervers parce que plus “gérables” au quotidien notamment dans la relation avec ses proches ou avec ses amis, dans la manière d'organiser son temps, par exemple... L'effet sans doute le plus pervers me semble être alors celui de la certitude acquise, ostentatoire et sans cesse confortée, du “bagage” que représente un acquis de connaissances, de lectures, de savoirs... Une certitude en soi derrière laquelle on peut se retrancher, ou dont on peut s'enorgueillir outre mesure... À noter qu'il y a également dans le fait de produire de la littérature, le même “effet secondaire” pervers : cette certitude confortée et ostentatoire de ce que l'on produit, sous-tendue par une conscience aiguë voire démesurée de la valeur de ce que l'on produit...

     

     

  • Les "Bluebloggers" !

     

         À quand une équipe de "Bleus"... de blogueurs du Net... En tournée mondiale ; et apéros sympas et textuants faceboucqués un peu partout sur les places publiques (et même dans les banlieues pourries de Johannesbourg et de Mexico) ?

     

  • Un écrivain peut-il avoir une "vision politique" ?

     

    Jérôme Nodenot (Antoine, sur le forum d'Alexandrie Online) nous écrit ceci :

     

    « Je me suis posé en effet des questions (...) : un écrivain a-t-il déjà eu une "vision politique" dans ces ouvrages ? On peut répondre que oui, mais pour quelques-uns seulement : je sais que Voltaire prônait le système anglais et le libéralisme, je crois. On pourrait parler aussi des utopistes. Mais dans la plupart des cas, je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de "vision politique", au sens où je le comprends c'est-à-dire qui peut influencer la mise en place d'un nouveau système, qui peut changer le monde concrètement.

     

    J'ai souvent ri lorsque j'entendais les interviews de Soljenitsine, par exemple : il a été le pourfendeur du communisme, c'est ce qui a fait sa gloire en plus de son immense talent, et quand le communisme est tombé il a jugé que le système capitaliste et la mondialisation était peut-être encore pire que le communisme (du moins pour les Russes). Bref, l'homme était un empêcheur de tourner en rond, un "emmerdeur" (pardon pour le gros mot) qui critiquait toujours tout. A-t-il jamais préconisé une solution politique à tous ses griefs ? Je ne pense pas. Les écrivains sont des emmerdeurs, qui rêvent souvent d'un monde plus humain, plus authentique, de grands observateurs de la nature humaine, surtout, mais des politiciens, je ne le pense pas.

     

    Je peux me tromper complètement sur le sujet, je l'avoue : quiconque pourra me contredire sur la question sera le bienvenu, parce que c'est une question pas si évidente qui est posée ici. »

     

    ... Victor Hugo, le grand Victor Hugo (et l'on pourrait citer bien d'autres « grands » -artistes, écrivains et poètes)... Victor Hugo oui, le poète et l'écrivain éternel... Dans les années 1840 - 1845, était reçu par le roi Louis Philippe et conversait avec lui en privé... Et il a magnifié de sa plume le retour du tombeau de Napoléon, de Sainte Hélène... Mais il fut bien plus qu'un observateur, un poète et un écrivain au moment de la révolution de 1848 et il a montré qu'il était du côté des humbles, des "petits", des "sans gloire" et des opprimés, et il s'est élevé, se servant de sa notoriété, contre l'injustice, contre l'arbitraire...

    Il n'a pas adhéré à la politique de Napoléon III et dut s'exiler...

    ... Mais Victor Hugo, c'était un "monument"!... Soit dit en passant question femmes il était en émoi... Trois femmes dans sa vie : son épouse Adèle I, Juliette et Léonie (« l'unique »... mais qu'il a quand même trompée)...

    Je pense qu'un écrivain et à plus forte raison si cet écrivain est un penseur et un poète... qu'il ne peut être que l'ami (parfois intime quoique sans concession ni complaisance) des hommes et des femmes de son temps... Du fait, dirais-je, de sa dimension d'humanité...

    Il n'est aucunement question de "manger à tous les râteliers"... Mais il y a cet esprit, cette indépendance d'esprit, cette liberté, ce "oser dire et faire", cette force en soi, cette sorte d'élégance du coeur et de l'esprit, de la manière d'être et de communiquer... Qui font qu'aucune porte ne peut se fermer brutalement, que tout, absolument tout, des êtres de ce monde, peut être écouté, considéré, parfois même aimé contre le sens commun...

