Les Uns et les Autres

      J'aborde ici un sujet "difficile"... Mais c'est un sujet qui parfois, pour beaucoup d'entre nous, nous touche de très près...

Je pense qu'il y a "ces vraies questions" en matière de relation humaine... Que l'on ne pose pas, que l'on élude... Mais elles sont bien là, ces "vraies questions"... Et il faut en parler...

Il y a les écrivains, les poètes, les artistes, les réalisateurs, les créateurs... Qui, le plus souvent, à vrai dire presque toujours, s'expriment, publient, diffusent, font des livres, des blogs... Ce ne sont donc pas des gens qui "ne parlent qu'à des murs ou se satisfont d'isolement en ne s'entourant pas d'un auditoire, de spectateurs, d'une compagnie autre que celle de proches...

L'on imagine mal en effet, un écrivain, un poète, un artiste, un réalisateur, un créateur... Ne publiant, ne diffusant, ne disant jamais rien autour de lui, avec toute son oeuvre enfermée en lui...

Pour "faire simple" je vais les appeller tous ceux là, les Uns...

Il y a tous ceux et celles qui ne sont ni écrivains ni artistes ni réalisateurs ni producteurs d'oeuvres artistiques ou littéraires mais qui cependant s'expriment notamment sur des blogs ou des forums du Net...

Pour "faire simple" je vais les appeller tous ceux et celles là, les Autres...

Chez les Uns, il y a assez souvent la dimension autobiographique directe ou indirecte.

Et chez les Autres, il y a la dimension de l'expression personnelle... Pouvant aller jusqu'à ce que j'appelle le "m'a-tu-vuisme"... Mais chez les Uns, la dimension autogiographique, par trop directe, est en fait assez proche du "m'a-tu-vuisme"...

Ainsi donc, il y a les Uns et les Autres... Qui ont en commun le désir de produire... Ou de se produire... De "s'exister" dirais-je...

Outre ces Uns et ces Autres, il y a aussi ceux et celles qui ne sont ni les Uns ni les Autres,

Et ceux là, celles là, sont peut-être les plus nombreux sur la Terre. Même si d'aventure ou lors de certaines situations relationnelles, ils "s'existent" tant soit peu. Je vais les appeller ceux là, celles là... Les Nonons... Les Nonons donc, parce qu'ils ne sont ni les Uns ni les Autres.

Les Nonons le plus souvent, ne font pas de blog, ne se manifestent pas ou peu sur les forums du Net, et on ne les voit pas non plus sur Facebook... Mais pourtant ils existent et parfois ils existent tellement bien, qu'on les aime, en particulier s'ils sont des membres de notre famille, des proches, très proches, des amis, des connaissances.

Il y a, j'ai pu l'observer, comme un fossé ou une distance difficile à franchir, ou même jusqu'à une incompréhension, un abîme, entre d'une part les Uns et les Autres ; et d'autre part les Nonons...

Je pense que la dimension autobiographique des Uns, directe ou indirecte ; et que la dimension de l'expression personnelle des Autres... Crée une ambiguité, et que c'est cette ambiguité qui est à l'origine de l'incompréhension , et creuse en quelque sorte, le fossé.

Si cette ambiguité pouvait être levée, "les choses pourraient alors être plus simples". Et les Nonons, nos chers Nonons... Ne nous feraient plus, à propos de nos élucubrations, cet oeil si noir ou si suspicieux...

Se produire sur un blog, réaliser en tant qu'écrivain, auteur, une oeuvre autobiographique, pour un de ces Nonons, qui jamais ne blogue ou n'écrit pour publier,... C'est "faire du m'a-tu-vuisme" et cela paraît suspect...

Et c'est la raison pour laquelle l'écrivain, le bloggueur, ne s'étend jamais auprès d'un Nonon sur ce qu'il produit sur son blog ou sur le livre qu'il écrit... En fait il écrit, il blogue, pour les Uns et les Autres.

