Articles de yugcib

  • Une forme insidieuse de totalitarisme

          La société tout entière, qu'elle soit Française ou autre, à l'exception des sociétés et des pays totalitaires (et des pays de grande misère)... Est malade d'un « consensualisme troudebalesque ». Et ce consensualisme est presque pire qu'une forme ou une autre de totalitarisme...

    Ce « consensualisme troudebalesque » en quelque sorte, serait le pire de tous les totalitarismes.

    En somme, on voudrait le beurre et l'argent du beurre... L'argent du beurre, dans la « troudebalerie consensuelle » aseptisée, civilisée et pourvoyeuse d'égoïsmes exacerbés...

    Et les égoïsmes ne se révoltent que par des discours et des comportements contre les marchands (ou les consommateurs) d'un beurre qui pue le cornichon éventé, mais dont on ne cesse de beurrer ses tartines en répétant que le beurre est « chiche » et mal distribué...

    Je ne dis pas que le totalitarisme tel qu'il existe et s'exerce dans certains pays, serait « plus supportable » que la forme de totalitarisme que j'évoque plus haut... À tout prendre, il vaut mieux encore devoir subir dans notre vie quotidienne ce « consensualisme troudebalesque » pour autant qu'il nous reste la liberté d'expression... et, il faut le dire, «un certain confort » 'même dans les limites de nos petits budgets...

    Mais c'est bien là le piège : nous y sommes tombés dedans et enfermés pour le restant de nos jours... à moins de parvenir à fabriquer avec les racines arrachées à la terre tout autour de la fosse, des échelles...

     

  • Quelle espérance de vie après la réforme des retraites et de la sécurité sociale ?

     

         Avec la retraite à taux plein à 67 ans, verra-t-on :

    Une vieille hôtesse de l'air (ou d'accueil dans une salle de conférence de banquiers), un vieux professeur des écoles, un vieux chauffeur routier conduisant sur autoroute un énorme camion citerne d'essence ou de liquide inflammable, risquant de faire une crise cardiaque, lancé à 110 km/h... Toutes sortes de gens exerçant des métiers, des travaux, des maintenances et des fonctions nécessitant attention, rapidité et efficacité, tous âgés de plus de 60 ans voire 65 et 67 ?

    Absurde, indécent, injuste, contreproductif ! D'autant plus que l'obligation de devoir encore exercer un travail salarié (avec contraintes d'horaires, de production, d'objectifs) jusqu'à 67 ans... Diminuera forcément l'espérance de vie !

    Si effectivement comme le montrent les statistiques et les études réalisées sur l'espérance de vie, il y aura bien jusqu'en 2050 et même au delà, davantage de centenaires et de personnes âgées de 90 à 100 ans, cela ne peut venir que du fait de l'augmentation de la population en général... (c'est alors une question de simple proportion arithmétique)...

    Mais ce que personne ne dit, ce dont aucune étude, aucune statistique ne fait état, c'est la réalité selon laquelle le taux des personnes de 75 à 90 ans ne va pas augmenter (il va même diminuer)...

    Car selon la sélection naturelle, même dans une société évoluée dans le domaine de la médecine, « passer le cap » des 90 ans sera l'affaire des humains les mieux « lotis » (les plus résistants)...

    Actuellement ce qui fait le nombre croissant des personnes de 75 à 90 ans, c'est la qualité des soins médicaux, la découverte et la diffusion à grande échelle de médicaments plus efficaces, les progrès de la chirurgie... Et (il faut le dire) l'existence d'un « système de couverture sociale »...

    Après la réforme des retraites vient la réforme de la sécurité sociale...

    Déjà de nombreux médicaments et certains soins ne sont plus remboursés que sur une base réduite (et qui sera encore réduite)...

    Voilà ce que sera (en gros) la réforme de la sécurité sociale : éclatement et disparition en grande partie, du système de base de couverture sociale tel qu'il existe et fonctionne aujourd'hui depuis 1946... Ce sont des mutuelles (vos mutuelles actuelles qui assurent le complément), des bancassureurs (c'est à dire vos banquiers chez lesquels vous avez votre compte et vos économies), des sociétés d'assurances (MAIF, MAAF, GAN, etc.)... Qui désormais, vous assureront (en plus de votre voiture, de votre maison, de toutes sortes de risques, pour votre santé, vos soins, vos séjours à l'hôpital, vos opérations de chirurgie)... Moyennant un prélèvement automatique mensuel global de … (mettons à partir de 300 euros tout compris – par exemple-)....

    Une mensualité que bien sûr, vous pourrez « adapter » (tant bien que mal et de manière très approximative et comportant des risques) en fonction (surtout) de votre budget...

    La conséquence directe de ce nouveau «système » sera que de nombreuses personnes à petits budgets se soigneront moins et donc, auront une espérance de vie réduite... Et qui est concerné ? Les gens devant travailler jusqu'à 67 ans, et exerçant des activités où il y a du stress, des contraintes d'horaires et de transport...

    Il ne demeurera du système de base de couverture sociale, qu'une sorte de « caisse de secours » aux plus démunis qui, lorsqu'ils seront malades, devront « faire avec ce qui est prévu pour eux »...

     

  • Un peu de rage au coeur !

     

         Ces améliorations depuis hier en ce qui concerne les livraisons d'essence et ces déblocages de dépôts pétroliers... Ainsi que le discours de Fillon and Cie, cela ne me convient pas du tout... Je souhaite (et je le dis et le redis autour de moi) une paralysie voire une asphyxie complète et généralisée : que plus rien ne marche, que les "belles vacances de la Toussaint" en avion, train, hôtels, longs trajets en voiture, soient très fortement perturbées, que ça soit un "caca monstre" d'immobilisations sur les axes routiers et les endroits "stratégiques" de circulation, que les poubelles ne soient plus ramassées, que les lycéens et les étudiants continuent en plus grand nombre encore à manifester, qu'il y ait des actions d'occupations d'usines et d'entreprises, et que la grève générale s'installe peu à peu...