    Le poète, l'écrivain, le penseur... a pour ami le prince, l'arsouille, l'anarchiste, le coquin, le pourfendeur de ses contemporains, le proscrit, le milliardaire comme le plus pauvre et le plus démuni des humains... Mais c'est un ami sans complaisance, sans appartenance, qui ne peut ni être acheté ni vendu sur le marché de la Relation... Et en ce sens là, il n'a, effectivement, aucune vision politique. Disons que sa politique alors, c'est sa dimension d'humanité.

    Je ne pense pas qu'un artiste ou qu'un écrivain doive publiquement s'engager par exemple, lors d'une élection présidentielle ou législative, c'est à dire prendre parti devant les médias et devant les gens , pour tel ou tel candidat à l'élection, se produire sur scène dans un spectacle organisé par le parti politique du candidat à l'élection qu'il déclare ainsi soutenir. Que ce même artiste ou écrivain, s'il souhaite lui même se présenter... peut-être! (mais la dimension d'humanité de cet artiste ou de cet écrivain s'il en est et autant qu'elle est, peut-elle se révéler compatible avec la politique même ?)

    ... Viendra peut-être un temps, un jour, où la dimension d'humanité succèdera à la politique...

     

  • Aux heures de retransmission en direct des matches de la coupe du monde

     

         Merci à celles et ceux d'entre vous qui, aux heures de retransmission en direct des matches de football de la coupe du monde, ont recherché sur le Net mon blog « Paroles et Visages » ou mon site « yugcib » sur « monsite com »... Et ont lu quelques pages ou textes de moi...

    ... Je le dis et je le répète « je chie sur les Bleus » et « je chie sur le Foot-Fric-Roi »... Mais cela ne m'empêche point d'être de tout coeur avec les passionnés de Foot (ou d'autres sports) qui, très certainement pour beaucoup d'entre eux, aiment le jeu, l'ambiance du jeu, la technique et l'art du jeu... et ne pensent pas, alors même qu'ils suivent toutes les parties, que des montagnes de fric et des emmêlements de combines crasseuses peuvent être derrière tout cela... Car l'on peut oublier oui, les palaces, les disparités, les « coups bas », le Fric-Roi, les « monstres sacrés », l'orgie médiatique, tout l'orgueil du monde, tout le sens du monde... puisque l'essentiel demeure toujours : l'Art !

     

  • Tout au bout du couloir : mur ou ouverture béante ?

     

         L'arrivée d'Internet à la fin du 20ème siècle et son essor au début du 21ème, c’est comme l'arrivée de l'imprimerie à la fin du 15ème siècle. J’irais même jusqu’à dire que vivre sa vie actuelle en étant totalement étranger à la pratique du Web et de l’informatique, est une forme d’illettrisme comparable à l’analphabétisme qui régnait au 19ème siècle avant la loi de Jules Ferry rendant l'école publique, gratuite et obligatoire... Quoique depuis le milieu du 18ème siècle et même avant, l'instruction des enfants avait commencé de se généraliser.

    Certes je ne blâme pas les  inconditionnels  de la culture, de l’information et de l’expression écrite sans le Web, pas plus que je n’aurais blâmé au 19ème siècle les gens qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école mais qui néanmoins les éduquaient selon des pratiques ancestrales, des principes et des valeurs, des connaissances de la vie et de la nature, et leur apprenaient un métier…

    Mais je pense tout de même que la révolution informatique et que la pratique du Net changent notre vie dans le monde présent et futur tout comme en son temps le fit la découverte de l’imprimerie. Et qu’il n’est donc pas  raisonnable  à mon sens de demeurer à l’écart de ces nouvelles technologies de la communication en dépit de tous les dangers, de tous les risques et de toutes les dérives possibles...

    Qu’en serait-il aujourd’hui de la culture en général et de l’expression écrite, par les seules concentrations de sociétés d'édition et de diffusion de l'information désormais entre les mains d’un Lagardère, d’un Dassault ou de quelque groupe financier ?

    Si le Web est un moteur de vulgarisation du vulgaire et du sens commun à tel point qu’il envahit de ses productions « polluantes » tous les univers sociaux, il est aussi un moteur de développement culturel, par la diffusion NON MARCHANDE des œuvres de l’esprit que les éditeurs et les producteurs prostitués à la loi de l’argent ne “vulgarisent” que dans une moindre mesure...

