"Vers l'âge d'homme", suite (voir billet qui précède)

... Quand on sait quel destin fut en réalité celui de JM Coetzee, (il poursuivit ses études, d evint professeur de littérature américaine, écrivain et prix Nobel)... l'on peut en effet s'étonner de lire (dernière page de "vers l'âge d'homme") :

 

"Un jour ou l'autre une ambulance va arriver devant l'immeuble de Ganapathy, et les ambulanciers le sortiront de son appartement sur une civière, avec un drap qui lui couvrira le visage. Quand ils seront venus chercher Ganapathy, ils n'auront plus qu'à venir le chercher aussi."...

 

Phrase effectivement, d'une noirceur absolue... Car c'est ainsi que le "John" du livre, le personnage central, ("il") entrevoit son destin... (il vient de passer trois années en Angleterre, en jeune homme pris dans un système , un "ordre des choses", dont il est à la fois victime et complice... Et sans cependant s'être trouvé dans le dénuement, n'en a pas moins "mangé de la vache enragée"-surtout sur le plan relationnel et environnemental et moral- jusqu'au jour où il fut confronté au dénuement de son ami Ganapathy, un "exilé" comme lui, mais venu du continent Indien alors que lui, John, venait d'Afrique du Sud)...

 

Toute la "problématique" si je puis dire, d'une "vision pessimiste" et d'une lucidité aussi tragique... réside peut-être dans le questionnement sur la nécessité (comme dans l'instinct de survie) et sur la difficulté qu'il y a, à se libérer peu à peu, de cette "vision aussi pessimiste et aussi empreinte de réalité tragique"...

 

Il y a là, à mon sens, un pessimisme absolument "moteur" (et d'autant plus "moteur" qu'il se révèle soutenu par une forme d'humilité, de "remise en question de soi"... et, au fond, de cette lucidité pure et dure comme les parois métalliques et rugueuses d'un creuset avant le travail de l'alchimiste...

Il ne manquerait peut-être là, dans cette dernière phrase du livre, qu'une petite note d'humour (il y a déjà une petite note de dérision)... Mais, à bien "creuser" tout au long du livre, elle s'y trouve bel et bien, la petite note d'humour)...

 

... Un "très grand livre" donc, que "Vers l'âge d'homme" de JM Coetzee...

 

... Sans doute oui, sans doute... Peut-on y voir là, dans ce que je viens de dire au sujet de l'auteur et de son livre, un regard tout à fait personnel, c'est à dire "une vision Yugcibienne"... qui n'engagerait que moi, même si éventuellement partagée par d'autres lecteurs de JM Coetzee...

Mais... ce regard que l'on porte (que je porte)... Il faut assurément le bien connaître, en être bien conscient... Afin peut-être de s'en affranchir si besoin est, ou de le faire évoluer, ou de le traverser, ou d'en avoir un autre...

 

John Maxwell Coetzee

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