Comprendre les autres

     Comprendre les autres dans un monde où les uns et les autres ne se comprennent pas, ça fait pas beaucoup avancer le schmilblic !

Ainsi, bien qu'aussi éloigné que je le suis, de culture, de pensée et de sensibilité, des religions, de toutes les religions... mais peut-être pas cependant, de Dieu ou plus "yugcibiennement parlant" de "quelque chose qui ressemble à Dieu"... Je comprends les Chrétiens (qu'ils soient des chrétiens pratiquants allant à l'église ou des chrétiens "de tradition faisant à peine leurs pâques, se mariant et s'enterrant à l'église) je comprends les Chrétiens quand ils disent à propos de tous ces migrants venus d'Irak et de Syrie par les Balkans, en majorité de religion musulmane, qu'ils se sentent "menacés" dans leur identité et dans leur culture de chrétiens...

Et je comprends aussi les musulmans qui veulent pouvoir vivre dans leur foi, bien que je déplore que leurs femmes soient voilées et qu'il soit difficile de cohabiter avec eux du fait de leurs modes et règles de vie... Et surtout du fait que leurs femmes ne soient point considérées comme les égales des hommes en général...

Oui, je comprends les uns et les autres mais je me rends compte en face de la réalité du monde actuel, de tout ce qui fait la réalité et le vécu au quotidien, que "comprendre les autres" c'est se mettre dans une position difficilement défendable lorsque cette "position" s'articule autour d'une pensée et d'une réflexion qui ne sont pas à vrai dire "dans le sens du monde"...

Or le "sens du monde" est toujours à peu près le même en 2015 qu'en 1774 ou qu'en 1033 ou que du temps des Romains... Il n'y a que l'environnement, la technologie, les moyens de communication, qui ont changé... et qui changeront encore...

Ce que je dis à propos de tous ces migrants actuels (Syriens, Irakiens, Afghans, etc.) comme de tous les autres migrants (Mexicains traversant la frontière du sud des USA, réfugiés climatiques ou économiques de partout dans le monde, et surtout d'Afrique) c'est qu'ils vont être de plus en plus nombreux et que c'est là un mouvement que rien ne pourra arrêter...

Ce qui veut dire en clair, que le modèle de civilisation de consommation de masse (alimentaire, loisirs, équipements) que nous connaissons actuellement et qui se développe partout sur la planète (mais seulement au bénéfice de ceux qui peuvent en profiter ou qui y accèdent), ce modèle là ne pourra pas longtemps perdurer...

Autrement dit, tout ce dont nous jouissons encore en matière de "protection sociale", de "confort", de maisons individuelles, de consommation abondante et si diverse en produits, en loisirs, en équipements de toutes sortes, tout cela, même si nous ne concevons pas pour certains (à vrai dire beaucoup) d'entre nous, de le "partager" ; il nous faudra bien nous habituer de gré ou de force, à "vivre différemment"... J'imagine les futures "Grandes Surfaces" de demain, sans doute aux rayons et aux étalages chargées de produits moins diversifiés qu'aujourd'hui et surtout, de davantage de nécessité...

Il faudra bien d'une manière ou d'une autre, que les gens puissent travailler, se nourrir, s'habiller, élever leurs enfants, dans un monde où une population de quelque 8 milliards d'humains sera répartie ou concentrée en des régions de forte densité démographique... Les mouvements de population se font toujours vers les "bassins d'emploi" (là où il y a du travail), vers les villes, mais aussi vers les régions climatiques les moins exposées aux violences de la nature...

... Dans les années de la guerre d'Algérie, Albert Camus était déchiré entre deux partis qui ne pouvaient s'entendre et se combattaient. Il comprenait les uns, il comprenait les autres, menait un combat par ses écrits et par ses actes contre la violence... Et il est mort le 4 janvier 1960 à l'âge de 47 ans, sans avoir vécu le drame, l'épouvantable drame de la fin de la guerre d'Algérie.

"Comprendre les autres" c'est à dire les uns ET les autres... C'est "pas facile", pas facile du tout... C'est "indéfendable" et c'est s'attirer, de tous côtés, de l'inimitié, voire parfois de la haine... "On te reprochera toujours, d'une manière ou d'une autre -en y mettant des formes, au mieux- de ne pas prendre ouvertement parti"... Car la réalité est là : à un certain moment il faut quand même faire un choix, décider, agir...

 

 

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