    Quand aux "casseurs" moi je dis ceci : il n'y a pas que des "voyous" irresponsables et de petits prédateurs qui pillent et dégradent sans autre objectif que de "foutre la merde" et de profiter de la situation... Il y a aussi (et il faut le dire parce que ça s'est vu) : des jeunes (et moins jeunes) issus d'environnements de très grande misère (qui n'ont peut-être pas l'occasion en temps "normal" d'accéder à des choses qu'ils ne pourront jamais se payer)... Et des "éléments" plus ou moins à la solde de personnages "louches" ayant intérêt à ce que ça "casse" pour que l'opinion se retourne du côté du goiuvernement...

    ... Evidemment tout le monde ne voit pas les choses comme moi...

    Je veux un "foutoir" et une pénurie vraiment complète (dont je serai moi-même le premier à en souffrir avec tant et tant de gens autour de moi) afin que les intérêts financiers des puissants et des possédants (et de leurs actionnaires) soient directement menacés... Parce que si toi, tu y perds quelques euros et si t'es privé momentanément de quelques produits et services, les "gros" eux (je veux dire les "très gros") c'est des millions d'euros qu'ils vont perdre ! Et c'est ça qu'il faut ! Alors "ils" seront bien obligés de capituler ou de négocier !

    N'oublions pas que, lorsque tu te rends dans les grandes surfaces commerciales pour acheter « éco » des produits alimentaires, pour profiter de toutes sortes d'offres « intéressantes » en matière d'équipements de loisirs, de bricolage ou de vêtements... Ce sont les lobbies et les « grandes marques » qui font des bénéfices et augmentent leur « marge »... sur ton dos.

    Et les parkings souterrains des grandes villes, les transports urbains dans les mêmes grandes villes de toute la France et de toute l'Europe... Tout ça, c'est Véolia, De Vinci et autres... Sans compter les innombrables entreprises industrielles, commerciales, de tourisme et de loisirs, les chaînes d'hôtels des groupes Accor et autres... Et les pétroliers, la métallurgie, l'agriculture, les médicaments... Qui sont aux mains des banquiers, des financiers et des actionnaires....

    Alors chaque fois que « tu mets cent balles dans le dada », n'importe quel dada, ne serait-ce que pour subvenir à tes besoins les plus élémentaires, acheter « éco » avec ton petit budget de merde, garer ta bagnole, avoir le téléphone et internet... T'en fous plein les poches à Total, Véolia, De Vinci, Bouygues, Accor et compagnie...

    C'est tout ce flot de pognon qu'il faut tarir par l'arrêt de tout ce qui marche !

    Et je ne comprends pas cette femme que l'on interrogeait et que l'on montrait à la Télé au 20h de France 2, le 22 octobre, cette femme au volant de sa bagnole dans une queue à la pompe... Et qui déclarait : « y'en a marre que trois millions de gens bloquent le pays »... Je souhaite à cette femme une retraite à 70 ans à 1000 euros par mois !... Ah, y'en a, à les entendre et à les voir vivre comment ils vivent, à les voir passer toute une carrière à se faire mousser et bien voir et être contents et « bien dans leurs baskets » dans le Système... Ils méritent bien d'avoir la retraite à 70 ans !

    C'est ce que je me dis : « si c'est foutu, s'ils nous font bosser comme des dingues avec des salaires de misère jusqu'à 70 ans... Au moins y'en a – de ceux qui acceptent ça et même vont s'y faire- qui méritent d'en baver jusqu'à l'ablation de la prostate pour les vieux uns, et jusqu'à ce que le petit oiseau se déplume et se décharne pour les vieilles autres »...

    Sans tes cent balles dans l'dada », Véolia, De Vinci, Bouygues, Accor, Total and Cie... C'est plus que des merdes ! Tes cent balles, fous les pour toi, pour ta famille, pour tes potes, pour ton bled, pour ton pays... Mais avant, il faut qu'elle pète, la caisse de Véolia, de De Vinci, de Bouygues, d'Accor et de Total et de tous ces paradis fiscaux...

     

  • Nicolas I er dans les livres d'histoire du 22 ème siècle

          Si j'serais Sarko, mais vu de l'âme que j'ai, j'm'dirais : « À ma mort, les dicos d'histoire, de culture générale et de philo humaniste ne m'auraient pas à la bonne, et ça me pèle à l'idée d'entrer dans la postérité comme on entrerait en enfer »...

    Seulement voilà... Le Sarko, vu de l'âme de Sarko, il s'en tape des dicos d'histoire, de culture générale et de philo humaniste... À moins qu'il ne compte sur d'autres genres de dicos, ou sur une sorte de « panthéon » qui n'a rien à voir avec le « panthéon Yugcibien » (lequel « panthéon Yugcibien » est tout de même aussi le « panthéon » de quelques millions de Français)...

    En effet, dans le « panthéon Sarkozien », l'on s'y cul-chemise avec les amis du CAC 40, l'on s'y regarde dans les glaces de la galerie principale qui réfléchit la culture du résultat ; l'on s'y ballade et parade en compagnie des célébrités médiatisées sur Facebook, sur les plateaux de télévision, au salon de l'agriculture ou de l'automobile...

    Rappelez-vous : la petite tape sur la tête de la vache, au dernier salon de l'agriculture...

     

  • Deux écoles, ou deux courants, en littérature ?

         Il y aurait – mais ce que je vais dire a-t-il vraiment un sens? - comme deux « écoles » en matière de littérature...

