Les humoristes

 

     La plupart des humoristes qui se produisent en salle, sur les plateaux de télévision ou sur la place publique, aujourd'hui ne me font pas rire du tout...

Il est vrai que, d'une part je ne regarde jamais ou très rarement ces shows télévisés ou émissions de divertissement dans les quelles se produisent les humoristes, et que d'autre part, ma connaissance de ces humoristes demeure très limitée, et que je ne sais donc pas s'il y a de « bons » humoristes et qui sont-ils...

Mon sentiment est que, d'une manière générale, les humoristes d'aujourd'hui « n'enfoncent pas le bâton – et ne touillent pas- dans les lessiveuses qu'il faudrait »... (l'image est mal choisie parce que de nos jours dans nos pays à économie avancée et technologique, il n'y a plus que des machines à laver)...

Il est cependant de ces « lessiveuses » dans lesquelles bon nombre de gens « trempent »... Le plus souvent dans un silence résigné et dans le coin le plus obscur de leur demeure... Et souffrent, seuls, sans jamais évoquer le « sujet » (c'est à dire le bout de drap taché – et bien taché- qui résiste aux « enzymes »... Et c'est à peine si de temps à autre, comme s'ils souhaitaient malgré eux que la « tache » se mette à bouillonner en surface, ils se risquent à quelque allusion très indirecte...

À mon sens l'humour ne porte vraiment que lorsque le bâton s'enfonce et touille dans la lessiveuse dont personne ne parle...

L'on n'ose pas même les nommer, ces « lessiveuses »!... qui ont de ces linges crasses ou en sang noir dont les enzymes les plus gloutons ne viennent jamais à bout... Et ces linges « indignes » sont aussi comme des peurs que l'on enfouit en soi, que l'on ne traitera jamais par la drôlerie ou par la dérision, dont on ne cessera jamais de pleurer ou de s'effrayer en silence, en silence résigné, solitaire et souffrant...

Pensez donc, imaginez la lessiveuse sur un grand fourneau « quatre pots » surmonté d'un tuyau très haut, en plein milieu de la place publique ! (l'image peut à juste titre paraître « assez surréaliste »)...

Je me souviens de cet habitué d'un bistrot de Paris du 12 ème arrondissement, un bistrot dans lequel je me rendais du temps où je travaillais au centre de tri postal PLM... Le type, récemment amputé d'une jambe (de toute la jambe jusqu'en haut de la cuisse) « faisait le clown » devant le comptoir au milieu d'autres habitués, et à chaque pirouette de mots drôles, à chacune de ses réflexions sur un sujet d'actualité, il levait haut sa jambe de bois (une béquille à dire vrai) et tapait un grand coup sur le zinc au risque de renverser les verres. Il partait ensuite d'un grand éclat de rire, et « faisait des figures de style » avec sa jambe béquille, et « pied-au-cul-tait » le postérieur de ses potes, et payait une « tournée générale »...

Mais, mais... Une jambe de bois n'est jamais qu'une jambe de bois... Il y a pire... Ou pire encore : il pourrait y avoir pire...

 

... J'aimais beaucoup Pierre Desproges...

Au moins lui, il "décapait" ! (dans un certain sens, bien que cela ne soit pas du tout comparable, je le trouvais parfois "encore plus décapant" que Coluche, Coluche que j'aimais beaucoup aussi !)

 

... La pratique de l'auto dérision dans certains domaines de sensibilité... Tout comme la lecture de quelques auteurs de littérature ou écrivains "hors normes"(et d'ailleurs décriés)... Contribuent largement à me "sauver du désespoir"...

 

"Se foutre de sa propre gueule", ou encore "péter sur ses propres certitudes », ou remettre en cause sa pensée "; "se descendre avant que les autres te descendent"... C'est, dans une certaine mesure "gagner ce ciel de son vivant où l'on peut voler libre et haut, avant d'atteindre le ciel que le "bon dieu" a promis "si..."

 

 

 

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