Articles de yugcib

  • L'égoïste romantique, de Frédéric Beigbeder

         J'en suis à la page 62, de ce livre -sous la forme d'un journal rédigé par un "écrivain fictif" (Oscar Dufresne)...

    Mais je ne sais pas si j'irai jusqu'au bout...

    Oscar Dufresne à chaque page, cite des noms de gens (sans doute de milieux branchés, people and Cie...) que je ne connais pour ma part "ni d'Eve ni d'Adam"... et n'aspire pas à connaître. Des gens dont je me moque bien de l'existence et de "ce qu'ils font et sont dans la vie et dans l'actualité"...

    Il est vrai que dans cette culture "has-been" de "branchés et de "people" et de toutes ces cliques "bling bling" qui gravitent autour)... Je suis d'une nullité phénoménale, d'une nullité de voyou insolent, iconoclaste et fouteur de merde... Et ma nullité en ce domaine, je la pète haut et fort en un bras d'honneur à me faire un bleu dans le creux du coude...

    Dix, quinze fois par page, notre Oscar Dufresne emploie des locutions, des termes d'une espèce d'argot américain ou anglosaxon techno-branché-à la mode, par exemple ce terme "Has-been" : "has been, pour moi ce serait un type (ou une typesse) du genre "je sais tout/j'ai tout vu/j'ai vécu" - et qui même quand il sait pas, fait comme s'il savait, de telle sorte que celui qui sait vraiment, doute de son savoir... (et comme il faut bien l'allure ou le genre qui sied à un tel personnage "has-been", on remarque le pull jeté négligeamment sur les épaules, l'une ou l'autre de ces manières empruntées et de ces "singeries civilisées" ; ou les lunettes noires, quelque piercing sur l'aile du nez ou autre "quincaillerie" au poignet, ou une montre de marque)...

    Mais c'est ça la culture d'aujourd'hui, avec le sexe en plus qui pue la crevette pourrie, la mayonnaise éventée, la raie du cul, l'anus et la suce, le croupion et les nichons au champagne ou au bourbon, le tortillage de cul en sueur estivale en boîte climatisée ; tous ces clichés de merde que tout le monde avale, cette civilisation pour les riches et les "dans le vent" qui se fout des pauvres et se pique de modernité iphonisée, internétisée, night-club-isée, pipolisée, crétinisée et qui prône une "morale qui défait la morale"...

    Non, si c'est ça l'île de Ré (ce qu'il en dit ) jamais j'irai en vacances à l'île de Ré !

    Has-Been... Has-Been... oui... Une marque de fayots en boîte ou de bouillabesse lyophilisée, oui, dirais -je !

  • Silence radio à défaut de clamer sa pensée bouleversée

         Inondation au Pakistan, coulée de boue en Chine... Et tant d'autres événements dramatiques de par le monde, proches ou lointains... Et dont toutes les Télés nous diffusent les images...

    C'est vrai que jadis, lorsqu'il n'existait ni télé, ni internet ni i-phone, "on ne savait rien de tout cela" et l'on n'était affecté que par le gros orage qui avait sévi dans sa vallée, que par la diligence qui avait versé dans le ravin à la sortie du village...

    Et pendant tout ce temps là, le temps de ces évènements dramatiques partout dans le monde, on "blogue", on "fait la révolution sur le clavier d'un ordinateur", on fait sa valise pour aller en vacances, on pousse son chariot de commissions en sortant du Leclerc géant, on klaxonne rageusement le "con qui avance pas ou qui se trompe de file"... Et merde, merde! ça en devient presque "indécent" ! Et que faire? Comment réagir? Envoyer de l'argent? Du fourbi de première nécessité? On fait tout ça... oui, on le fait...

    Et je me dis " Et si on fermait sa gueule ?" Si on arrêtait de bloguer de tout et de rien, de poétiser, de pétasser, de filer-les-oeufs-fausser"... Trois jours-minutes ou heures de silence... Oui au moins se taire, fermer le robinet de toute cette indécence pseudo culturelle et ostentatoire et larmoyante et sans aucune utilité, dépourvue de sens... qui coule à flots dans les bassines débordantes de notre "égoïsme économique mondialisé"!