    Dans la première « école », les écrivains « baroques » pourrait-on dire ; et dans la deuxième les écrivains « purs »...

    Il n'y a pas à mon idée, de « meilleure école »... Ce serait comme si l'on disait « le coeur est meilleur que le foie, ou le foie est meilleur que le coeur ». Les deux « écoles » se valent pour autant que dans chacune des deux, les écrivains « écrivent bien »...

    D'un côté donc, les auteurs qui usent d'images, de métaphores, d'effets de style, de « formules », de tons et de langages, et de toutes sortes de « constructions »... Tout comme en matière d'architecture.

    Et d'un autre côté, les auteurs qui ont une écriture, un style plus « épuré » ; qui optent naturellement

    pour des « constructions » plus simples, sans effets de style ni métaphores un peu trop riches... Tout comme ces bâtisseurs de villes de terre dans des pays brûlés par le soleil, des villes de terre aux toits en terrasses, d'architecture très simple mais néanmoins harmonieuse, équilibrée et « faisant corps » avec l'environnement naturel, et très belle...

    Je crois que la préférence que l'on peut avoir pour un auteur et pour l'« école » dont il est (l'une ou l'autre des deux « écoles »)... Est une affaire de sensibilité personnelle.

    Mais je crois aussi qu'aimer la littérature, implique – ou devrait impliquer – que l'on cherche à se démarquer de cette préférence... dans la mesure où cette préférence ne serait qu'une affaire de sensibilité personnelle et non pas une préférence « globale » qui elle, forcément, nous ferait prendre parti et nous engagerait « contre » l'école différente...

    À partir du moment où il nous est donné de « toucher » (ou d'atteindre) ce qu'il y a de plus beau, en quelque « école » que ce soit... Il ne saurait y avoir de « parti pris » à cause d'une préférence...

    Cependant, dire « il y aurait comme deux écoles en matière de littérature » me semble un peu réducteur : ce serait comme définir « blanc » ce qui est plus clair que sombre, et définir « noir » ce qui est plus sombre que clair...

    Il y a aussi – il faut le dire- en quelque « école » de littérature que ce soit, le travail de l'auteur... Toute cette recherche afin d'obtenir le meilleur possible : la très belle « construction » ou la tout aussi belle « maison de terre » élevée dans un paysage lumineux avec lequel elle fait corps...

     

  • Ces ultra riches qui ne mettent pas un sou dans l'économie

         Nicolas Sarkozy et tous ceux qui le soutiennent ne parlent jamais de cette caste de prédateurs qui, à aucun moment, ne sont disposés à investir leurs gains et plus values et immenses fortunes dans l'économie et pour l'emploi...

    Ces gens là, ces prédateurs, sont des « nuisibles », des êtres qui jouissent et profitent, accumulent toujours plus.

    Mais Nicolas Sarkozy et tous ceux qui le soutiennent, ont été auparavant précédés par une autre caste de « politiques » qui eux aussi, n'avaient jamais parlé de ces « nuisibles » n'investissant pas le moindre sou dans l'économie et pour l'emploi.

    Je ne vais pas jusqu'à dire « gloire à ceux de ces gens là, détenant capitaux et monopoles, qui ont eu le mérite d'investir tant soit peu pour soutenir l'économie et l'activité de leur pays, contrairement aux autres seuls propriétaires actionnaires »... Car du résultat et du bénéfice dégagé, tout un chacun en tant que salarié, est loin d'en « voir la couleur » quoi qu'il en soit...

    Mais s'il est une violence, une très grande violence à exercer (bien plus qu'une simple contestation fût-elle unanime dans notre pays), c'est bien en priorité contre ces « nuisibles » qu'il la faut exercer... Sans doute trouverait-on – en partie du moins – dans ces « caisses indécentes », de l'argent pour les retraites, pour l'avenir des jeunes, pour la santé des gens, pour des salaires un peu meilleurs et du travail pour un plus grand nombre en particulier les jeunes...

    Entre d'une part, un même discours martelé par des Nicolas Sarkozy-François Fillon-Eric Woerth-Jean François Copé et consorts... Un discours qui s'appuie toujours sur les mêmes arguments soit-disant « de raison et de bon sens » ; et d'autre part le discours que je tiens et que bon nombre de mes concitoyens jeunes et vieux approuvent... Il y a un abîme et à dire vrai, les deux discours opposés sont inconciliables.

    Mais de quel côté est « l'autisme absolu »?

    Il ne reste hélas dans le contexte d'actualité que nous connaissons ces jours ci, et en face de tant de détermination acharnée contre tout un peuple, contre toute une jeunesse... Que la confrontation violente à opposer à ce discours « Sarko/fillo/Woertho/Copé » soutenu par le grand patronat et une bourgeoisie élitiste...

    Que les « forts » (forts et arrogants, forts de leur droit du plus fort, forts de leur pognon et de leurs valeurs) puissent « mordre la poussière » si cela devient enfin possible sous la poussée inexorable d'un peuple tout entier en marche !

     

  • Un vent de puanteur de fricaille et d'injustice

         Il y a un réel problème avec ce type, Nicolas Sarkozy... Déjà au soir de son élection le 6 mai 2007 j'avais senti « comme un mauvais vent venir », à dire vrai un vent de puanteur de fricaille, de flicaille, d'insolence des « ultra riches » et de toute cette clique de personnages de « droite décomplexée » se mettant ostensiblement en scène sur les plateaux de télévision et auprès des médias, devant le peuple Français ébahi, incrédule ou « docile » selon le cas – dans un premier temps – mais « révolté » en partie, par la suite...

    Car nul président de la République, au soir de son élection jusqu'en 2007, n'avait à ce point affiché publiquement et de manière aussi insolente sa « préférence » en matière de fréquentations de « haut vol » en un lieu tel que le Fouquet's !

