Les mots apparaitront calligraphiés sans crêtes grumeleuses

 

     Troussalet Hectorion... Celui qui avait écrit « Les Sentiers de l'Espoir » et envoyé son manuscrit par la poste aux éditions du Canard Laqué... Il « reprend du service », le Troussalet Hectorion. Et le voici de nouveau, quelques années plus tard... Toujours aussi « plombé » qu'au temps des Sentiers de l'Espoir »... Par cette interwiew de deux journalistes régionaux lors d'un salon du livre à Cabeau Plage... Tout le pays avait lu le dimanche suivant, l'article rédigé par l'un des deux journalistes... Oh cela n'avait point été un article « incendiaire »... Mais l'idée que l'on se fit alors de l'auteur de ce livre, n'incita jamais les organisateurs de festivals locaux ni les associations culturelles du pays, à inviter Troussalet Hectorion dans leurs spectacles ou dans leurs manifestations publiques...

Il est vrai que l'interwiew fut « assez désastreuse »... À tel point que l'Hectorion lui-même, ayant visionné par la suite l'enregistrement effectué, « ne sut plus où se mettre » cloué sur sa chaise dans le salon en face du poste de télévision alors qu'une partie de la famille était réunie... Il ne s'était pas reconnu, l'Hectorion... Ou plutôt si : il avait reconnu cet Hectorion qui le « déshectorionnait » et dont il voulait tant se débarrasser...

Et voici ce qu'il nous dit aujourd'hui, l'Hectorion :

 

 Peut-être, oui peut-être... Aurais-je souhaité que certaines personnes en particulier – plus que d'autres – aient mieux connu mes écrits...

Peut-être aurais-je souhaité de la part de ces personnes là, une sorte de compréhension, une adhésion à ma pensée...

Mais seulement voilà : ce sont précisément ces personnes là aux quelles je ne « dis pas toujours », et même parfois auxquelles je ne dis rien...

À écrire comme je le fais sur mon ordinateur... Ce sont en définitive des personnes que jamais je ne rencontrerai – proches par la situation géographique, ou fort éloignées, à l'autre bout de la planète- qui auront connaissance de mes écrits...

C'est drôle la vie, tout de même ! Aimer des personnes autant que l'on peut les aimer... Et ne pas leur faire lire ce que l'on écrit, ou n'en faire lire qu'une toute petite partie... Et d'autre part, diffuser « à tour de bras » et « tout azimuts »! Absurde ! Impensable ! Et c'est pourtant la réalité...

La relation, c'est peut-être une sorte de « roulette »... Le « barillet » que l'on tourne alors, n'a pas comme le barillet du revolver, six trous... mais une infinité de trous... Et dans des trous, seulement quelques trous, l'on y a mis des balles... et pas des balles « à blanc »... des « vraies » balles...

On le voit bien : le risque est énorme, absolu, déraisonnable... ou « calculé »... le risque de « se trouer sa propre peau »... ou la peau de l'Autre...

... Ah, la « déflagration », oui... la déflagration... celle d'une balle qui n'est « pas à blanc » et qui te fait une peau à laquelle tu ne t'attendais pas et que tu reconnais cependant...

Quand je serai mort, je ne pourrai plus m'expliquer, ni répondre ni argumenter ni me justifier ni contredire ni éclaircir ni révéler ni infirmer ou confirmer... Ni rien ajouter à ce que j'ai écrit...

Ce sera tel que découvert à l'état brut, fragmentaire mais « tout d'un seul bloc » ; immense mais « si à l'intérieur d'un horizon à hauteur d'homme »...

Alors lira-t-on, saura-t-on...

Mais je serai mort...

Ah, ces jours d'été de la toute première année du millénaire où je gravais des mots sur le sable mouillé de la plage de Cabeau ! ... Sans me soucier de la marée qui montait, mais les yeux lancés vers ces silhouettes lointaines dont j'inventai les visages... Peut-être aurais-je attendu, les mots gravés à mes pieds, une brindille – crayon entre deux doigts, espérant contre mon attente quelque lame effaçeuse... Car... si ç'eût été l'un de ces visages à ne pas avoir été inventé, et d'une certaine manière si familier, il eut mieux valu que les mots ne soient plus visibles, peut-être...

La mort est une lame dans la marée montante, qui ne dilue pas les mots gravés sur le sable...

Et les mots apparaissent alors après le passage de la lame, dans une calligraphie dépouillée de crêtes grumeleuses...

 

... Voir (ou revoir) : Troussalet Hectorion, dans rubrique «  Confettis 2 »... de mon site.

Les « éditions du Canard laqué », c'était la maison « Gallinacet » de Panamo... Cela se passait en 2027 à Sainte Ursule les Engelures sur le plateau de Chibrac, et là, Hectorion en « reprenant du service » évoque « Cabeau Plage » où il gravait des mots sur le sable mouillé... l'été de la première année du millénaire...

 

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