    Il y a -et il y aura je crois bien pour longtemps encore- des inconditionnels du “sans le Web dans leur vie”, comme il y a des “réfractaires” à la carte bleue, au téléphone portable... et des nostalgiques de la machine à écrire... Et ces inconditionnels là, ou ces “réfractaires”, sont de tous milieux sociaux, de tous âges et l'on compte même parmi eux des écrivains et des intellectuels...

    Mais de quel côté, à bien réfléchir – et avec une certaine gravité- sont la raison ou la sagesse ou la folie ? Le progrès ou l'obscurantisme ? Dès lors que l'on se “mure” ou que l'on se retranche dans une certitude, dans un concept, dans des valeurs, dans quelque aspiration à “vivre autrement”, ou dans quelque rejet ou refus, dans un mode de vie, dans une culture ?

    Dès lors que, adhérant aux certitudes aussi anciennes et traditionnelles que nouvelles et actuelles, l'on se “mure” ou se retranche par ailleurs dans un “devoir d'accompagnement ou de refus”, dans une forme d'intégrisme “solennel, partisan et ostentatoire”?

    Il me semble qu'entre la certitude et le devoir d'une part... Et la conviction intime en soi et la réflexion d'autre part ; il y a une différence :

    -Être sûr et devoir, c'est comme avancer dans un couloir qui, si long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, aboutit à un mur d'une épaisseur infinie...

    -Être intimement convaincu et réfléchir, c'est comme avancer dans un même couloir aussi long soit-il et avec des portes ouvertes ou fermées sur ses côtés, mais tout au bout du couloir s'ouvre, béant et infini, un espace qui semble vide et ne l'est pas cependant... Et c'est bien la conviction intime et profonde, et la réflexion, qui fondent de l'espérance dans ce regard ignorant que l'on a, au seuil de l'ouverture béante et infinie...

    Plutôt que d'être sûr et de devoir, ce qui me désespère... Je préfère cette conviction intime et profonde que j'ai en moi, du possible ou de l'ailleurs ou de l'autrement, et toute la réflexion qui accompagne cette conviction...

     

  • La femme habillée

     

         La femme habillée serait-elle plus « attirante » que nue comme un ver ? C’est possible… Lorsque ce qu’elle porte et la manière dont elle le porte lui sied au plus vrai, au plus intime, au plus émouvant de ce qu’elle est et qui émane d’elle...

    Et le regard dont j'étreins alors cette femme, ce regard à oser dire vrai qui est le mien et tel qu'il respire jusqu'à même haleter, soudain jailli du ciel comme un éclair de foudre blanche, vitrifie toutes ces laideurs que j'ai du monde, éteint toutes ces violences que je porte contre le monde... Et même toutes les morts me deviennent comme irréelles ou incongrues... Et le temps qui passe n'a plus d'espace... Ce sont des hardiesses et des inspirations qui me viennent et non plus ces hésitations, ces « pourquoi » et ces « comment » si lourds à porter...

    Et je me plais dans ce regard dont j'étreins une femme lorsque cette femme porte sur elle ce qui la fait être elle, elle seule au monde et pas une autre... J'aime la femme qui fait de son apparence non pas une afféterie afin de plaire devant le monde ou de suivre une mode, mais un don d'elle même, un don de ce qu'elle porte en elle de vrai et d'unique et qu'elle exprime de la manière dont elle s'habille, se coiffe, s'arrange...

    Cela dit, il y a dans la nudité quelque chose d'émouvant et d'intime qui ne devrait jamais être pornographié...

     

  • Le combat est inégal mais l'espérance magnifique !

     

    Toute certitude heureuse, tout acquis n’est que tête de pont à tenir aussi longtemps que possible... Le combat est inégal, toujours inégal, entre cette force en soi que l'on déploie et cette force du monde qui nous bouscule...

    Il n’y a pas de miracle : le meilleur en nous-mêmes ne suffit pas, aussi crédible et aussi rayonnant qu'il soit.

    Il n’y a pas de miracle mais seulement une espérance magnifique, déraisonnable même.

    Et c’est par cette espérance-là et tout ce qui l’anime en nous que la tête de pont  parvient à tenir.

    Il n'y a peut-être qu'une seule certitude heureuse : celle d'un visage ou d'un regard qui un jour, alors que rien de nous-mêmes n'était su, s'est tourné vers nous comme pour nous parler...

    Sans doute y-a-t-il une manière à nulle autre pareille, de porter un regard sur un être... Alors même que tous nos regards ne sont habituellement que prières muettes ou questions ou rêves, ou viols ou effrois ou indifférences ou encore présences de soi éclaboussées...