    J'y vis là un « signe », un avertissement, et j'y sentis donc, ce vent de puanteur de fricaille...

    Il y eut certes, la « crise »... Quelques revirements et orientations de circonstance, nouvelles mesures assorties de lois, et surtout beaucoup de « pirouettes », de gesticulations, de petites phrases cinglantes – et parfois insolentes et vulgaires- et... Comme une sorte de « Facebook dans le réel »

    en plus de « Facebook  dans le virtuel »... de la part de notre président de la République...

    … Sommes nous en cet automne 2010, au début d'un mouvement social important en France, dont personne à l'heure actuelle ne peut dire quelle en sera l'issue ? Le problème des retraites n'est-il pas lié tout comme les autres problèmes « graves » de société et de civilisation, au problème de plus en plus « écrasant » (et évident) de l'argent roi et de l'appétit féroce de toute cette caste de puissants, de possédants, de financiers et de banquiers et de leurs états majors derrière laquelle s'empiffrent de fric les actionnaires ?

    Les dépôts de carburant et les raffineries en grève, occupés et bloqués ; les transports routiers à l'arrêt et les chauffeurs formant des barrages, les lycéens dans la rue, partout dans toutes les villes de France ; les manifestations qui rassemblent des centaines de milliers de gens, et cela sans discontinuer jusqu'à deux fois par semaine ; des grèves à répétition... et les inévitables débordements en marge des manifestations... Tout cela me dit qu'une sorte de « sirocco » se lève et brûle contre un vent de puanteur de fricaille et d'injustice devenu insupportable...

    … Reste à ce qu'il sorte (ou émerge) de cette tempête sociale (qui prend la consistance d'un typhon), quelques têtes « un peu mieux pensantes » et « un peu moins tournées dans le sens du tourbillon de folie frico-consommatrice du monde »... Afin que vienne un nouveau pouvoir : le pouvoir d'un peuple tout entier contre le pouvoir d'une caste dominante et prédatrice...

     

  • Amour noir, de Dominique Noguez

     

         Nous sommes loin, très loin, dans « Amour noir », ce roman de Dominique Noguez, des sirupeuses ou parfois même insipides histoires d'amour raté produites par des auteurs auto-édités du Net, et aussi – il faut le dire- par des auteurs connus du « grand public » dont les livres sont lus sur la plage ou dans le train...

    L'on ne peut pas dire – c'est du moins ce que j'ai ressenti tout au long du livre – que cet amour fut « raté » au sens où l'un des deux « aime plus que l'autre » et où l'on voit se déchirer deux êtres qui tout de même en dépit de situations explosives ou dramatiques, se voient et se revoient, vivent ensemble épisodiquement durant deux ans... Pas « raté », donc... Mais « noir », oui, cet amour !

     

    Page 20 : « Quand j'étais revenu, elle était nue sur le lit, dont elle n'avait pas ôté le dessus »...

    Banalité de la situation, qui me surprend, après les premières pages qui précèdent et dans lesquelles l'auteur évoque dans le détail et dans une dimension littéraire peu commune, toutes ces phases d'approche de la femme aperçue : « Elle n'avait d'abord été qu'une silhouette blanche surmontée d'un buisson de boucles sombres, dans la pénombre de la promenade du casino de Biarritz un soir de juin »...

     

    Page 21,22 et 23 : Eric revoit la cassette du Cheval Bleu, de Laeticia... Une cassette « odieuse » que l'auteur nous décrit en quelques phrases d'une dimension d'écriture tout autre que celle , par exemple, de la prose « innocente » d'un Yugcib faisant le procès de la pornographie...

     

    Page 34 et 35 : « Je faisais ainsi grande consommation d'épigrammes grecques ou de « lettres » de samouraïs. Les poèmes d'amour arabes me retenaient aussi beaucoup, avec leurs « joues de rose » et leurs « yeux de gazelle ». (De toute façon, c'est cela ou les mots crus. La littérature amoureuse navigue toujours entre la métaphore un peu trop riche et le con-cul-bite ; je préférais la métaphore.)

    Je dis aussi pour ma part, que je préfère la métaphore bien que je soupçonne cette dernière de barder de fine dentelle une approche puis un « choc d'intimités » bien baveux, bien cracheux et bien « contondants »...

     

    Dans l'ensemble (et j'ai lu aussi quelques unes des historiettes de « Oeufs de Pâques au poivre vert ») j'aime l'écriture de Dominique Noguez dans laquelle je découvre dimension littéraire, vocabulaire riche et imagé, poésie, réflexion... Certaines de ses phrases assez longues sont néanmoins fort bien construites, bien articulées et rythmées, et « coulent comme des ruisseaux de montagne qui chantent »...

    Par comparaison -si je puis dire- j'ai commencé à lire, de John Michael Coetzee, « Scènes de la vie d'un jeune garçon »... et j'ai trouvé que l'écriture de cet auteur était plus « épurée » (moins imagée, moins « poétique ») avec des phrases courtes, sans effets inutiles... des phrases cependant, d'une « grande et nette correction de ton et de langage »...(et aussi d'une grande sobriété).

    Personnellement, j'ai une préférence pour l'écriture de Dominique Noguez... Mais ce que j'appelle « dimension littéraire » ( poétique, imagée – au risque d'effets purement émotionnels - au vocabulaire riche et aux longues phrases rythmées... Est-ce une nécessité ? Est-ce vraiment « de notre temps »? Est-ce que cela peut avoir une « portée »? … Je pense par exemple au sujet de cette « dimension littéraire » à laquelle je suis personnellement attaché et dont je me sens proche d'esprit et de sensibilité, à des auteurs tels que Dominique Noguez que je découvre dans « Amour noir », ou tels encore que Jean Marie Le Clézio ou Alice Ferney dans leurs ouvrages...

