Le vécu peut être plus beau que l'écrit

 

     Plus nombreux que nous sommes lors de certaines rencontres qui nous réunissent, une heure, un jour... À peine plus nombreux à dire vrai... Vivons nous entre nous dans une même communion de pensée et de rêves, et de projets peut-être ?

J'ai dit que le “vécu” parfois, était plus beau que l'écrit... C'est la raison pour laquelle dans les jours heureux d'une rencontre entre proches ou amis ou connaissances, je n'écris jamais rien, alors...

Dans le temps de l'évènement heureux, du partage, de la relation... Les mots qui seront plus tard écrits, existent déjà avant qu'ils ne soient nés. Les mots que nous nous disons dans ce temps de l'évènement heureux, et que nous n'écrivons pas, sont nos plus beaux écrits.

Nos visages, nos regards, nos complicités, nos voix et nos mains lors de telles rencontres, se touchent. Nous sommes comme des enfants et la brutalité du monde avec ses égoïsmes, ses mystifications et ses obscurités, ne peuvent plus nous atteindre... Nous devenons “voyants et émerveillés” parce que nos pensées sont pures et vraies, et nos esprits préparés... Et les émotions les plus souveraines si elles peuvent et doivent être exprimées, ne nous aveuglent pas cependant, ne nous enferment pas dans une sorte de “bulle de roche”...

Il y a ces “piqûres d'héroïne” qui valent vingt fois l'acte d'amour mais dont les effets secondaires sont si dévastateurs!

Serait-on éprouvés à la mesure de ce que nous sommes capables de surmonter? Serait-on heureux à la mesure de notre capacité à ressentir le bonheur? Je le crois...

Nous avons tous, auteurs, artistes, écrivains en particulier – et cependant êtres ordinaires par ailleurs et d'entre tous les humains- des “parcours de vie”assez chaotiques, des expériences souvent difficiles, des souvenirs brûlants ; de la gravité, de l'émotion, du drôle et du tragique en nous... Mais aussi des aspirations, des besoins fondamentaux, des obscurités, des motivations tout à fait personnelles, une part d'ingérable en nous-mêmes... Tout cela constituant et “existant” cet être que nous sommes, cet être “à nul autre pareil”... Et c'est avec tout cela aussi, que nous disparaissons un jour, dont il ne demeure qu'une chrysalide desséchée, transparente et légère suspendue sur l'un des innombrables fils d'une immense “toile de souvenirs”...

Nous pouvons, ensemble, aussi différents que nous sommes les uns des autres, trouver ce “passage aussi rêvé et cherché qu'impossible”, que les glaces et les brumes nous cachent, ou que des feux le long des rivages nous suggèrent afin de nous naufrager...

La porte du bonheur est une porte étroite”nous chante Jean Ferrat...

Il y a aussi tous ces feux qui courent tels des feux de brousse, les feux de la rumeur, de l'opinion, nourris de tout ce que l'on y jette dedans... Et dont les cicatrices noires sur un paysage brûlé ne s'effacent jamais.

Il y a encore des feux que l'on alimente et perpétue autour d'un même foyer, dans un même campement, entre les mêmes visages, les mêmes espérances, rêves et complicités... Ces feux là ne courent pas dans la brousse mais peuvent nous retrancher du monde alors que ce monde parfois, nous tendrait bien une “petite menotte au bout de son grand bras blessé”... Il ne faut donc pas faire de ces feux un refuge, ou une forteresse de lumière pour des “seuls élus” que nous serions tentés d'espérer être mais que nous ne sommes en vérité jamais...

Il y a déjà cette “transparence”... si belle, encore si embryonnaire, si fragile, si fugitive, dans le regard d'un être vivant...

 

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