L'antiphrase, une figure de style...

 

     L'antiphrase est un procédé qui consiste à exprimer une idée par son contraire... Son utilisation, ou le choix que l'on fait de recourir à ce procédé (une figure de style) s'accompagne parfois d'ironie, voire de dérision ou de provocation...

A mon avis, c'est un procédé "dangereux" et à manier en pleine connaissance de cause, uniquement quand on sait (de manière quasi certaine) "de quel bois est fait" l'interlocuteur...

Personnellement je ne recours jamais à cette figure de style... D'ailleurs, n'ayant pas de "formation universitaire (en l'occurrence intellectuelle et littéraire)", ne fréquentant jamais non plus ces milieux littéraires où l'on manie "avec brio" certaines formules, procédés, figures de style... Et demeurant somme toute cet "innocent prosateur" que je suis (qui néanmoins se révèle parfois "assez incendiaire")... Je n'ai aucune aspiration à "faire le poids" (ce poids là, bien pesant son or dur) dans quelque assemblée de gens que ce soit...

Certains mondes ou milieux littéraires, artistiques ou autres se disent (et se définissent) "éclectiques"... Et il arrive que, confronté à une antiphrase "assez vicieuse" (du genre à "tomber dans le panneau comme le dernier des crétins")... L'on se sente complètement désarmé et "innocent"...

Nous vivons dans un "drôle de monde" : d'un côté la bêtise, la banalité, les clichés, la réflexion "à l'emporte pièce", la médiocrité relationnelle, la dictature des apparences (par tout ce que l'on croit bon et bien « pétant » de porter sur soi)... Et d'un autre côté cette "intelligence" des êtres si bien aguerris, si bien formés, si bien rompus aux gymnastiques de l'esprit et de l'expression orale ou écrite... qui vous "écrase vite fait bien fait" et vous renvoie à votre monde d'innocence, de pureté, de spontanéité naturelle et d'absence d'hypocrisie...

Au diable toutes ces "figures de style" et autres procédés " à la "mord-moi l'noeud première classe" qui, j'ose le dire (sinon le proclamer) n'apportent strictement rien à la littérature... Et ne sont jamais que des "effets spéciaux" de même nature que les effets spéciaux du cinéma, des scènes de théâtre, des music-halls et des plateaux de télévision...

 

Par dérision ou par provocation, j'ai parfois envie de faire de « l'anti comportement »...

Mais alors, par une telle « figure de style dans la manière d'être, de faire et d'exprimer », que ce soit purement et franchement théâtral !... Afin qu'au bout du compte l'on ne se méprenne point...

L'antiphrase, je le reconnais certes... Demeure un « procédé littéraire » au même titre que toute autre technique d'écriture (personnelle, convenue ou d'usage courant dans certains milieux littéraires)... Mais l'antiphrase doit alors s'insérer dans le contexte qui lui convient, c'est à dire un contexte dans lequel l'interlocuteur ou le lecteur ne peut se méprendre, et donc réagir au « premier degré »... Encore faut-il que ce contexte soit suffisamment clair, sinon l'interlocuteur ou le lecteur devient aux yeux des autres qui eux, ont « compris »... « Un sombre crétin qui est monté sur ses grands chevaux »...

Il n'en demeure pas moins – et c'est là où je veux enfin en venir – il y a « quelque chose de vicieux » voire d'indécent et parfois aussi de « doucement hypocrite »... À manier le procédé de l'antiphrase... Pour mieux dissimuler ou réduire ce que l'on porte en soi ni vu ni connu mais réel et de « moins noble essence »... Et qui finit d'ailleurs par transparaître un jour ou l'autre...

 

… Précision : j'entends par « effets spéciaux » une technique qui consiste à éblouir, impressionner et conditionner – plus qu'à émerveiller ou sublimer – l'interlocuteur, le spectateur, le lecteur...

En Art et au théâtre par exemple, à la différence du cinéma ou de la littérature (où l'on a tendance à les produire davantage), certains de ces « effets spéciaux » n'en sont plus : ils deviennent jeux de scène, jeux de comédiens, style, maîtrise d'un art... Et là, ils y ont toute leur place, tout leur sens, et, dirais-je, toute la nécessité, toute la pertinence, toute la symbolique et toute la poésie de leur existence...

Il devrait en être de même en littérature ou au cinéma... Il en est parfois, et bien heureusement!

 

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