    Je pense à ces « jeunes générations » de lecteurs et à celles qui vont suivre durant ce 21ème siècle et au delà ...Comment s'établira la relation entre la littérature et les « nouvelles générations »?

     

  • Les vivants et les morts

         “Les vivants et les morts”, de Gérard Mordillat... Voilà un livre que toute personne salariée d'une entreprise privée ou publique, devrait lire.

    L'auteur ne “fait pas dans la dentelle” par ce livre de huit cents pages pouvant se lire en trois jours ou même moins...

    Nous sommes là dans une réalité crue et nue, du monde du travail. Il me paraît bien difficile de contester, ou de ne pas être d'accord avec ce que présente Gérard Mordillat dans ce récit, tant la vérité s'impose d'elle même.

    Nous savons tous, en fonction de notre expérience personnelle ce qu'est le monde du travail, de l'entreprise, des affaires... Mais en lisant “les vivants et les morts” de Gérard Mordillat, c'est comme si l'on pénétrait dans la salle des machines de ce “bateau-planète” qui emporte femmes, hommes et enfants dans ses flancs et sur ses ponts, puis finit par rejeter les êtres tels des ballots dont les capitaines n'ont que faire, le long de rivages nus et rocheux d'îles perdues...

    Absolument effrayant... Et vrai, ce qui se passe dans la salle des machines! Et les commandes n'y sont pas! Les commandes sont ailleurs, très loin des ballots déchirés ou crevés abandonnés sur les rivages rocheux des îles perdues! Les commandes sont sur d'autres îles, des îles-forteresses bâties de résidences somptueuses, de casinos et de palaces, creusées d'abris coffres-forts...

    Comme nous sommes loin, avec “les vivants et les morts”, des productions mélodramatiques et sirupeuses de toutes ces “collections de littérature de gare”, ou même de ces auteurs “amusants, gentillets et émouvants” de romans de terroir!... Qui eux, ne parlent jamais de ce monde de finance obscène et de prédation à grande échelle!

    Le temps des seigneurs du moyen âge, le temps des aristocrates et des prélats possédant d'immenses domaines, le temps des « deux-cents familles », le temps des grands patrons d'industrie des 19ème et 20ème siècles... Est désormais dépassé : ce sont les fonds de pension américains, les banques et les géants de la finance mondiale, qui gèrent, achètent et vendent les usines, les bureaux, les groupes d'entreprises industrielles, commerciales ou immobilières... L'on achète « tout le lot » ou tout le groupe... et l'on « fait le ménage » afin de dégager le plus de rentabilité et de bénéfices possible, au seul profit des actionnaires... Ainsi s'écroulent des pans entiers de l'industrie d'un pays, ainsi « survivent » en situation de surchauffe et de pression accrue, de licenciements de salariés et de « restructurations », de déménagements de machines et de personnes, d'aménagements de temps de travail, d'objectifs à atteindre... oui ainsi « survivent » - un temps indéterminé mais forcément assez court- quelques « boîtes » de ci de là...

    Et c'est dans ce contexte là, dans cet environnement économique et financier, dans ce ballet infernal de transactions entre grands empires de banques, d'assureurs et de sociétés immobilières... Que le gouvernement de la France décide de réformer les retraites... et bientôt la sécurité sociale !

    Le film de télévision en huit épisodes, sur France 2, une adaptation du livre de Gérard Mordillat « Les vivants et les morts », ouvrira peut-être les yeux de tous ceux et celles d'entre nous (en France et ailleurs) qui pensent encore qu'avec « de l'huile de coude », une ou deux heures par jour en plus, ou en venant le dimanche et en arrêtant à 62 – ou pourquoi pas 70 ans- on s'en sortira !

    Les gouvernements, les syndicats, les partis politiques, les élus locaux ou régionaux... Et les « petits chefs », « jeunes loups » et autres « costard-cravate »... tout comme les salariés de diverses qualifications... Ne sont que des marionnettes ou des mouchoirs jetables en face de ces hordes anonymes de seigneurs de la finance mondiale !

    Alors que faut-il faire? Que peut-on faire ?

    Ce ne sont pas seulement les manifestations de rue – quand bien même elles seraient de dix millions de gens en 300 cortèges dans un pays tel que la France – qui font les révolutions... Les révolutions se font sur les lieux même où s'exerce le pouvoir (le pouvoir politique, ou le pouvoir financier, ou le pouvoir de ceux qui possèdent et décident)... Ce sont donc ces lieux là où est barricadé le pouvoir, qu'il faut investir et prendre d'assaut !

    Les révolutions ne se font pas par des bris de vitrine dans une rue commerciale ni en brûlant des voitures sur le parking d'une cité ni en arborant des drapeaux de syndicats sur le fronton d'une préfecture... Ni en menant des actions (de « casse » ou de protestation) sans envergure n'ayant d'autre effet que d'exprimer du simple mécontentement ou de la lassitude...

    L'intermédiaire – si je puis dire – entre la manif « un peu musclée » et la prise d'assaut des lieux du pouvoir... C'est peut-être par exemple, le blocage des péages d'autoroutes (autour précisément des bretelles d'entrée-sortie des croisements d'axes importants), le blocage des raffineries, le blocage des dépôts des grands transporteurs routiers...

    Affaiblir par des actions efficaces et déterminées, le pouvoir de la finance, réduire ces marchés insolents et toute cette surconsommation, à un champ dénudé où par la désertion, par la fuite d'une population entière, presque plus rien ne pousse... Le risque c'est que cessent les approvisionnements, que s'instaure une pénurie généralisée par laquelle nous aurions tous à souffrir dans notre vie quotidienne... Et c'est sans doute là, le prix à payer dans le présent... pour ne pas avoir à payer durant des dizaines d'années sous la forme d'une « traite » régulière, croissante et implacable, un prix plus élevé encore !