    ... Porter ce regard là sur un être, ce regard à nul autre pareil ! Ce regard avec lequel on ne regarde jamais...

     

  • "Des possédants possédés par ce qu'ils possèdent" [Charles De Gaulle]

     

         “Je veux m'entourer d'hommes purs et distingués – loin de moi les fats, je veux voir des artistes – Liszt, Delacroix,Berlioz,Meyerbeer, je ne sais qui encore. Je serai homme avec eux et on jasera d'abord, on le niera, on en rira”...

    [George Sand]

     

    ... Assurément il y a de l'actualité dans cette réflexion de George Sand... Ces hommes (et ces femmes) d'aujourd'hui, “purs et distingués”, sont devenus rares et certains d'entre eux même, sont infréquentables du fait de leur mode de vie, de leur comportement et de ces choix qu'ils font à l'encontre du sens du monde...

    Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui (artistes, écrivains ou autres) soient “purs” au sens religieux, au sens de l'ascétisme ou d'un engagement absolu... Car ils sont “purs” tout simplement parcequ'ils sont authentiques et fidèles à eux-mêmes et aux valeurs en lesquelles ils croient, et qu'au delà de leur authenticité transparaît en outre leur singularité...

    Non pas que ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui soient seulement “distingués” au sens de la culture, de la connaissance, de leur élégance dans leurs gestes et dans leurs propos et leur manière de vivre et de communiquer avec leurs semblables... Car ils sont “distingués” tout simplement parceque leur esprit et leur coeur, et donc leur intelligence, sont étrangers aux corruptions du monde et n'entrent pas dans le jeu du monde, ce jeu dans lequel il faut qu'il y ait toujours un ou des gagnants (et bien sûr de nombreux perdants)...

    À l'époque de George Sand, la femme n'avait pratiquement aucun droit, aucun statut dans une société régie par les hommes. Une femme ne pouvait être écrivain ou artiste que sous le nom de son mari ou de la signature d'un homme (souvenons nous de ce qu'était la société en France et en Europe au 19ème siècle, une société essentiellement régie selon le droit Romain et de surcroît dominée par la religion imposant la soumission et l'obéissance de la femme à l'homme)...

    George Sand devait donc à son époque, se faire homme, c'est à dire vivre comme un homme, afin d'exister – de “s'exister et de se faire exister”- parmi les hommes et en particulier parmi les artistes et les écrivains hommes...

    Aujourd'hui nous sommes entourés d' êtres (hommes et femmes) qui, comme l'écrivait le général De Gaulle, sont “des possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Et la société tout entière, Européenne ou mondiale, est désormais régie selon la loi de l'économie de marché, des profits, de la consommation, de la rentabilité et du résultat immédiat, et tout cela au détriment d'un bien-être ou d'un meilleur-être commun à plus long terme... Et cette société là produit forcément beaucoup plus de fats que d'hommes (ou de femmes) “purs et distingués”...

    Mais ces hommes et ces femmes d'aujourd'hui, “purs et distingués” parce qu'authentiques, singuliers et n'entrant pas dans le jeu du monde, aussi rares qu'ils soient, existent et sont d'ailleurs connus sinon reconnus... Et ils existent bel et bien dans “ce monde là”, ce monde de la fatuité, de la performance et de la rentabilité.

    Être homme ou femme aujourd'hui parmi ces “purs”... L'on en jase d'abord parce que cela semble “perdu d'avance”, ou parce que l'on en nie la possibilité et l'utilité, ou parce que l'on en rit avec condescendance...

    Tous ces “possédants possédés par ce qu'ils possèdent”... Que possèdent-ils ? Des propriétés, des maisons, des voitures, une fonction plus ou moins “valorisante” dans quelque organisme ou association, un “poste clef” dans une entreprise commerciale, un mandat électoral, une culture générale, un diplôme, une clef, un droit, un accès, une légitimité... ? Ou même encore, un talent, une intelligence, une capacité à réaliser , une notoriété, un pouvoir de conviction?

    Quoique l'on possède, que ce soit un bien matériel, une propriété ou de l'argent ; que ce soit un bien “immatériel”, un talent ou une capacité... Nous sommes et demeurons “possédés par ce que nous possédons”... Et il n'y a donc pas, à priori, d'êtres “purs et distingués” parmi les Humains... Seulement des êtres qui s'efforcent “de par leur nature” à devenir “purs” (et qui sont rares et infréquentables)...