    Ah, putain! On crèvera tous avec ce nombril de merde bardé de nouilles luminescentes!

    ...Je voulais dire par là (c'est le sens de ma réflexion)... que parfois, en face de tant et tant de misères, d'injustices, de violence, de catastrophes -proches ou lointaines et impliquant souffrances, chagrins, deuils et immenses et irrémédiables pertes des gens- l'on devrait, plutôt que de continuer à pérorer, à rouler les mécaniques sur des blogs, sur Facebook, dans des bouquins... Ne serait-ce que par un minimum de décence ou de respect, par égard vis à vis de tous ces gens qui souffrent et meurent le plus souvent dans l'anonymat... Au moins se taire ne fût-ce qu'un moment, un tout petit moment dans sa vie...

    Certes, en tant qu'artiste ou écrivain, l'on peut faire comme jadis Voltaire après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, c'est à dire "prendre sa plume et laisser parler son coeur et son esprit"... Mais peut-être pas dans le "feu même de l'actualité" alors que fument encore les décombres et que meurent de faim les gens... L'urgence (secours et aide financière) appartient aux acteurs, à leur efficacité sur place, et à tous les gens que nous sommes de par le monde et qui peuvent en fonction de leurs moyens si dérisoires puissent-ils paraître, contribuer par un don... Encore faut-il que l'argent collecté de la sorte par de grands organismes humanitaires, puisse être immédiatement utilisé au bénéfice des sinistrés (et non pas dévié vers des réalisations ne profitant qu'à des minorités plus privilégiées (ou moins exposées)...

    L'urgence (et urgence il y a toujours) n'est pas dans les discours inutiles et oiseux, dans la réflexion philosophique, dans la poésie, dans le larmoiement, dans tous ces "voeux aussi pieux qu'émus" que l'on adresse à des populations éprouvées dans leur chair et dans leur âme ; et encore moins dans l'exhibitionnisme de ses productions personnelles sur des blogs ou sur Facebook...

  • Les vacances

         ... Ah, les vacances, les vacances !... Et en Août, en Août... ce mois où "tout le monde part" (enfin, enfin... "un certain nombre de gens" dans la mesure où leur buget le leur permet!)...

    Pourquoi en Août? C'est bien simple : c'est le seul mois que l'année scolaire ne mord pas à l'un ou l'autre bout... Alors, comme il y a les enfants, on part en Août.

    En fait, le plus gros des vacanciers c'est entre le 20 juillet et le 20 Août.

    Et que de monde en toutes régions! Campings bondés ; locations, meublés, hôtels, résidences secondaires longtemps réservés à l'avance ou difficiles voire impossibles à trouver ; embouteillages monstres aux abords des "terminaux vacanciers" (sites de vacances), parkings pris d'assaut, bouchons de plusieurs kilomètres sur les portions de routes et autoroutes que tout le monde emprunte...

    Et les night club, discothèques, dancings, fêtes foraines, festivals et "festiveaux", les nuits "blanches", la drague, le farniente... etc... etc...

    ... D'un autre côté si je puis dire, il faut tout de même reconnaître que de telles concentrations humaines sont parfois "heureuses" dans la mesure où les gens se trouvent comme "reliés entre eux" dans une sorte de "communication ondulatoire" (totalement différente de la communication dans les jours "hors vacances")...

    En effet dans ce que j'appelle "communication ondulatoire" il y a cette présence de l'autre, des autres... Comme un paysage qui s'ouvre et dont les formes et les couleurs se précisent et se nuancent peu à peu, "effaçant" une solitude intérieure, "crevant" une bulle d'isolement...

  • Reconnaissance

         Une reconnaissance régionale (pour un écrivain, son oeuvre ou l'une de ses oeuvres) est sans doute une reconnaissance (à mon avis) plus "précieuse" qu'une reconnaissance dans le "monde général de la littérature"...

    J'irais même jusqu'à dire que lorsque cette reconnaissance n'est que celle du lieu où l'on vit, auprès des gens que l'on connaît, dans sa famille, auprès de ses amis, dans son environnement immédiat... Cela est encore plus "précieux"...