    La finance, les actionnaires et le pouvoir, alors étranglés et acculés, n'auraient d'autre choix que de négocier, de céder du terrain et de se voir désormais privés en grande partie des moyens leur permettant de se « refaire » comme avant...



    Les révolutions se font – en partie – sur le modèle des révolutions qui se sont faites dans l'histoire (récente ou ancienne)... Mais sans en reproduire les effets indésirables ou pervers... Une révolution c'est une expérience ancienne et nouvelle : ancienne parce qu'elle se fonde sur des principes, sur des bases et sur des agissements passés ; et nouvelle parce qu'elle se fonde aussi sur une connaissance du réel et du présent, sur des événements et sur une actualité qui n'ont pas de précédent dans le passé, du moins pas le même précédent...

     

  • Et si affirmer c'était réfléchir ?

         Dans une forme de pensée, dans une idéologie et dans un modèle de société consensuel et marchand, nous sommes confrontés dans le domaine de l'information, de l'actualité et de la connaissance, et cela aussi bien dans l'espace de notre environnement immédiat, que dans l'espace du monde tout entier, à un certain nombre d'affirmations allant dans un sens ou dans un autre sens...

    Et ce sont ces affirmations qui, ayant le plus souvent une apparence de vérité et de crédibilité, conditionnent nos esprits, nos relations, notre comportement, nos choix...

    Or, la seule affirmation entre toutes parmi les plus « sérieuses », les plus « scientifiques », ou les plus« véridiques » ou les plus « crédibles » qui soient... Ne peut s'exprimer à mon sens, que par la réflexion... Et non pas par l'acceptation de cette affirmation. La réflexion implique interrogation, puis recherche, choix et manière de réagir, de faire...

    Mais par l'habitude que nous avons d'une pensée « toute faite » (ou dirigée), cette réflexion nous ne l'avons pas, ou bien nous l'avons perdue...

    L'affirmation se présente comme une sorte d'évidence que l'on n'imagine pas remettre en cause, ou qui ne soulève pas de discussion... Parce qu'elle est souvent forte de crédibilité en ce qui se voit ou se pratique habituellement, parce qu'elle semble « scientifique » par certains aspects, parce qu'elle se fonde sur des faits avérés et renouvelés dans le temps et dans les lieux, parce qu'elle nous vient de personnes influentes dont les connaissances et l'expérience nous subjuguent ou nous convainquent ... Ou même tout simplement parce qu'elle est une affaire de croyance (religieuse ou autre) profondément enracinée dans l'esprit des gens depuis des temps immémoriaux ou depuis un événement qui s'est inscrit dans la mémoire collective des gens...

    S'il en est, de ces affirmations de toutes sortes, qui ne peuvent durablement s'imposer d'elles-mêmes – parce qu'elles ne résistent pas à l'épreuve de la réalité- il en est d'autres qui ont -comme on dit - « la peau dure »... Et qui cependant ne devraient pas résister à une analyse objective et scientifique. Mais ce qui leur fait « la peau si dure », c'est cet ensemble de préjugés, d'opinions arrêtées, de croyances enracinées, de pseudo-vérités, de modes et de cultures, tout cela agissant comme la force d'un aimant ou comme l'attraction gravitationnelle...

    L'on peut citer sans risque de la moindre erreur cependant, au moins une  affirmation vraie, vraiment vraie  et ne suscitant aucune interrogation, aucun doute... et seulement une réflexion « philosophique » découlant d'une « évidence » : « la Terre est sphérique et tourne autour du soleil ».

    L'on doit citer – et je cite – au moins une affirmation « douteuse » parmi tant et tant d'autres de même acabit : « la fin du monde est imminente, elle aura lieu le 21 décembre 2012 »...

    A noter qu'il existe – et que court- sur Internet (ce  formidable outil de communication et de diffusion de connaissances et d'informations)... L'affirmation selon laquelle la fin du monde aurait lieu le 21 décembre 2012..

    Didier Jamet, journaliste scientifique et Fabrice Mottez, astrophysicien ; font le point des connaissances scientifiques actuelles sur des scénarios apocalyptiques imaginaires ou plausibles... Et démontent les tentatives manifestes de mystification au regard des connaissances scientifiques actuelles, dans leur livre intitulé « 2012, scénarios pour une fin du monde », éditions Belin.

     

  • Faillite de l'école ou faillite d'une civilisation ?

         J'aborde le sujet de l'école et de l'enseignement sous un angle différent de celui de la question de la rémunération des professeurs de collège, de lycée et d'école... Quoique la rémunération des enseignants en France, comme en Belgique ou ailleurs soit un véritable problème cependant...

    J'ai connu et je connais encore des enseignants (autrefois en France on disait “instituteur” pour “professeur des écoles”) tant dans le primaire que dans le secondaire... Réellement passionnés par leur métier, et donc, “ne regardant pas” à quelques heures en plus (souvent même des dimanches et des jours de vacances), et de surcroît, exerçant une autre activité d'éducation ou de formation au sein d'une association ou d'une action culturelle... Et je pense que ces gens là, aimant leur métier, aimant vraiment les jeunes (et d'ailleurs communiquant bien avec les jeunes)... N'ont pas en priorité en esprit le salaire à un euro près qu'ils vont percevoir à la fin du mois... Ni les prochaines vacances scolaires pour faire un voyage (organisé ou autre) dans un “pays de rêve”...

    Personnellement, je rends hommage à ces gens là!

    Je connais une fille de mes amis qui a fait des études “poussées” et qui durant un an ou deux, ayant trouvé l'emploi qui convenait à son niveau d'études, “gagnait fort bien sa vie”... Elle a préféré renoncer à une carrière “brillante” (peut-être?) afin de devenir professeur des écoles... Elle disait que dans le privé “c'était féroce”...