Ce qui rend l'ambiguité encore plus ambiguë, avec la dimension autobiographique directe ou indirecte des Uns, ou la dimension de l'expression personnelle des Autres, c'est que dans le m'a-tu-vuisme, il y a parfois du talent... Ce talent qui séduit, et qui fait "oublier" le m'a-tu-vuisme. Et il en est de même de l'écrit autobiographique "par trop direct" qui, parce qu'il est "bien tourné", intéresse...

L'on ne pardonne pas le m'a-tu-vuisme primaire, banal, vulgaire, indécent... Mais l'on ne perçoit pas à sa juste mesure, le talent, l'authenticité, l'intelligence, la dimension d'humanité, le message, le sens vrai et profond... Et c'est bien là que "le bât blesse"... Il y a cette confusion des genres, et en conséquence, vient ce reproche à l'état latent qui, la vie, notre vie durant, dans un simple regard, nous suit à la trace et nous "plombe"...

Mais je l'ai déjà dit : c'est la difficulté dans la relation (à ce sujet précisément)... Qui "booste" le talent, qui édifie, fortifie le travail de l'écrivain...

Quand l'écrivain sera mort, l'ambiguité sera sans doute levée... Et toutes choses écrites et produites, pourront alors être découvertes... Dans leur véritable sens, dans l'esprit qui les a animé...

... Ah, ces Nonons, ces chers Nonons... Ils ont cependant bien du plaisir, pour ceux et celles d'entre eux qui sont "de grands lecteurs"... À lire toutes ces belles oeuvres autobiographiques de nos auteurs des siècles passés, ou même d'aujourd'hui, de notre époque... En revanche, si cet auteur est leur mari, leur femme, leur frère, leur soeur, leur fils, leur fille... Alors ils trouvent cela suspect ! Ils y voient du m'a-tu-vuisme !

Pourquoi ne perçoivent-ils pas, à sa juste mesure, ce talent qui est celui de la personne dont ils sont si proches ?

La réponse à cette question ne se situe pas par référence à l'intelligence du coeur et de l'esprit, à la culture littéraire, à une "possible vision éclairée du monde et des gens"...

Il y a des personnes d'une extrême gentillesse, d'une grande sensibilité, d'une grande délicatesse, d'une intelligence du coeur et de l'esprit bien au dessus de la moyenne commune... Qui, cependant, ne perçoivent pas ou à peine entrevoient ce sens profond de la chose écrite, ni le véritable pourquoi de cette chose écrite... Elles n'en sont pas moins, ces personnes là, de celles que l'on aime le plus au monde et avec lesquelles on lie sa vie...

La réponse à ce pourquoi, je ne l'ai pas...

C'est difficile, l'âme humaine !

D'ailleurs, l'écrivain lui-même n'a pas la certitude de son talent... Si talent il y a... Ce sont les Uns et les Autres qui, parfois, y croient...

... Cela dit, c'est vrai que c'est "toujours plus confortable" (et plus heureux)... d'avoir à ses côtés, des gens qui... "t'existent" (et qui, en même temps, t'aiment)...

Et que c'est "un peu moins confortable" (et un peu moins heureux) de vivre avec des gens qui t'aiment beaucoup... mais ne "t"existent pas ou t'existent peu"...

Mais que dire... (car y' a ça aussi)... des gens qui t'existent mais ne t'aiment pas ?

Ainsi va la vie...

Mais, comme je dis "l'ambiguité sera un jour levée"... Et "toutes choses" (je pense aux choses écrites) seront alors retrouvées... dans le sens, dans l'esprit, dans le rêve, où elles furent... Lorsqu'on n'y croyait pas, qu'elles paraissaient suspectes, voire inconvenantes, ostentatoires, et qu'elles dérangeaient...

La différence... Entre ce qui "s'existait à tout prix, à n'importe quel prix", et ce qui "s'existait parce qu'on ne l'existait pas, mais pas à tout prix"... Sera un jour, faite...

l'écrivain

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