    Il y aurait peut-être quelque chose de "désespéré" et de "dramatique", pour un être d'écriture et de poésie (et d'une grande sensibilité)... à rayonner loin, très loin même, dans un espace situé hors de notre portée et dispersé, et dans lequel on ne pourra sans doute jamais se rendre ni s'exprimer directement ... Si l'on ne rayonne pas dans le ciel tout juste situé au dessus de ses yeux...

    Que faire d'une reconnaissance générale et diffuse dans un espace immense, où les rencontres, les échanges, ne sont que virtuels ? Où "être lu" n'implique aucun contact, aucune relation "solide et durable" ?

    Lors des veillées, des soirées ou des réunions entre parents, amis, voisins, connaissances, que l'on peut faire encore chez soi, dans son quartier, un lieu public de son village ou de sa ville, celui ou celle qui raconte, chante, joue d'un instrument de musique, devient en quelque sorte le personnage central. Et si cela ne "rayonne pas aux cinq cents diables", cela rayonne fort, alors !

  • Romans populaires

          Si l'on peut dire (mais tout en demeurant dans la mesure et dans la réflexion plutôt que de verser dans le seul rejet systématique) de Marc Lévy, de Guillaume Musso et d'autres littérateurs populaires... Que ces auteurs là ne peuvent que difficilement être qualifiés d'écrivains (tant ils passent pour si peu littéraires voire médiocres aux yeux de certains)... Alors que pensez vous en toute objectivité, d'un Christian Signol par exemple, qui lui aussi est un auteur populaire ?

    Est-ce que selon vous, Christian Signol "souffrirait une comparaison plus heureuse" par rapport à un Lévy ou à un Musso ?

    Dans la "même veine" (si je puis dire) que Christian Signol, on peut citer Henri Troyat avec par exemple l'un de ses livres "les semailles et les moissons" (qui fit récemment l'objet d'une adaptation pour un film de télévision)... Et Henri Bordeaux, cet auteur populaire du début du 20ème siècle ( que ma grand mère quand elle était jeune fille avait du plaisir à lire)...

    Mais Henri Troyat et Henri Bordeaux furent tout de même de l'Académie Française...

    Personnellement, j'ai lu quelques livres de Christian Signol et mon avis serait le suivant :

    "C'est un auteur de romans populaires que l'on pourrait qualifier d'écrivain , relativement proche d'un Henri Troyat dans "les semailles et les moissons", et comparable à un Henri Bordeaux du début du 20ème siècle"...

    Selon Courteline, il n'y aurait pas de "genre inférieur" mais des productions ratées (qui néanmoins pour certaines d'entre elles se vendent en centaines de milliers d'exemplaires)...

    Encore faudrait-il définir ce qu'est une "production ratée"... Ratée pour son inconsistance, pour ses "coquilles", pour ses clichés, pour ses invraisemblances, pour sa forme ou pour son contenu? Ou ratée parce qu'incomprise, obscure, sans avenir ? Ratée parce qu'elle n'intéresse personne ou si peu ?

    Les valeurs du monde ne sont ni plus ni moins aujourd'hui que les valeurs du CAC 40 (ou du Dones Jones) et de tout ce qui découle directement ou indirectement de ces valeurs... Et l'on peut dire que la littérature par le livre (le livre "produit consommable"), que l'Art par les vernissages, les galeries et les expositions en salle ou sur les marchés, que la musique par ses orchestres de rue ou de place publique les soirs de fête en été dans les lieux touristiques... Se fondent dans ces valeurs du monde... Et le "raté" aujourd'hui, c'est ce qui n'entre pas dans les valeurs du monde "cacarantemédiatisées", s'insurge et entre dans la délinquance... Parce qu'il n'y a plus d'autre alternative au point de "non retour" aujourd'hui atteint, que cette délinquance caractérisée, violente, sans merci et dévastatrice des valeurs "cacarantemédiatisées" du monde...

    Ce n'est point ce que l'on peut penser ou juger d'un auteur, d'un écrivain, d'un artiste... Ce n'est point un Lévy, un Musso ou un Signol... qui est en cause, qui "fait ou ne fait pas" la littérature.

    C'est cette orgie, cet "orgasme sans âme", cette "troudebalerie" des valeurs du monde !

    Et quel coup de hache à donner sur le grand miroir dans lequel se regarde le monde !  