    Cela fait maintenant plus de dix ans qu'elle exerce le métier de professeur des écoles et elle aime ce métier, même si la rémunération n'est pas du tout la même que celle de la première année où elle travaillait dans le privé... Et elle ne “regrette pas”...

    … Dans une civilisation en pleine déliquescence où règne la violence, la vulgarité et où s'étend (et s'organise par la plupart des grands médias et du pouvoir en place) l'inculture généralisée), je crois que l'on peut dire de ces enseignants”passionnés et motivés” que le message qu'ils ont à transmettre, que ce qu'ils entreprennent dans des conditions et dans un environnement aussi difficile... Est encore “bien plus porteur” (et bien plus encourageant) que les mêmes enseignants d'il y a trente ou cinquante ans dans un monde “à priori” plus “humain”et “porté par des valeurs de culture et de morale”... (au dire des “vieux de dans le temps”)...

     

  • "J'ai deux papas" ou "j'ai deux mamans"

          « J'ai deux papas » ou « j'ai deux mamans », dit le petit garçon ou la petite fille à ses camarades d'école, à ses copains de l'immeuble ou du quartier... Lorsqu'on lui demande de parler de son papa ou de sa maman..

    Mais l'enfant, de lui-même, et comme pour affirmer sa différence avec les autres enfants de sa classe, de son immeuble ou de son quartier, ne claironne pas « j'ai deux papas » ou « j'ai deux mamans »...

    Je m'imagine mal, enfant de six ans, devoir annoncer à mes camarades « j'ai deux papas » ou « j'ai deux mamans ».

    Dans le monde présent tel qu'il est, avec cependant « un peu plus de tolérance et de reconnaissance » à l'égard de ces familles recomposées ou plurielles, ou de ces couples d'homosexuels... Il n'en demeure pas moins que certaines valeurs et repères, que tout ce qui s'impose comme un « ordre naturel des choses »... Est encore bien enraciné dans les esprits... Et ne souffre qu'avec peine (et interrogations) que l'on « déroge »...

    Ainsi « admet-on » mais ne « souscrit-on pas »...

    Au 18ème siècle dans la France de Voltaire et de Montesquieu, un enfant se rendant à l'école du curé de son village (pour autant que ses parents voyaient quelque utilité à ce que leur enfant apprenne à lire et à écrire)... Aurait peut-être eu beaucoup de peine à devoir dire aux autres enfants « j'ai un papa Noir » ou « j'ai une maman Noire », et cela d'autant plus que cet enfant aurait été bien blanc de teint ou « un peu café au lait »...

    La France de Voltaire et de Montesquieu était, selon Luc Ferry, philosophe et écrivain contemporain, « bien moins fraternelle et tolérante » encore, que la France du début du 21ème siècle.

    Gageons que d'ici deux siècles, ou peut-être même dans quelques dizaines d'années... Un enfant pourra dire : « j'ai deux papas » ou « j'ai deux mamans »... Comme il dirait tout naturellement « j'ai deux pommes pour mon goûter »...

     

  • L'arbre sans branches et l'oursin à la bouche-anus

     

         Simplifier une langue vivante, une langue parlée et écrite, c'est à dire simplifier la manière dont elle s'écrit, réduire sa grammaire, sa syntaxe et son orthographe afin que cette langue ne puisse être entendue et comprise que telle comme elle serait prononcée phonétiquement et sans les subtilités, sans les nuances, précisément, de sa grammaire et de sa syntaxe... Ce serait comme vouloir planter un arbre qui n'aurait qu'un tronc et pas de branches, ou vivre dans une forêt dont les arbres seraient des poteaux tout droits ou tout tordus sous un ciel uniformément bleu ou gris ou blanc...

    … Faillite de l'école, entendons nous dire...

    Je dirais plutôt : faillite de la civilisation... D'une civilisation qui, de l'arbre aux branches étendues et au feuillage bruissant au vent, est passée au tronc sans racines dont le haut est la tête éclatée d'un obus face au ciel, et béant de ses deux trous, l'un devant et l'autre derrière... Un trou pour avaler, un trou pour évacuer...

    Nos civilisations (l'occidentale et les autres), du tronc sans racines et sans branches avec deux trous l'un devant et l'autre derrière, passent désormais à l'oursin qui lui, n'a qu'un seul trou : la bouche et l'anus...

    Faillite de la civilisation? : ce n'est pas nouveau ! Et au temps de la forêt aux poteaux tout droits ou tout tordus aux deux orifices béants, il y a -et il y aura toujours- de « vrais arbres »... Au temps de l'oursin, il y a -et il y aura toujours- des coraux et des fleurs de mer...

     

  • L'antiphrase, une figure de style...

     

         L'antiphrase est un procédé qui consiste à exprimer une idée par son contraire... Son utilisation, ou le choix que l'on fait de recourir à ce procédé (une figure de style) s'accompagne parfois d'ironie, voire de dérision ou de provocation...

    A mon avis, c'est un procédé "dangereux" et à manier en pleine connaissance de cause, uniquement quand on sait (de manière quasi certaine) "de quel bois est fait" l'interlocuteur...

    Personnellement je ne recours jamais à cette figure de style... D'ailleurs, n'ayant pas de "formation universitaire (en l'occurrence intellectuelle et littéraire)", ne fréquentant jamais non plus ces milieux littéraires où l'on manie "avec brio" certaines formules, procédés, figures de style... Et demeurant somme toute cet "innocent prosateur" que je suis (qui néanmoins se révèle parfois "assez incendiaire")... Je n'ai aucune aspiration à "faire le poids" (ce poids là, bien pesant son or dur) dans quelque assemblée de gens que ce soit...

