Révolution Tunisienne, suite...

 

... Réflexion faite, la révolution Tunisienne ne "changera pas le monde"... Même si elle réussit. Mais elle changera la Tunisie.

Nous avions en face du peuple Tunisien, une oligarchie au pouvoir, une oligarchie tout à fait identifiable, avec son "président dictateur" entouré de sa famille, de ses proches et collaborateurs privilégiés...Une oligarchie propriétaire et dominante qui mettait le pays à sac, et dont on savait, partout dans toute la Tunisie, qui en particulier, dirigeait et profitait... Et cette oligarchie s'appuyait sur une force considérable de police et sur un contrôle extrêmement sévère et autoritaire de la presse et des médias...

Si l'on parvient à imaginer une révolution "de tous les peuples du monde", une révolution dans laquelle, tout comme en Tunisie, le peuple manifesterait sa colère en se rassemblant et en menant des actions violentes, en essayant de déstabiliser un gouvernement en place et tout un système économique, en s'attaquant directement aux personnes les plus privilégiées d'une société ainsi qu'à leurs biens financiers et immobiliers... Il est plus difficile cependant, d'imaginer ou de concevoir et d'organiser cette révolution "de tous les peuples du monde", contre une oligarchie ou un ensemble d'oligarchies qui elles, ne peuvent être clairement identifiées du fait de l'opacité de leurs structures, des liens qu'elles ont entre elles et de leurs réseaux complexes d'influences et de clientélisme...

Prendre d'assaut quoi et où et comment? Voilà bien la question ! Cela reviendrait à tenter- avec la volonté la plus déterminée qui soit- de soigner un corps malade en ôtant les parties gangrenées l'une après l'autre, alors que ne cesseraient de venir au fil des opérations, tous les fils déroulés avec encore leurs noeuds inextricables, les fils déroulés et si nombreux de la gangrène !

Il y a bien là, dans l'idée d'une "révolution de tous les peuples du monde" , un véritable et immense défi, sans doute le plus grand défi en face duquel l'humanité toute entière, peut être confrontée : le défi qui est celui de soigner et de guérir le corps malade atteint de gangrène... Non pas par quelque remède ou médecine – ou médecin- "miracle"... Mais peut-être par une succession ininterrompue de tous les souffles, de toutes les respirations, venus de tous les êtres vivants.

Imaginons tous ces souffles, toutes ces respirations ; s'entremêlant, s'activant les uns les autres, s'unissant et se complétant dans leurs différentes forces, se diversifiant dans leurs effets et ne cessant d'être... Ainsi viendrait ce qui peu à peu, ferait mourir la gangrène, comme une forme de vie jusqu'alors inconnue et tout nouvellement constituée et structurée, qui se mettrait à prospérer et à s'étendre.

 

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