     

     

  • Coup de hache sur une mer gelée

     

    « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous », écrivait Kafka en 1904, dans une lettre à Oskar Pollak, le 27 janvier…

     

    Cette « mer gelée en nous » n’est-elle pas comme une banquise dont les bourrelets, les rides, les creux et les bosses à perte de vue, sont autant de repères et de marques pour ces « aventuriers » de la vie que nous sommes, alors que nous venons tout juste de franchir l’une de ces « frontières » de l’Histoire, sans doute la plus déterminante mais aussi la plus incertaine ; et de pénétrer en un « territoire » qui pourrait être comme les « territoires » précédents, un immense palier, une sorte de plateau au bout duquel il n’y pas d’horizon discernable ?

    Et ne traversons nous pas, en nos existences qui passent comme l’éclair de l’orage ou comme une « éternité » entre deux portes, de ces « territoires paliers » qui sont autant de « banquises »toutes tracées de nos chemins ?

    A la surface de cette « mer gelée en nous », et même, je crois, jusqu’à une certaine profondeur, s’y répète, s’y perpétue l’immobilisme des habitudes, une certaine forme de renoncement ou d’indifférence, ou, ce qui n’est guère mieux, une forme d’espérance « angélique » et d’une consistance purement émotionnelle ; et, ce qui est sans doute pire encore, un ensemble de certitudes trop vite acquises dont on se fait un « rempart sécuritaire » qui, de toute évidence, ne peut résister aux  grands blizzards que les évènements autour de nous ont soulevés…

    Il est assurément très peu de ces livres ou de ces écrits, de nos jours comme par le passé, qui sont cette « hache fendant la mer gelée »… Et quand bien même voleraient en éclats tous ces repères, toutes ces habitudes, tout ce renoncement, toutes ces indifférences, tous ces silences, ces « shizophrénies intellectuelles », ces certitudes, ces angélismes et ces hypocrisies… N’en viendrait-il pas d’autres, de ces bourrelets, de ces rides, de ces creux et de ces bosses d'une mer gelée à perte de vue ?

    « Un livre qui fend la mer gelée » est un livre qui dérange parce qu’il casse ce sur quoi l’on marche… Et c’est fou ce que l’on s’attache à ce qui porte nos pas !

     

     

     

  • Amour raté aux bas déchirés

    "Il n'est pas de genres inférieurs, il n'est que des productions ratées".

    [Courteline]

    Et de même, dis-je :

    "Il n'est point d'amours bas de gamme, il n'est que des amours ratés aux bas déchirés".

     

    Et encore :

    "Tous les ennemours de quelque genre qu'ils soient, sont inférieurs, même lorsqu'ils se sont parés des plus beaux atours de l'amour".

        

     

     

     

     

     

     

           

  • L'homme sait et l'animal sent, mais l'homme est aussi un animal

         "On ne peut pas connaître un pays par la simple science géographique... on ne peut, je crois, rien connaître par la simple science. C'est un instrument trop exact et trop dur. Le monde a mille tendresses dans lesquelles il faut se plier pour les comprendre avant de savoir ce que représente leur somme."          [Jean Giono, L'Eau vive ]

     

    Tous les savoirs dans quelque domaine que ce soit, sont le "propre de l'homme"... L'animal, lui, ne "sait" pas : il sent.

    Mais l'homme parce qu'il est aussi un animal, "sent" en lui et autour de lui ce qu'il ne "sait" pas.

    Et lorsque l'homme "sait", ayant acquis la connaissance dans tel ou tel domaine, il ne "sent" peut-être plus comme il "sait"... C'est alors le savoir qui le domine et le fait devenir "machine", une "machine" de plus en plus complexe selon l'étendue et la diversité des savoirs acquis...

    Un pays, des gens, et la géographie elle-même... et toute la connaissance dans tel ou tel domaine, ce n'est pas seulement la connaissance exacte, précise et détaillée - autant dire la "connaissance dure". C'est aussi tout ce que l'on sent de ce pays, des gens, de la géographie ... Ce que l'on "sent" par cette autre forme de connaissance qui est la connaissance "intuitive" (ou naturelle) et qui entre en nous, tout comme la connaissance "dure", exacte, et qui est, elle, le propre de l'homme...