    Certains mondes ou milieux littéraires, artistiques ou autres se disent (et se définissent) "éclectiques"... Et il arrive que, confronté à une antiphrase "assez vicieuse" (du genre à "tomber dans le panneau comme le dernier des crétins")... L'on se sente complètement désarmé et "innocent"...

    Nous vivons dans un "drôle de monde" : d'un côté la bêtise, la banalité, les clichés, la réflexion "à l'emporte pièce", la médiocrité relationnelle, la dictature des apparences (par tout ce que l'on croit bon et bien « pétant » de porter sur soi)... Et d'un autre côté cette "intelligence" des êtres si bien aguerris, si bien formés, si bien rompus aux gymnastiques de l'esprit et de l'expression orale ou écrite... qui vous "écrase vite fait bien fait" et vous renvoie à votre monde d'innocence, de pureté, de spontanéité naturelle et d'absence d'hypocrisie...

    Au diable toutes ces "figures de style" et autres procédés " à la "mord-moi l'noeud première classe" qui, j'ose le dire (sinon le proclamer) n'apportent strictement rien à la littérature... Et ne sont jamais que des "effets spéciaux" de même nature que les effets spéciaux du cinéma, des scènes de théâtre, des music-halls et des plateaux de télévision...

     

    Par dérision ou par provocation, j'ai parfois envie de faire de « l'anti comportement »...

    Mais alors, par une telle « figure de style dans la manière d'être, de faire et d'exprimer », que ce soit purement et franchement théâtral !... Afin qu'au bout du compte l'on ne se méprenne point...

    L'antiphrase, je le reconnais certes... Demeure un « procédé littéraire » au même titre que toute autre technique d'écriture (personnelle, convenue ou d'usage courant dans certains milieux littéraires)... Mais l'antiphrase doit alors s'insérer dans le contexte qui lui convient, c'est à dire un contexte dans lequel l'interlocuteur ou le lecteur ne peut se méprendre, et donc réagir au « premier degré »... Encore faut-il que ce contexte soit suffisamment clair, sinon l'interlocuteur ou le lecteur devient aux yeux des autres qui eux, ont « compris »... « Un sombre crétin qui est monté sur ses grands chevaux »...

    Il n'en demeure pas moins – et c'est là où je veux enfin en venir – il y a « quelque chose de vicieux » voire d'indécent et parfois aussi de « doucement hypocrite »... À manier le procédé de l'antiphrase... Pour mieux dissimuler ou réduire ce que l'on porte en soi ni vu ni connu mais réel et de « moins noble essence »... Et qui finit d'ailleurs par transparaître un jour ou l'autre...

     

    … Précision : j'entends par « effets spéciaux » une technique qui consiste à éblouir, impressionner et conditionner – plus qu'à émerveiller ou sublimer – l'interlocuteur, le spectateur, le lecteur...

    En Art et au théâtre par exemple, à la différence du cinéma ou de la littérature (où l'on a tendance à les produire davantage), certains de ces « effets spéciaux » n'en sont plus : ils deviennent jeux de scène, jeux de comédiens, style, maîtrise d'un art... Et là, ils y ont toute leur place, tout leur sens, et, dirais-je, toute la nécessité, toute la pertinence, toute la symbolique et toute la poésie de leur existence...

    Il devrait en être de même en littérature ou au cinéma... Il en est parfois, et bien heureusement!

     

  • Une image caricaturale des manifestations littéraires

     

    … Sans doute est-ce là, cette image qui me vient à l'esprit, celle d'un  personnage d'écriture « qui ne traîne pas ses guêtres » dans les salons du livre, dans les cocktails et les manifestations littéraires... La réalité est certainement un peu différente, plus nuancée, et cela d'autant plus que le monde littéraire d'aujourd'hui – tout comme les autres mondes d'ailleurs – évolue, et que volent en éclats certaines idées et images reçues, d'un temps qui n'est plus...

    Mais le personnage d'écriture qui ne se rend jamais dans les salons, l'homme ou la femme « ordinaire » qui ne se rend pas souvent dans les réunions de toutes sortes, lui, elle... croit qu'il ne peut qu'en être ainsi et pas autrement...

     

    ... Mon image est, certes, un peu caricaturale (perruches harnachées de crêtes et de plumages, et coquelets au bec odorant...)

    Cependant, à travers cette image il faut aussi voir s'ouvrir comme dans un kaléidoscope, toute une série de figures géométriques et colorées vivement, qui se superposent à l'infini, se transforment et se succèdent... La rue, la place publique, la fête locale ou le festival d'été, la scène, les gradins, les marchés artisanaux, les défilés, les manifs avec leurs représentants syndicaux, les réunions politiques, les assemblées générales d'associations, les cocktails, dîners et réunions littéraires, et même jusqu'aux réunions familiales lors de mariages, de baptêmes et d'enterrements... Sont tous des lieux de vie, de représentation et d'échange où l'on paraît, où l'on "s'existe" plutôt que l'on "reçoit et donne sans fioritures"... Et varient à l'infini, mais dans un infini qui ne cesse jamais de s'uniformiser voire de se modéliser ou de se formater... Tous ces "harnachements de crêtes et de plumages", toute cette bijouterie de la tête aux pieds, toutes ces "odorances" d'haleines, toutes ces griffes et ergots plus ou moins acérés, toutes ces "petites phrases" répétées et reprises en choeur, tout ce qui fait qu'on "s'existe pour exister à tout prix"...

    ... Le kaléidoscope est un "jouet" que mes mains ont trouvé car on ne peut que le trouver tant il est partout... Un "jouet" qui tour à tour m'amuse ou me désole... Un "jouet" qu'enfant polisson et désobéissant, je cabosse ou détraque...