Jours heureux

 

     Si certaines fractures relationnelles sont de ces blessures dont on ne guérit jamais, il est aussi ce souvenir de moments de séparations jamais suivies de retrouvailles, ce souvenir qui fait battre dans des nuits de veille ou dans des jours fuyants, comme des respirations d'êtres endormis...

Des portières d'automobiles ont claqué, le rouge des feux d'un wagon de queue s'est dilué dans l'encre de la nuit, un visage est devenu chevelure au bout d'une rue, une silhouette s'est fondue dans un grand dessin de paysage de gens...

Les jours heureux ainsi vécus en famille ou entre amis, ces matins de cris et de bousculades d’enfants, l’odeur du café et du pain grillé dans l’attente des invités, le grincement métallique du « convertible » replié dans le salon, ces immenses éclats de rire, ces effleurements de confidences, ces étreintes de regards… Cette fête traversant les jours d’été, défonçant les solitudes comme les amoureux défoncent les sommiers, tout cela surgit comme une eau vive de torrent de montagne d' enfance et de saisons heureuses.

Ces visages disparus et qui ne sont pas revenus étaient funambules sur des fils tendus au dessus d'un bout de paysage... Et nous étions avec eux suspendus dans les airs... Et dans les jours qui suivirent le vol au dessus du bout de paysage, s'est écoulée la trace des visages funambules, ont soleillé des regards encore perceptibles...

De ces jours heureux ainsi vécus, il en faut appeller d’autres, oui, d'autres encore et peuplés de visages funambules sur les fils tendus au dessus de plus grands bouts de paysage...

Pour rejoindre les visages qui ne reviennent pas, ne sont jamais venus... Il n'est peut-être que quelques mots à faire pousser, des mots qui existaient déjà avant d'être nés...

 

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