    Ainsi certains êtres en apparence "frustres" , et même un très grand nombre de gens sur la Terre, qui, soit ne savent ni lire ni écrire, soit n'ont pas de connaissance "intellectuelle" (scolaire ou universitaire)... "Sentent" peut-être plus que ceux qui "savent".

    Ce sont ces "mille tendresses" - et par là même toutes ces réalités naturelles, profondes, diverses, complexes et subtiles - qui sont alors perçues sans qu'elles soient sues...

    "Sentir" seulement n'est certes pas "comprendre" dans la mesure où "sentir" ne donne pas l'explication, ne révèle pas la "mécanique"... "Sentir" permet tout juste (et c'est déjà beaucoup) de déduire puis d'inciter à agir... Et l'on ne devrait "savoir par la science" que ce qui, avant d'être su, a été senti...

     

    Ne rien sentir, ce serait être d'un genre humain qui n'aurait plus rien d'animal... Alors la Science, tous les savoirs, toute la connaissance, deviendraient de magnifiques manteaux d'ignorance...

     

     

  • Les bagages sur le quai

         Le voyageur un jour devra laisser tous ses bagages sur le quai... Autant dire tout ce qu'il possède et par quoi il est possédé : ses biens matériels, son pouvoir et sa position sociale, son intelligence et son oeuvre, l'oeuvre de sa vie entière... Mais il devra laisser également tous ses souvenirs, tout ce qu'il n' a pas dit, tous ses rêves, toutes ses aspirations et tout ce que personne, jamais personne n'a su de lui, ou ne saura jamais...

    Quand à ce que l'on a su de lui (ou cru savoir), à ce qu'il a laissé ou légué ou transmis, à tout ce qu'il a dit ou écrit ou exprimé, fût-ce une oeuvre, une oeuvre d'artiste ou d'écrivain et de témoin de son temps... Ce sera là un bagage aussi, un bagage confié à d'autres voyageurs ou laissé en l'état... Mais un bagage avec lequel un autre, ou ces autres voyageurs, un jour, ne partiront pas eux non plus...

    Je pense à ces cathédrales qui défient les siècles, mais pas les ères géologiques... à ces routes et ces surfaces bitumées des villes que la végétation percera, à ces grands arbres du temps du Roi Soleil dont le tronc et les branches ont fini par se déssecher, au règne des dinosaures de 140 millions d'années, et au dernier arrivé sur la Terre : l'Homme...

    ... Et à toutes ces étoiles dont on ne voit pas encore la lumière...

    Cela me donne le vertige !... Mais c'est tellement beau que j'en ai les pieds sur terre comme debout sur le plancher de la nacelle d'une montgolfière au dessus des prés, des champs, des forêts et des chemins que je parcours en marchant...

  • Les Invasions Barbares

     

         Vous souvenez vous - pour celles et ceux d'entre vous qui l'ont vu - de ce film sans doute datant de 2003 : "Les Invasions Barbares" ?

    Dans la première image du film, l'on entre dans un immense hall - couloir d'hôpital où sont allongés sur des lits contre les cloisons et entre les portes, malades et blessés en attente de soins, ou arrivés là en urgence... "à perte de vue" pour ainsi dire... Et l'on entend toutes sortes de bruits, de cris, de plaintes, et tout cela dans un grand "remue-ménage" au beau milieu d'incessantes allées-venues d'infirmières, de médecins...

    Un homme d'une personnalité "hors du commun" ayant eu une existence "chaotique" et âgé d'environ 60 ans se trouve là, dans une chambre de cet hôpital, soigné pour un cancer...

    Le fils de cet homme est jeune, "bien dans sa peau" dans son travail de cadre au sein d'une importante société, et sans nul doute préoccupé de sa carrière et de ses relations dans le monde où il évolue... Il n'a pas revu son père (divorcé)- et "assez marginal" de par son caractère et son genre de vie- depuis quelques années. Dès qu'il apprend cependant la maladie et l'hospitalisation de son père, il "saute" dans le premier avion en partance pour se rendre auprès de son père, et décide de faire pour lui "le meilleur auquel il aspire" et dépense son énergie et son argent afin que son père puisse jouir des meilleurs services, du meilleur traitement, etc. Puis il recherche et appelle chacun des anciens ou proches amis ou connaissances de son père, qui tous viennent et ensuite l'accompagnent durant les jours de sa vie finissante jusqu'aux tous derniers moments...

    Les situations, les dialogues, les scènes sont drôles et émouvantes, dans ce film... Et tout cela dans une grande sensibilité, avec beaucoup de pudeur, de délicatesse, de moments très forts...

    Une relation pour le moins surprenante entre deux hommes (le père et le fils) si différents l'un de l'autre, une histoire d'amitié qui prend un sens tout à fait particulier (et profond) dans une situation dramatique (mais qui demeure drôle et même parfois assez cocasse)... Tous ces gens, ces amis, ces anciennes connaissances qui ont répondu à l'appel du fils, alors qu'ils venaient eux-mêmes d'horizons divers et de lieux éloignés...

    ... Si je devais me constituer une collection de films en DVD, tout comme l'on réalise avec passion une collection personnelle de timbres ou de cartes postales... Assurément il y aurait dans ma collection de films préférés " Les Invasions Barbares", avec "L'insoutenable légèreté de l'Etre", "Sur la route de Madison", "Out of Africa", "Dernier domicile connu" (avec Lino Ventura), "Le grand bleu", "Soleil Vert"... et sans doute d'autres encore dont les titres ne me viennent pas tout de suite en esprit... De plus, les films que je cite sont accompagnés de la musique qui leur convient tout à fait et pour le mieux. Par exemple dans les Invasions Barbares au final, l'on entend la chanson de Françoise Hardy "L'Amitié" (ce qui, après avoir vu le film, est particulièrement émouvant)...

    ... Il est d'ailleurs étonnant que ce film "Les invasions barbares" vraisemblement sorti en 2003, n'ait pas été (à ma connaissance) diffusé par la suite sur une chaîne de télévision (FR 3 ou ARTE) alors que bien d'autres l'ont été (dont "Sur la route de madison" et "Out of Africa" par exemple)...

    Mais j'ai acheté le DVD... un jour, trouvé tout à fait par hasard... dans une grosse corbeille contenant en vrac des thrillers américains et pas mal de "navets à deux balles"... Au Leclerc géant (espace "culturel"), et pour 4 euros ! (quelle étrange trouvaille d'une telle "perle" au beau milieu de toutes ces productions de merde bradées à bas prix pour un public de pauvres gens, de tant et tant de pauvres gens au cerveau lessivé par la culture bêta du système!)...

    Il est vrai que ce pauvre "Invasions barbares" trônait au dessus de la pile comme une belle fleur oubliée confondue avec d'autres sortes de fleurs envahissantes aux couleurs criardes ou délavées - vraiment barbares, elles- ...

     

     

  • Des Hacine et des Hèle

     

           Ils s'élevèrent, nuages mouvants de lumière crue, isolés ou formant de petites colonnes, dans la poussière corrosive des déserts de pierre du monde...

    Et ils coururent tels des cavaliers fous, au devant de ces longues caravanes qui toutes, se disloquaient dans la traversée des déserts de pierre, ou se rejoignaient en convois de Pakthes , de Zélithes ou de Plouques...

    Au début, personne n'y crut. L'on disait "ce sont les Hacine et les Hèle, des sortes de démons venus du Grand Espace au delà du ciel"... Ou encore " ce sont des caravaniers rebelles, accourus pour tenter de nous conduire au pays des Paplouques".

    Personne n'y crut parce qu'ils n'étaient au devant des caravanes de marchands et de chalands, que des nuages épars s'étirant sans changer la couleur du ciel...

    Mais les caravanes firent tout de même cercle et se barricadèrent de murs de pierres montés à la hâte, et les rebelles furent attachés aux roues des chariots, subirent des lavages d'estomac afin qu'ils vomissent leurs rêves...

    Les Hacines et les Hèles n'étaient pas venus à l'assaut des caravanes, mais ce fut, au dires des caravaniers... Tout comme. Et la résistance s'organisa contre ces Hacine et ces Hèle dont les visages de lumière crue heurtaient les masques dont s'étaient parés les caravaniers.

    Le monde n'était devenu que déserts de pierres et les caravanes s'étaient mises debout, figées en hautes tours à hublots lumineux et enroulées de gigantesques rubans gris...

    De la fin - ou d'un "jour proche ou lointain"- tout le monde en parlait dans les caravanes... Les "c'eus qué pensé que" s'opposaient aux "c'eu's qué voyé otreman"... Mais personne, jamais, ne sut vraiment... Entre temps il avait eu, outre les Hacine et les Hèles... Les Toquetautotes, puis les Eldoradaures...

     

  • Le cours de notre vie sans les astres

         Ne me demandez jamais de quel signe je suis... Ne me parlez jamais d'horoscope, d'ésotérisme ou de voyance ou de magie ou de sorcellerie ou de ces "mystères" que la science ne peut expliquer mais dont on fait état avec soit-disant d'irréfutables indices...

    Je fais pour ainsi dire un rejet de ces "choses là"...

    Comme si une conjonction de planètes, la position d'un astre par rapport à un autre corps céleste ou quelque évènement cosmique particulier, pouvait influencer notre comportement, avoir une action sur notre corps, notre santé, notre esprit, nos émotions, nos sentiments, nos rencontres!... Comme si le cours de notre vie, alors, pouvait être soumis et régi ainsi et cela sans que nous puissions jamais nous-même de par notre volonté et de par notre intelligence,

    choisir, décider, agir, se sentir responsable...

    Il y a déjà tout ce qui nous est imposé par l'environnement économique, social, familial, professionnel, et qui entre pour une bonne part, de gré ou de force dans nos vies... Alors si en plus de tout cela il faut qu'une conjonction de planètes, un "thème astral" ou un évènement cosmique à répétition ou occasionnel, se "mettent de la partie"... Notre vie dans une dimension où elle pourrait encore avoir un sens, n'a guère plus de sens que dans la dimension où elle n'en a plus du tout...

  • Tous les mariages, vus d'ensemble se ressemblent...

          ... Mais ils sont chacun d'eux, aussi différents que l'un ou l'autre de ces mille et mille tableaux de peinture dont les couleurs et les lignes et les formes se fondent en des compositions de paysages dont les détails peu à peu sous notre oeil, apparaîssent, se précisent et racontent... 

    Au delà de tout ce que le regard peut balayer comme le ferait l'objectif d'une caméra d'un bout à l'autre de l'assemblée des personnes présentes... Le marié dans son costume sombre, la mariée dans la robe qu'elle porte sur elle, les filles et les femmes bien habillées, coiffées et arrangées ; et tous les invités de la noce formant de petits groupes... S'ouvrent les fleurs des champs et des prés et se répandent les essences dans le paysage... Parce que le regard se pose, entre et se faufile dans toutes ces vies des uns et des autres dont le visage devient fenêtre, dont l'existence nous est en partie connue pour certaines de ces vies, ou inconnue et seulement de passage...

    Ah, la solennité du moment, les témoins, la signature sur le grand livre officiel, le serment de fidélité et d'assistance "jusqu'à ce que la mort sépare" ! Mais... Ah, la vie qui sera et ce qui viendra... peut-être dès demain !

    Cela coûte cher, un mariage... Mais il y faut du solennel, de l'Eglise, du Code Civil, et bien sûr, le costume, la robe de mariée, les invités, la fête... Et du grand apéro au repas de noces, et jusqu'au lendemain le dimanche midi où s'attablent encore la parenté et les amis très chers, ce sont toutes ces vies qui se sont touchées le temps de l'évènement, toutes ces vies dont beaucoup d'entre elles ne s'étaient pas croisées et ne se suivront pas...

    ... J'ai toujours ressenti, dans un mariage, peut-être là plus qu'ailleurs dans un autre évènement que l'on fête, où sont assemblées plusieurs dizaines de personnes... Cette gravité dans l'évènement, dans la relation, dans la fête même et dans le caractère solennel de la fête... Je me suis toujours senti alors, invité dans un mariage, tel un enfant émerveillé enclin de par son caractère à "faire le pitre" -ou "l'artiste"- mais devenu soudain sans voix, humble et perdu - mais intensément relié- à toutes ces vies connues ou inconnues, touchées ou effleurées ou seulement imaginées...

     

     

     

  • Un choix difficile et risqué

         Il m'arrive de penser que certains êtres humains brutaux, vulgaires, violents et dangereux dans leurs agissements, ne peuvent être traités en êtres humains. Alors je me dis que les droits de l'homme sont une sordide hypocrisie inventée par la civilisation, et que peut-être, vaudrait-il mieux substituer à la "philosophie des droits de l'homme", une sorte de justice radicale et expéditive ou même  une élimination pure et simple de ces êtres impossibles et dangereux. Mais il me vient une interrogation et par delà, une réflexion...

     Et si, confronté à de tels êtres, un autre choix que celui de la confrontation violente pouvait être fait ?

     Et si, par cet autre choix, devait s'ouvrir comme une porte sur un inconnu dont on n'aperçoit à priori qu'une béance absurde et vertigineuse ?

     Alors l'enjeu d'un tel choix ne vaudrait-il pas que l'on risque sa vie ?

    Ce que l'on appelle ou proclame "philosophie des droits de l'homme" ou cette conception que l'on se fait d'une justice civilisée et se prétendant rédemptrice, est plus en réalité une mode qu'un véritable choix... Et en ce sens, c'est une faiblesse, un désaveu, un pourrissement organisé. Et de même, toute forme d'autorité brutale, punitive et excluante exercée dans l'urgence, est un aveu de faiblesse avec la perspective d'un échec.

     Dans le choix qu'il me vient à l'esprit de faire, le choix d'un comportement ou d'un agissement susceptible d'éveiller en un être humain un sentiment, une émotion, une conscience et une intelligence qui auparavant n'existaient pas, il y a un risque certain à prendre... Mais il y a aussi, pour autant qu'elle puisse se manifester et s'imposer, une force agissante et déterminante qui surpasse toute forme de violence, une force sans laquelle il ne demeure que faiblesse, abdiquation et pourrissement...

     Mais je dis aussi que l'interrogation et la réflexion qui me viennent, perdent leur acuité et sans doute leur sens, dans le cas particulier des prédateurs sexuels assassins d'enfants ou de femmes, ainsi que dans le cas de ces tyrans ou dictateurs pouvant être responsables de génocides et de crimes contre l'humanité...

  • Tire sur 5 iphones !

         Tout en haut de la page d'accueil des forums que je fréquente assidûment, j'aperçois – mais n'y prête aucune attention - "tire sur 5 iphones"...

    Je canarderais bien de ma sarbacane Yugcibienne toute vibrante et toute tordue, avec des grains de grosse limaille de fer, sur ces 5 iphones à la fois, afin de les faire péter en mille éclats...

    Je canarderais bien aussi 5 télés, 1 sarko, 5 députains, une bonne douzaine sinon plus, de vedettes ou "sous-vedettes" du Show Biz", quelques hommes (ou femmes) d'état et de gouvernement... et j'en passe et j'en passe de toutes ces têtes à cartonner...

    ... Mais je rejoins la pensée d'Albert Camus, qui disait que la révolution était la négation de la révolte...

    En tant qu' "homme révolté" je me révolte contre les révolutions et contre les conformismes...

    Les révolutions conduisent inévitalement et inexorablement à une forme de barbarie primaire ou "civilisée", et cela dans l'excès et la démesure...

    Les conformismes nivellent la pensée et remplacent la réflexion par des béquilles se substituant à de vraies guiboles...

    La révolte, c'est l'affirmation dans la parole et plus encore dans l'action délibérée, pensée et responsable, dans le choix de ses comportements en toute situation dite “sensible” ou même ordinaire ; c'est aussi la réflexion et la mesure...

    La révolution peut casser un monde en particulier en un lieu donné, que ce lieu soit une ville, un pays, un territoire... La révolution peut même casser le monde tout entier...

    Mais la révolte ne casse ni un monde en particulier en un lieu donné, ni le monde tout entier... La révolte se lève et se dresse face au monde, prend ce monde en son état du moment de son histoire “à bras le corps” et le porte devant ses pieds tel un ballon de foot qui directement ou par passes, finit sa course entre les poteaux du but...